Ces questions ont déjà largement été traitées dans ce fil, mais bon...
françois67 a écrit :Bonjour,
Je trouve poussé à l'absurde le débat ici: débattre à propos de l'opportunité ou de l'efficacité de la réforme est bien légitime. Mais lorsque je vois des accusations d'iconoclasme ou d'hérésie, mon sang ne fait qu'un tour: revenons au fondamentaux de Vatican II, à l'aspiration première, à l'espérance qu'il savait qu'il n'en verrait jamais l'aboutissement: le pauvre Jean XXIII, mourant, ce pape de transition qui savait qu'il devait lancer envers et contre tout quelquechose pour sauver l'Eglise de l'enfouissement et de la crispation:
D'une part, qu'il y ait eu des réformes à faire dans l'Eglise est une chose, que le problème soit l'"enfouissement et la crispation", et d'une c'est votre interprétation, de l'autre c'est très, très général et vague: on peut justifier tout et n'importe quoi au nom de "la lutte contre l'enfouissement et la crispation".
regardons son discours inaugural qu'il composa lui-même et qui exprime la nécessité de garder le fond (car en effet, cela vous déplaît mais il y a bien un fond cela est ce qui se trouve exprimé)
Vous affirmez que seule la forme m'intéresse et que prétendre qu'il y a un fond me "déplaît"?

Vous avez vu ça où?
Encore une fois, le fond n'a pas à être séparé de la forme. C'est vous qui voulez absolument considérer qu'ils n'ont pas aucun lien.
De plus, si conserver la tradition formelle était si capital, il est étonnant de ne voir aucune indication pareille dans tout le Nouveau Testament: saint Paul ne cesse de répéter partout dans ses lettres la nécessité de préserver la foi et la morale, mais question liturgie, tout ce dont il parle est la formule d'institution de l'Eucharistie.
Je ne devrais pas avoir à rappeler que la Révélation apostolique, ce n'est pas seulement l'Ecriture, mais l'Ecriture ET la Tradition non écrite. Et presque tout ce qui est de l'ordre des
pratiques transmises par les Apôtres fait partie de la Tradition (avec un grand T) non écrite, y compris et en particulier la liturgie et tout ce qui va avec (mais aussi des pratiques comme le signe de croix, l'usage du Saint Chrême, le jeûne, la prière des vivants pour les défunts, etc...).
Quant à St Paul, on trouve aussi dans ses Epîtres des choses comme ceci:
1 Co 11, 02 a écrit :Je vous félicite de vous souvenir si bien de moi, et de garder les traditions que je vous ai transmises.
La liturgie est éminemment relative et elle a énormément évolué depuis toujours.
Faux. Que des choses aient évolué au début, et beaucoup moins à partir d'une certaine époque (et pour la nième fois, la liturgie évolue de façon
organique, un organisme jeune change et grandit vite, un organisme adulte ne change quasiment plus) ne fait pas pour autant de ses composants des choses "éminemment relatives". Il y a une certaine relativité, mais elle n'est certainement pas extensible à l'infini. Et il faudrait déjà commencer par conserver ou retrouver les coutumes d'origine apostolique, par exemple l'orientation de la célébration (qu'on a oubliée)...
Arrêtez de citer à tort et à travers le concile de Nicée qui était dirigé contre les iconoclastes qui voulaient détruire tout sacré. Jamais il ne fut dit que changer la liturgie d'un iota était un acte hérétique.
Arrêtez de prétendre que les changements récents de la liturgie ne sont qu'"un iota". Ils sont énormes, et le sacré y a été tellement systématiquement démoli que l'accusation d'iconoclasme est plus que justifiée (par la destruction du caractère sacré du sanctuaire, le remplacement de l'autel consacré par une table de camping, la modification incessante de textes sacrés et vénérables, la suppression des antiques coutumes, la disparition du caractère rituel de la liturgie au profit d'une liturgie à la carte et au choix du célébrant, la disparition des chants sacrés traditionnels au profit de chansonnettes depuis longtemps ringardes, etc, etc...).
Ce qu'affirmaient les iconoclastes était que l'on ne pouvait représenter les choses célestes, le sacré. Cette affirmation absolue, générale et catégorique était hérétique. Mais le concile ne dit jamais que ces choses devaient être à tout prix représentées de telle et telle façon, point final.
Je recite ce que j'ai cité plus haut:
Saint Pie X a écrit : Fera loi, de même, la profession du quatrième Concile de Constantinople: C'est pourquoi nous faisons profession de conserver et de garder les règles qui ont été léguées à la sainte Eglise catholique et apostolique, soit par les saints et très illustres Apôtres, soit par les Conciles orthodoxes, généraux et particuliers, et même par chacun des Pères interprètes divins et docteurs de l'Eglise. Aussi les papes Pie IV et Pie IX ont-ils ordonné l'insertion dans la profession de foi de la déclaration suivante: J'admets et j'embrasse très fermement les traditions apostoliques et ecclésiastiques, et toutes les autres observances et constitutions de l'Eglise.
Quant à rupture, le terme est subjectif, et en esprit, sur les idées soulevées pendant la messe: aucun changement, seule la façon de faire cela a été modifiée.
Encore une fois, le fond et la forme vont ensemble, on ne change pas l'un sans atteindre à l'autre. "Lex orandi, lex credendi", la loi de la prière est la loi de la foi, et réciproquement.
Enfin: que signifiez-vous par herméneutique?
https://fr.wikipedia.org/wiki/Herm%C3%A9neutique:
L'herméneutique (du grec hermeneutikè, έρμηνευτική [τέχνη], art d'interpréter, "hermeneuein" signifie d'abord « parler », « s'exprimer »1 et du nom du dieu grec Hermès, messager des dieux et interprète de leurs ordres) est la théorie de la lecture, de l'explication et de l'interprétation des textes.
Les expressions d'"herméneutique de la rupture" et d'"herméneutique de la continuité" (ou "herméneutique de la réforme") sont liés à des discours de Benoît XVI visant à séparer l'interprétation légitime du Concile Vatican II, celle qui interprète Vatican II dans la continuité de la vie de l'Eglise, de l'interprétation hérétique qui consiste à voir dans Vatican II la justification d'une rupture avec le passé de l'Eglise et autorisant de renier carrément celui-ci.
On peut toujours discuter pour savoir si certains textes de Vatican II peuvent vraiment être considérés comme en continuité avec le passé. Le fait est que seule une telle compréhension peut être légitime, parce qu'à partir du moment où l'on s'oppose à ce que l'Eglise a toujours cru et enseigné avec autorité, où l'on enseigne et pratique autre chose tout en tenant le passé pour fondamentalement erroné, on ne peut plus se réclamer, justement de l'autorité de l'"Eglise", et donc de celle du Christ qui a fondé l'Eglise.
Le discours de Benoît XVI qui a introduit cette expression (et pas la notion qui n'est pas nouvelle!) est à priori le discours à la Curie du 22/12/2005:
http://www.vatican.va/holy_father/bened ... ia_fr.html
In Xto,
archi.