Bonjour Trinité.
Je pense que "Pour ceux à qui il leur a été beaucoup donné, il leur sera beaucoup demandé " signifie que, de mon interprétation,
certains dons et pas tous seront considérés.
Par exemple, Saint Paul a bien changé après sa vision sur le chemin de Damas ( je n'ai pas vérifié, je crois que c'est ça ).
Donc il les a fructifiés, je pense. Mais bien sûr quelqu'un avec une personnalité semblable à saint Paul qui n'a pas eu cette
chance d'être appelé par Dieu, si il faisait de sérieuses bêtises, serait plus aisément pardonner du fait de son ignorance.
Mais faut-il vraiment penser que Dieu parlait de tous les dons dans sa parabole des talents ? La bonté n'est, à mon avis, que la conjugaison de notre personnalité et de vertus théologales. Dieu intervient mais nous aussi, nous intervenons. Pourquoi Dieu donne tel don à l'un et pas à un autre ? On peut faire l'hypothèse que
parfois, un coeur qui plait à Dieu sera comblé (pas d'une vie lisse et sans soucis mais de dons ) dès ici-bas. Je rappelle qu'il a donné l'honneur à Saint Jean d'écrire l'apocalypse avec des visions, un don bien particulier et rare, et beaucoup pensent que le disciple préféré de Jésus ( car il en avait probablement 1 ) était Saint Jean. Il est l'unique apôtre à être resté devant la croix avec Marie.
D'ailleurs il me semble que certaines " théories " ( désole c'est vraiment gauche dit comme ça ) catholiques laissent penser que certaines qualités ne sont pas des vertus théologales, mais bien cardinales... Et figurez-vous que la justice y figure.
Donc pour résumer ma pensée : Dieu fait des dons pour diverses raisons (à mon avis), mais ça n'enlève rien à la personnalité intrinsèque d'une personne, qui ne se calcule pas simplement, aux mauvaises actions, mais justement c'est la combinaison des dons qui viennent de Dieu et de ceux qui font intrinsèquement partie d'une personnalité. Quelqu'un qui n'aurait reçu que très peu de dons( pour des raisons qu'on ignore ) et aura été mauvais, sera jugé différemment que quelqu'un qui en aura reçu une multitude et aura été mauvais.
La parabole des talents, si l'on veut, parle de l'extrinsèque à la personnalité ; ce qui vient de Dieu, des "circonstances". Mais certains talents font partie de la constitution d'une personne. Telle la bonté. Et ce qui est intrinsèque ; c'est cela qui est vraiment jugé. Dieu ne juge pas aux apparences extérieures mais bien le coeur. C'est ainsi que j'interprète ce passage.
Et pour reprendre l'exemple de Saint Jean, je ne pense pas qu'il ait eu ce don " apocalyptique " pour rien. Il était probablement récompensé dès ici-bas d'une certaine façon. Je ne dis pas que tous ceux qui ont des dons " divins " sont dans cette position. Mais je pense que le plus souvent c'est le cas.
En conclusion, Dieu intervient mais nous aussi. Dieu tient compte de tous les facteurs qui vont pousser quelqu'un à commettre un péché.
Mais je ne pense pas qu'il faille penser que absolument tout est repris/demandé. Comme si nous étions des pantins sans aucune jugeote. Ce qui va nous permettre de fructifier nos talents reçus par Dieu, c'est notre bonté/libre-arbitre. Il ne s'agit pas de penser que la bonté n'est qu'une génétique divine, qu'on la reçoit et on l'accomplit sans même avoir notre responsabilité. En principe, pour la sainteté, avoir la foi ( vertu théologale ) est très important. Mais il faut aussi porter des charges plus lourdes, et emprunter un chemin plus compliqué ; je pense fortement que nous y sommes pour quelque chose nous aussi. Les talents de la parabole des talents viennent de Dieu, mais nous avons des caractéristiques propres qui vont jouer leur rôle dans le bon usage que l'on en fait.
Et je vous poserais une question, cher Trinité, que pensez vous de ce passage : " Celui donc qui supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. " ?
Voilà, j'espère un retour de votre part et que vous aurez le courage de lire mon "pavé".
Bien cordialement.