Bon reprenons (et effectivement cela doit pouvoir se faire sereinement),
Je rappelle d'abord les définitions des notions que j'emploie et quelques éléments de base...
Univers : ensemble de ce qui existe physiquement soumis aux dimensions spatio-temporelle.
Temps : dimension de l'univers caractérisant la dynamique de la matière physique dans les trois autres dimensions. Le temps est donc relatif à l'existence de l'univers. Sans univers pas de temps, donc pas d'avant ni d'après.
Metaphysique : discipline de la pensée qui tente d'embrasser la totalité de l'être en ne se limitant pas au seul domaine accessible aux sens, et qui voit donc au-delà de l'univers ou du physique.
Totalité de l'être : 1/Etre 2/Non-être différenciable en 1.1/ Etre nécessaire, 1.2/Etre contingent, 2.1/Etre possible, 2.2/Néant. Dieu n'entre dans aucune des catégories de la totalité de l'être, il est encore au-delà de la totalité de l'être puisqu'il ne sarait être contenu dans quoique ce soit. C'est pour cela qu'on l'appelle
être suressentiel.
Dieu : Etre suressentiel, il transcende la totalité de l'être et est le seul à pouvoir créer. (cf. Saint Thomas d'Aquin)
Créer : Efficience de l'être possible qui lui confère l'existence (soit nécessaire, soit contingente). Cette efficience est un élément de la cause des causes qu'est la volonté de Dieu.
Causalité : Loi métaphysique de la création structurée en quaternaire. 1/Cause matérielle, 2/Cause efficiente, 3/Cause formelle, 4/Cause finale. (cf. Aristote)
Voilà, à partir de là je réponds à vos questions, mais cela suppose que vous teniez bien compte de ces définitions histoire que je n'ai pas à re-préciser à chaque fois.
il dit que les anges N'ONT PAS DE TEMPS ... mais qu'ils communiquent de façon INSTANTANEE, au MOMENT où ils décident de communiquer ...
Si vous ne comprenez pas que "INSTANTANE" et "AU MOMENT OU" sont ddes notions de TEMPS ...appliquées à des êtres qu'on annonce ne pas avoir de temps ... je ne peux rien pour vous.
Les notions de MOMENT et d'INSTANTANE sont des notions de mouvement. Le mouvement est un élément de
Causalité. Le
Temps est la dimension du MOUVEMENT PHYSIQUE. Dans l'ordre spirituel il y a aussi du MOUVEMENT (que j'ai aussi appelé DYNAMIQUE ou EFFICIENCE) mais qui n'est pas spatio-temporel. Je sais c'est difficile à se représenter, et pour cause : ce n'est pas physique. Il n'y a pas d'image pour le représenter, que des équations logiques.
Le fait est que, vous démontrez depuis le début que vous n'arrivez pas à concevoir le monde détaché de son aspect physique et qu'ainsi vous projetez systématiquement tout élément
métaphysique dans le physique. Il faut absolument que vous réussissiez à penser indépendamment du physique.
passer, comme vous dites, du non-être à l'être est-ce que cela implique que A UN MOMENT on n'était "non-être" et que le MOMENT d'après on est "être" ..... ???
Cela implique un MOMENT au sens logique pur et pas chrono-logique. Cela implique un MOMENT en tant qu'état isolé d'un être soumis au mouvement. Mais comme déjà expliqué juste avant, le mouvement n'est pas une notion purement physique, c'est une notion
métaphysique qui s'applique pour décrire ce qui dans l'existence a une dynamique. D'ailleurs, même en physique pure, la notion de moment ne s'applique pas qu'au temps. D'une manière général le moment ne désigne pas un point dans le temps mais une conjoncture, une situation, un état de l'être saisi dans son mouvement.
AU CONTRAIRE : nous avons là l'exemple type d'une création qui a un début d'existence !
L'univers est créé par Dieu, donc il a un début d'existence : le temps commence avec l'espace.
Il n'y a aucun paradoxe la dedans, au contraire !
Soit
U = {x, y, z, t} l'univers et ses 4 dimensions.
Soit le début d'existence un point du temps. Le temps est l'élément
t de l'ensemble
U. Pour dire que U a un début d'existence, il faut donc le positionner dans la dimension du temps, ce qui s'écrirais comme ceci :
t = {T0, T1, ..., U, ..., Tn}. C'est impossible.
U ne peut être positionné dans la dimension temps puisqu'il la contient. Il ne peut donc avoir de début ou de fin, ni de largeur, ni de hauteur, ni de profondeur.
Pneumatis, votre démonstration que les preuves scientifiques sont subjectives ne tient pas la route :
prenez une pomme, restez dans les mêmes conditions pendant 1.000, 10.000, 100.000 expériences, et changez les observateurs : la pomme tombera toujours si elle est lachée.
Pas une seule fois elle partira en l'air si vous ne changez pas les conditions d'expérimentation (si vous n'allez pas vous mettre en apesenteur)
Il n'y a RIEN de subjectif dans les expériences et les preuves scientifiques.
Je vois que relativiser n'est pas dans vos habitudes. Avec quoi percevez-vous qu'une pomme va en haut ou en bas ? Vous l'évaluez par vos sens. Quelle certitude avez-vous qu'au bout d'un milliard de fois la pomme ne va pas aller en sens contraire ? Quelle certitude avez-vous que la pomme existe ? Relativiser, c'est faire un minimum de métaphysique et considérer que TOUT est question de POINT DE VUE. L'objectivité n'est réservé qu'à celui qui transcende l'objet : Dieu. A moins que nous ne transcendions l'univers que nous observons, toute expérience ne peut prétendre à aucun caractère d'objectivité absolue. L'objectivité dont on parle en science n'est que l'assentiment général à une subjectivité majoritairement partagée. Tout est relatif, disait Einstein.
le purgatoire : PERIODE transitoire de l'âme (l'âme étant immatérielle) AVANT l'accession au paradis
Purgatoire : Purification nécessaire à l'âme pour acquérir la sainteté nécessaire à l'entrée dans la joie du ciel. Cette purification est donc, tout comme son incarnation, un élément propre à la dynamique de l'âme. L'incarnation est une chose qui se présente à notre conscience sous la forme d'un épisode spatio-temporel. Mais pour l'âme ce n'est qu'un élément constitutif de sa dynamique. L'âme n'étant pas physique, elle ne connait pas le temps, elle ne connait qu'une dynamique spirituelle (des différentiels d'état d'être) incluant notamment l'incarnation, la purification et le salut/joie/royaume.
la prière d'intercession (ou le sacrifice) : objectif : influer sur l"humeur" de Dieu, le faire "changer d'avis" au sujet de quelqu'un (Dieu, n'ayant pas de temps, peut-il "évoluer", "changer" ?)
La prière n'a aucune influence sur l'humeur de Dieu mais elle nous permet de nous ouvrir à la grâce de Dieu et de l'accueillir. Ce n'est pas la volonté de Dieu qui change mais notre disposition à y répondre. Mais je ne vois pas trop le rapport avec le reste de la discussion.
Enfin, pour les anges, étant créatures libres et parfaitement raisonnables, ils ne peuvent connaitre qu'un seul et unique état d'être (j'oserai dire définitif, si je n'avais pas peur que vous ne vouliez y voir du temporel absolument) : leur état original pur et bon, auquel s'applique leur volonté libre et qui provoque ou non leur chute. Cette volonté, tout comme celle de l'homme, s'exerce en permanence. Mais la différence avec l'homme c'est que les anges sont incapables d'irrationnalité et ils ne peuvent donc jamais se contredire ou "changer d'avis" (tout comme Dieu). Ils sont cohérents avec eux-même dans l'éternité (au-delà du temps). Ainsi, si chez l'homme l'exercice permanent de la volonté suppose une infinité d'état d'âme (graduellement en communion à la volonté divine), pour l'ange il n'y a toujours qu'un seul et unique état, renouvelé en permanence. Ainsi Satan est-il déchu pour l'éternité.
Voilà, j'espère que cela aura répondu à vos questions.
PS : effectivement considérer que Saint Thomas d'Aquin ne connaissait pas le mur de Planck ce n'est pas l'insulter c'est un fait. Mais partant de là, la relativité et la mécanique quantique ce n'est pas d'hier et l'Eglise n'est pas en manque de théologiens et philosophes maitrisant parfaitement ces notions. Croiser les informations, comme vous dite, c'est ce à quoi tout chercheur s'attache dès qu'il le peut. Et ce croisement d'information ne date pas d'hier. Vous savez ce qu'il en ressort en premier lieu ? Que les problématiques d'anges, de Dieu, de paradis, d'enfer et de prière sont à aborder dans un domaine métaphysique et théologique qui englobe, entre autre, le physique et ses lois, et non pas l'inverse. Ainsi quelle que soit la découverte que vous fassiez sur l'univers physique, vous ne changerez à la connaissance qui concerne la structure de l'être. L'existence est une notion au-delà du physique. Planck ne nous apprend rien d'autre que ce qui concerne un élément physique. Il ne défini rien de l'existence. Einstein non plus. Et ne me dites pas que ça c'est réfléchir à l'envers.