Merci pour vos remarques judicieuses !
Je vais essayer de faire le tri là-dedans avec votre aide, tout en soulignant à nouveau que je ne suis pas philosophe ni un frère de St-Jean !
1) En parlant des bretelles, je n'avais pas l'intention de tous les attacher dans un même paquet !
Le Père Philippe est plus subtil que cela, bien évidemment. Exemple : Platon pensait que "le corps est le "tombeau" de l'âme, et c'est en se séparant de lui que celle-ci peut, ainsi libérée, vivre pleinement sa vie propre, qui est une vie contemplative. Il y a quelque chose de juste dans ce regard philosophique; car il est évident que le corps est pour nous ce qu'il manifeste nos limites, ce qui nous conditionne dans nos activités vitales, et donc souvent ce qui arrête nos élans les plus intimes et les plus spirituels. (...) Mais cela ne veut pas dire que notre corps ne soit uni à notre âme que d'une manière accidentelle. (...) Grâce à notre corps et par lui, les opérations vitales de notre âme peuvent être mesurées." (Lettre à un ami p.68)
C'est ce que je voulais dire par "remonter les bretelles", j'aurai dû dire "faire le tri", ne garder que ce qui est vrai.
2) Le père Philippe s'est focalisé sur la philosophie première (la métaphysique) car elle a à ses yeux une importance capitale pour notre temps, en voulant "répondre à l'appel du pape Jean-Paul II, qui nous a donné dans cette merveilleuse encyclique Fides et ratio un enseignement très net et très profond, montrant comment la Parole de Dieu réclame une métaphysique de l'être extrêmement précise." (Retour à la Sagesse, p.12).
Son but est de montrer un chemin philosophique qui reconnaît que l'intelligence humaine est capable d'atteindre l'existence de Dieu. Il parlera donc de l'intelligence, de la volonté, la liberté, l'être, par exemple. Et c'est en face de ces réalités sur lesquelles le Père Philippe s'interroge qu'il confronte les concepts des autres philosophes. Mais en faisant ainsi, il ne dit pas que tout est nul chez Platon.
Par exemple à propos de l'amour :"Il est sûr que Platon développe dans le Banquet une description remarquable de l'amour passionné et qu'il a de l'intelligence une vision très poétique, très artistique. (...) Mais Platon en reste à un mode poétique et n'analyse pas avec autant de précision et de profondeur qu'Aristote le développement de l'intelligence et de l'amour. Nous aimons donc nous référer à Aristote, parce qu'une plus grande précision de l'intelligence, nous le verrons, loin de s'opposer à l'amour, permet de le vivre et de le comprendre plus profondément, avec une plus grande intensité. Tout manque de précision et de profondeur dans l'ordre de l'intelligence a des répercussions immédiates dans l'ordre de l'amour." (ibid. p.169)
3) Le Père Philippe remet aussi en place le thomisme :"le thomisme veut être fidèle dans les conclusions mais oublie au fond de ce que dit Saint Thomas : l'importance de cette recherche première de la vérité dans une philosophie capable de la développer. Elle ne peut être un ensemble de conclusions mais elle est une recherche de la vérité capable de s'élever jusqu'à la découverte de l'existence de l'Etre premier, le Créateur." (Retour à la Sagesse, p.12)
"Thomas d'Aquin s'est mis à l'école d'Aristote avec une très grande exigence de vérité. (...) La scolastique après saint Thomas n'a plus fait l'effort de redécouvrir une philosophie dans toute sa pureté. Elle a répété les conclusions en ne saisissant plus la démarche caractéristique de la philosophie. (...) La philosophie est ramenée à une logique." (ibid. p.166)
@lmx
J'essaie de vous lire, mais je ne vous comprend pas

Alors voici mes questions :
1) "thomiste pur et dur", ça veut dire quoi ? (Cette question vaut pour Archi aussi !) Les nominalistes ? Ceux que justement le Père Philippe rejette ?
2) Que pense St-Thomas sur "l'idée que le Nom de Dieu contient ce qu'il signifie" ? Ce n'est pas parce que St-Thomas s'appuie sur Aristote qui doit nécessairement tout réduire à ce philosophe.
Aussi, le nominalisme constitue une tendance incontestable de l'aristotélisme, et historiquement vérifiée.
Je n'ai pas compris votre conclusion, car elle est trop condensée ! Merci de m'éclairer.