« Tous me connaîtront, des plus petits jusqu'aux plus grands. » (Jr 31.34)
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Isabelle47 a écrit :
L'excommunication, puisque c'est le (grave) sujet, n'en demeure pas moins une exclusion, un rejet de la personne pécheresse dans sa totalité, si j'ai bien compris. Sauf, dites-vous, si elle se rachète
La plupart des excommunications sont ipso facto
C'est à dire que c'est la personne en elle -même qui s'excommunie.
Comme je m'excommunie en péchant mortellement : je me coupe de la communion de Dieu.
C'est mois qui pèche, c'est moi qui me condamne.
Aucun rejet de la personne, l'Eglise au contraire tend la main à la personne qui s'est bannie elle-même en lui indiquant son erreur et la voie pour revenir à la bergerie.
Pax et Bonum !
"Deus meus et Omnia"
"Prêchez l'Évangile en tout temps et utilisez des mots quand cela est nécessaire" St François d'Assise
Je crois comprendre que l'excommunication est de notre propre fait et de notre responsabilité.
Mais quelle serait la situation, par exemple, d'un médecin catholique, travaillant dans l'établissement public d'un pays laïc comme la France où l'avortement est légal? Est-il excommunié? Et toute l'équipe soignante avec lui? Refuse-t-il de faire cet acte alors même au risque de perdre son poste? (et ceux de l'équipe soignante?)
(ceci à titre uniquement d'exemple, je ne suis ni médecin ni pro-avortement; simplement, je vois dans l'excommunication tant de situations où elle serait applicable que les 3/4 des catholiques pourraient bien se considérer comme excommuniés!)
"Aussi, croyez-moi, vous pratiquerez beaucoup mieux la vertu en considérant les perfections divines, qu'en tenant le regard fixé sur votre propre limon"
(Thérèse d'Avila)
Le maintien d'un poste ne saurait en aucun cas justifier un assassinat. Si donc ce médecin (supposé catholique) subit des pressions pour faire des avortements et/ou ignore au moins en partie la gravité de ses actes, sa responsabilité pourra en être diminuée. En revanche, si ce médecin participe délibérément à des avortements, en pleine conscience de la gravité de ce qu'il fait, et avec d'autre circonstance atténuante que son poste en danger, alors ce médecin s'excommunie d'office.
Je ne sais pas ce qu'il en est de l'objection de conscience en France mais il me semblait que les médecins pouvaient refuser de procéder à certains actes médicaux contraires à leur éthique personnelle.
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
Oui, les médecins ont toujours le droit à l'objection de conscience, mais ils subissent des pressions énormes quand ils refusent de pratiquer l'avortement ou l'euthanasie.
Un médecin catholique n'est pas excommunié pour le seul fait de travailler dans un lieu où se pratique l'avortement, tant qu'il n'y collabore pas lui-même.
Amour&Responsabilité a écrit :Oui, les médecins ont toujours le droit à l'objection de conscience, mais ils subissent des pressions énormes quand ils refusent de pratiquer l'avortement ou l'euthanasie.
Un médecin catholique n'est pas excommunié pour le seul fait de travailler dans un lieu où se pratique l'avortement, tant qu'il n'y collabore pas lui-même.
Oui, c'est vrai. Mais la question portait sur les médecins catholiques qui pratiqueraient un avortement ou une euthanasie.
Dans le même registre, certains élus catholiques américains ont approuvé des lois pro-choix (comprenez pro-avortement). En conséquence, ils ont été excommuniés d'office (soulignons que dans leur bienveillance, les évêques américains les avaient prévenu de ce qu'ils risquaient).
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Isabelle47 a écrit :L'excommunication est donc aussi un moyen de protéger la communauté catholique de ceux qu'elle considère comme déviants (ou trop éloignés)?
C'est aussi ce que je croyais avoir compris.
Tout à fait.
Amour&Responsabilité a écrit :Non, ce n'est pas pour protéger la communauté catholique.
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…". 2 Co 4, 8-10
Amour&Responsabilité a écrit :Non, ce n'est pas pour protéger la communauté catholique.
L'excommunication est une mesure pédagogique pour aider la personne à prendre conscience de la gravité de ses actes et à se convertir.
En agissant comme elle agit, elle se coupe de fait de la communauté catholique, elle cesse de l'être car ses agissements sont incompatibles avec le fait d'être catholique.
L'excommunication est donc la prise en compte d'un fait, et a pour but d'aider la personne à engager un chemin pour revenir. Le but n'est pas de protéger les catholiques.
Quand l'Eglise excommunie des évêques hérétiques, elle le fait aussi pour que les fidèles sachent précisément ce qui se passe, et ne soient pas entraînés dans l'erreur du prélat schismatique...
Dans le code de droit canonique en vigueur (de 1983), il est précisé :
Canon 1312 :
Les sanctions pénales dans l'Eglise sont:
1) les peines médicinales ou censures énumérées aux can. 1331-1333 .
2) les peines expiatoires dont il s'agit au can. 1336 .
2 La loi peut établir d'autres peines expiatoires, qui privent le fidèle d'un bien spirituel ou temporel, et qui soient conformes à la fin surnaturelle de l'Eglise.
L'excommunication est classée dans les "censures", au canon 1331. C'est donc une peine médicinale, qui a pour but d'obtenir le repentir du coupable et la réparation. Ce qui est cherché est le bien du coupable et non la protection de l'Église.
D'ailleurs, contrairement à ce que j'ai écrit plus haut, l'excommunié ne cesse pas forcément de faire partie de l'Église, mais il est coupé de la communion ecclésiale (ce que ne sont pas, par exemple, les divorcés-remariés).
Je vois que les avis sont partagés quant au but de l'excommunication entre mesure pédagogique pour le bien du pécheur pour son amendement et mesure de protection de la communauté.
J'en déduis, pour le moment, qu'il peut s'agir de l'une et/ou de l'autre raison, de l'un et/ou l'autre but et enjeu.
Quoiqu'il en soit, définie en d'autres termes, l'excommunication est censure, punition, rejet -dont je ne mets pas, bien entendu, en doute le bien-fondé.
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(Thérèse d'Avila)
Isabelle47 a écrit :Je vois que les avis sont partagés quant au but de l'excommunication entre mesure pédagogique pour le bien du pécheur pour son amendement et mesure de protection de la communauté.
J'en déduis, pour le moment, qu'il peut s'agir de l'une et/ou de l'autre raison, de l'un et/ou l'autre but et enjeu.
Quoiqu'il en soit, définie en d'autres termes, l'excommunication est censure, punition, rejet -dont je ne mets pas, bien entendu, en doute le bien-fondé.
Il me semble que ce que j'ai cité du droit canonique de l'Église catholique ci-dessus départage les avis :
Les excommunications (les censures) sont des peines médicinales ayant donc pour seul but le bien de la personne qui subit cette peine. Ce n'est pas un rejet ! L'Église continue toujours à leur tendre la main !
Le terme "censure" dans le droit canonique est un terme technique qui n'a pas le même sens qu'en français courant.
Que celui qui est excommunié le soit à cause de son comportement, il me semble le comprendre.
L'excommunié est néanmoins jugé et exclu par une autorité qui est l'Eglise. C'est le sens même du mot "excommunication".
L'excommunication ne serait pas un rejet mis plutôt une "main tendue" (pour une prise de conscience , une conversion)
On peut se demander ce que signifie concrètement "tendre la main" à quelqu'un à qui, par l'excommunication dont il est frappé, on refuse les sacrements et la participation à la vie religieuse
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Lorsqu'un parent refuse quelque chose ou impose une conséquence à un enfant pour un acte inacceptable, est-ce un rejet de celui-ci par son père ou sa mère ?
Habituellement, le parent va (ré) expliquer ses attentes et c'est à l'enfant, dans le meilleur des cas, à faire un apprentissage et un choix.
Mais ça ne veut pas dire que papa/maman ne l'aime plus et qu'on ne veut plus de lui dans la maison...
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Que celui qui est excommunié le soit à cause de son comportement, il me semble le comprendre.
L'excommunié est néanmoins jugé et exclu par une autorité qui est l'Eglise. C'est le sens même du mot "excommunication".
L'excommunication ne serait pas un rejet mis plutôt une "main tendue" (pour une prise de conscience , une conversion)
On peut se demander ce que signifie concrètement "tendre la main" à quelqu'un à qui, par l'excommunication dont il est frappé, on refuse les sacrements et la participation à la vie religieuse
L'excommunication n'est pas une "main tendue", ce que j'ai dit c'est que l'Église continue à tendre la main à ceux qui sont excommuniés.
AnneT explique très bien l'esprit de l'excommunication dans son message ci-dessus.
Que celui qui est excommunié le soit à cause de son comportement, il me semble le comprendre.
L'excommunié est néanmoins jugé et exclu par une autorité qui est l'Eglise. C'est le sens même du mot "excommunication".
Non, il n'est pas exclu par une autorité de l'Eglise.
Il s'exclue lui-même.
Je suis catholique, je pratique un avortement (puisque c'est un exemple cité), je me coupe ispo facto de ma communion avec l'Eglise et Dieu car c'est contrevenir à la volonté expresse du Créateur.
L'Eglise si elle prononce une excommunication a mon encontre ne fait qu'officialiser ce que mes actes ont produit par eux-mêmes : me couper de ma communion avec Dieu.
C'est toujours le pécheur qui se condamne lui-même.
L'Eglise ne fait que lui indiquer l'état dans lequel il s'est mis par ses actes
Elle lui offre aussi à la seule voie de salut.
Pax et Bonum !
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