Bonjour DavidB,
Autrement dit, que Pie XII parle ou pas, ça n'aurait RIEN CHANGÉ sinon de mettre le Vatican dans la m....! Et il n'aurait pas pu établir le réseau sous-terrain par lequel il en a sauvé beaucoup plus que s'il s'était fait anéantir par les autorité Italienne qui étaient encore dans sa phase anticléricale marquée. Malheureusement, son pontificat restera probablement longtemps ambigue de ce que nous ne savons pas s'il est demeuré ambigue pour sauver sa peau ou celle de ceux qu'il a réussis à faire passer à travers les trous du système totalitaire.
Encore une fois, comme vous l’écrivez ailleurs dans votre intervention, il est aisé de réécrire l’histoire à la lueur de notre présent et dans le confort qui est le nôtre aujourd’hui.
Le réseau souterrain, par lequel Pie XII espérait sauver des Juifs, ne pouvait être, par définition, que très inefficace. Je me prends à rêver. Si le Pape était sorti du Vatican, en grand apparat, entouré de cardinaux volontaires, se placer devant le premier train de déportés en exigeant de partir avec eux, comment croyez-vous qu’eussent réagi les administrations fascistes et nazies ?
L’Eglise catholique jouissait encore d’une autorité immense sur des fidèles dix fois plus nombreux qu’aujourd’hui. Galvanisés par l’exemple de leur pasteur, en Italie, en France, en Belgique et en Allemagne même, les catholiques eussent peut-être pris la défense des Juifs. Ou alors, l’antisémitisme eut été le plus fort, et Pie XII déposé pour hérésie, un autre pape plus docile au pouvoir en place intronisé.
Dans tous les cas, une telle audace eut changé l’Histoire. L’action souterraine est bonne pour les petits, pour les humbles, vous et moi. Ceux qui ont accepté les plus hautes charges doivent user de cette visibilité qui est leur attribut. Ils doivent frapper le monde par des coups d’éclat. C’est ça leur boulot. S’ils ne sont pas prêts à s’exposer, ils doivent renoncer à la fonction.
tout cela pour dire que moralement parlant, Blanche-Neige tient beaucoup plus du compte de fée idéalisant que de la réalité. De mon côté, je crois qu'on ne peut s'en sortir les main blanche qu'en ne s'impliquant pas. […] la vérité ne se retrouve pas dans la politique :"Mon royaume n'est pas de ce monde". Voilà. Le chrétien n'est pas DANS la politique, il fait de la politique et du mieux qu'il le peut. Mais il en reste dégagé.
Bien sûr, on peut, et on doit, s’impliquer. On n’est pas chrétien en chambre. Nous devons aider les pauvres, nous, la main sur la truelle et sur la pile de vêtements ; nous ne devons pas demander une législation pour les pauvres. Nous devons dénoncer les addictions à la pornographie ; pas demander une législation sur la censure. Nous devons dénoncer l’exploitation sexuelle ; pas réclamer une législation contre la prostitution, etc.
Faire de la politique, c’est vouloir exercer du pouvoir sur autrui. Le chrétien n’entre pas dans le jeu du pouvoir. Il n’est pas « dans » la politique, il ne « fait » pas de politique, au mieux, il ignore la politique ; au pire, il la contourne, il la traite comme une nuisance, comme un obstacle, comme une de ces malédictions tombées sur nous à la sortie du paradis.
On ne peut pas « faire » de la politique et en être « dégagé », comme vous écrivez. Pas plus qu’on ne peut vendre des armes et en être « dégagé ». Le chrétien a des mains, agiles, douces et calleuses, fermes et nourricières, trempées dans le cambouis, « impliquées » sans réserve, et ces mains sont blanches, parce que tout ce que le chrétien fait est par amour, et donc n’est jamais « politique ».
Bien à vous
Christian