Publié : dim. 18 sept. 2005, 8:09
Helene,
Mon affirmation ne vient pas d'un préjugé : votre réponse vient d'une erreur d'interprétation.
Que les femmes les plus privilégiees recourent le mieux aux aides disponibles : voila ce que prouvent vos statistiques.
Les femmes qui n'ont pas les moyens de se sortir de leur situation, (se) la dissimulent, donc n'existent pas dans vos statistiques.
A part cela, qu'il y ait des violences de toutes sortes, que les ados soient en situation de pouvoir des lors que la législation interdit quasiment de les réprimer et qu'ils esperent le matelas de la protection sociale en cas d'echec scolaire : cela ne prouve pas que la violence n'est pas le fait du dominant.
Non Hélene, je ne mélange pas imam et curé, mais je parle d'un trait qui se trouve dans nombre d'idéologies religieuses ou pas, et qui mene à la violence envers les femmes, c'est l'idee que les femmes ont un rôle, une place ( fermee par rapport à celle universelle des hommes) : des lors que cette idee domine, des hommes ("les" hommes en tant que groupe social) s'arrogent le droit de corriger les recalcitrantes qui sortent de "leur" place, "leur" rôle ( ce que pronent des imams en toute sérénite de nos jours, alors que je n'ai pas vu cela dans le catechisme ...), et les femmes manquent de l'autonomie necessaire pour se defendre.
Enfin, je ne nie pas que des chretiens dans le cadre de la charite se battent contre les consequences pour les femmes, mais je ne les vois pas mener campagne contre les causes, pour denoncer cette violencer et pour supprimer ses causes. Vous dites vous meme que selon vos statistiques, il n'y aurait pas de lien entre manque d'autonomie et violence : il me semble que vous ne voyez meme pas le probleme, et Charles semble penser comme vous.
Mais je ne nie absolument pas qu'il y ait des comportements charitables d'aide de la part de chretiens envers les femmes en detresse ( je ne nie pas du tout le devouement et les efforts), de meme d'ailleurs qu'envers les femmes prostituées, mais partout j'ai les memes echos : pas d'analyse de cette situation, des causes de ces detresses, en terme de rapport de pouvoir. Résultat : des demandes de législations qui entretiennent la situation dont la charité combat les effets.
Charles,
j'ai l'impression en vous entendant plaider que la violence vient du faible, que vous confondez la cause et l'excuse.
Oui bien sur que l'on peut avoir envie de cogner quand on est poussé à bout, mais entre l'envie et le passage à l'acte, il y a une condition : et cette condition c'est le pouvoir. Si taper ou même parler vous coute trop cher, on ne le fera pas. La femme qui a peur d'une reaction violente ne fera pas de reproche à l'homme, l'homme qui a peur de la reaction de la force légale, de la reprobation sociale, reflechira à deux fois avant de frapper la femme ou l'enfant.
L'homme qui dit " je te cogne parce que tu m'as poussé à bout", est en train de justifier son acte, de lui trouver une excuse, de culpabiliser la femme qu'il frappe. Vous pensez peut etre que c'est face à de la cruauté mentale de la part de sa femme. Cela peut etre le cas, encore que ce genre de femme s'en prend probablement plus à quelqu'un qui justement ne frapera pas.
Mais c'est surtout le fait d'hommes qui ne supportent pas la moindre diminution de leur pouvoir sur leur conjointe, ce qui "les pousse a bout", c'est de n'avoir pas tout le pouvoir, c'est n'importe quel pretexte ( tu n'as pas fait ci, ça), pourvu que ce soit une occasion de "corriger".
A l'attention de Christophe :
voici les propositions feministes dont je parlais ( parmi d'autres)
http://www.c-e-r-f.org/violence
A noter qu'en Espagne, il a meme été prévu des aides pour les femmes ayant des difficultés pour travailler en raison de la violence.
Mon affirmation ne vient pas d'un préjugé : votre réponse vient d'une erreur d'interprétation.
Que les femmes les plus privilégiees recourent le mieux aux aides disponibles : voila ce que prouvent vos statistiques.
Les femmes qui n'ont pas les moyens de se sortir de leur situation, (se) la dissimulent, donc n'existent pas dans vos statistiques.
A part cela, qu'il y ait des violences de toutes sortes, que les ados soient en situation de pouvoir des lors que la législation interdit quasiment de les réprimer et qu'ils esperent le matelas de la protection sociale en cas d'echec scolaire : cela ne prouve pas que la violence n'est pas le fait du dominant.
Non Hélene, je ne mélange pas imam et curé, mais je parle d'un trait qui se trouve dans nombre d'idéologies religieuses ou pas, et qui mene à la violence envers les femmes, c'est l'idee que les femmes ont un rôle, une place ( fermee par rapport à celle universelle des hommes) : des lors que cette idee domine, des hommes ("les" hommes en tant que groupe social) s'arrogent le droit de corriger les recalcitrantes qui sortent de "leur" place, "leur" rôle ( ce que pronent des imams en toute sérénite de nos jours, alors que je n'ai pas vu cela dans le catechisme ...), et les femmes manquent de l'autonomie necessaire pour se defendre.
Enfin, je ne nie pas que des chretiens dans le cadre de la charite se battent contre les consequences pour les femmes, mais je ne les vois pas mener campagne contre les causes, pour denoncer cette violencer et pour supprimer ses causes. Vous dites vous meme que selon vos statistiques, il n'y aurait pas de lien entre manque d'autonomie et violence : il me semble que vous ne voyez meme pas le probleme, et Charles semble penser comme vous.
Mais je ne nie absolument pas qu'il y ait des comportements charitables d'aide de la part de chretiens envers les femmes en detresse ( je ne nie pas du tout le devouement et les efforts), de meme d'ailleurs qu'envers les femmes prostituées, mais partout j'ai les memes echos : pas d'analyse de cette situation, des causes de ces detresses, en terme de rapport de pouvoir. Résultat : des demandes de législations qui entretiennent la situation dont la charité combat les effets.
Charles,
j'ai l'impression en vous entendant plaider que la violence vient du faible, que vous confondez la cause et l'excuse.
Oui bien sur que l'on peut avoir envie de cogner quand on est poussé à bout, mais entre l'envie et le passage à l'acte, il y a une condition : et cette condition c'est le pouvoir. Si taper ou même parler vous coute trop cher, on ne le fera pas. La femme qui a peur d'une reaction violente ne fera pas de reproche à l'homme, l'homme qui a peur de la reaction de la force légale, de la reprobation sociale, reflechira à deux fois avant de frapper la femme ou l'enfant.
L'homme qui dit " je te cogne parce que tu m'as poussé à bout", est en train de justifier son acte, de lui trouver une excuse, de culpabiliser la femme qu'il frappe. Vous pensez peut etre que c'est face à de la cruauté mentale de la part de sa femme. Cela peut etre le cas, encore que ce genre de femme s'en prend probablement plus à quelqu'un qui justement ne frapera pas.
Mais c'est surtout le fait d'hommes qui ne supportent pas la moindre diminution de leur pouvoir sur leur conjointe, ce qui "les pousse a bout", c'est de n'avoir pas tout le pouvoir, c'est n'importe quel pretexte ( tu n'as pas fait ci, ça), pourvu que ce soit une occasion de "corriger".
A l'attention de Christophe :
voici les propositions feministes dont je parlais ( parmi d'autres)
http://www.c-e-r-f.org/violence
A noter qu'en Espagne, il a meme été prévu des aides pour les femmes ayant des difficultés pour travailler en raison de la violence.
Oui ... demandez vous pourquoi ?! Pourquoi un comité "composé d'hommes" seulement pour faire des propositions de loi ? Qui ne "connaissent rien" ... bien sur qu'ils le connaissent, ils connaissent son existence pour le moins : demandez vous pourquoi ils ne se posent meme pas la question de la violence dans la famillle en faisant des lois sur la "stabilité" de la famille - alors que quantité de divorce sont du a la violence envers épouse ou enfants... Ils connaissent aussi certainement des hommes violents et des femmes victimes, sauf qu'ils ne les voient et entendent pas : demandez vous pourquoi.Christophe a écrit :[align=justify]
Vous avez raison, il manque - dans l'état actuel - à notre programme des mesures de lutte contre la violence conjugale, comme il manque sans aucun doute aussi beaucoup d'autres choses. La raison en est simple : le comité de rédaction était d'une part composé d'hommes, qui - d'autre part - ne connaissent rien du problème évoqué. [/align]