smadndlc a écrit : Parlons-nous de la même chose ? Le chant grégorien, partie intégrante de la liturgie catholique traditionnelle ?
Dans l'absolu, nous sommes évidemment d'accord sur la formulation. Le chant grégorien est le chant traditionnel du rite romain, et même son chant propre. Mais là où nous allons, je crois diverger, c'est quant à l'appellation "traditionnelle" que vous accolez à "liturgie".
Au regard de votre lien, en parlant de "liturgie catholique traditionnelle", vous voulez parler de façon exclusive de la forme extraordinaire du rite romain. C'est à dire le missel romain tel qu'il a été codifié par Saint Pie V, puis revu et amélioré successivement par différents pontifes jusqu'au bienheureux Jean XXIII.
Vous semblez ignorer que c'est précisément à la suite du concile de Trente et de cette édition du missel romain que le chant grégorien a été perdu, oublié, méprisé. De fait, c'est une erreur, historiquement, de dire que le chant grégorien est une "partie intégrante" du missel de issu de la bulle
Quo Primum de 1570. Saint Pie V fixe des normes liturgiques plus de 6 siècles après l'élaboration du répertoire grégorien... Dans un contexte culturel et musical qui favorise non plus les monodies de l'antiquité tardive, mais l'art polyphonique de la Renaissance...
Vous semblez ignorer également que l'Eglise se positionne officiellement pour la première fois, de par un acte magistériel fort, sur la question de son chant propre, en 1965, le 4 décembre exactement : par la constitution "De Sacra Litrugia" du concile Vatican II, dans laquelle le chant grégorien est canonisé comme le chant propre de la liturgie romaine.... Soit 3 années après la dernière édition du missel dit (improprement) "tridentin". Et que c'est dans ce même document que l'Eglise demande également une "instauratio" liturgique visant à renouveller le rite romain.
Vous me retorquerez peut être que Saint Pie X, dans son Motu proprio de 1903 sur la musique sacrée, avait déjà défini le chant grégorien comme tel ; mais jamais l'Eglise avant 1965 n'avait donné de document aussi explicite avec une telle force disciplinaire. Par ailleurs, si S. Pie X s'exprime de la sorte dans son motu proprio, c'est que justement, en 1903, le chant grégorien venant à peine d'être restauré, était ignoré de ses contemporains, puisque perdu à la suite du Concile de Trente.