Page 3 sur 3

Re: Je ne suis rien

Publié : lun. 24 mars 2025, 16:25
par ThéophileduSegala
Je ne voulais pas tout dire, mais la joie est trop grande, je ne peux la contenir.

Après plusieurs jours d’introspection, j’ai compris que la haine que j’éprouvais envers ma tante et mes cousins était en réalité mal dirigée. Je ne leur en voulais pas tant pour leur silence dû à leurs convictions religieuses, mais plutôt parce qu’ils m’avaient, sans le vouloir, privé d’un bonheur auquel j’étais attaché grâce à eux.

Quand j’étais enfant, ma famille n’avait pas beaucoup de moyens, et chaque été passé chez eux était une véritable libération. Une belle et grande maison pleine de choses à découvrir, un cousin avec qui partir à la pêche et faire les 400 coups… C’est cela que j’ai perdu. Et sans m’en rendre compte, j’ai fait un amalgame entre cette perte et la haine que j’éprouvais pour la Watchtower.

Quand le Seigneur m’a permis de voir cela, j’ai ressenti de la honte. Mais en même temps, toute ma rancœur envers eux s’est envolée. Aujourd’hui, je leur suis même reconnaissant pour tout ce qu’ils m’ont offert.

Les jours suivants, j’ai dû m’attaquer à ma haine envers la Watchtower. Et cela a été épuisant.

Si je partage mon expérience, c’est parce que je me dis qu’elle pourra peut-être aider d’autres anciens Témoins de Jéhovah.

Lorsqu’on est TJ, on construit jour après jour une identité extrêmement forte. On ne se définit qu’à travers cela. On donne beaucoup, poussé par la crainte de déplaire à Dieu, mais aussi par amour – un sentiment étrange, mêlé de devoir et d’absolu.

Cette communauté, très fermée, renforce cette identité et le discours est très bien rodé pour vous inciter à faire de votre mieux.

Puis vient, pour certains, l’excommunication.

Et là, c’est la descente aux enfers. On ne perd pas cette identité : elle se transforme. On devient un TJ exclu, et on continue à se définir uniquement à travers cela.

Pendant 20 ans, j’ai vécu à travers cette identité d’ex-TJ. Prisonnier d’une cage invisible.

Et la haine grandit.

Dans mon cas, les racines profondes de cette identité étaient trois peurs ancrées en moi :

- La peur de mourir.
- La peur de l’échec.
- La peur de ne pas être aimé.

J’ai construit mon identité à travers ces peurs enfantines.

Mais depuis que j’ai appris à les nommer, elles s’effacent peu à peu.

Et avec elles, la haine disparaît. Car je ne suis plus un ex-TJ.

Je ne suis rien.

Et c’est merveilleux.

N’être rien, c’est le plus beau cadeau de Dieu.

Quand on est rien, on est un enfant, rempli de son amour.

Et tout ce qu’on veut, c’est jouer et aimer, le cœur rempli d’une joie inconcevable.

Cela reste un travail quotidien, et pour l’instant, je n’atteins cet état qu’après une longue nuit de veille.

Marie, c’est le cœur qui doit être rassuré, celle qui cherche l’auberge qui l’accueillera.
Joseph, lui, veille sur l’enfant à naître : il représente notre esprit rationnel.
Et l’enfant qui vient au monde, c’est la joie et l’amour retrouvés de l’enfance.

Je t’aime Seigneur, merci pour ta fidélité et ta patience infinie ! 🙏

❤️‍🔥❤️‍🔥❤️‍🔥

Re: Je ne suis rien

Publié : mar. 15 avr. 2025, 11:19
par ThéophileduSegala
Bonjour les copains,

Petite mise à jour de mon introspection.

Derrière les peurs existentielles, il y a une entité psychologique qui se nomme elle-même « Je veux ».

« Je veux » n’a pas de liberté de choix : il est soumis à une entité psychologique plus vaste et plus profonde que lui, appelée « Conscience ».

« Je veux » est malheureux lorsqu’il n’obtient pas ce qu’il désire.

Il vit dans la peur constante de gâcher sa vie, courant après toutes sortes de vanités. Il est fait de passion et d’obsession.

Derrière « Conscience », il n’y a que le Christ.

Mon « Je veux » a renoncé à beaucoup de choses pendant ce carême, mais ce qui m’étonne le plus, c’est que je n’ai plus froid depuis deux jours.

Je ressens bien le froid, physiquement, mais il ne me dérange plus du tout.
C’est une sensation étrange, surtout venant de moi — grand frileux devant l’Éternel.

C’est comme s’il n’y avait plus personne en moi pour dire : « Allume le chauffage, je veux du confort. »

Mon corps ne fait aucun effort particulier, et pourtant une chaleur semble émaner de l’intérieur.

Peut-être est-ce parce que « Je veux » n’a pas encore totalement abdiqué, et que ce processus de résistance libère une sorte de chaleur : il se débat, ardemment, pour trouver une issue, il négocie 😅

Mais il n’y a aucune issue pour lui. 😤

Vivement la Paix qui adviendra ensuite.

Je vous aime ❤️

Re: Je ne suis rien

Publié : mer. 07 mai 2025, 3:16
par Calintz
Big up à toi! Tu as fais preuve de beaucoup de courage et je crois lire dans tes post une grosse envie de pardonner. C'est le plus important. Faire la paix avec les autres c'est faire la paix avec soi

Re: Je ne suis rien

Publié : jeu. 08 mai 2025, 20:03
par ThéophileduSegala
Calintz a écrit : mer. 07 mai 2025, 3:16 Big up à toi! Tu as fais preuve de beaucoup de courage et je crois lire dans tes post une grosse envie de pardonner. C'est le plus important. Faire la paix avec les autres c'est faire la paix avec soi
Merci Calintz!
Vous avez raison, pardonner c’est la base.

A vrai dire, je n’ai plus rien a pardonner depuis que j’ai abandonné mon identité de TJ excommunié.

Je vais beaucoup mieux.

Il me reste encore quelques angoisses mais ça va, j’avance à mon rythme avec la grâce de Dieu 🥰

Une peur après l’autre ☺️