Pardonnez-moi Nicolas, et tous les futurs intervenants...
Mais en tant qu'ancienne victime, sachez que c'est pour "nous" douloureux de vous voir en parler ainsi.
Ecoutez, pour essayer de comprendre la souffrance, d'accord. (Mais cela suscitera peu de paroles ou d'interventions...)
Ensuite, s'en inspirer pour faire ce qu'il faut afin d'éviter les cas futurs et d' y pallier, de savoir y répondre, oui.
Mais tout le reste est superflu. Il n'y a aucun risque pour vous ni pour l'Eglise : nous ne sommes en rien revanchards.
Le Christ (sous les apparences d'un ou de plusieurs contemporains) nous a violés.
Dieu a tous les droits : il a bien demandé à Abraham de tuer son fils ! (ma réflexion de l'époque pour le supporter).
La différence, c'est que là, il n'a pas arrêté le bras, l'horreur du péché qu'il peut transformer est allée au maximum !
Alors on attend la suite, et il ne peut pas y en avoir ici-bas, jamais, c'est irréparable et ne peut l'être que dans l'au-delà. Ce n'est pas comme pour Job...!
L'autre solutions à cette absurdité intolérable, ce sommet d'iniquité : perdre la foi ! (ou se suicider...)
(Au moins, Dieu n'en aura pas été responsable, et on pourra essayer de "profiter" un peu de la vie qui nous reste, il n'y en aura pas d'autre, dans certaines limites à jamais restreintes malgré tout ! Et j'espère que cela fera revoir à certains leur vision saine et théologiquement pure d'anathèmes à l'égard des apostats, des suicidés, etc., mais j'en doute...)
Alors on devine sinon aussi bien sûr que ce n'était pas Lui, pas tout à fait, pas complétement
- (quoique le fameux caractère ontologique cher aux tradis y était bien engagé!!!
Compromis ? Plus on avait la foi, plus ce sera difficile à supporter...)
et on peut se dire que par cet événement, nous sommes obligés de pousser très loin notre réflexion et en sommes stimulés, y voir un "avantage" sur ceux qui vivent sans se poser de questions.. Mais cela c'est si on est un peu "intellectuel", or pas tous et cela n'enlève rien à la souffrance.
Pourquoi je vous dis cela ? Parce que les reproches faits à d'autres (en l'occurence la hiérarchie Ecclésiastique) que les seuls prédateurs ne seront jamais que des exutoires, pour ceux qui ont besoin d'avoir quelque chose sous la dent (Dieu, c'est impossible). Mais nous savons très bien qu'ils n'y sont pour rien (sauf si ils ont "déplacé" au lieu de "suspendre", "ordonné prêtre" au lieu de refuser, etc.) et sinon, cela s'inscrit dans une démarche normale commune à tout croyant et qui ne vise personne : celle de demander à l'Eglise de répondre à la place de Dieu quand on est "dépassé" par ce qui nous semble relever de Lui : n'est-ce pas son rôle ? Et quand cela peut-il être plus justifié que là ?
Je vous conjure de ne pas voir dans ceux qui font ces gestes une volonté quelconque d'instrumentaliser ou de blesser, de "faire du tort" à l'Eglise. Et l'avis des autres, on s'en moque !
Car/Or l'Eglise ne pourra pas répondre pour Dieu, ni pour elle je le crois : cela la dépasse.
Elle ne peut qu'essayer d'éviter les cas futurs. alors de grâce, ne parlez pas d'autre chose. Tout le reste est blessant..
Pour nous qui sommes encore catholiques et à ce titre aussi blessés que vous des éclaboussures éventuelles, ce qui a pu même contribuer à notre souffrance (ne pas en parler à cause de cela, etc.) ne pensez pas aux effets secondaires que pourrait provoquer cette écoute, cette réflexion, cet effort pour que cela ne se reproduise plus.
Pour ce qui est du passé, laissez-nous la chance et le pouvoir qui est le nôtre (et empêchez les autres aussi de nous la prendre) : celui de pardonner, et ne faites rien à notre place : vous auriez beau l'essayer, vous ne pourrez jamais l'éprouver ni la prendre.
Merci.