Re: La Vierge Marie
Publié : ven. 08 mai 2015, 17:27
L'enthousiasme de Paul Claudel ...
La Femme revêtue de soleil
«... elle a revêtu le soleil. Elle est exposée à tout l'univers dans le soleil. Non point sous tel aspect particulier, mais dans la plénitude à jamais de sa fonction, qui est d'enfanter son fils. Qui est d'engendrer au Père par le Fils tout ce qui lui est capable d'être fils et de lui expliquer à sa manière, de lui raconter, verbe du Verbe, qui Il est.
Cette force d'unification, Marie ne l'a pas perdue en entrant dans la Gloire, la Mère de Dieu continue à être intérieure et animatrice à tout ce qui sur la terre essaye de se réaliser à l'image du Verbe. [...] Elle est le modèle par rapport à Dieu qui explique et qui illustre tous les aspects, tous les ressorts et tous les effets de l'amour, et sans la ressemblance de qui, la coopération de qui, Dieu n'a rien obtenu de sa créature sollicitée. [...] elle est l'individu adulte. Rien ne se passe entre l'âme et Dieu, entre l'assemblée, entre le corps des âmes et Dieu, à quoi elle n'ait été constituée en tant que référence. Elle est le coeur qui pourvoit sur toute l'étendue du corps [...] elle est le devoir avec idée, insinué à toute créature qui, par elle-même ou par contribution à un ensemble, travaille à se rendre acceptable à Dieu. Elle n'est étrangère à rien de ce qui au ciel et sur la terre exhale le fiat mihi secundum verbum tuum! Et quand l'Esprit Saint, dans le Cantique des cantiques, s'adresse pour l'obséder, pour faire appel à tout ce qui dans l'âme humaine est capable de désir, d'ascension, d'expression et de ressemblance, c'est elle qui se joue continuellement sous les traits de la fiancée individuelle, comme sous ceux de l'Église aux différentes phases de sa recherche et de son développement.
[...]
Elle est la fille de la profondeur et cependant d'une certaine manière on peut dire aussi qu'elle en est la mère. Car c'est sur elle, à jamais fixée devant son regard, que l'Eternel a pris mesure de tout, et c'est en elle qu'il a édifié ce tabernacle où il avait résolu de faire habitation. Et de même que les païens représentaient la Nature sous la forme d'une Femme et d'une Mère, Gaïa, Cybèle, Prakriti, c'est ainsi que dès les premiers temps du christianisme, dont le Pasteur d'Hermas et l'inscription d'Aberkios sont les témoins, les fidèles héritiers eux-mêmes de la vision des prophètes, n'ont cessé de voir en l'Église, qui à l'origine a battu tout entière sous le seul coeur de Marie, la chaste fiancée du Tout-Puissant.» (P. Claudel, p.24)
Et qui décode le début du Cantique des cantiques ...
Osculetur me osculo oris sui
Qui meliora sunt ubera tua vino
Fragrantia unguentis optimis
Oleum effusum nomen tuum
Ideo adolescentulae dilexerunt te
Qu'il me baise des baisers de sa bouche,
car tes mamelles sont meilleures que le vin,
dégageant les parfums les plus exquis.
Ton Nom est une huile répandue,
c'est pourquoi les jeunes filles t'ont aimée. (Cantique 1,2)
Ton Nom est une huile répandue. Claudel expliquera ailleurs dans son ouvrage comment les mamelles représentent en fait les Écritures (le lait de la parole, etc.)
Nous retrouvons ici la lampe (l'huile) et l'olivier, avec Paul Claudel. Ces signes que l'on trouve dans l'Apocalypse. Jérémie 11, 16 :«Olivier verdoyant à la belle stature», c'est le nom que t'avait donné Yavhé.
Source : Paul Claudel, Le Cantique des cantiques, 1947 (note dans la préface :«Nous avons lu l'ouvrage intitulé Le Cantique des cantiques, donné non comme une explication théologique ou exégétique, mais comme un poème. Sous des accommodements, sans doute licites, mais dont il garde la responsabilité, l'auteur y rejoint l'interprétation commune, qui lit le texte biblique en pensant à l'âme fidèle, à la Vierge, à l'Église. Rien par conséquent ne s'oppose à cette publication. Signé : Charles Journet. Fribourg, 26 décembre 1947)
La Femme revêtue de soleil
«... elle a revêtu le soleil. Elle est exposée à tout l'univers dans le soleil. Non point sous tel aspect particulier, mais dans la plénitude à jamais de sa fonction, qui est d'enfanter son fils. Qui est d'engendrer au Père par le Fils tout ce qui lui est capable d'être fils et de lui expliquer à sa manière, de lui raconter, verbe du Verbe, qui Il est.
Cette force d'unification, Marie ne l'a pas perdue en entrant dans la Gloire, la Mère de Dieu continue à être intérieure et animatrice à tout ce qui sur la terre essaye de se réaliser à l'image du Verbe. [...] Elle est le modèle par rapport à Dieu qui explique et qui illustre tous les aspects, tous les ressorts et tous les effets de l'amour, et sans la ressemblance de qui, la coopération de qui, Dieu n'a rien obtenu de sa créature sollicitée. [...] elle est l'individu adulte. Rien ne se passe entre l'âme et Dieu, entre l'assemblée, entre le corps des âmes et Dieu, à quoi elle n'ait été constituée en tant que référence. Elle est le coeur qui pourvoit sur toute l'étendue du corps [...] elle est le devoir avec idée, insinué à toute créature qui, par elle-même ou par contribution à un ensemble, travaille à se rendre acceptable à Dieu. Elle n'est étrangère à rien de ce qui au ciel et sur la terre exhale le fiat mihi secundum verbum tuum! Et quand l'Esprit Saint, dans le Cantique des cantiques, s'adresse pour l'obséder, pour faire appel à tout ce qui dans l'âme humaine est capable de désir, d'ascension, d'expression et de ressemblance, c'est elle qui se joue continuellement sous les traits de la fiancée individuelle, comme sous ceux de l'Église aux différentes phases de sa recherche et de son développement.
[...]
Elle est la fille de la profondeur et cependant d'une certaine manière on peut dire aussi qu'elle en est la mère. Car c'est sur elle, à jamais fixée devant son regard, que l'Eternel a pris mesure de tout, et c'est en elle qu'il a édifié ce tabernacle où il avait résolu de faire habitation. Et de même que les païens représentaient la Nature sous la forme d'une Femme et d'une Mère, Gaïa, Cybèle, Prakriti, c'est ainsi que dès les premiers temps du christianisme, dont le Pasteur d'Hermas et l'inscription d'Aberkios sont les témoins, les fidèles héritiers eux-mêmes de la vision des prophètes, n'ont cessé de voir en l'Église, qui à l'origine a battu tout entière sous le seul coeur de Marie, la chaste fiancée du Tout-Puissant.» (P. Claudel, p.24)
Et qui décode le début du Cantique des cantiques ...
Osculetur me osculo oris sui
Qui meliora sunt ubera tua vino
Fragrantia unguentis optimis
Oleum effusum nomen tuum
Ideo adolescentulae dilexerunt te
Qu'il me baise des baisers de sa bouche,
car tes mamelles sont meilleures que le vin,
dégageant les parfums les plus exquis.
Ton Nom est une huile répandue,
c'est pourquoi les jeunes filles t'ont aimée. (Cantique 1,2)
Ton Nom est une huile répandue. Claudel expliquera ailleurs dans son ouvrage comment les mamelles représentent en fait les Écritures (le lait de la parole, etc.)
Nous retrouvons ici la lampe (l'huile) et l'olivier, avec Paul Claudel. Ces signes que l'on trouve dans l'Apocalypse. Jérémie 11, 16 :«Olivier verdoyant à la belle stature», c'est le nom que t'avait donné Yavhé.
Source : Paul Claudel, Le Cantique des cantiques, 1947 (note dans la préface :«Nous avons lu l'ouvrage intitulé Le Cantique des cantiques, donné non comme une explication théologique ou exégétique, mais comme un poème. Sous des accommodements, sans doute licites, mais dont il garde la responsabilité, l'auteur y rejoint l'interprétation commune, qui lit le texte biblique en pensant à l'âme fidèle, à la Vierge, à l'Église. Rien par conséquent ne s'oppose à cette publication. Signé : Charles Journet. Fribourg, 26 décembre 1947)