Un pouvoir gouvernemental est-il nécessaire ?

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Virgile
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Re: Un pouvoir gouvernemental est-il nécessaire ?

Message non lu par Virgile »

Cher Pneumatis,
Pneumatis a écrit :- le rapport au sacré : comme je l'ai décrit avant, il s'agit moins de réfléchir sur l'idée de religion, de foi, de croyances, ... ce n'est pas le propos. C'est juste le constat, fait par bien des philosophes avant moi qui ne le suis pas, que si on envisage la société comme un groupe mu par quelque chose qui transcende ses parties, alors il existe nécessairement du sacré dans cette société. Soit ce sacré est assumé et on est dans une forme de théocratie (sauf si j'ai encore mal compris le sens du mot), soit il est refoulé et on doit assumer un non sens dans l'ordre social qui conduit nécessairement à la remise en cause de sa finalité, donc de son fonctionnement, et à terme tout s'effondre. En retour l'autorité détentrice du sacré doit poser un minimum d'interdits figurant la limite du sacré et du profane. On peut alors assumer que le respect de la vie, par exemple, soit un commandement "divin" - la vie est sacrée ! Le sacré est alors simplement ce qui vient se substituer à l'arbitraire. Il faut alors se demander quels sont les conséquences à assumer par un membre en cas de profanation du sacré, de non respect d'un interdit fondé par l'autorité ? Y a-t-il quelque chose de similaire au cas du membre refusant d'être ordonné à la société et donc automatiquement exclu, ou est-ce encore autre chose ? Car on peut profaner le sacré sans le vouloir, et même sans le savoir. Est-ce que les conséquences sont du même ordre ? Ne doit-on pas introduire ici la notion d'expiation ? Le profanateur peut-il vouloir librement cette expiation ou doit-on l'y contraindre même si il n'en veut pas ? Et s'il n'en veut pas, ne nous retrouvons-nous pas dans le cas du membre refusant de se soumettre à l'ordre social et donc à bannir de la société ? Du coup peut-être que j'ai vu dans la question du sacré une exception légitimant l'usage de la coercition quand ce n'en serait pas une... à voir. On serait peut-être simplement dans le cadre d'une justice morale s'en remettant en dernier lieu à l'autorité sociale. Un peu comme l'Eglise qui jugeait untel, et qui le soumettais ensuite, si nécessaire, au bras séculier pour que ce dernier se charge de valider la conformité à l'ordre établi. Sauf que dans mon système, l'autorité morale et l'autorité législative sont nécessairement la même instance, si je ne me suis pas perdu en route.
juste un petit commentaire.
En ce qui me concerne, je préfère parler de quelque chose comme la "moralité publique", c'est-à-dire l'atmosphère sociale qui se forme à partir de certains modes habituels de penser, de parler et de se comporter, propre aux membres d'une société et qui montrent le respect que l'on porte ou non à la loi morale.
Comme la norme des droits et des devoirs de l'autorité civile est le bien commun général - la fin de la société politique, dont l'autorité civile est seulement le gérant, l'autorité civile doit avoir tous les droits et tous les devoirs qui lui sont nécessaires pour parvenir à cette fin. C'est tout.
La question est donc de savoir quelle relation il existe entre la moralité publique et la fin de l'Etat.
La réponse catholique est claire, la moralité publique est un élément fondamental du bien commun. C'est ce que rappelle la Déclaration sur la liberté religieuse "Dignitatis humanae" du Concile Vatican II au numéro 7:
"C'est dans la société humaine que s'exerce le droit à la liberté en matière religieuse, aussi son usage est-il soumis à certaines règles qui le tempèrent. Dans l'usage de toute liberté doit être observé le principe moral de la responsabilité personnelle et sociale: la loi morale oblige tout homme et groupe social dans l'exercice de leurs droits à tenir compte des droits d'autrui, de ses devoirs envers les autres et du bien commun de tous. A l'égard de tous il faut agir avec justice et humanité.
En outre, comme la société civile a le droit de se protéger contre les abus qui pourraient naître sous prétexte de liberté religieuse, c'est surtout au pouvoir civil qu'il revient d'assurer cette protection; ce qui ne doit pas se faire arbitrairement et à l'injuste faveur d'un parti mais selon des normes juridiques, conformes à l'ordre moral objectif, requises par l'efficace sauvegarde des droits de tous les citoyens et de leur pacifique accord, et par un souci adéquat de cette authentique paix publique qui consiste dans une vie vécue en commun sur la base d'une vraie justice, ainsi que par le maintien, qui se doit, de la moralité publique. Tout cela fait fondamentalement partie du bien commun et entre dans la définition de l'ordre public. Au demeurant, il faut s'en tenir à la coutume de sauvegarder intégralement la liberté dans la société, usage demandant que le maximum de liberté soit reconnu à l'homme, et que celle-ci ne soit restreinte que lorsque c'est nécessaire et dans la mesure qui s'impose."
L'autorité civile a le devoir d'interdire, par des moyens justes et adéquats, tout ce qui est obscène, blasphématoire, attentatoire aux bonnes moeurs, etc., ce que rappelle aussi la Constitution pastorale Gaudium et spes au numéro 52, lorsqu'elle parle de la promorion du mariage et de la famille:
Que le pouvoir civil considère comme un devoir sacré de reconnaître leur véritable nature, de les protéger et de les faire progresser, de défendre la moralité publique et de favoriser la prospérité des foyers.
Il ne s'agit pas d'une simple obligation qu'aurait le pouvoir civil, mais d'un devoir sacré. Et il ne s'agit pas de "surveiller" la moralité publique, mais de la défendre.

Amicalement.
Virgile.
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Pneumatis
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Re: Un pouvoir gouvernemental est-il nécessaire ?

Message non lu par Pneumatis »

Je vous rejoins sur la définition de la moralité publique et de son rapport à l'autorité. Cependant ce n'est pas exactement ce dont je parlais (en tout cas je crois) en parlant de "sacré". Disons que la moralité publique englobe la notion de sacré tel que je l'entends, et est beaucoup plus large. Pour exemple, la moralité publique peut découler de la simple morale naturelle. Là il n'y a rien de sacré au sens où la morale naturelle est accessible à la raison et totalement immanente, il me semble. Ce que j'entends par sacré, ce sont les principes d'une morale qu'on devrait considérer comme arbitraire si on n'adhérait pas tacitement au fait qu'ils sont institués par ce que représente l'autorité (le divin, ou du moins toute chose qui transcende la communauté des membres). Par exemple : les interdits alimentaires dans le Judaïsme ou dans l'Islam. Quoiqu'on en dise, leur fonction ne sera jamais d'éviter je ne sais trop quelle maladie, ... Ou du moins cette réalité, si elle était telle, ne serait pas accessible aux membres pour qui c'est un principe sacré. Dans le cas contraire, ce ne serait plus qu'une simple prescription de santé publique.

Le sacré découle de la chute, c'est-à-dire de la nécessité pour l'homme de s'en remettre à un ordre qui le transcende pour embrasser la totalité de la réalité. Sa raison lui permet de percevoir sa relation à l'ordre en question, sa place dans la société pour le dire autrement, mais elle ne lui permet pas de "dépasser" cet ordre social, pour par exemple le remettre en cause ou simplement l'objectiver totalement.

Comme je l'ai laissé entendre dans un de mes premiers messages de ce fil de discussion, c'est là qu'il vraiment important de s'interroger sur le rapport du christianisme avec ce modèle social que j'essaie de penser. Parce que le christianisme lève la notion de sacré : il n'y a plus ni sacré ni profane dans la mesure où dans le Christ tout est accompli. Ceci est formalisé par exemple dans le songe de Saint Pierre qui lève les interdits alimentaires. Ceci n'est pas une simple digression théologique : ça oblige à faire le constat que l'existence du sacré, dans le modèle de société que je propose est consubstantiel du modèle social, SAUF si ce modèle social est authentiquement chrétien et que le corps social est une figure consacrée du corps même du Christ. Là, dans ce cas exceptionnel et précis, le cas de l'Eglise finalement, il n'existe que des choses saintes et tout le respect qui leur est dû, mais il n'existe plus, à proprement parler, de sacré (d'interdits ou d'obligations).

En bref, tout modèle de société qui ne serait pas l'Eglise elle-même est un modèle social qui suppose le sacré. Cela vaut aussi pour un modèle social d'inspiration chrétienne, fut-il le plus parfait, mais institué par l'homme (contrairement à l'Eglise instituée par le Christ lui-même). Dans ce cas, le corps social n'est pas l'Eglise, mais s'y réfère irrémédiablement, ce qui fait que la limite entre sacré et profane est de fait définie par la doctrine de l'Eglise. Mais ce modèle peut aussi s'appliquer à des sociétés non chrétiennes, pour lesquelles il faudra simplement que l'autorité soit ou dispose d'une référence équivalente à l'Eglise : un clergé, un collège de sages, un oracle, un grand maitre ou un des grands initiés, bref... n'importe quelle figure qui se définie comme étant l'articulation légitime entre le sacré et le profane, représentation d'une forme de transcendance, d'un ordre dont les causes extrêmes ne peuvent être immanente à la communauté des membres. Les frontières entre sacré et profane sont dans ce petit différentiel qu'il y a entre le groupe "société" et le groupe "communauté", ce que sert et figure l'autorité légitime, et auxquels on obéira religieusement sous peine d'expiation.

La profanation du sacré a alors la même valeur morale que n'importe quelle transgression d'un principe de morale naturelle, sauf que s'y ajoute deux considérations :

- la profanation est de facto considérée comme une atteinte majeure à l'ordre public et requiert nécessairement une peine d'expiation (il n'y a pas nécessairement coercition comme je le décrivais plus haut, si cette peine est librement consentie). Ce qui n'est pas nécessairement le cas d'une atteinte à la morale naturelle, qui peut simplement requérir un nouvel enseignement, une rééducation.

- la "loi" morale transgressée ne découle pas d'une logique qui nécessiterait le dialogue pour l'approfondir : elle est aussi tranchée et nette que n'importe quel diktat arbitraire. Pour le membre de la société on explique juste que : c'est comme ça et pas autrement. Ex : il est interdit de manger du porc parce que c'est Dieu (ou les sages, ou l'oracle, ou machin) qui l'a dit. Donc de toute façon toute forme d'explication quant au pourquoi serait complètement décalée avec le sens du commandement sacré.

Voilà pour ce que j'entends par "sacré". A mon sens il n'existe aucune société autre que l'Eglise du Christ qui puisse exister sans sacré. Toute tentative ne serait que refoulement de cette réalité aussi nécessaire qu'elle est mathématique : les membres d'une société ne peuvent objectiver l'ensemble auquel ils appartiennent, le tout est supérieur à la somme de ces parties. La frontière entre sacré et profane est ce différentiel entre le tout (la société) et la somme de ses partie (la communauté des membres).
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Re: Un pouvoir gouvernemental est-il nécessaire ?

Message non lu par Emanuel »

Le sacré découle de la chute, c'est-à-dire de la nécessité pour l'homme de s'en remettre à un ordre qui le transcende pour embrasser la totalité de la réalité.

Je ne crois pas que cela soit vrai.

Le sacré ne découle pas de la chute mais de la Révélation Première. C.à.d du passage du Principe au Commencement. Ou si vous voulez dans un ordre plus matériel du Bigbang pris comme point de départ de la création. Et même je pense que l'on peut dire que le sacré est inhérent au Principe dès lors qu'on pose le "Je crois" devant le "Je Suis"

Il est, pour moi, évident que le monde est sacré en raison de La Présence et que c'est notre regard qui le (voit, rend...) profane en raison de ce que vous appelez la chute que je pense être la confrontation au multiple opposé à l'Un.
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Pneumatis
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Re: Un pouvoir gouvernemental est-il nécessaire ?

Message non lu par Pneumatis »

Bonjour,

Bon, loin de moi l'idée de déjà proposer une synthèse de la nouvelle encyclique Caritas in Veritate de Benoit XVI que je n'ai encore que survolée. J'en ai aussi profité pour reprendre un peu Populorum Progressio...

Bref, c'est juste pour dire qu'à suivre ces encycliques la notion de pouvoir gouvernemental proposée par ce topic semble bel et bien nécessaire. Et il semble d'ailleurs se profiler d'une manière assez précise. A la question première que je posais, de savoir si un gouvernement pouvait être non coercitif :
- nous avions déjà répondu non pour les cas tutellaires, à savoir les situations où un homme ne peut-être considéré apte à exercer sa pleine liberté d'être humain et doit donc être considéré comme un "citoyen sous tutelle", comme c'est déjà le cas pour les enfants, mais cela pourrait l'être dans d'autres cas qu'il faudrait préciser.
- nous avions laissé en suspend la portée des conflits internes pouvant être résolu par le dialogue, l'enseignement et la bonne volonté comme alternative à la coercition.

J'ai relevé différentes choses concernant ce débat, déjà dans Populorum Progressio :
Populorum Progressio a écrit :33. La seule initiative individuelle et le simple jeu de la concurrence ne sauraient assurer le succès du développement. Il ne faut pas risquer d'accroître encore la richesse des riches et la puissance des forts, en confirmant la misère des pauvres et en ajoutant à la servitude des opprimés. Des programmes sont donc nécessaires pour "encourager, stimuler, coordonner, suppléer et intégrer" (35), l'action des individus et des corps intermédiaires. Il appartient aux pouvoirs publics de choisir, voire d'imposer les objectifs à poursuivre les buts à atteindre, les moyens d'y parvenir, et c'est à eux de stimuler toutes les forces regroupées dans cette action commune. Mais qu'ils aient soin d'associer à cette œuvre les initiatives privées et les corps intermédiaires. Ils éviteront ainsi le péril d'une collectivisation intégrale ou d'une planification arbitraire qui, négatrices de liberté, excluraient l'exercice des droits fondamentaux de la personne humaine.
J'ajoute, concernant un des concepts au coeur du débat sur la liberté, du droit et de la non-coercition, j'ai nommé la propriété privée, que l'encyclique dit ceci (je pense que ce passage sera intéressant notamment pour Christian) :
23. [...]"Ce n'est pas de ton bien, affirme ainsi saint Ambroise, que tu fais largesse au pauvre, tu lui rends ce qui lui appartient. Car ce qui est donné en commun pour l'usage de tous, voilà ce que tu t'arroges. La terre est donnée à tout le monde, et pas seulement aux riches (22)." C'est dire que la propriété privée ne constitue pour personne un droit inconditionnel et absolu. Nul n'est fondé à réserver à son usage exclusif ce qui passe son besoin, quand les autres manquent du nécessaire. En un mot, "le droit de propriété ne doit jamais s'exercer au détriment de l'utilité commune, selon la doctrine traditionnelle chez les Pères de l'Église et les grands théologiens". S'il arrive qu'un confit surgisse "entre droits privés acquis et exigences communautaires primordiales", il appartient aux pouvoirs publics "de s'attacher à le résoudre, avec l'active participation des personnes et des groupes sociaux (23)."

L'usage des revenus

24. Le bien commun exige donc parfois l'expropriation si, du fait de leur étendue, de leur exploitation faible ou nulle, de la misère qui en résulte pour les populations, du dommage considérable porté aux intérêts du pays, certains domaines font obstacle à la prospérité collective. En l'affirmant avec netteté (24), le Concile a rappelé aussi non moins clairement que le revenu disponible n'est pas abandonné au libre caprice des hommes et que les spéculations égoïstes doivent être bannies.
Je trouve ensuite intéressant comment Caritas in Veritate apporte des propositions concrètes, respectant à la fois la liberté et l'obligation morale de solidarité, par exemple avec le système de subsidiarité fiscale. Contribuer "de force" oui, mais en demeurant libre de choisir l'objet de cette contribution. J'avoue par contre avoir du mal à concevoir la mise en oeuvre d'un tel système, tant on peut facilement séparer les causes nobles vers lesquelles tout le monde voudrait se tourner, et les causes ingrates mais nécessaires que tout le monde délaisserai. Sauf à penser finalement que cette répartition spontanée ne serait pas si absurde que cela et que les causes ingrates ne soient finalement pas si nécessaires que ça.

En réalité, à bien y réfléchir, même basé sur une forme de contrainte (contrainte à la charité) ce serait là un système hautement démocratique (au sens positif du terme) que de laisser les hommes affecter eux-même leurs subsides aux fonctions du bien commun qui leur paraissent le plus prioritaire. Sauf à considérer que certains y trouveraient leurs intérêts particulier et qu'un fonctionnaire de telle administration aurait tout intérêt à voir augmenter le budget de son administration. C'est d'ailleurs la mise en garde que fait l'encyclique.

Du coup c'est quand même un peu ce qu'on a en France, en partie : il reste par exemple tout a fait possible de ne payer aucun impôt à l'état en faisant suffisamment de dons à des oeuvres de charité. Bon bref, je dérive du sujet.

Ce qui résume assez bien la problématique première sur la coercition, et qui m'invite à l'approfondir, c'est la réflexion que propose le Saint Père, dans cette encyclique, sur la relation des droits et des devoirs, notamment quand l'absence de devoirs rend la revendication de droits totalement arbitraires. La question du droit, et sa revendication ne peut être qu'inscrite dans une démarche de vérité. Un droit c'est quelque chose qui est inspiré par la vérité, donc tourné vers le bien et non pas la jouissance personnelle. Là, sinon, il devient arbitraire et n'a plus rien d'un droit. Un droit est un bénéfice que je peux revendiquer que si ce bénéfice pour moi-même est nécessaire au bien commun. Si ce bénéfice pour moi-même n'est d'aucun bien, alors il ne peut pas constituer un droit.

Du coup ça pose la question de la contrainte dans l'autre sens. La question de la contrainte n'est posée que consécutivement à la perte du devoir. Tout est là, mais ce n'est pas nouveau, puisque c'est déjà là que se posait le problème : que fait-on pour rétablir chez un individu, un groupe ou la société, le sens du devoir ?
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