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Re: Pour ou contre "la messe en latin"

Publié : mer. 11 juil. 2007, 16:06
par LumendeLumine
Boris a écrit :La question du Latin est un faux débat : le vrai débat est sur l'obéissance.
Sûrement, mais il y a différentes façons d'obéir. Moi je suis un laïc. Dans ma paroisse la messe n'est pas en latin, et puis il y a des petits écarts liturgiques. Maintenant, est-ce que l'obéissance, c'est de me fier à mon curé et d'aller toujours à ma paroisse sans protester? Où est-ce que c'est de faire des kilomètres chaque dimanche pour trouver une messe que je trouve plus en accord avec le Missel? Cette dernière attitude ressemble davantage à celle d'un Protestant qu'un Catholique... Donc c'est pas évident.

Ce qu'on peut faire comme laïc, c'est s'impliquer dans la liturgie, et avec la petite marge de créativité qui nous est allouée, tout faire pour accomplir notre service aussi dignement que possible. Si les prêtres commencent à réaliser que les laïcs leur donnent l'exemple, ils vont peut-être se poser des questions!

Re: Pour ou contre "la messe en latin"

Publié : mer. 11 juil. 2007, 17:06
par Christophe
Guillaume a écrit :
Mais pour revenir à la question de Guillaume : ce que le Christ a fait ou non n'est pas la seule référence !
Dieu est trine, donc il n'y a pas que le Christ, il y a aussi 1) le Père qui divisa les hommes lorsqu'ils construisirent la tour de Babel et 2) l'Esprit qui leur permit de retrouver l'unité dans la Parole.
pouvez vous expliquez le passage que j'ai coloré en rouge si il vous plaît? qu'entendez vous par "retrouver l'unité dans la Parole."?
1) L'épisode de la Tour de Babel ; 2) L'épisode de la Pentecôte

Amicalement
Christophe

Re: Pour ou contre "la messe en latin"

Publié : mer. 11 juil. 2007, 17:22
par Yves54
Ni pour ni contre. Car le latin entretient le mystère et amène une certaine aide à la prière par l'ambiance créé, mais on ne comprend pas un mot et, pour certains, c'est assez déplaisant.

Re: Pour ou contre "la messe en latin"

Publié : mer. 11 juil. 2007, 20:01
par Boris
LumendeLumine a écrit :Sûrement, mais il y a différentes façons d'obéir.
Ah bon ? Lesquelles ?
LumendeLumine a écrit :Moi je suis un laïc. Dans ma paroisse la messe n'est pas en latin, et puis il y a des petits écarts liturgiques. Maintenant, est-ce que l'obéissance, c'est de me fier à mon curé et d'aller toujours à ma paroisse sans protester? Où est-ce que c'est de faire des kilomètres chaque dimanche pour trouver une messe que je trouve plus en accord avec le Missel?
Tout dépend :
- de l'importance que vous portez à votre salut et celui de votre famille
- de la volonté de la paroisse la plus proche de chez à accepter de se remettre en cause.

Concrètement :
- Je me suis fait viré d'une paroisse parce que je demandais sans cesse au curé de respecter la Liturgie, de l'aimer et de chercher à la comprendre. Lui me reprocher d'être un électron libre, il faut comprendre par là que lorsque l'équipe d'animation des chants (auto-proclamée liturgique) m'envoie un mail avec un chant pour pendant la lecture de la Passion, je réponds aussitôt qu'il est interdit de découper une lecture par des chants. Cette même équipe me reproche le chant "Qui mange mon corps et boit mon sang" car il exclue de facto les remariés. Le curé a interdit à son vicaire de célébrer les vêpres en aube et étole les Dimanches de l'Avent alors que j'avais proposé d'aider avec la Schola Saint Maur (et malheureusement très peu de grégorien)

- ma dernière paroisse : nous avons dépenser énormément d'énergie avec ma femme pour l'aumônerie, notamment en proposant les complies à chaque réunion. En récompense, le curé ne manquait pas de s'impliquer le moins possible les 2 fois où il fut présent. Nous avions demandé une adoration de 1/2 h. qui n'eut jamais lieu, et je ne vous parle pas de la messe où en tant que responsable des enfants de choeur, le conseil pastoral (auto-proclamé équipe pastoral) m'a interdit de mettre en place une progression et le curé s'est plié sans rien dire. Bonjour la fatigue morale. Le curé s'est fait virer de la préparation au mariage quand il parlait de méthodes naturelles. En plus, tout le monde s'évertuaient à niveler la paroisse par le bas !

- aujourd'hui j'ai la possibilité d'aller sur une paroisse desservie par la Communauté St Martin à 20 min de chez moi.

Pensez-vous réellement que je sois protestant en allant dans une paroisse qui n'a pas peur d'être catholique ?

Mais la vrai question est celle de l'éducation des enfants : avec ma femme nous voulons leur donner une éducation catholique. Hors de toutes ces paroisses, seuls les prêtres de St Martin agissent en conformité avec le Magistère, permettant ainsi de relayer sur la paroisse l'éducation que nous donnons à la maison.
Exemple : dans notre précédente paroisse, la prière à l'aumônerie en présence du curé se faisait assis autour de la table (alors que l'église était à moins de 100m), personne ne se levait pour l'Evangile ni pour le Notre Père.
A la maison, la prière du soir se fait à genou devant un crucifix (pour le coup une icône en forme de croix chaldéenne) et des bougies. Effet assuré sur les plus jeunes qui en redemandent !
LumendeLumine a écrit :Ce qu'on peut faire comme laïc, c'est s'impliquer dans la liturgie, et avec la petite marge de créativité qui nous est allouée, tout faire pour accomplir notre service aussi dignement que possible. Si les prêtres commencent à réaliser que les laïcs leur donnent l'exemple, ils vont peut-être se poser des questions!
Cette marge de créativité relève du prêtre principalement :
- choix de la formule d'accueil
- choix de la formule pénitentielle
- choix de la préface (et encore pas toujours)
- choix de la prière Eucharistique
Il faut arrêter avec cette idée que les fidèles animent la Liturgie !
Seul Dieu l'anime.
Chacun exécute ce qui lui revient. (Cf. Sacrosanctum Conciulium n°28, redit mainte fois par le Magistère depuis)
Par contre, il est possible de proposer des temps de formation, en vue de mettre fin au n'importe quoi.

Mais Mgr Léonard (Namur) enseigne qu'il ne sert à rien de perdre son énergie et son temsp avec des gens qui ne veulent rien entendre. Autant donc après un essaie infructueux (il faut tout de même essayer) changer de paroisse.
Laissons les morts enterrer leurs morts ...

Re: Pour ou contre "la messe en latin"

Publié : mer. 11 juil. 2007, 23:09
par marchenoir
Bonsoir Boris,
Boris a écrit :
LumendeLumine a écrit :Sûrement, mais il y a différentes façons d'obéir.
Ah bon ? Lesquelles ?
Tout d'abord, j'apprécie beaucoup le sens de la véritable obéissance qui se manifeste dans vos messages. Non pas l'obéissance à ce que l'on estime être juste et bon mais l'obéissance à ce que l'Eglise demande, point barre. De ce point de vue, tout comme vous, je tousse dès qu'une phrase commence par "d'après moi", dès lors que l'Eglise s'est prononcée sur le sujet.

Pour autant, je comprends parfaitement ce que veut dire LumendeLumine. "Il y a des reproches intempestifs, il y a un silence qui dénote l'homme sensé." disait l'Ecclésiastique. C'est toute la question de la prudence. Il est certes possible et louable d'être sans concession, surtout en matière de liturgie. Est-ce toujours et en toute situation souhaitable ? Oui, aurais-je envie de dire. Et pourtant, qui ne sent comme de la réserve dans le texte même de l'Institutio Generalis Missalis Romani ? Reserve que l'on trouve déjà dans l'instrucion conciliaire SACROSANCTUM CONCILIUM
Dans [i]SACROSANCTUM CONCILIUM[/i], il y a écrit :38.. Des adaptations sont admises

Pourvu que soit sauvegardée l'unité substantielle du rite romain, on admettra des différences légitimes et des adaptations à la diversité des assemblées, des régions, des peuples, surtout dans les missions, même lorsqu'on révisera les livres liturgiques; et il sera bon d'avoir ce principe devant les yeux pour aménager la structure des rites et établir les rubriques.

39. Ces adaptations relèvent de l'autorité ecclésiastique

Dans les limites fixées par les éditions typiques des livres liturgiques, il reviendra à l'autorité ecclésiastique ayant compétence sur le territoire, mentionnée à l'article 22. § 2, de déterminer les adaptations, surtout pour l'administration des sacrements, les sacramentaux, les processions, la langue liturgique, la musique sacrée et les conformément toutefois aux normes fondamentales contenues dans la présente Constitution.

40. Urgence et difficultés de l'adaptation, surtout dans les missions

Mais, comme en différents lieux et en différentes circonstances il est urgent d'adapter plus profondément la liturgie, ce qui augmente la difficulté:

1) L'autorité ecclésiastique ayant compétence sur le territoire, mentionnée à l'article 22, § 2, considérera avec attention et prudence ce qui, en ce domaine, à partir des traditions et de la mentalité de chaque peuple, peut opportunément être admis dans le culte divin. Les adaptations jugées utiles ou nécessaires seront proposées au Siège apostolique pour être introduites avec son consentement.

2) Mais pour que l'adaptation se fasse avec la circonspection nécessaire, faculté sera donnée par le Siège apostolique à cette autorité ecclésiastique territoriale de permettre et de diriger, le cas échéant, les expériences préalables nécessaires dans certaines assemblées appropriées à ces essais et pendant un temps limité.

3) Parce que les lois liturgiques présentent ordinairement des difficultés spéciales en matière d'adaptation, surtout dans les missions, on devra, pour les établir, avoir à sa disposition des hommes experts en ce domaine.
Ces adaptations demandent beaucoup beaucoup beaucoup de prudence et en tout état de cause, les laïcs n'en ont pas l'initiative. Tout cela montre que l'obéissance demandée et due est plus fine, et partant plus exigeante que ce que l'on pourrait croire.

N'hésitez pas à me reprendre si vous n'êtes pas d'accord avec moi où si vous estimez que mon propos doit être balancé, je ne me formaliserai pas. D'autant plus que mon message vient en contrepoint des vôtres.

Quant à la fin de votre message, cher Boris, je peux vous dire que je vous comprends parfaitement, et ce que vous dites me touche beaucoup. C'est tout le drame de bon nombre de fidèles de bonne volonté. Je vous promets mon chapelet de demain à vos intentions.

Très cordialement.

Marchenoir.

Re: Pour ou contre "la messe en latin"

Publié : jeu. 12 juil. 2007, 7:00
par Boris
Marchenoir, les articles de SC que vous citez sont ceux concernant l'Evangélisation des non-chrétiens non-occidentaux et de plus ils se trouvent dans la partie "Généralités" de la constitution. Il faut donc aller plus loin pour voir comment les appliquer à telle ou telle partie de la Liturgie.

Je ne remets que les passages marquants sans tout reciter puisque vous l'avez fait :

N°38 : "surtout dans les missions" (...) "lorsqu'on révisera les livres liturgiques"

Donc il s'agit bien des missions et de plus dans les méthodes de restauration des livres, pas dans leur mise en pratique ni dans l'usage des livres restaurés

N°39 : "'autorité ecclésiastique ayant compétence" (...) "conformément toutefois aux normes fondamentales contenues dans la présente Constitution"
autrement dit l'Evêque ou le père Abbé d'une part, et la règle du N°36§1.


N°40 : "surtout dans les missions" [dans le titre]
1) "seront proposées au Siège apostolique"
2) "donnée par le Siège apostolique" (...) "ces essais et pendant un temps limité"
3) "surtout dans les missions" (...) "des hommes experts"

Voilà donc de quoi il s'agit. Des Missions.
Or en 1963 ou 1970, la France n'est pas une terre de Mission mais au contraire une terre de départ en mission.
On voir bien de nos jours combien les africains sont mille fois plus ouverts au latin et célèbrent régulièrement en Latin / Grégorien.

Au sujet des essais, Paul VI a donné tous les décrets et lettres nécessaires pour dire que leur était fini en 1969 et que ces essais étaient devenus interdit.

Les experts en Liturgie se comptent sur les doigts de la main en France et ne font pas parti des équipes enseignantes des séminaires. Au contraire, les diocèses font tout pour les empêcher de parler. Regarder ce qui est arrivé à Dom Le Gall : il pratique et enseigne le contraire de ce qui se trouve dans ses propres livres !

Enfin, on notera que tout doit toujours se faire avec l'accord du Saint Siège : or le Pape célèbre en Latin !

Par contre sur le N°38, je vous renvoie à l'expression de la créativité telle que je l'ai détaillé dans mon précédent message : voilà le résultat de ce n°38. Ce sont les différents choix possibles dans certains rites de la Messe.
Exempe :
- dans ma nouvelle paroisse, tous les dimanches nous avons le Canon (en français pour le moment)
- il y 3 semaines, il y a eu un baptême pendant la Messe par immersion. Cela a considérablement allongé la Messe. Donc le curé a usé de la créativité du nouveau Missel et a utilisé la Prière Eucharistique n°2 pour adapter la Messe aux circonstances présentes

Où est la désobéissance ?

C'est comme le prêtre qui apprend qu'il y a la guerre au Liban (pour changer malheureusement) et qui décide de prendre le formulaire Messe pour la Paix un jour en semaine, en disant explicitement que la Messe est à l'intention du retour à la Paix (au Liban).
C'est encore une fois un exemple de la créativité permise par le nouveau Missel.

Ou tel autre prêtre qui veut faire court pour la Messe du Samedi matin (donc de la férie) et qui dit l'antienne d'introït sans la chanter, prend le formulaire n°2 pour l'acte pénitentiel (sous forme de 2 répons) et la PE n°2. C'est complètement licite et valide. Maintenant en prenant des textes courts, cela lui permet de profiter du temps gagné pour marquer plus de respect envers ce qu'il fait.

Voilà la véritable créativité du nouveau Missel.

Maintenant si on revient à l'usage du Latin :
Sacrosanctum Concilium a écrit :54.
On pourra donner la place qui convient à la langue du pays dans les messes célébrées avec concours de peuple, surtout pour les lectures et la "prière commune", et, selon les conditions locales, aussi dans les parties qui reviennent au peuple, conformément à l'article 36 de la présente Constitution.
On veillera cependant à ce que les fidèles puissent dire ou chanter ensemble en langue latine aussi les parties de l'ordinaire de la messe qui leur reviennent.
Mais si quelque part un emploi plus large de la langue du pays dans la messe semble opportun, on observera ce qui est prescrit à l'article 40 de la présente Constitution.
Je commence par la fin.
Ce n°54 est dans la partie propre à la Messe est renvoie au généralité pour confirmer que ce qui est dit est autorisé.
Le n°40, on l'a vu, concerne les missions. Donc pas la France.
Juste au-dessus il est dit que l'ordinaire et les répons de la Messe (Amen, Et cum spiritu tuo, dialogue de la préface, Non sum dignus, ...) doivent être en latin.
Et au début : seules les lectures et prières universelles seront en vernaculaire.

Mais que c'est-il passer car c'est plus le cas ?

Très simplement : nos amis progressistes ont fait tellement de dégats dans les années 60-70 que le Pape a été obligé de concéder un usage du vernaculaire plus ample !

Mais si on reprends le texte du concile, on voit bien que cet usage ne doit pas être généralisé normalement.

De plus :
Doctrina et Exemplo, Paul VI a écrit :15. Dans les séminaires, la langue de la liturgie de la Messe et de l'Office divin sera le latin, langue de l'Église latine, que tous les clercs sont tenus de connaître (SC art. 36, §1 et art 101, §1). Il serait néanmoins recommandé d'utiliser la langue vernaculaire dans la célébration de la Messe à des jours spécifiques (par exemple, une fois par semaine) - dans la mesure permise par l'Autorité compétente dans chaque région et confirmée par le Saint-Siège (...)
Et
Sacramentum Caritatis, Benoit XVI a écrit :62.
(...) Pour mieux exprimer l'unité et l'universalité de l'Église, je voudrais recommander ce qui a été suggéré par le Synode des Évêques, en harmonie avec les directives du Concile Vatican II: (182) excepté les lectures, l'homélie et la prière des fidèles, il est bon que ces célébrations soient en langue latine; et donc que soient récitées en latin les prières les plus connues (183) de la tradition de l'Église et éventuellement que soient exécutés des pièces de chant grégorien.
(...)aucun effort ne devra être négligé en ce qui concerne les fidèles eux mêmes, pour qu'ils sachent l'ensemble des prières communes en latin et qu'en même temps ils connaissent les parties de la liturgie qui doivent être chantées en chant grégorien.
La dernière partie est une traduction littérale du texte original qui évidemment est en latin. Je remercie la Schola Saint Maur pour cette traduction.

Je vous renvoi au livret "Iubilate Deo" édité par Téqui sur ordre des Papes Paul VI et Jean-Paul II qui contient l'ensemble des textes et chants que les fidèles doivent connaitre en latin / grégorien.

Re: Pour ou contre "la messe en latin"

Publié : jeu. 12 juil. 2007, 13:47
par marchenoir
Bonjour Boris,

merci pour votre éclairante réponse, tout y est dit et je n'ai rien à y ajouter. Appliquer les articles cités du SC aux cas des paroisses françaises était en effet plus que discutable et tout ce que vous dites des possibilités de créativité dans la liturgie est bienvenu dans cette discussion.

Une chose est évidente et définitive, il faut s'en tenir aux directives romaines et la règle est de se méfier de toute initiative personnelle, même parée de la meilleure volonté du monde.

Et quant à ce que vous dites sur les dégâts des progressistes, c'est hélas tout à fait cela. Il n'est qu'à voir la façon dont s'est généralisée la communion sur la main. C'est exactement le processus que vous décrivez.

Maintenant, le plus difficile n'est pas tant de savoir quelle est la norme à suivre (il n'y a qu'à tourner la tête vers Rome) que de savoir comment déprendre certaines assemblées de leurs mauvaises habitudes. C'est là que la vertu de prudence nous sera précieuse.

Cher Boris, bonne journée.

Marchenoir.

Re: Pour ou contre "la messe en latin"

Publié : jeu. 12 juil. 2007, 22:07
par LumendeLumine
Bonjour Boris,

merci pour vos réponses et les textes du magistère. Je me doutais que l'emploi du terme créativité en parlant de liturgie vous ferait bondir. Il reste qu'en paroisse (du moins la mienne), le fidèle laïc qui participe à la liturgie a le choix:

- de porter l'aube ou non
- de s'agenouiller devant le tabernacle quand il va retirer les ciboires, ou non
- de lire les lecture lentement et dignement, ou non
- de chanter avec la chorale le Gloria, etc., ou non
etc.

En d'autres termes, puisque le prêtre ne s'en préoccupe pas trop, il ne revient qu'à lui d'essayer de se comporter dignement et en accord avec le missel, tout en composant avec les volontés particulières du prêtre. C'est tout ce que j'entendais par "créativité". "Ce n'est pas nous qui faisons la liturgie", c'est très théologique. Concrètement, eh bien, s'il n'y a personne en avant, il n'y a pas de liturgie.
Boris a écrit :Je me suis fait viré d'une paroisse parce que je demandais sans cesse au curé de respecter la Liturgie, de l'aimer et de chercher à la comprendre. Lui me reprocher d'être un électron libre, il faut comprendre par là que lorsque l'équipe d'animation des chants (auto-proclamée liturgique) m'envoie un mail avec un chant pour pendant la lecture de la Passion, je réponds aussitôt qu'il est interdit de découper une lecture par des chants.
Voilà de quoi je parle quand je dis qu'il y a différentes façons d'obéir. Votre curé, celui qui est assigné à la paroisse dont vous faites géographiquement partie, c'est lui votre supérieur ecclésiastique immédiat, c'est à lui que vous devez obéissance. De ce point de vue, ce n'est pas à vous de lui dire quoi faire, c'est à l'évêque. En même temps, vous aimeriez bien pouvoir obéir aux ultimes instances supérieures que sont le Pape et les Commissions pontificales, etc. Alors, faut-il obéir à l'Église, ou obéir à l'Église? C'est comme à l'armée: vous obéissez aveuglément à votre sergeant, ou vous jugez ses décisions d'après les plans du général? La question ne devrait idéalement pas se poser, mais s'il y a contradiction?

Assez pour l'instant, je reviendrai plus tard.

Re: Pour ou contre "la messe en latin"

Publié : ven. 13 juil. 2007, 7:22
par Boris
LumendeLumine a écrit :Sûrement, mais il y a différentes façons d'obéir.
Boris a écrit :Ah bon ? Lesquelles ?
LumendeLumine a écrit :Voilà de quoi je parle quand je dis qu'il y a différentes façons d'obéir. Votre curé, celui qui est assigné à la paroisse dont vous faites géographiquement partie, c'est lui votre supérieur ecclésiastique immédiat, c'est à lui que vous devez obéissance. De ce point de vue, ce n'est pas à vous de lui dire quoi faire, c'est à l'évêque. En même temps, vous aimeriez bien pouvoir obéir aux ultimes instances supérieures que sont le Pape et les Commissions pontificales, etc. Alors, faut-il obéir à l'Église, ou obéir à l'Église? C'est comme à l'armée: vous obéissez aveuglément à votre sergeant, ou vous jugez ses décisions d'après les plans du général? La question ne devrait idéalement pas se poser, mais s'il y a contradiction?
Effectivement, je commence à me poser la question de demander à Rome d'établir un diocèse type "aux armées" (je ne me souviens plus du nom) ou une paroisse personnelle en France directement attaché à Rome.

Je commence à en avoir mare des Evêques infoutu-capable de suive la doctrine catholique et de leur clergé qui souvent ne vaut pas mieux, surtout en matière de Liturgie.
Combien d'Abbé Pierre avons-nous dans les pays occidentaux francophones ? Trop !
Des prêtres, généreux ou non, mais qui sont incapables d'humilité : de se dire "je meure à Dieu", c'est bien mon corps mais c'est Dieu qui doit agir par moi.

Re: Pour ou contre "la messe en latin"

Publié : ven. 13 juil. 2007, 10:31
par marchenoir
Boris a écrit :Effectivement, je commence à me poser la question de demander à Rome d'établir un diocèse type "aux armées" (je ne me souviens plus du nom) ou une paroisse personnelle en France directement attaché à Rome
Bonjour Boris,

c'est bien ce nom là : une paroisse personnelle (ou administration apostolique personnelle), telle qu'elle a été prévue par le droit canonique, dans son article 518
En règle générale, la paroisse sera territoriale, c'est-à-dire qu'elle comprendra tous les fidèles du territoire donné ; mais là où c'est utile, seront constituées des paroisses personnelles, déterminées par le rite la langue, la nationalité de fidèles d'un territoire, et encore pour tout autre motif.
Bien à vous.

Marchenoir.

Re: Pour ou contre "la messe en latin"

Publié : lun. 16 juil. 2007, 17:51
par Aragatz
Yves54 a écrit :Ni pour ni contre. Car le latin entretient le mystère et amène une certaine aide à la prière par l'ambiance créé, mais on ne comprend pas un mot et, pour certains, c'est assez déplaisant.
Je suis asez d'accord, tout le monde n'a pas forcément choisi le latin en option au collège/lycée. Ou alors en ayant le texte sous les yeux, et encore...

Re: Pour ou contre "la messe en latin"

Publié : mar. 17 juil. 2007, 7:49
par Boris
Aragatz a écrit :
Yves54 a écrit :Ni pour ni contre. Car le latin entretient le mystère et amène une certaine aide à la prière par l'ambiance créé, mais on ne comprend pas un mot et, pour certains, c'est assez déplaisant.
Je suis asez d'accord, tout le monde n'a pas forcément choisi le latin en option au collège/lycée. Ou alors en ayant le texte sous les yeux, et encore...
De toute façon, 90% des gens opposés au Latin ne comprennent pas la Messe, même en français, et non le plus souvent pas accès à la véritable messe selon les livres actuels.

De plus, cette histoire de Latin a été demandée par l'enesmble des Evêques réunis en Concile à Rome (1963), puis redemandée par les Evêques réunis en synode à Rome (2005).

Enfin, dans "sacramentum Caritatis", le Pape dit clairement qu'il faut revenir au Latin : au delà la compréhension (aspect très matériel alors qu'il est question de spiritualité), c'est surtout la langue de l'Eglise, permettant de marquer (symboliser ?) l'untié de celle-ci par l'utilisation d'une langue officielle et rituelle (rite latin uniquement).

Mais reprenons encore une fois le Concile : seules les lectures et les prières universelles peuvent être en vernaculaire.
Les prêtres de la Communauté Saint Martin sur ma paroisse célèbrent en latin selon la nouvelle forme en semaine : tout sauf les oraisons et les lectures.
Quel besoin avons-nous de dire en français "Et cum Spiritu tuo" ? D'ailleurs "Amen" et "Alléluia" n'ont jamais été traduit !
Si le catéchisme est fait correctement, alors la question ne se pose plus. Si les jeunes apprennent ce qu'est vraiment la Messe et la Liturgie, les répons et leur sens, alors il n'y a pas plus besoin de latin/grec au collège que cela ne fut nécessaire dans les siècles passés !
Et pourtant combien de saints ont suivi des messes en Latin selon l'ancienne forme sans comprendre les mots (surtout pour les parties à vois basse) !
Visiblement, cela ne les a jamais génés pour aimer Jésus ni pour comprendre l'importance de la Messe et son sens !

Re: Pour ou contre "la messe en latin"

Publié : mar. 17 juil. 2007, 7:59
par Christophe
Boris a écrit :Mais reprenons encore une fois le Concile : seules les lectures et les prières universelles peuvent être en vernaculaire.
Et l'homélie également, il me semble. Pouvez-vous confirmer ?

Pax
Christophe

Re: Pour ou contre "la messe en latin"

Publié : mar. 17 juil. 2007, 9:47
par Boris
Oui, l'homélie aussi.

En fin de compte, si on reprend l'esprit de la lettre, cela donne l'ensemble de la Liturgie de la Parole. Pas le reste.
Sacrosanctum Concilium a écrit :54. [Usage de la langue du pays]
On pourra donner la place qui convient à la langue du pays dans les messes célébrées avec concours de peuple, surtout pour les lectures et la "prière commune", et, selon les conditions locales, aussi dans les parties qui reviennent au peuple, conformément à l'article 36 de la présente Constitution.
On veillera cependant à ce que les fidèles puissent dire ou chanter ensemble en langue latine aussi les parties de l'ordinaire de la messe qui leur reviennent.
Mais si quelque part un emploi plus large de la langue du pays dans la messe semble opportun, on observera ce qui est prescrit à l'article 40 de la présente Constitution.
D'ailleurs, la constitution est très claire : le reste doit être en Latin sauf dans les terres de mission (c'est la référence au n°40, cf. message de Marchenoir qui le cite et ma réponse plus haut).

Si on va voir plus loin encore, sur les chants :
Sacrosanctum Concilium a écrit :116. [Le chant grégorien]
L'Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine; c'est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d'ailleurs, doit occuper la première place.
Les autres genres de musique sacrée, mais surtout la polyphonie, ne sont nullement exclus de la célébration des offices divins, pourvu qu'ils s'accordent avec l'esprit de l'action liturgique, conformément à l'article 30.

117. On achèvera l'édition typique des livres de chant grégorien; bien plus, on procurera une édition plus critique des livres déjà édités postérieurement à la restauration de saint Pie X.
Il convient aussi que l'on procure une édition contenant des mélodies plus simples à l'usage des petites églises.
Les ouvrages en référence au n°117 sont le "Graduale Romanum" et le "Graduale Simplex", disponible aux éditions de Solesmes pour le premier et aux éditions (depuis 1974) de la librairie vatican pour le second.

Ici la traduction du mot "première place" (N°116) est très discutable : en fait c'est le même mot que "Au commencement" (Gn 1,1 et Jn 1,1).
C'est à dire à l'origine : don non seulement il faut chanter en grégorien, mais en plus il faut que les chants qui ne sont pas en grégorien s'inspirent de celui-ci : textes des paroles, textes en fonction des Dimanches et autres jours de l'année, lien entre les paroles et la musique.

C'est pourquoi il est aussi question de la polyphonie : prenez Mozart, Bach ou tant d'autres, ils n'ont jamais réécrit les textes des chants grégorien, ils n'ont fait que mettre en musique dans une forme différente ces mêmes textes, sans même les traduire !

Mieux, si on regarde le "Graduale Simplex", il s'agit de psaumes en Latin sur des mélodies grégoriennes simples.

Là encore, il n'est aucunement question de langue vernaculaire et ce sont les Evêques du monde entier qui demandent cela.

Enfin avant qu'on me dise que j'oublie une partie :
Sacrosanctum Concilium a écrit :118. [Le chant religieux populaire]
Le chant religieux populaire sera intelligemment favorisé, pour que dans les exercices pieux et sacrés, et dans les actions liturgiques elles-mêmes, conformément aux normes et aux prescriptions des rubriques, les voix des fidèles puissent se faire entendre.
On note qu'il n'est pas question d'imposer des niaiseries à la Messe mais bien de faire avec intelligence et de préférence dans les exercices pieux.
Il y a aussi et surtout un renvoi vers les normes.

Celles-ci autorisent de tels chants sous plusieurs conditions :
- l'accord de l'Evêque
- le lien entre le texte et la musique du chant avec l'action liturgique (chanter un chant de carême en plein temps pascal est donc proscrit, oublier l'alléluia en dehors du carême est interdit, prendre un chant proche des lectures en chant d'entrée est un contre sens, ...)
- dans la Messe, il n'y a que 3 antiennes susceptibles d'être remplacées : l'Introït, l'Offertoire et la Communion (le chant de sortie n'existe pas dans le Missel, au mieux c'est une action qui a lieu après la Messe, en dehors de la Messe)
- dans les autres rituels, là il y a plus de "place" pour de tels chants. Je vous recommande de parcourir le "Rituel pour le baptême des petits enfants" qui propose une grande variété de chants et d'antiennes en français qui n'existent pas dans la version originale (latine) du document. C'est une bonne démonstration de l'utilisation et l'application de ce N°118.

Re: Pour ou contre "la messe en latin"

Publié : mar. 17 juil. 2007, 17:45
par Sapin
À mon avis, ce qui a tué le latin dans la liturgie est ce paragraphe dans Sacrosanctum Concilium, au chapitre 3 - La restauration de la Liturgie, no 36: Langue liturgique paragraphe 3:
«Ces normes étant observées, il revient à l'autorité ecclésiastique qui a compétence sur le territoire, mentionnée à l'article 22, par. 2 (même, le cas échéant, après avoir délibéré avec les évêques des régions limitrophes de même langue), de statuer si on emploie la langue du pays et de quelle façon, en faisant agréer, c'est-à-dire ratifier, ses actes par le Siège apostolique».
D'après moi, toutes les conférences épiscopales ont fait approuvé par Rome les décrets autorisant l'usage de la langue vernaculaire dans la liturgie. Mais Rome ne s'est malheureusement pas soucié, à ce moment, d'assurer le maintien du latin dans la messe en paroisse en demandant aux évêques d'y voir. Avec le temps, l'exeption est devenue la norme. Paul VI a simplement demandé aux bénédictins de préserver ce trésor de l'Église dans leur liturgie et de voir à la révision des livres pour le chant grégorien et les hymnes des offices. C'est ce qu'ils ont fait avec compétence e t bon goût! Mais connaissez-vous des paroisses qui ont commandé des caisses de livres du graduale romanum ou du liber hymnarius, à ma connaisance non!