Coco lapin a écrit : ↑lun. 14 août 2023, 16:00
Ce que vous dites là me paraît tout à fait contraire à ce qu'enseigne l'Eglise catholique, à savoir qu'en dehors de l'Eglise catholique, il n'y a pas de salut à espérer, sauf en cas d'ignorance invincible. L'Eglise du ciel est tout aussi catholique que celle de la terre.
Il me semble plutôt que vous vous associez à ces théologiens de tendance réac (pour éviter le terme de tradi) qui ont mal digéré l’enseignement de Vatican II et qui se raccrochent à la branche de l’ignorance invincible pour « justifier » ce que les œuvres du dernier concile œcuménique affirment sans l’évoquer – ce qui n’est pas pour rien.
Concile qui représente et porte un vrai progrès dans la doctrine.
Coco lapin a écrit : ↑lun. 14 août 2023, 16:00
En fait, vous êtes tombé dans le piège de Vatican II, qui laisse la possibilité d'entendre dans un sens hérétique son affirmation que l'Eglise du Christ "subsiste" dans l'Eglise catholique (comme si elle subsistait dans d'autres Eglises).
Tout autant que les pères de Vatican II je me moque pas mal des possibilités d’hérésie que certains peuvent voir dans ce qui n’en est pas une et qui pour cela le reformulent à leur souhait et s'encombrent d'un fatras doctrinal qui les éloigne de la vérité donnée par la conscience.
La possibilité d’être sauvé hors de l’Eglise et sans qu’il soit question d’ignorance invincible est clairement affirmée. L’ignorance suffit sans qu’elle soit invincible, pourvu qu’elle ne soit pas coupable et d’écouter la voix de sa conscience !
C’est pourtant simple et si évident…
En ce qui concerne les orthodoxes, c’est bien plus compliqué et ce n’est même pas une question d’ignorance… (cf. la question du filioque mais pas seulement, cela a déjà été traité plusieurs fois sur ce forum. Ce ne sont pas des hérétiques).
Il me semble que sur un tel sujet, la voix/voie de la conscience est au moins aussi importante que celle de la doctrine : et c’est pourquoi nous sommes et resterons toujours en voie de conversion, car l’une comme l’autre demandent la confirmation de la grâce (c’est d’ailleurs le sens à prêter du côté de la doctrine à celle dite de l’ignorance invincible et dont j’ai déjà donné les limites : il n’y a rien à vaincre si on est dans l’ignorance.)
C’est pourquoi aussi il y a le for interne.
C’est très bien de vouloir vous frotter aux autres pour acquérir une doctrine impeccable, mais vous oubliez l’essentiel : ne pas juger. Il ne s’agit pas de juger de la doctrine des autres, mais de leur personne. Face à quelqu’un sensé avoir reçu la doctrine et l’appliquer, en effet, il est possible (dans un premier temps ) « de le juger » en fonction de cette doctrine qu’il et sensé appliquer, du moins pour acquérir le discernement et se mettre en apprentissage, mais pas un autre qui ne l’a pas : cela doit être remis à Dieu seul.
Et vous apprendrez alors dans un second temps (si vous ne le jugez pas par défaut sur la base soit de l’ignorance invincible, soit d’une loi naturelle qu’il est sensé connaître) que c’est pareil aussi pour ceux qui possèdent la doctrine et que ce critère est premier et passe avant elle, qu’elle en découle et que si vous ne faites pas ce lien qui le rattache à l’amour de Dieu il manque quelque chose à votre doctrine.
Car eux aussi bénéficieront de la rencontre avec Jésus et donc de la possibilité d'être sauvé.
Le contraire serait si injuste ! Comment peut-on éviter de le voir et ne pas retenir ce critère pour véridique ! Cela suppose d'éviter de reconnaître à travers cette vérité plein de propos et d'attitudes de Jésus dans les évangiles !
Repartons de ce dont nous rapporte les Actes des apôtres du premier concile de Jérusalem. Sans oublier non plus que la religion juive bénéficiait d’une reconnaissance légale et civile qui présentait un certain nombre d’avantages face à d’éventuelles persécutions.
Les tradis, à l’époque, ce seraient les juifs qui convertis au christianisme, n’acceptèrent pas des païens, puis/ou les acceptèrent à condition qu’ils se fassent circoncire – et éventuellement respectent aussi les lois juives : plusieurs courants comme aujourd’hui !
S’il n’y avait pas eu une intervention surnaturelle préalable (visions de Pierre et de Corneille, descente du Saint-Esprit, etc.) de toute évidence jamais le christianisme n’aurait été étendu au monde païen, aucune « doctrine humaine » n’aurait pu en convaincre en dépit d’un certain bon sens : l’homme est comme cela, il ne partage pas son gâteau (pourtant combien de paroles d’évangile depuis prônent le contraire) !
Le raisonnement posé et qui a prévalu fut simple, à partir de cette « Révélation » : si l’on peut avoir part au salut sans la loi (événement de Césarée) alors la grâce suffit. Et si elle suffit, plus besoin d’observer la loi. Cela aura pour conséquence que pour les juifs aussi ce ne sera plus nécessaire.
A l’identique, aujourd’hui (et c’est bien la crainte des tradis, qui bien que purement intellectuelle peut se comprendre) si on peut être sauvé en étant hors de l’Eglise, pourquoi observer ses commandements (messe dominicale en tête mais remise en cause des sacrements, « protestantisation » donc, etc. !)
Au lieu de cette vision-là qui repose sur le devoir, il y en a une autre qui fait de la pratique un acte d’amour découlant naturellement de la foi et qui « oblige » mais sans commandement.
Conclusion : les tradis ne sont pas des adeptes convaincus de cet amour, ils sont méfiants et soupçonneux, prétendent pratiquer parce qu’ils sont faibles et en ont besoin (humilité surfaite), et pensent que sans pratique ils ne seraient pas sauvés car ils fondent tout dessus ( et donc sur leur doctrine et les sacrements) plus que sur un comportement de chaque jour qui selon eux serait un leurre car « l’homme est foncièrement mauvais depuis le péché originel » et surtout s’il s’écarte de leur doctrine et des sacrements.
Il n’y a rien de faux, mais c’est incomplet.
L’antidote alors le plus facile pourrait ressembler à une doctrine à la mode de ce fil. Mais il ne dispense pas de l’intimité d’amour qui seule fait la vraie différence et affranchit du jugement, qui ne peut avoir lieu qu’au présent.
Nous serons jugés sur l’amour.