Quand on est face à la déferlante, on résiste, le temps n'est pas propice à autre chose. Après, il faut penser à adapter sa tactique quand la déferlante est passée...François-Xavier a écrit :Ca n'est pas certain. Mgr Lefebvre par son militantisme a lui même, probablement involontairement, participé à cette polarisation. On aurait pu imaginer quelque chose de plus apaisé, de plus calme une évolution liturgique sans rupture, bref, ce que Benoît XVI appelle "l'hermeneutique de la continuité". Mgr Lefebvre avait quant à lui opté pour la logique de l'affrontement contre tous les courants modernistes des années 1970-1980. Il n'est pas absolument évident qu'il ait adopté la meilleure tactique.archi a écrit : Donc sans Mgr Lefebvre, quels que soient les reproches qu'on puisse lui faire (et je pense vraiment qu'il a fait perdre 20 ans à la Tradition catholique avec les sacres de 1988), il faut bien reconnaître qu'il ne resterait pas grand-chose aujourd'hui.
Par contre, il ne faut pas oublier qu'à une époque où beaucoup étaient tentés par le sédévacantisme, la rupture complète avec Rome, et voyaient volontiers le nouveau missel, ou encore le nouveau rite d'ordination, comme carrément invalides, Mgr Lefebvre a maintenu une ligne difficile, qui insistait pour reconnaître le Pape comme Pape légitime et les sacrements conférés selon les nouveaux textes comme valides. Ca a amené des positions souvent contradictoires, mais en fédérant l'aile traditionaliste autour de cette ligne, ça a évité d'en voir la plus grande partie se séparer définitivement de Rome au début des années 70. J'aime mieux ne pas penser à l'avenir, aussi bien de l'Eglise romaine que du mouvement traditionnaliste, si le schisme avait été consommé.
Je pense qu'on lui doit bien ça. Il est simplement malheureux qu'il ait fini par refuser la main tendue par Jean-Paul II.
Nul ne prétend que l'ancien ordo ait été parfait, mais ses défauts étaient loin de ceux que j'ai énumérés. Il ne faut pas oublier qu'il y a eu un missel de 1965, proche de la constitution conciliaire, qui n'aurait pas posé de problème, et il n'y avait guère besoin d'aller plus loin. Mais c'était déjà l'époque des expérimentations à tout va, sans aucun souci des normes romaines. Celles-ci auraient probablement dû s'adapter tant bien que mal. On eût seulement souhaité que ceux qui maintenaient une pratique traditionnelle aient pu continuer à le faire librement.Le problème, c'est que justement, si il y a eu une demande de réforme liturgique c'est qu'on considérait à l'époque qu'il y avait également un certain nombre de défauts criants... dans l'ordo dit "de Saint Pie V". A tel point que c'est quelque chose qui a été demandé par un Concile œcuménique... Une constitution qui a elle même été signée par .... Mgr Lefebvre.archi a écrit : Sinon, quelles que soient les qualités du nouvel ordo, il ne faut pas oublier ses défauts criants: offertoire massacré, nombreux textes édulcorés (je pense notamment aux préfaces, ou à la transformation du Canon de Saint Hippolyte en Prière Eucharistique n° 2), signes de respect envers la Sainte Eucharistie supprimés, et de façon général, une quantité incroyable de changements qui n'ont aucun sens et dont on ne peut se rendre compte qu'en comparant les 2 ordinaires, pour se limiter aux ordinaires. On peut aussi parler des défauts du nouveau calendrier...
Ensuite, que la mise en œuvre de la réforme elle même puis son application soient allés trop loin, c'est une autre question. Mais il ne faut pas oublier le déclencheur.
Je sais bienDans l'ensemble, je suis d'accord avec vous. Le problème, c'est qu'on peut souhaiter autant qu'on veut : mais la réalité, ça n'est pas ça...
In Xto,
archi


