Re: Passage au purgatoire et saints
Publié : mer. 27 févr. 2019, 0:55
Vous avez raison, Cepora. Le martyre représente un cas à part.
Pour l'intelligence de la foi
https://www.cite-catholique.org/
Merci pour votre réflexion, chère Cepora.Cepora a écrit : ↑mar. 26 févr. 2019, 22:54Cepora :
Il y a peut-être une exception pour les croyants martyrs de la foi catholique, qui se seraient assurés l'entrée au Ciel, de par leur martyr même, selon une antique croyance. Mais j'ignore si l'Église a dogmatisé sur ce point.
CEC 1021 fait référence au verset suivant :CEC 1021 La mort met fin à la vie de l’homme comme temps ouvert à l’accueil ou au rejet de la grâce divine manifestée dans le Christ (cf. 2 Tm 1, 9-10).
S. Paul a accueilli « la grâce divine manifestée dans le Christ » avant la mort qui « met fin à la vie de l’homme comme temps ouvert à l’accueil ou au rejet de la grâce divine », n'est-ce pas ?2 Tm 1, 9 Car Dieu nous a sauvés, il nous a appelés à une vocation sainte, non pas à cause de nos propres actes, mais à cause de son projet à lui et de sa grâce.
L'accueil de la grâce divine ne signifie-t-il pas l'entrée immédiate au Ciel ?CEC 1021 Le Nouveau Testament [...] affirme aussi à plusieurs reprises la rétribution immédiate après la mort de chacun en fonction de ses œuvres et de sa foi.
Jésus a dit à S. Dismas : Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis (Lc 23, 43).CEC 1021 La parabole du pauvre Lazare (cf. Lc 16, 22) et la parole du Christ en Croix au bon larron (cf. Lc 23, 43) [...] parlent d’une destinée ultime de l’âme (cf. Mt 16, 26) qui peut être différente pour les unes et pour les autres.
S. Dismas connaissait très bien la raison de sa mort : « après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal » (Lc 23, 41).CEC 2473 Le martyre est le suprême témoignage rendu à la vérité de la foi ; il désigne un témoigne qui va jusqu’à la mort.
Je pense deviner à quoi vous faites allusion ; c'est à deux histoires que j'ai lues de la plume de Monseigneur de Ségur, livre préfacé par le bienheureux Pape Pie IX d'heureuse mémoire (voilà ce qu' "on" qualifie de propos "contre l'Eglise"! Soyons charitable, mettons cela sur le compte de l'ignorance).cmoi a écrit : ↑jeu. 28 févr. 2019, 16:37
Pensez à ce père dont le cadavre annonça être en enfer alors que son entourage voulait le canoniser et qui fut la cause (discutable, cela aurait pu s'interpréter autrement, comme contre l'hypocrisie et le mensonge) de la vocation de saint Bruno et de l'ordre des chartreux
Remarque : je peux faire une citation longue en raison du fait que Mgr Ségur ne bénéficie plus de droits d'auteur vu son décès il y a longtemps.Le docteur Raymond Diocrès
Dans la vie de saint Bruno, fondateur des Chartreux, on trouve un fait étudié à fond par les très-doctes Bollandistes, et qui présente à la critique la plus sérieuse tous les caractères historiques de l'authenticité ; un fait arrivé à Paris, en plein jour, en présence de plusieurs milliers de témoins, dont les détails ont été recueillis par des contemporains, et enfin qui a donné naissance à un grand Ordre religieux.
Un célèbre docteur de l'Université de Paris, nommé Raymond Diocrès, venait de mourir, emportant l'admiration universelle et les regrets de tous ses élèves. C'était en l'année 1082. Un des plus savants docteurs du temps, connu dans toute l'Europe par sa science, ses talents et ses vertus, et nommé Bruno, était alors à Paris avec quatre compagnons, et se fit un devoir d'assister aux obsèques de l'illustre défunt.
On avait déposé le corps dans la grande salle de la chancellerie, proche de l'église de Notre-Dame, et une foule immense entourait le lit de parade où, selon l'usage du temps, le mort était exposé, couvert d'un simple voile.
Au moment où l'on vint à lire une des leçons de l'Office des morts qui commence ainsi : « Réponds-moi. Combien grandes et nombreuses sont tes iniquités », une voix sépulcrale sortit de dessous le voile funèbre, et toute l'assistance entendit ces paroles : « Par un juste jugement de DIEU, j'ai été accusé ». On se précipite; on lève le drap mortuaire : le pauvre mort était là, immobile, glacé, parfaitement mort. La cérémonie, un instant interrompue, fut bientôt reprise ; tous les assistants étaient dans la stupeur et pénétrés de crainte.
On reprend donc l'Office ; on arrive à la susdite leçon « Réponds-moi. » Cette fois, à la vue de tout le monde, le mort se soulève, et d'une voix plus forte, plus accentuée encore, il dit; « Par un juste jugement de Dieu, j'ai été jugé », et il retombe. La terreur de l'auditoire est à son comble. Des médecins constatent de nouveau la mort. Le cadavre était froid, rigide. On n'eut pas le courage de continuer, et l'Office fut remis au lendemain.
Les autorités ecclésiastiques ne savaient que résoudre. Les uns disaient : « C'est un réprouvé ; il est indigne des prières de l'Eglise ». D'autres disaient : « Non, tout cela est sans doute fort effrayant ; mais enfin, tous tant que nous sommes, ne serons-nous pas accusés d'abord, puis jugés par un juste jugement de DIEU ? » L'Evêque fut de cet avis, et, le lendemain, le service funèbre recommença à la même heure. Bruno et ses compagnons étaient là comme la veille. Toute l'Université, tout Paris était accouru à Notre-Dame.
L'Office recommence donc. A la même leçon : « Réponds-moi », le corps du docteur Raymond se dresse sur son séant, et avec un accent indescriptible qui glace d'épouvante tous les assistants, il s'écrie : « Par un juste jugement de DIEU, j'ai été condamné », et retombe immobile.
Cette fois il n'y avait plus à douter. Le terrible prodige constaté jusqu'à l'évidence n'était pas même discutable. Par ordre de l'Evêque et du Chapitre, on dépouille, séance tenante, le cadavre des insignes de ses dignités, et on l'emporte à la voirie de Montfaucon.
Au sortir de la grande salle de la chancellerie, Bruno, âgé alors d'environ quarante-cinq ans, se décida irrévocablement à quitter le monde, et alla chercher, avec ses compagnons, dans les solitudes de la Grande-Chartreuse, près de Grenoble, une retraite où il pût faire plus sûrement son salut, et se préparer ainsi à loisir aux justes jugements de DIEU.
Certes, voilà un réprouvé qui « revenait de l'enfer », non pour en sortir, mais pour en être le plus irrécusable des témoins.
Le jeune Religieux de saint Antonin
Le savant Archevêque de Florence, saint Antonin, rapporte dans ses écrits un fait non moins terrible, qui, vers le milieu du quinzième siècle, avait épouvanté tout le nord de l'Italie. Un jeune homme de bonne famille qui, à seize ou dix-sept ans, avait eu le malheur de cacher un péché mortel en confession et de communier en cet état, avait remis de semaine en semaine, de mois en mois, l'aveu si pénible de ses sacrilèges, continuant, du reste, ses confessions et ses communions, par un misérable respect humain. Bourrelé de remords, il cherchait à s'étourdir en faisant de grandes pénitences, si bien qu'il passait pour un saint. N'y tenant plus, il entra dans un monastère. « Là, du moins, se disait-il, je dirai tout, et j'expierai sérieusement mes affreux péchés ». Pour son malheur, il fut accueilli comme un petit saint par les Supérieurs qui le connaissaient de réputation, et sa honte reprit encore le dessus. Il remit ses aveux à plus tard ; il redoubla ses pénitences, et un an, deux ans, trois ans se passèrent dans ce déplorable état, il n'osait jamais révéler le poids horrible et honteux qui l'accablait. Enfin, une maladie mortelle sembla lui en faciliter le moyen. « Pour le coup, se dit-il, je vais tout avouer. Je vais faire une confession générale, avant de mourir ». Mais l'amour propre dominant toujours le repentir, il entortilla si bien l'aveu de ses fautes, que le confesseur n'y put rien comprendre. Il avait un vague désir de revenir là-dessus le lendemain ; mais un accès de délire survint, et le malheureux mourut ainsi.
Dans la Communauté, où l'on ignorait l'affreuse réalité, on se disait : « Si celui-là n'est pas au ciel, qui de nous y pourra entrer ? » Et l'on faisait toucher à ses mains des croix, des chapelets, des médailles. Le corps fut porté avec une sorte de vénération dans l'église du monastère, et resta exposé dans le choeur jusqu'au lendemain matin où devaient se célébrer les funérailles.
Quelques instants avant l'heure fixée pour la cérémonie, un des Frères, envoyé pour sonner la cloche, aperçut tout à coup devant lui, près de l'autel, le défunt environné de chaînes qui semblaient rougies au feu, et quelque chose d'incandescent apparaissait dans toute sa personne. Epouvanté, le pauvre Frère était tombé à genoux, les yeux fixés sur l'effrayante apparition. Alors le réprouvé lui dit: « Ne prie point pour moi. Je suis en enfer pour toute l'éternité ». Et il raconta la lamentable histoire de sa mauvaise honte et de ses sacrilèges, après quoi il disparut, laissant dans l'église une odeur infecte, qui se répandit dans tout le monastère, comme pour attester la vérité de tout ce que le Frère venait de voir et d'entendre.
Aussitôt avertis, les Supérieurs firent enlever le cadavre, le jugeant indigne de la sépulture ecclésiastique.
Sans chercher très loin, on peut penser à :: je pense que nous aurons bien des surprises sur la qualité spirituelle des saints officiels et/ou officieux et/ou inconnus (il y a tant de choses "humaines " derrière certaines canonisations ou non canonisations ! (complaisance, argent, réputation, etc.)
merci de donner vos sources, sinon tout ce que vous écrirez contre l'Eglise sera supprimé. La modération
Bien de promouvoir le sourçage ; mais quand je m'interroge sur des propos non sourcés, on me censure (sans toucher au propos initial)! Quand je prends soin de citer par des sources incontestables (Saint Augustin, Saint Thomas d'Aquin), on les censure aussi! Manifestement l'exigence de source est à géométrie variable.Conducteurs aveugles, qui filtrez le moustique, et avalez le chameau!
Merci pour votre question, chère Cepora.Cepora a écrit : ↑jeu. 28 févr. 2019, 14:41Cepora :
Bonjour Carolus,
Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris votre raisonnement, qu'essayez-vous de démontrer exactement ?
Est-ce que seuls « les croyants martyrs de la foi catholique [...] se seraient assurés l'entrée au Ciel » ?Cepora :
Il y a peut-être une exception pour les croyants martyrs de la foi catholique, qui se seraient assurés l'entrée au Ciel
CEC 1022 : « Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ ».Lc 23, 42-43 [S. Dismas] disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. »
Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »
Cela montre aussi que seule la foi sauve, qui est un autre sujet, mais si le bon larron va au Ciel, c'est parce qu'il a foi en Christ et n'est pas jugé selon ses mauvaises oeuvres (c'est un criminel)Carolus a écrit : ↑jeu. 28 févr. 2019, 21:44Merci pour votre question, chère Cepora.Cepora a écrit : ↑jeu. 28 févr. 2019, 14:41Cepora :
Bonjour Carolus,
Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris votre raisonnement, qu'essayez-vous de démontrer exactement ?
Est-ce que seuls « les croyants martyrs de la foi catholique [...] se seraient assurés l'entrée au Ciel » ?Cepora :
Il y a peut-être une exception pour les croyants martyrs de la foi catholique, qui se seraient assurés l'entrée au Ciel
CEC 1021 nous cite le cas d'un croyant qui s'est assuré l'entrée au Ciel sans être martyr. Il s'agit de S. Dismas, le bon larron, qui n'est qu'un simple croyant.CEC 1022 : « Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ ».Lc 23, 42-43 [S. Dismas] disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. »
Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »
Le jugement particulier pour S. Dismas : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis (Lc 23, 43).
Donc, S. Dismas, un simple croyant, s'est assuré d' « entrer immédiatement dans la béatitude du ciel » (CEC 1022), n'est-ce pas ?![]()
Dit ainsi, on comprend mieux ce passage, je crois. Selon moi cette partie est importante pour tout comprendre:L'un des malfaiteurs suspendu à la croix l'injuriait:
"N'es-tu pas le Christ?
Sauve-toi toi-même, et sauve nous aussi."
Mais l'autre malfaiteur, le reprenant, déclara:
"Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine ! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal." Puis il dit:
"Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume."
Et Jésus lui dit:
"En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis."
Oui, cela montre que la prière de foi sauve, cher Hantouane.Hantouane a écrit :Hantouane :
Cela montre aussi que seule la foi sauve, qui est un autre sujet, mais si le bon larron va au Ciel, c'est parce qu'il a foi en Christ et n'est pas jugé selon ses mauvaises oeuvres (c'est un criminel)
La prière pleine de foi a sauvé S. Dismas.CEC 2616 La prière à Jésus est déjà exaucée par lui durant son ministère
La prière de foi du bon larron : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume » (Lc 23, 42).CEC 2616 Jésus exauce la prière de foi, exprimée en paroles (le bon larron : cf. Lc 23, 39-43)
En ce qui concerne la rémission des péchés, « Jésus répond toujours à la prière qui l’implore avec foi : " Va en paix, ta foi t’a sauvé ! " » (CEC 2616).CEC 2616 " Jésus, Christ, Fils de Dieu, Seigneur, aie pitié de moi, pécheur ! " Guérison des infirmités ou rémission des péchés, Jésus répond toujours à la prière qui l’implore avec foi : " Va en paix, ta foi t’a sauvé ! ".
Je ne crois pas que le martyre soit un événement ordinaire qui surviendrait au hasard des circonstances. Il me semble, au contraire, qu’être martyr c’est d'abord une réponse à un appel de Dieu. Le martyre est une grâce que Dieu donne. Aussi, je crois que lorsque Dieu appelle une personne pour une mission, il ne regarde pas seulement la vie de cette personne, mais également ce qu'elle peut accomplir de bien pour le service.Fée Violine a écrit : ↑ven. 01 mars 2019, 11:06 Pour les martyrs, ce n'est pas certain non plus.
Il me semble au contraire qu'un martyr, c'est parfois une personne ordinaire, donc pleine de péché, qui un jour a l'occasion de mourir pour le Christ, peut-être au milieu d'une vie médiocre.
Alors, en arrivant au ciel, il sera comme tout le monde confronté à la lumière insoutenable de Dieu, et aura besoin d'un temps d'adaptation, pour se purifier de tout ce qui est contraire à l'amour.