Re: À propos de l'encyclique Dilexit nos
Publié : ven. 29 nov. 2024, 10:21
Par la bouche de François le Saint-Esprit ne nous blâme pas que d’avoir « des satisfactions superficielles », mais aussi « de jouer un rôle devant les autres » nous incitant à revenir au cœur comme à l’essentiel et les 23 premiers paragraphes en déroulent longuement le sens au point qu’ils semblent répondre à votre objection de « mauvaise définition ».
La couleur en est donnée dès le début : « or, lorsque nous sommes tentés de naviguer en surface, de vivre à la hâte sans savoir pourquoi, de nous transformer en consommateurs insatiables, asservis aux rouages d’un marché qui ne s’intéresse pas au sens de l’existence, nous devons redécouvrir l’importance du cœur. »
Pourquoi pas « l’âme » ? Il le dit presque explicitement mais en plus, il en donne une autre raison implicite : « Je ne deviens moi-même que lorsque j’acquiers la capacité de reconnaître l’autre, et que je rencontre l’autre qui peut reconnaître et accepter mon identité. » Parce que selon ses développements, l’âme est un concept très individualiste, bien plus que le cœur. Ainsi « Tous ces petits détails » sur lesquels il s’étend au paragraphe 20 et qui « ne pourront jamais faire partie des algorithmes » appartiennent au cœur, pas à l’âme.
Et « Accepter son amitié est une affaire de cœur et nous constitue en tant que personnes au sens plein du terme. (paragraphe 25)
(Son paragraphe 24 a presque la valeur d’une invitation à suivre une retraite ignatienne… il y reviendra au 128 et à partir du 144)
A la fin du paragraphe 26, « mais que, dans ton amour et dans ta crainte, il puisse trouver la paix » n’y a-t-il pas un rappel de l’enfer ?
Et il recommence à la fin du paragraphe 29 : « c’est à ces profondeurs qu’il revient lorsqu’il fait retour en lui-même où l’attend ce Dieu qui scrute les cœurs (cf. 1 S 16, 7 ; Jr 17, 10) et où il décide personnellement de son propre sort sous le regard de Dieu ». Car ce « propre sort » ne fait-il pas référence aux fins dernières et à la dualité paradis/enfer ?
Au début du 31 ; il écrit : « sa Pâque de mort et de résurrection est le centre de l’histoire qui, grâce à Lui, est histoire de salut ». Y aurait-il besoin d’un salut sans l’enfer ?
Au 32, quand il écrit : «Là se trouve l’origine de notre foi, la source qui donne vie aux convictions chrétiennes ». Qu’est-ce que disent donc ces convictions chrétiennes qu’il rappelle et sur lesquelles il s’appuie ? !
Au paragraphe 35, il écrit : « dire à la femme adultère les yeux dans les yeux : je ne te condamne pas (cf. Jn 8, 11) » Que voudriez-vous de plus ?
Je crois que vous auriez voulu que Jésus dise : « normalement, tu devrais aller en enfer pour ton acte inconsidéré ; mais exceptionnellement et parce que tu as beaucoup de chance que je sois là, tu vas pouvoir être sauvée… » Bref, Jésus ne vous a pas assez écouté et c’est pour cela que François qui l’imite vous déplaît…
Il me semble que dans votre obsession cryptogamique vous négligez l’essentiel : c’est que pour Jésus, l’enfer ou nos afflictions, nos maladies, nos peines et nos souffrances, c’est une seule et même chose : la conséquence du péché. Et que le traitement ou le soin est le même, car ce qui compte c’est le présent. De lui dépendra le futur. C’est ce qui est caché derrière le propos de bien des premiers paragraphes et rappelé au paragraphe 62 : « afin que, s’il arrive à quelqu’un d’être affligé et de souffrir au milieu des tentations humaines, il ne se croie pas pour autant étranger à sa grâce ». [40] Enfin, saint Jean Damascène considère l’expérience affective réelle du Christ dans son humanité comme un signe qu’Il a assumé notre nature dans sa totalité et non partiellement, afin de la racheter et de la transformer entièrement. Le Christ a donc assumé tous les éléments qui composent la nature humaine, afin que tous soient sanctifiés. »
Or qui dit rachat dit… par prétérition…enfer !
C’est pareil dans ce passage au paragraphe 52 : « la source d’où a jailli le salut de l’humanité tout entière »
Quand il est question de confiance, n’est-ce-pas encore une évocation indirecte car n’est-ce pas pour être sauvé ?
Pourquoi encore parler d’espérance au paragraphe 63 : s’il n’y avait pas d’enfer, ce serait une certitude !
Et tout ce qui est écrit et qui dans le cadre d’une invitation à une pratique de dévotion, et qui parle « d’une pleine union avec Jésus », n’est-ce pas pour nous éloigner des conséquences d’une désunion, conséquences qui nous conduisent où sinon en enfer ?
Au 75 : « dans le Cœur du Christ, est vivante l’action de l’Esprit Saint, auquel Jésus a attribué l’inspiration de sa mission (cf. Lc 4, 18 ; Is 61, 1) « avec une lecture étroite comme vous nous obligez à l’adopter, n’y a-t-il pas encore un rappel vu que cette mission n’est-elle pas de nous sauver de l’enfer ?
Au 80, évoquer « une réponse au rigorisme janséniste qui avait fini par ignorer la miséricorde infinie de Dieu » n’est-ce pas encore s’appuyer sur les convictions chrétiennes et pour dire qu’il y a bien des manières de nous rappeler l’existence de l’enfer et certaines qui sont meilleures et plus efficaces que d’autres, sans qu’il soit besoin d’en employer le mot comme un épouvantail ?
« Notre ouverture, pleine de foi et d’adoration, au mystère de l’amour divin et humain du Seigneur » (83) n’en est-elle pas une encore bonne, de manière ?
Le voir nous rappeler que « nous oublions de nourrir notre vie de la force de l’Eucharistie », n’est-ce pas nous proposer un chemin concret qui aura la même conséquence (et peut-être plus…) que sinon nous rappeler l’existence de l’enfer, et en empruntant la voie bien meilleure de la contrition parfaite, et non l’imparfaite ?
Le paragraphe 87 que voici : « plus encore qu’avec le jansénisme, on peut dire que nous sommes confrontés aujourd’hui à une forte avancée de la sécularisation qui aspire à un monde libéré de Dieu. En outre, diverses formes de religiosité privées de références à une relation personnelle avec un Dieu d’amour se multiplient dans la société, et sont de nouvelles manifestations d’une “spiritualité sans chair”. Cela est vrai. Mais je dois souligner qu’un dualisme janséniste préjudiciable renaît sous de nouveaux traits au sein même de l’Église. Il a acquis une nouvelle force au cours des dernières décennies. Il est une manifestation de ce gnosticisme qui ignorait la vérité du “salut de la chair” et qui fut dommageable à la spiritualité des premiers siècles de la foi chrétienne. C’est pourquoi je tourne mon regard vers le Cœur du Christ et je vous invite à renouveler votre dévotion. J’espère qu’elle pourra aussi toucher la sensibilité contemporaine et nous aider à faire face à ces dualismes anciens et nouveaux auxquels elle offre une réponse adéquate. »
N'a-t-il pas plus de poids car il évoque et répond à des situations de vie concrètes et actuelles, qu’un qui nous menacerait de l’enfer ?
Et quand il écrit au 89 que « là se trouve ce dont nous avons le plus besoin » libre à vous d’y rajouter « pour éviter l’enfer », mais d’autres n’en éprouvent pas la nécessité et y trouveraient à redire.
Son 90 vous montre pourquoi Thérèse n’a pas eu non plus besoin d’en parler, que cela vous ait préalablement étonné quand j’en prenais l’exemple montre que le nez dans votre guidon vous ne l’avez pas compris, tant ces rappels étaient magnifiquement sous-entendus et dépassés
« 90. Devant le Cœur du Christ il est possible de revenir à la synthèse incarnée de l’Évangile et de vivre ce que je proposais il y a peu, en rappelant la chère sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : « L’attitude la plus appropriée est de placer la confiance du cœur hors de soi-même, en la miséricorde infinie d’un Dieu qui aime sans limites et qui a tout donné sur la Croix de Jésus-Christ ». [80] Elle a vécu cela intensément parce qu’elle avait découvert dans le cœur du Christ que Dieu est amour : « À moi Il a donné sa Miséricorde infinie, et c’est à travers elle que je contemple et adore les autres perfections Divines ». [81] C’est pourquoi la prière la plus populaire, adressée comme une flèche au Cœur du Christ, dit simplement : « J’ai confiance en toi ». [82] Aucune autre parole n’est nécessaire. »
Il n’y a vraiment pas besoin de parler de l’enfer pour que les âmes veuillent être sauvées.. Pas besoin de rajouter un rappel de son existence et de celle du péché qui gâcherait tout. Et qui « gâcha » quelque peu sa vie car elle éprouva une grande joie quand son confesseur lui assura comme officiellement qu’elle n‘en avait jamais commis de mortel : une telle déclaration montre quelle « faille » subsistait en elle et qui chez vous est un océan et qu’il crut bon de colmater ainsi..
Le 93 parle d’une délivrance : de quoi ?
Au 95, à quoi servirait de « laver péché et souillure » (Za 12, 10 ; 13, 1) si il n’y avait pas d’enfer !.
Et toutes les évocations qui suivent et parlant du Sacrifice du Christ, ne parent-elles pas du « prix de notre salut » (paragraphe 107) et donc de l’enfer vaincu ?
Au 114 il nous est rappelé : « car, sans lui, non seulement nous ne pouvons, mais quand nous pourrions, nous ne voudrions rien faire ». ce qui doit vous déplaire car du coup, ce n’est plus nous qui pouvons agir, mais lui et lui seul, pour nous sauver de l’enfer : voilà qui vous contredit quelque peu dans votre « obsession »
Le 116 insiste par 2 fois en le traitant de sauveur… Sauveur de quoi si ce n’est pas de l’enfer ?
Le 124 nous parle lui « de l’ingratitude qu’Il reçoit » et de nos méconnaissances
Le 137 nous rappelle cette parole de Thérèse qui se trouve à l’opposé de votre préconisation, et qui s’y oppose franchement : « Si j’avais commis tous les crimes possibles, j’aurais toujours la même confiance, je sens que toute cette multitude d’offenses serait comme une goutte d’eau jetée dans un brasier ardent ». car même si l’enfer n’y est pas nié, il n’a pas besoin d’être nommé, il est complétement vaincu par la foi et non la crainte.
Il en ressort que derrière ce que vous prétendez, en vous en prenant à cette encyclique, vous voulez simplement remettre au goût du jour une contrition imparfaite comme fort utile, alors que le pape nous invite à l’amour qui vaut bien mieux. De cette comparaison il en ressort que votre pensée est spirituellement réactionnaire et obsolète. Vous n’en avez certainement pas essayé l’efficacité réelle sur des catéchumènes. Et pourtant ce pape reprend dans cette encyclique tous les thèmes chers de l’Eglise comme quand il écrit : « Avoir des larmes de componction c’est au contraire nous repentir sérieusement d’avoir attristé Dieu par le péché ; c’est reconnaître que nous sommes toujours en dette et jamais en crédit »
Le 168 par exemple nous rappelle ce qui vaut mieux que cette peur de l’enfer : . « L’amour pour les frères ne se fabrique pas, il n’est pas le résultat de notre effort naturel mais il exige une transformation de notre cœur égoïste. C’est alors que surgit spontanément la célèbre supplique : “Jésus, rends notre cœur semblable au tien”. C’est pour cette même raison que l’invitation de saint Paul n’est pas : “Efforcez-vous de faire de bonnes œuvres”. Son invitation est plus précisément : « Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus » (Ph 2, 5).
Vous seriez-vous senti visé quand le pape aura écrit dans un de ses derniers paragraphes, après avoir tant magnifié l’amour du Christ à partager dans la confiance :
219. L’Église aussi en a besoin pour ne pas remplacer l’amour du Christ par des structures dépassées, des obsessions d’un autre âge, adoration de sa propre mentalité, des fanatismes de toutes sortes qui finissent par prendre la place de l’amour gratuit de Dieu qui libère, vivifie, réjouit le cœur et nourrit les communautés. Un fleuve qui ne s’épuise pas, qui ne passe pas, qui s’offre toujours de nouveau à qui veut aimer, continue de jaillir de la blessure du côté du Christ. Seul son amour rendra possible une nouvelle humanité.
!il est clair que beaucoup se sont éloignés de la foi catholique parce que lassés des menaces et anathèmes et autres choses que vous voudriez remettre au goût du jour. Le pape s'est déjà adressé à eux dans une exhortation, mais il a un regard trop extérieur au traditionalisme et une vison trop naïve qui fait que ses maladresses ont été épinglés et son message pas entendu. Il devrait y revenir et mieux s'expliquer sur "ces structures dépassées, ces obsessions d'un autre âge" etc. car de toute évidence ce serait nécessaire !
Quand le précédent écrivait encore contre le consumérisme que vous lui reprochez :
218. Aujourd’hui, tout s’achète et se paie, et il semble que le sens même de la dignité dépende de ce que l’on peut obtenir par le pouvoir de l’argent. Nous sommes pressés d’accumuler, de consommer et de nous distraire, prisonniers d’un système dégradant qui ne nous permet pas de voir au-delà de nos besoins immédiats et mesquins. L’amour du Christ est en dehors de cet engrenage pervers et Lui seul peut nous libérer de cette fièvre où il n’y a plus de place pour un amour gratuit. Il est en mesure de donner du cœur à cette terre et de réinventer l’amour, là où nous pensons que la capacité d’aimer est définitivement morte.
Ce thème encadre toute son encyclique et vous lui reprochez de n'en pas assez tenir compte !
La couleur en est donnée dès le début : « or, lorsque nous sommes tentés de naviguer en surface, de vivre à la hâte sans savoir pourquoi, de nous transformer en consommateurs insatiables, asservis aux rouages d’un marché qui ne s’intéresse pas au sens de l’existence, nous devons redécouvrir l’importance du cœur. »
Pourquoi pas « l’âme » ? Il le dit presque explicitement mais en plus, il en donne une autre raison implicite : « Je ne deviens moi-même que lorsque j’acquiers la capacité de reconnaître l’autre, et que je rencontre l’autre qui peut reconnaître et accepter mon identité. » Parce que selon ses développements, l’âme est un concept très individualiste, bien plus que le cœur. Ainsi « Tous ces petits détails » sur lesquels il s’étend au paragraphe 20 et qui « ne pourront jamais faire partie des algorithmes » appartiennent au cœur, pas à l’âme.
Et « Accepter son amitié est une affaire de cœur et nous constitue en tant que personnes au sens plein du terme. (paragraphe 25)
(Son paragraphe 24 a presque la valeur d’une invitation à suivre une retraite ignatienne… il y reviendra au 128 et à partir du 144)
A la fin du paragraphe 26, « mais que, dans ton amour et dans ta crainte, il puisse trouver la paix » n’y a-t-il pas un rappel de l’enfer ?
Et il recommence à la fin du paragraphe 29 : « c’est à ces profondeurs qu’il revient lorsqu’il fait retour en lui-même où l’attend ce Dieu qui scrute les cœurs (cf. 1 S 16, 7 ; Jr 17, 10) et où il décide personnellement de son propre sort sous le regard de Dieu ». Car ce « propre sort » ne fait-il pas référence aux fins dernières et à la dualité paradis/enfer ?
Au début du 31 ; il écrit : « sa Pâque de mort et de résurrection est le centre de l’histoire qui, grâce à Lui, est histoire de salut ». Y aurait-il besoin d’un salut sans l’enfer ?
Au 32, quand il écrit : «Là se trouve l’origine de notre foi, la source qui donne vie aux convictions chrétiennes ». Qu’est-ce que disent donc ces convictions chrétiennes qu’il rappelle et sur lesquelles il s’appuie ? !
Au paragraphe 35, il écrit : « dire à la femme adultère les yeux dans les yeux : je ne te condamne pas (cf. Jn 8, 11) » Que voudriez-vous de plus ?
Je crois que vous auriez voulu que Jésus dise : « normalement, tu devrais aller en enfer pour ton acte inconsidéré ; mais exceptionnellement et parce que tu as beaucoup de chance que je sois là, tu vas pouvoir être sauvée… » Bref, Jésus ne vous a pas assez écouté et c’est pour cela que François qui l’imite vous déplaît…
Il me semble que dans votre obsession cryptogamique vous négligez l’essentiel : c’est que pour Jésus, l’enfer ou nos afflictions, nos maladies, nos peines et nos souffrances, c’est une seule et même chose : la conséquence du péché. Et que le traitement ou le soin est le même, car ce qui compte c’est le présent. De lui dépendra le futur. C’est ce qui est caché derrière le propos de bien des premiers paragraphes et rappelé au paragraphe 62 : « afin que, s’il arrive à quelqu’un d’être affligé et de souffrir au milieu des tentations humaines, il ne se croie pas pour autant étranger à sa grâce ». [40] Enfin, saint Jean Damascène considère l’expérience affective réelle du Christ dans son humanité comme un signe qu’Il a assumé notre nature dans sa totalité et non partiellement, afin de la racheter et de la transformer entièrement. Le Christ a donc assumé tous les éléments qui composent la nature humaine, afin que tous soient sanctifiés. »
Or qui dit rachat dit… par prétérition…enfer !
C’est pareil dans ce passage au paragraphe 52 : « la source d’où a jailli le salut de l’humanité tout entière »
Quand il est question de confiance, n’est-ce-pas encore une évocation indirecte car n’est-ce pas pour être sauvé ?
Pourquoi encore parler d’espérance au paragraphe 63 : s’il n’y avait pas d’enfer, ce serait une certitude !
Et tout ce qui est écrit et qui dans le cadre d’une invitation à une pratique de dévotion, et qui parle « d’une pleine union avec Jésus », n’est-ce pas pour nous éloigner des conséquences d’une désunion, conséquences qui nous conduisent où sinon en enfer ?
Au 75 : « dans le Cœur du Christ, est vivante l’action de l’Esprit Saint, auquel Jésus a attribué l’inspiration de sa mission (cf. Lc 4, 18 ; Is 61, 1) « avec une lecture étroite comme vous nous obligez à l’adopter, n’y a-t-il pas encore un rappel vu que cette mission n’est-elle pas de nous sauver de l’enfer ?
Au 80, évoquer « une réponse au rigorisme janséniste qui avait fini par ignorer la miséricorde infinie de Dieu » n’est-ce pas encore s’appuyer sur les convictions chrétiennes et pour dire qu’il y a bien des manières de nous rappeler l’existence de l’enfer et certaines qui sont meilleures et plus efficaces que d’autres, sans qu’il soit besoin d’en employer le mot comme un épouvantail ?
« Notre ouverture, pleine de foi et d’adoration, au mystère de l’amour divin et humain du Seigneur » (83) n’en est-elle pas une encore bonne, de manière ?
Le voir nous rappeler que « nous oublions de nourrir notre vie de la force de l’Eucharistie », n’est-ce pas nous proposer un chemin concret qui aura la même conséquence (et peut-être plus…) que sinon nous rappeler l’existence de l’enfer, et en empruntant la voie bien meilleure de la contrition parfaite, et non l’imparfaite ?
Le paragraphe 87 que voici : « plus encore qu’avec le jansénisme, on peut dire que nous sommes confrontés aujourd’hui à une forte avancée de la sécularisation qui aspire à un monde libéré de Dieu. En outre, diverses formes de religiosité privées de références à une relation personnelle avec un Dieu d’amour se multiplient dans la société, et sont de nouvelles manifestations d’une “spiritualité sans chair”. Cela est vrai. Mais je dois souligner qu’un dualisme janséniste préjudiciable renaît sous de nouveaux traits au sein même de l’Église. Il a acquis une nouvelle force au cours des dernières décennies. Il est une manifestation de ce gnosticisme qui ignorait la vérité du “salut de la chair” et qui fut dommageable à la spiritualité des premiers siècles de la foi chrétienne. C’est pourquoi je tourne mon regard vers le Cœur du Christ et je vous invite à renouveler votre dévotion. J’espère qu’elle pourra aussi toucher la sensibilité contemporaine et nous aider à faire face à ces dualismes anciens et nouveaux auxquels elle offre une réponse adéquate. »
N'a-t-il pas plus de poids car il évoque et répond à des situations de vie concrètes et actuelles, qu’un qui nous menacerait de l’enfer ?
Et quand il écrit au 89 que « là se trouve ce dont nous avons le plus besoin » libre à vous d’y rajouter « pour éviter l’enfer », mais d’autres n’en éprouvent pas la nécessité et y trouveraient à redire.
Son 90 vous montre pourquoi Thérèse n’a pas eu non plus besoin d’en parler, que cela vous ait préalablement étonné quand j’en prenais l’exemple montre que le nez dans votre guidon vous ne l’avez pas compris, tant ces rappels étaient magnifiquement sous-entendus et dépassés
« 90. Devant le Cœur du Christ il est possible de revenir à la synthèse incarnée de l’Évangile et de vivre ce que je proposais il y a peu, en rappelant la chère sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : « L’attitude la plus appropriée est de placer la confiance du cœur hors de soi-même, en la miséricorde infinie d’un Dieu qui aime sans limites et qui a tout donné sur la Croix de Jésus-Christ ». [80] Elle a vécu cela intensément parce qu’elle avait découvert dans le cœur du Christ que Dieu est amour : « À moi Il a donné sa Miséricorde infinie, et c’est à travers elle que je contemple et adore les autres perfections Divines ». [81] C’est pourquoi la prière la plus populaire, adressée comme une flèche au Cœur du Christ, dit simplement : « J’ai confiance en toi ». [82] Aucune autre parole n’est nécessaire. »
Il n’y a vraiment pas besoin de parler de l’enfer pour que les âmes veuillent être sauvées.. Pas besoin de rajouter un rappel de son existence et de celle du péché qui gâcherait tout. Et qui « gâcha » quelque peu sa vie car elle éprouva une grande joie quand son confesseur lui assura comme officiellement qu’elle n‘en avait jamais commis de mortel : une telle déclaration montre quelle « faille » subsistait en elle et qui chez vous est un océan et qu’il crut bon de colmater ainsi..
Le 93 parle d’une délivrance : de quoi ?
Au 95, à quoi servirait de « laver péché et souillure » (Za 12, 10 ; 13, 1) si il n’y avait pas d’enfer !.
Et toutes les évocations qui suivent et parlant du Sacrifice du Christ, ne parent-elles pas du « prix de notre salut » (paragraphe 107) et donc de l’enfer vaincu ?
Au 114 il nous est rappelé : « car, sans lui, non seulement nous ne pouvons, mais quand nous pourrions, nous ne voudrions rien faire ». ce qui doit vous déplaire car du coup, ce n’est plus nous qui pouvons agir, mais lui et lui seul, pour nous sauver de l’enfer : voilà qui vous contredit quelque peu dans votre « obsession »
Le 116 insiste par 2 fois en le traitant de sauveur… Sauveur de quoi si ce n’est pas de l’enfer ?
Le 124 nous parle lui « de l’ingratitude qu’Il reçoit » et de nos méconnaissances
Le 137 nous rappelle cette parole de Thérèse qui se trouve à l’opposé de votre préconisation, et qui s’y oppose franchement : « Si j’avais commis tous les crimes possibles, j’aurais toujours la même confiance, je sens que toute cette multitude d’offenses serait comme une goutte d’eau jetée dans un brasier ardent ». car même si l’enfer n’y est pas nié, il n’a pas besoin d’être nommé, il est complétement vaincu par la foi et non la crainte.
Il en ressort que derrière ce que vous prétendez, en vous en prenant à cette encyclique, vous voulez simplement remettre au goût du jour une contrition imparfaite comme fort utile, alors que le pape nous invite à l’amour qui vaut bien mieux. De cette comparaison il en ressort que votre pensée est spirituellement réactionnaire et obsolète. Vous n’en avez certainement pas essayé l’efficacité réelle sur des catéchumènes. Et pourtant ce pape reprend dans cette encyclique tous les thèmes chers de l’Eglise comme quand il écrit : « Avoir des larmes de componction c’est au contraire nous repentir sérieusement d’avoir attristé Dieu par le péché ; c’est reconnaître que nous sommes toujours en dette et jamais en crédit »
Le 168 par exemple nous rappelle ce qui vaut mieux que cette peur de l’enfer : . « L’amour pour les frères ne se fabrique pas, il n’est pas le résultat de notre effort naturel mais il exige une transformation de notre cœur égoïste. C’est alors que surgit spontanément la célèbre supplique : “Jésus, rends notre cœur semblable au tien”. C’est pour cette même raison que l’invitation de saint Paul n’est pas : “Efforcez-vous de faire de bonnes œuvres”. Son invitation est plus précisément : « Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus » (Ph 2, 5).
Vous seriez-vous senti visé quand le pape aura écrit dans un de ses derniers paragraphes, après avoir tant magnifié l’amour du Christ à partager dans la confiance :
219. L’Église aussi en a besoin pour ne pas remplacer l’amour du Christ par des structures dépassées, des obsessions d’un autre âge, adoration de sa propre mentalité, des fanatismes de toutes sortes qui finissent par prendre la place de l’amour gratuit de Dieu qui libère, vivifie, réjouit le cœur et nourrit les communautés. Un fleuve qui ne s’épuise pas, qui ne passe pas, qui s’offre toujours de nouveau à qui veut aimer, continue de jaillir de la blessure du côté du Christ. Seul son amour rendra possible une nouvelle humanité.
!il est clair que beaucoup se sont éloignés de la foi catholique parce que lassés des menaces et anathèmes et autres choses que vous voudriez remettre au goût du jour. Le pape s'est déjà adressé à eux dans une exhortation, mais il a un regard trop extérieur au traditionalisme et une vison trop naïve qui fait que ses maladresses ont été épinglés et son message pas entendu. Il devrait y revenir et mieux s'expliquer sur "ces structures dépassées, ces obsessions d'un autre âge" etc. car de toute évidence ce serait nécessaire !
Quand le précédent écrivait encore contre le consumérisme que vous lui reprochez :
218. Aujourd’hui, tout s’achète et se paie, et il semble que le sens même de la dignité dépende de ce que l’on peut obtenir par le pouvoir de l’argent. Nous sommes pressés d’accumuler, de consommer et de nous distraire, prisonniers d’un système dégradant qui ne nous permet pas de voir au-delà de nos besoins immédiats et mesquins. L’amour du Christ est en dehors de cet engrenage pervers et Lui seul peut nous libérer de cette fièvre où il n’y a plus de place pour un amour gratuit. Il est en mesure de donner du cœur à cette terre et de réinventer l’amour, là où nous pensons que la capacité d’aimer est définitivement morte.
Ce thème encadre toute son encyclique et vous lui reprochez de n'en pas assez tenir compte !