Astoria a écrit :C'est trop facile de dire "c'est bien" ou "c'est mal" et d'aller juger les actions des autres quand on est pas concerné.
Ce qui justifie bien sûr que vous vous permettiez de juger très durement cet évêque...
Vous n'avez pas l'impression qu'il y a un problème de cohérence dans votre attitude ?
Pourquoi prendre l'évêque pour un imbécile ? Peut-être a-t-il pris toute la mesure du dossier ? Peut-être a-t-il conclu, en étant conseillé par des experts, qu'une autre solution était possible que l'avortement sans mettre en danger la vie de la fillette ?
Qu'est-ce qui vous permet de conclure que l'évêque a forcément traité le dossier par dessus la jambe et sans faire preuve d'une once d'humanité ? Rien.
alice2 a écrit :C'est une plaisanterie j'espère! Parce que si cet évêque, soutenu par Rome, se permet de juger dans de pareilles circonstances c'est qu'il n'est pas inspirée par Dieu. Et si l'Eglise catholique accepte ça, je ne veux plus en être.
Chère Alice,
Premièrement, l'Eglise catholique n'est pas un club. On n'est pas catholique parce que tout ce que fait l'Eglise est en accord avec nos opinions, on est catholique parce qu'on croit qu'il s'agit de l'Eglise fondée par le Christ et voulue par Lui.
L'Eglise a fait des erreurs au cours de ses 2000 ans d'histoire, elle en fera d'autres (j'ajoute que dans ce cas précis, rien ne permet de conclure à une erreur de l'Eglise : la décision de l'évêque est peut-être justifiée, nous n'avons pas tous les éléments en main). Donc brandir la menace de la quitter dès que quelque chose ne vous va pas ne me semble pas vraiment une bonne façon de vivre sa foi au Christ.
Ca me fait penser à un ami qui refusait d'aller à la messe en signe de protestation envers Benoît XVI. Il avait à l'évidence oublié qu'il allait d'abord à la messe pour son propre Salut et parce que Dieu l'y appelait.
L'Eglise, on l'aime malgré ses imperfections. On l'aime surtout parce qu'elle est sainte et qu'elle est celle qui nous transmet la grâce du Christ en plénitude.
alice2 a écrit :Quel que soit ce qu'il a dit, il aurait mieux fait de se taire cet archevêque. Que l'Eglise se positionne contre l'avortement est une chose, qu'elle se mêle de cas particulier en est une autre. Elle ne devrait pas avoir son mot à dire dans de pareil cas!
Et quand aurait-elle son mot à dire alors ? Si vous refusez le droit à l'Eglise de se prononcer dans les cas particuliers (et il n'y a QUE des cas particuliers), à quoi sert sa morale ?
C'est un peu comme si vous me disiez qu'en matière de legislation sur le meurtre, il faut le condamner fermement mais surtout ne pas se mêler des "cas particuliers". Ca n'a pas de sens.
Dans cette affaire difficile, je tiens à vous rappeler qu'
aux yeux de Dieu, les foetus de cette fillette ont autant de prix que n'importe quel être humain. En gros, ce qu'a fait ce médecin, c'est supprimer deux vies pour, peut-être (je dis peut-être car je ne connais pas assez bien le dossier pour conclure que la vie de la fillette était irrémédiablement mise en danger), en sauver une autre. Est-ce licite selon vous ? Ai-je le droit de tuer mon prochain innocent pour en sauver un autre ? Ben non.
Comme l'a dit Yves, dans cette sombre histoire, la fillette et les deux foetus sont des victimes.
Donc gardons nous de juger hâtivement. Le dossier est complexe, et nous ne le connaissons que peu.
Mais je reste cependant convaincu que la réaction des deux prélats (l'archevêque brésilien et le cardinal au Vatican) aurait pu se faire différemment, en montrant plus de compassion envers la fillette et sa mère.
Fraternellement,
Pour finir, je tiens à rappeler quelque chose que les plupart des intervenants "outrés" oublient un peu vite : une excommunication peut ne pas être définitive. Il s'agit ici d'une condamnation rappelant fermement que l'avortement est interdit. Cependant, n'oublions pas que n'importe quel excommunié qui demande pardon et fait pénitence peut voir son excommunication levée.
Dans le contexte du pays (où certains voudraient ouvrir le droit à l'avortement), il me semble que l'évêque a voulu rappeler fermement que l'avortement est illicite. Ce qui ne veut pas dire qu'il refusera au médecin et à la mère de la fillette la réintégration dans l'Eglise.
En revanche, le meurtre des deux foetus est lui irréparable.