Une proposition de programme

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elisseievna
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Message non lu par elisseievna »

Franck a écrit :[
sanctions pecuniaires et civiques pour les peres et maris manquants a leurs devoirs envers femmes et enfants, et penalisation de l'achat de prostitution (violences economiques et physiques)

C'est une mesure qu'il convient d'envisager, toutefois il serait quelque peu réducteur d'appliquer des sanctions uniquement aux pères et maris. La femme peut également manquer à ses devoirs et doit dans un tel cas de figure être sanctionnée de la même manière que l'homme.[/align]
Bien sur qu'elles peuvent aussi, mais dans la pratique, ce sont les hommes qui "oublient" les pensions, et qui sont violents. Ce que je veux dire, c'est qu'il faut une sanction EFFECTIVE contre les peres et les maris, qui s'en tirent si facilement.

Un des aspects de l'education anti sexiste, est justement pour moi, d'enseigner aux hommes leurs devoirs, et la fierte qu'il peut y avoir a les remplir.
Roublev, peintre de genie, chretien ou pas.
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Message non lu par elisseievna »

Franck a écrit :[
sanctions contre les discriminations dans le travail envers les femmes, (violence economique)

Nous sommes d'accord, Jean-Paul II réclamait déjà « la parité des salaires pour un travail égal » dans sa Lettre aux femmes.
Mais si d'un autre cote, il est affirme que les femmes doivent se limiter a certaines "qualites" dites "feminines " qui font qu'elles seraient incapables d'autant d'efficacite que les hommes, on donne une justification a une moindre remuneration.
Roublev, peintre de genie, chretien ou pas.
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Christophe
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Réponse à Karol W

Message non lu par Christophe »

[align=justify]Cher tous ! :)

Même six mois après sa publication, je suis très content que ce programme suscite quelques réactions ! :lol:
Karol W a écrit :Très intéressant ce programme
Merci. :)
Mais je lis quelque chose qui me dérange: "suppression des cérémonies civiles du mariage et du baptême". Cela signifie t-il que le mariage ne relèverait plus que de la sphère privée? Que les futurs mariés ne seraient pas informés des devoirs de chacun et qu'une personne opposée au mariage ne pourrait plus entrer dans la salle?
En gros, un mariage célébré par un sorcier polynésien ou selon les rites propres à certaines communautés africaines (marquées par l'excision obligatoire des jeunes filles avant le mariage) seraient aussi valides qu'un mariage célébré aujourd'hui devant le maire?

Ou bien souhaiteriez-vous (et c'est plutôt cela que je pense) que seuls soient valides les mariages célébrés par un prêtre de l'Eglise catholique, selon les règles propres à l'Eglise catholique pour lier (et délier) les couples? Si c'est cela, vous n'avez pas peur d'exclure grosso modo 55% des jeunes mariés qui, dans la France d'aujourd'hui, ne se marient pas à l'église. Au moins le mariage civil a t-il le mérite d'être neutre vis-à-vis de la religion (alors que l'école publique est ouvertement laïciste).
Sur le mariage civil, voir le fil http://www.cite-catholique.org/viewtopic.php?t=1394
La proposition - dans mon esprit - vise essentiellement à "désacraliser" le mariage civil (qui n'est jamais qu'un contrat) pour revaloriser le mariage religieux auquel certains anticléricaux ont voulu le substituer... Concernant le "baptême civil" - d'inspiration maçonnique - ce sera la suppression pure et simple : la République n'est pas une religion.
Autre remarque: dans votre programme, vous ne parlez pas de ce fléau social qu'est le suicide. La France a je crois le taux de suicide chez les jeunes le plus élevé d'Europe occidentale (après la Finlande, mais là-bas le climat y est pour quelque chose). Quelles mesures d'accompagnement proposez-vous pour les personnes sujettes aux tentatives?
Que proposez-vous ?
Il me semble que le suicide est le symptôme d'un mal-être et que s'attaquer au symptôme sans s'attaquer aux causes du mal est voué à l'échec. Peut-être devriez-vous ouvrir un nouveau sujet sur cette délicate question qui n'a pas encore été, si je ne m'abuse, abordée sur le forum.

Pax tibi
Christophe[/align]
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Re: Justice ? Paix ?

Message non lu par Christophe »

[align=justify]Il faut au moins vous reconnaître une qualité, mon cher Christian, c'est la constance. Comme vous aviez déjà exprimé quasiment les mêmes critiques dans la première page de ce fil (Cf. ici), je vous renvoie aux réponses que je leur avais faites : cf. ici.
Christian a écrit :Le travail « d’intérêt général » n’est utile à personne, sinon des entrepreneurs eussent été trop ravis d’embaucher ces chômeurs. Où est donc la justice lorsque des gens bossent inutilement et sont payés avec de l’argent pris à ceux qui ne voulaient pas le donner ?
Comme vous le dîtes très bien, s'il existait un nombre suffisant d'emplois économiquement viables, les chômeurs seraient embauchés. La situation de chomâge de masse est une preuve que ce n'est pas le cas : il y a donc davantage de travailleurs que d'emplois disponibles. Mais les chômeurs n'y sont pour rien ! La justice sociale - qui garantie la paix sociale - impose que ces personnes ne soient pas privées des moyens de leur subsistance en raison de la conjoncture économique. La mesure du Revenu Minimum d'Activité (RMA) est la réalisation concrête du droit au travail.
Déporter des jeunes gens qui ne veulent pas y aller dans des camps de travail, est-ce œuvre de justice ou bien œuvre de paix ?
Dans une société menacée par un individualisme exacerbé, c'est une oeuvre de paix - paix sociale une nouvelle fois.
Sacrebleu ! Nous voici replongés dans l’obscurantisme économique, qui nous a valu la grande dépression des années 30. Que signifie impulser des travaux dont les consommateurs ne désirent pas suffisamment le résultat pour que les entreprises le fournissent ? D’autres Concorde ? D’autres Plan Calcul ?
" On retrouve ici une nouvelle limite du marché : il y a des besoins collectifs et qualitatifs qui ne peuvent être satisfaits par ses mécanismes ; il y a des nécessités humaines importantes qui échappent à sa logique ; il y a des biens qui, en raison de leur nature, ne peuvent ni ne doivent être vendus ou achetés. Certes, les mécanismes du marché présentent des avantages solides : entre autres, ils aident à mieux utiliser les ressources ; ils favorisent les échanges de produits ; et, surtout, ils placent au centre la volonté et les préférences de la personne, qui, dans un contrat, rencontrent celles d'une autre personne. Toutefois, ils comportent le risque d'une « idolâtrie » du marché qui ignore l'existence des biens qui, par leur nature, ne sont et ne peuvent être de simples marchandises. "
Jean-Paul II, Centesimus annus (1991)
Instauration d'un "service minimal" dans les services publics

Encore du « travail forcé ». C'est une manie. Il existe pourtant d’autres moyens que policiers pour assurer le « service minimal » :

-- L’entreprise peut prévoir cette clause dans le contrat d’embauche, l’employé l’accepte ou pas.
-- La concurrence entre fournisseurs de « services publics » implique que si l’un est en grève, les usagers se tournent vers les autres (c’est bien pourquoi les personnels réclament le monopole)
-- Le non paiement des jours de grève
Qui a parlé de policiers ? La fin est posée : la continuité du service publique. Mais les moyens sont à définir...
C’est le comble ! Prendre l’argent des contribuables pour financer la « recherche, l’intelligence économique, le lobbying » des patrons. Justice que cela ?
Oui, si les contribuables contributeurs sont justement les patrons.
Participation des salariés au capital de l'entreprise

Mais l’entreprise a des propriétaires. Ils seront les premiers à vouloir partager leurs bénéfices avec ceux qui les génèrent. Ils auraient trop peur que ces employés inventifs et diligents aillent offrir leurs talents à la concurrence. Voulez-vous dire que vous allez obliger les propriétaires, qui ont contribué des capitaux et du savoir-faire, à céder des actions contre leur gré à des gugusses qui ont reçu en salaires tout ce qu’ils sont capables de contribuer ? Est-ce là justice ?

On ne peut même pas arguer que votre spoliation des actionnaires achète la paix sociale. Car si j’étais salarié, en bon gestionnaire de mon bas de laine, je voudrais bien qu’il fut investi dans tout plein d’entreprises, sauf celle qui m’emploie. Car si elle capotait, j’aurais perdu à la fois le salaire et l’épargne.
Sur l'association capital-travail, cf. le fil suivant : http://www.cite-catholique.org/viewtopic.php?t=1482 qui traite plus exactement de la participation des travailleurs au capital de leur entreprise.

Cher Christian, si vous le voulez bien, raisonnons en libéraux. Le programme proposé ci-dessus serait applicable dans le cadre d'un Etat-nation, et non pas à l'échelle mondiale : il n'aurait donc aucun monopole pour s'imposer à tous. Considérons donc l'Etat-nation comme l'une des communautés souveraines qu'appelle votre utopie libertaire. Dans ce cas, tout le programme est légitime tant que l'Etat-nation n'interdit pas l'expatriation des entreprises ni des citoyens (et je vous certifie que cela ne fait pas partie du programme). Entre les Etats-Nations, la concurrence est rude. Alors, si les entreprises et les citoyens ne sont pas contents, qu'ils changent de crêmerie ! (N'est-ce pas là le leitmotiv du libéralisme ?) Personne ne leur interdit de rejoindre votre l'El Dorado libéral...


Pax tecum
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Théophane, développez vos arguments...

Message non lu par Christophe »

[align=justify]
Théophane a écrit :La politique contre les immigrés ne me paraît pas vraiment conforme à la doctrine de l'Église.
Cher Théophane, pourriez-vous développer ?
Il n'est pas question de politique "contre les immigrés", mais de politique de l'immigration, de politique démographique, de politique de la nationalité...

Pax
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Justice? Paix?

Message non lu par Christian »

Christophe
Comme vous aviez déjà exprimé quasiment les mêmes critiques dans la première page de ce fil, je vous renvoie aux réponses que je leur avais faites
Les mêmes causes produisent les mêmes effets, mon cher Christophe, et les erreurs répétées appellent les mêmes corrections. :P
s'il existait un nombre suffisant d'emplois économiquement viables, les chômeurs seraient embauchés
Vous avez raison. Il faut alors se poser la question : Pourquoi ces emplois ne sont-ils pas économiquement viables ? Puis-je vous suggérer la réponse : les hommes de l’Etat maintiennent le coût du travail à un niveau artificiellement trop élevé. Ils l’admettent eux-mêmes. Dès qu’il s’agit de favoriser l’emploi dans une région, leur solution est d’alléger les charges sociales. Le lien est donc établi.
Christian:
Déporter des jeunes gens qui ne veulent pas y aller dans des camps de travail, est-ce œuvre de justice ou bien œuvre de paix ?
Christophe:
Dans une société menacée par un individualisme exacerbé, c'est une oeuvre de paix - paix sociale une nouvelle fois.
L’individualisme, ou plutôt l’indifférence aux autres, est une retombée de la social-démocratie, que votre programme vise à renforcer. Chacun pour soi, l’Etat pour tous. Au 19ème siècle, le capitalisme triomphait en même temps que fleurissaient les institutions charitables, les ouvroirs, les mutuelles, les associations d’entraide… Voilà la solidarité qu’il faut reconstituer.

Je ne crois guère à la paix par les camps.
Christophe:
Impulsion de Grands travaux ( avec l'Union Européenne ) dans les transports, l'énergie, l'aéronautique, la défense...
Christian:
Que signifie impulser des travaux dont les consommateurs ne désirent pas suffisamment le résultat pour que les entreprises le fournissent ? D’autres Concorde ? D’autres Plan Calcul ?
Vous me répondez, cher Christophe, par une citation de Centesimus Annus:

On retrouve ici une nouvelle limite du marché : il y a des besoins collectifs et qualitatifs qui ne peuvent être satisfaits par ses mécanismes ; il y a des nécessités humaines importantes qui échappent à sa logique ; il y a des biens qui, en raison de leur nature, ne peuvent ni ne doivent être vendus ou achetés.

J’ai souligné l’adverbe ici. Car cette citation s’inscrit dans le paragraphe 40 de l’encyclique dont la première phrase donne le cadre :

L'Etat a le devoir d'assurer la défense et la protection des biens collectifs que sont le milieu naturel et le milieu humain dont la sauvegarde ne peut être obtenue par les seuls mécanismes du marché.

Jean-Paul II pense que le milieu naturel (la couche d’ozone, les océans..) et le milieu humain (vous et moi) réclament l’intervention de l’Etat pour leur sauvegarde, par exemple, le maintien d’une culture locale, la protection de la propriété, etc.

En aucun cas, le Pape, qui avait connu de trop près les effets des glorieux « plans quinquennaux », n’eut soutenu votre proposition d’Impulsion de Grands travaux ( avec l'Union Européenne ) dans les transports, l'énergie, l'aéronautique, la défense...
La fin est posée : la continuité du service publique. Mais les moyens sont à définir...
Nul besoin de programme politique pour poser la fin d’une entreprise. Ses actionnaires ne souhaitent pas interrompre le service, ses employés ne sauraient être en grève trop longtemps, les concurrents seraient trop heureux.

Supprimez les monopoles d'Etat, mon cher Christophe, vous garantirez la continuité du service maximum.
Christian:
C’est le comble ! Prendre l’argent des contribuables pour financer la « recherche, l’intelligence économique, le lobbying » des patrons. Justice que cela ?
Christophe:
Oui, si les contribuables contributeurs sont justement les patrons.
Prendre à Paul pour payer Paul ? :roll:

Cette drôle de logique n’aboutit qu’à une conséquence : entretenir l’habitude de l’inquisition fiscale dans l’administration et celle de la servilité chez les patrons.

Cordialement
:)

Christian



You can't separate peace from freedom because no one can be at peace unless he has his freedom.
H. L. Mencken (1880 - 1956)
Christian
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Message non lu par Christian »

[…] raisonnons en libéraux. […] tout le programme est légitime tant que l'Etat-nation n'interdit pas l'expatriation des entreprises ni des citoyens […] si les entreprises et les citoyens ne sont pas contents, qu'ils changent de crêmerie ! (N'est-ce pas là le leitmotiv du libéralisme ?) Personne ne leur interdit de rejoindre votre l'El Dorado libéral...
L’argument, cher Christophe, ne pourrait être valablement tenu que par le quidam qui se prétendrait propriétaire de la France.

Le propriétaire, en effet, par essence, est celui qui peut exclure qui il veut de son domaine. Mais ne suis-je pas aussi bon Français que vous ? Et des millions qui s’opposent à votre programme aussi ? N’ai-je pas le droit de résider pacifiquement dans ma maison bretonne ou mon appartement parisien ? De quelle autorité m’intimer : si vous n’aimez pas mon programme politique, allez vivre ailleurs comme il vous plaira ?

Votre apparente magnanimité (vous ne m’interdisez pas d’émigrer) cache votre refus de voir que tout programme politique est une imposition policière infligée à des innocents. Vous aimeriez que « ça se passe bien », que les opposants se rallient, que les plus radicaux déclarent « c’est pas grave, nous avons une nouvelle Amérique quelque part où nous nous réinstallerons sans douleur ».

Hélas, non. Même en respectant le processus démocratique qui vous donnerait une majorité, vous aurez encore 30, 40, 49% de bons Français qui ne voudront pas de vos lois. Ils ne s’y soumettront qu’à peine de sanctions pénales en attendant de prendre leur revanche.

Ne pouvez-vous imaginer un mode plus pacifique de vivre ensemble ? une autre société que celle qui justifie qu’un parti impose son pouvoir à l’autre pendant 5 ans, parce que l’autre pourra éventuellement lui infliger le même traitement les 5 années suivantes ?

Bien à vous dans l’espoir

Christian




Ce n’est pas qu’ils sont incapables de voir la solution. Ils sont incapables de voir le problème.
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