cmoi a écrit :
Je pense que les néotridentins antimodenistes de la fsspx (pas au Barroux) sont dans une inconscience de bonne foi sur la doctrine de la liberté civile religieuse, quand ils voient une contradiction entre Vatican II et Pie IX, car (comme le card. Ratzinger le reconnaissait) il faut une grande subtilité et expertise pour déceler qu’il n’y a pas contradiction.
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Il n’empêche que face à la gravité des conséquences, un acte de foi devrait suffire à se soumettre et rester dans le rang.
Pas si une hérésie est percue de bonne foi (même erronément), une incohérence radicale et doctrinale avec Pie IX.
Ca ne semble pas si clair si des erreurs pastos locales d’autre part tendent à éveiller la suspicion sur la liberté religieuse, ou si bon nombre de théologiens de tous bords soutiennent qu’il y a effectivement rupture et incompatiblité, révolution, entre Pie IX et Vatican II (contrairement au Card. Ratzinger)
Pour la liturgie, il est aussi possible qu’ils fassent erreur de bonne foi sur certains points, par exemple quand ils invoquent des clauses dans des textes de Pie V comme « valable à jamais » etc. Mais ils ne font pas erreur sur le st sacrifice expiatoire (caté de 1992) ni sur l’exigence du grégorien et la conseration du latin
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C’est votre avis mais la façon dont leurs fidèles défendent et vivent leur rite offense la notion de sacrifice en question puisqu’ils n’en consentent aucun et privilégient la forme selon des critères plus souvent culturels ou de choix de confort personnel,
Sophisme évident : si la messe est un st sacrifice expiatoire (comme disent les caté), il est péché mortel de « sacrifier » ce st sacrifice expiatoire. On ne peut sacrifier le st sacrifice, c’est contradictoire.
Certes, on pourrait parler seulement de la forme du st sacrifice expiatoire, qu’il s’agirait de devoir sacrifier; Mais ca n’irait que si l’autre forme est activement et régulièrement présentée comme un st sacrifice expiatoire, et non exclusivement comme une célébration, synaxe, rassemblement dominical, repas, eucharistie, célébration de l’eucharistie etc. Et tous les symbolismes qui vont avec
Non, il y a une différence importante. Comme leur point de vue est généralement dogmatique, ils ne voient pas du tout leur liturgie comme un test pastoral pour découvrir des vérités, par exemple sur des pathologies des ans 70 , mais comme une pratique intangible seule réflétant le dogme (cf. Le document Ottaviani). Ils portent ainsi bien leur description de néotridentins antimodernistes (ils voient la forme extra comme protégée, ce qui est d’une grande vraisemblance)
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Votre analyse ici est juste et oui, c’est une mesure de sauvegarde non dépourvue d’humilité en somme. Mais le fait qu’ils soupçonnent fortement les messes selon le nouvel ordo de n’être pas valides au prétexte du for interne des officiants, du seul fait qu’il s’appuierait sur son rite, cela va trop loin et même plus loin (car contre la charité) que là où cela irait s’ils accusaient franchement ce rite d’être hérétique.
…Là encore l’obéissance ne doit pas être un mensonge et l’acte de foi est sinon de rigueur.
Ne pas le faire pèche cette fois par manque d’humilité mais d’autres choses aussi. S’il y a des « pathologies » au sein de l’Eglise, il convient de les soigner, pas de se tenir à l’écart en s’en lavant les mains et se prétendant « sain », bien content de ne pas avoir à « se mouiller ».
Ceci est à juger selon la vertu de prudence et les risques pris. Paul VI disait à Lefebvre que sa « solution » était pire que le mal et il pouvait avoir raison, Lefebvre disait que c’était faux, en conscience, vu l’horrible situation en France de 1975, et il pouvait aussi avoir raison. Personne ne sait et il faut décider. La prudence conseille les tests, au moins pour une période, le temps que soient éliminées certaines cohortes générationnelles.
On peut vouloir soigner, mais à condition que ce soit possible et viable. Il n’est pas impossible, concrètement, que se tenir à l’écart pour un temps soit la seule solution. Et ici on peut redoubler l’idée de test : il y a le test fsspx (et même sédévacantiste, si on se limite à la seule liturgie et catéchèse dogmatique, mettant les erreurs ecclésiologiques de côté, le « passif »), d’une part, et le test fssp, ibp, icrsp, Barroux, Fraternité St Vincent Ferrier (dominicains) d’autre part.
La mise à l’écart temporaire peut être vue comme prudentielle.
La fsspx ne dit pas que le novus ordo est hérétique ou invalide, mais qu’il favorise L’hérésie, et qu’il peut être invalide chez certains célébrants. Encore une fois son point de vue est trop dogmatique à mon avis mais il reste qu’elle est protégée contre la messe western (dont le problème précis n’est pas affaire de validité).
C’est loin d’être clair. Ca va certainement durer pour les ex-anglicans déjà mariés. Il ne semble pas y a voir de clause d’élimination de la traditon anglicane du mariage dans les accords.
Si plusieurs rites sont légitimes, je vois mal le droit canon interdire de changer de rite légitime; le canon 214 dit « Can. 214 - Les fidèles ont le droit de rendre le culte à Dieu selon les dispositions de leur rite propre approuvé par les Pasteurs légitimes de l'Église, et de suivre leur forme propre de vie spirituelle qui soit toutefois conforme à la doctrine de l'Église »
Je vois mal le rite à la naissance obliger le fidèle individuel.
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C’et pourtant comme cela. Nous-mêmes ne devons pas nous inscrire dans cette tradition et ses paroisses. Ceux qui y sont ont ce droit indiqué mais par « dérogation », ils peuvent donc rejoindre le rite romain « normal ». Même si c’est un provisoire qui peut durer « sans fin », c’est un provisoire.
Provisoire sans fin? Bizarre. En plus je ne suis pas sûr que les accords parlent de dérogation…
. Les fidèles de rite romain à la naissance seraient interdits de rite oriental par droit canon?
Si les quasi-tridentins anglicans ont leur rite et que la forme extra est proche, il est incohérent d’admettre les uns et éliminer les autres, il est nécessaire de donner une statut comparable à la forme extra, un ordinariat, ce qui à mon avis s’en vient. On peut très bien répudier un rite western localement ou répudier un rite compatible avec la messe western, si on pense de bonne foi que c’est un symptôme de mort à terme.
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Il n’y a pas de rite western, il y a une adaptation du rite selon un mode western. Certaines sortent du rite et des adaptations permises (chants, danses, etc) et sont carrément blâmables (changement des paroles ou des gestes du canon ou de l’offertoire par exemple), même s’il n’y a pas eu de sanction ; d’autres valent ce que vaut une mode.
Je vous accorde néanmoins qu’avec du latin ce serait beaucoup plus difficile, mais cela ne va pas plus loin et ne suffit pas pour discréditer l’usage des langues vivantes locales !
C’est vrai mais c’est pas exactement le point, qui concerne le manque de rigidité suffisante du novus ordo puisque la messe western est approuvée.
Mais ce qui est discrédité c’est pas les langues locales nécessairement, c’est l’interdiction ou l’Inexistence de facto du grégorien et du latin qui va avec (en attendant du grégorien en francais si c’est possible et qui va prendre peut être 1 siècle).
Et oui, la forme western n’est pas un rite sauf pour faire court, mais juste une forme. C’est pourquoi le problème de cette forme est pastorale, pas de validité. Elle ne peut symboliser un st sacrifice expiatoire et ses confessionaux sont nécessairement vidés.
La distinction entre une concession faite pour «réunir et rapprocher » et une autre qui a pris et tant qu’elle prendra la valeur de « contester », résiste à votre approche.
Exact, il y a une différence sur ce point, surtout à cause du point de vue trop dogmatique de la fsspx. Mais la messe western est contestable , et ils ont pris probablement les meilleurs moyens, les plus radicaux, pour en être protégés.
Au surplus Si un oriental refuse absolument d’aller au novus ordo, il le conteste en un sens, pour lui-même, il peut le juger inférieur pour l’instant, le temps que le grégorien et l’orientation reviennent; mais sa préférence exclusive pout le rite oriental ne nuit aucunement à l’unité bien comprise, dans la diversité.
Mais de toute facon je crois qu'un ordinariat s'en vient, si on se fie à la rumeur comme quoi Francois aurait offert cet ordinariat à la fsspx, qui l'a refusé (à cause de son point de vue dogmatique).
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Les rumeurs c’est bof et cela ne résoudrait rien. L’accepter serait pour le coup et de leur part se décrédibiliser, renier l’authenticité de leur démarche.
Exact, ils ne peuvent (pour la fsspx seulement, pas la fssp), c’est pourquoi leur « solution » à la crise postconciliaire est imparfaite bien qu’immensément utile, avec ses défauts. Il faut faire un tri.
Par ordinariat j’entendais pour la fssp, Ibp, Icrsp, ceux qui sont en règle canoniquement, même si la rumeur concernait la fsspx.
Mais le dernier synode a pensé qu’il serait bon d’envisager une refonte du nouvel ordo : de là peut venir le bout du tunnel selon a lumière que depuis longtemps j’annonce, issue que vous semblez avoir pris en compte et je vous en remercie…
Il suffirait simplement d’appliquer le concile (l’autre Vatican II : « vengeance divine, défense de la doctrine » etc) : latin-grégorien-orientation avec novus ordo disponibles en tout diocèse. Mais c’est insuffisant : il faut aussi le dogme partout en pasto et une fermeture suffisante sur le monde.
Evidemment, c’est tout de même plus difficile que d’assurer la publication d’un « carnet mondain « du traditionalisme, ce que certains ici font avec zèle…
Justement, c’est pcq c’est plus difficile, peu réalisable à court terme, que prudentiellement La fsspx a été nécessaire en 1975 (un peu moins maintenant). Certaines choses ne pouvaient pas attendre.
Pourquoi n’appuient-ils pas davantage le pape quand il s‘en prend à l’avortement ou à tous ces sujets sur lesquels ils pensent comme lui ?
Ils ont reconnu clairement un mieux sous Benoit… Et les aspects nuisibles leur semblent plus importants pour l’instant, dans les circonstances.
Qu’ils ne se plaignent pas si le pape dans sa biographie les caricature, car leurs arguments hélas ne valent souvent pas mieux
Oui c’est parfois le cas, pas toujours. La fsspx, surtout francaise, s’est durcie avec le temps, le Card.Ratzinger l’avait remarqué au moment de la publication du caté de 92 qui réjouissait tant le Barroux, mais qui fut « âprement » critiqué par la fsspx. Mais le durcisssement est aussi venu du durcissement des attaques locales contre eux (pas de Rome) , surtout d’une certaine génération cléricale, et ils sont devenus hyperdéfensifs, emportés par leur élan.
Vous vous lamentez des messes western ou yéyé, mais combien de prétendus mystiques contemporains se servent de prétendues révélations privées pour militer semble-t-il pour leur cause et se distinguer ? Est-ce un hasard ?
A Derval (Bretagne), dans les années 70-80, un prétendu voyant, privé de la possibilité d’avoir un prêtre, est allé (ce fut le début de sa chute, car il y avait des pèlerinages, des dons, une congrégation, etc.) jusqu’à désigner pour prêtre un simple vieux « frère » qui officia selon leur rite (et le voyant enivré de son succès prétendra plus tard que sa jeune et jolie maîtresse venue d’Alsace (en fait, une dévôte très chaste, bien sûr !) sera enceinte d’une réincarnation de la sainte vierge : je me demande ce que ladite enfant est devenue 40 ans plus tard… )
Quand bien même ils ne cautionnent pas de telles déviances, elles/ils se favorisent…
Oui mais il y a une différence importante : la messe western, p.ex., est cautionnée, pas seulement favorisée. Si elle était activement combattue, vous auriez raison, ma position sur le sujet tomberait. Il y a donc une différence.
Il y en a eu aussi dans l’Eglise conciliaire, en effet, mais les abus que cela a entrainé n’ont pas essaimé des groupuscules qui vivent en autarcie spirituelle et qui s’éloignent de la vraie foi.
C’est vrai mais en partie. Les groupuscules dits « progressistes » ont existé et existent aussi, mais sans avoir fait institution et parasitent par l’intérieur. Ainsi le réseau femmes et ministères au Canada, qui vient d’ailleurs de mourir en 2024 , de vieillesse sans doute. Les groupes homos au comportement impénitent etc.
Ensuite la vraie foi c’est le dogme et le crédo, identique à la fsspx. La liberté religieuse est certes doctrinale, mais assez dérivée par rapport au dogme. Le centre de la foi est identique.
Et de bons prêtres (comme le père Zanotti Sorkine) ont souvent pâti de la crainte que cela arrive, qui s’obligent alors à mettre une sourdine sur la parole de Dieu dont ils sont les derniers mohicans à oser et pouvoir la défendre avec éclats et résultats.
Oui, le point sur Zorkine est juste et pertinent. Ca devient alors une question de calcul de profits-pertes , que chacun juge en conscience.
Ceci étant dit, je vous invite à ne plus intervenir sur ce fil que la modération semble avoir souhaité réserver à l’accueil des prochaines déclarations de vocation religieuse et pour y exercer son discernement. Il y a d‘autres fils sur lesquels vous pouvez au besoin rebondir..
Le fil a été changé, c’est Ok. Cependant la question posée était celle de vocation dans le cadre de la spiritualité « tradie », ou compatible avec celle-ci