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Re: Dieu de la Miséricorde

Publié : ven. 23 août 2013, 18:54
par Teano
Bonsoir Etienne et gerardh,

Si j'ignore le lien entre les textes du jour, je propose quelques pistes de réflexion...

Le livre de Ruth nous raconte l'origine de la lignée davidique : Ruth est la grand-mère du roi et c'est une païenne convertie. Voilà ces 2 femmes démunies, veuves, qui s'attendent à Dieu car Il est vraiment leur seul secours. Par les voies mystérieuses de la Providence, c'est David puis le Christ qui naîtront de Ruth la Moabite. Quel riche dén[o]uement !

Il me semble qu'on retrouve 2 thématiques commune aux 3 textes : l'accueil de l'étranger, l'hospitalité et la confiance en la Providence.

Accueil de Dieu et accueil du prochain surtout s'il est pauvre et seul, comme un étranger, un orphelin ou une veuve semblent inextricablement liés.

Cela me rappelle ce qu'un monsieur, catholique (il me l'avait dit), que je ne connaissais pas, m'avait lancé en pleine figure : "vous savez, Dieu se tient comme un mendiant à votre porte". J'avais pris la fuite, à l'époque.

In Christo

Teano

Re: Dieu de la Miséricorde

Publié : sam. 24 août 2013, 12:58
par gerardh
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Bonjour Teano,

Merci pour votre tentative de synthèse : elle est intéressante. Est-ce ainsi qu'elle a été commentée dans les églises ?



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Re: Dieu de la Miséricorde

Publié : lun. 26 août 2013, 16:47
par Teano
Bonjour gerardh,

Voici un commentaire de Saint Ambroise :

Pourquoi Ruth qui était étrangère a-t-elle épousé un israélite, et comment l'Évangéliste croit-il devoir parler d'un mariage, que défendait tout l'ensemble de la loi ? Il vous paraîtra sans doute déshonorant pour la mémoire du Sauveur de compter parmi ses ancêtres une femme illégitime, si vous ne vous rappelez cette maxime de l'apôtre saint Paul : " Que la loi n'est pas établie pour les justes, mais pour les méchants. " Comment en effet, cette femme étrangère et moabite aurait-elle fait partie du peuple de Dieu, alors que la loi défendait ces unions avec les filles de Moab et leur admission dans l'assemblée des enfants d'Israël (cf. Ex 23, 52 ; 34, 15.16 ; Nb 25, 1 ; Dt 7, 7 ; 23, 1.3), si elle n'avait été élevée au-dessus de la loi par la sainteté et la pureté de ses moeurs. Elle se plaça au-dessus des prescriptions de la loi, et mérita d'être comptée parmi les ancêtres du Seigneur, honneur qu'elle dut non pas aux liens du sang, mais à la parenté spirituelle qui l'unissait au Christ. Or elle est pour nous un grand exemple, car elle est la figure de nous tous qui avons été choisis parmi les Gentils pour entrer dans l'Église du Seigneur.

http://www.apologetique.net/EvangilePer ... ePere.aspx

In Christo

Teano

Re: Dieu de la Miséricorde

Publié : lun. 26 août 2013, 17:45
par gerardh
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Bonjour Teano,

Merci d'avoir cité ce commentaire très intéressant.

Affectueusement.


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Les âmes insensées et les prévoyantes

Publié : ven. 30 août 2013, 10:07
par etienne lorant
Le vendredi de la 21e semaine du temps ordinaire

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 4,1-8.

Pour le reste, vous avez appris de nous comment il faut vous conduire pour plaire à Dieu ; et c'est ainsi que vous vous conduisez déjà. Faites donc de nouveaux progrès, nous vous en prions, frères, nous vous le demandons dans le Seigneur Jésus.
D'ailleurs, vous savez bien quelles instructions nous vous avons données de la part du Seigneur Jésus.
La volonté de Dieu, c'est que vous viviez dans la sainteté, en vous gardant de la débauche,
et en veillant à vous comporter chacun avec votre femme dans un esprit de sainteté et de respect,
sans vous laisser entraîner par le désir comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu.
Dans ce domaine, il ne faut pas agir au détriment de ses frères ni leur causer du tort, car le Seigneur punit tout cela, comme nous vous l'avons déjà dit et affirmé.
En effet, si Dieu nous a appelés, ce n'est pas pour que nous restions dans l'impureté, mais pour que nous vivions dans la sainteté.
Ainsi donc celui qui rejette mes instructions, ce n'est pas un homme qu'il rejette, c'est Dieu lui-même, lui qui vous donne son Esprit Saint.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25,1-13.
Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole : « Le royaume des cieux sera comparable à des jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe et s'en allèrent à la rencontre de l'époux.
Cinq d'entre elles étaient insensées, et cinq étaient prévoyantes :
les insensées avaient pris leur lampe sans emporter d'huile,
tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leur lampe, de l'huile en réserve.
Comme l'époux tardait, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent.
Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : 'Voici l'époux ! Sortez à sa rencontre. '
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et préparèrent leur lampe.
Les insensées demandèrent aux prévoyantes : 'Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent. '
Les prévoyantes leur répondirent : 'Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous ; allez plutôt vous en procurer chez les marchands. '
Pendant qu'elles allaient en acheter, l'époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces et l'on ferma la porte.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivent à leur tour et disent : 'Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! '
Il leur répondit : 'Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas. '
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure.


Cy Aelf, Paris

Le lien entre l'Evangile du jour et la fin de la lettre aux Thessaloniciens est assez faible : ces derniers pratiquaient peut-être la polygamie avant leur évangélisation par les apôtres - et il est question de noces dans l'Evangile. C'est à peu près tout - si ce n'est que la sainteté du mariage est matière grave. Et que dire des noces de l'Agneau !

La seconde venue de Jésus - ou si l'on préfère: notre rencontre individuelle avec Lui à la fin de notre existence terrestre, c'est ce qui compte ici. Il y a dix jeunes filles, deux fois cinq, comme les dix doigts pour les mains, ce qui est symbole de notre compréhension, de notre emprise sur l'existence et la responsabilité que nous portons de nos actions. C'est ce qui se joue quotidiennement dans l'attente de la Rencontre. Pour les Thessaloniciens comme pour nous, il ne s'agit pas d'une veille passive mais active au contraire. Il nous faut travailler à préparer le retour du Seigneur et ses noces avec l'humanité qu'il est venu sauver.

L'assoupissement dans la veille, ce n'est pas cela qui sera reproché: il faut voir les disciples, la veille de l'arrestation de Jésus. Ce soir-là, en tout cas, ils se sont laissés gagner par le sommeil, mais se sont repris ensuite. Ce qui sera reproché, par contre, c'est le manque d'huile, l'huile que l'on obtient par pression continue, par un travail sans relâche, qui englobe tous les évènements d'une vie. Pour avoir éludé les épreuves d'une vie de foi, qui sont autant d'occasions de produire de l'huile de la sainteté, qui sont souvent des signes que le Seigneur nous donne d'avoir à changer de façon de vivre, voilà qui est grave, et qui finit par éloigner l'accomplissement des promesses que le Seigneur nous a faites: Lui a été trouvé fidèle en toutes choses, mais nous, où en sommes-nous ? La question se pose à chacun et chacune.

Re: Les âmes insensées et les prévoyantes

Publié : ven. 30 août 2013, 10:20
par gerardh
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Bonjour,

Quelques pensées sur l'Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25,1-13.

Selon la coutume orientale, un époux arrivant de nuit pour le festin de ses noces était éclairé et escorté par des jeunes filles, amies de l'épouse (nous dirions aujourd'hui des demoiselles d'honneur; comp. Ps. 45 v. 9 et 14). Le Seigneur emploie cette illustration touchante pour nous montrer de quelle manière il devait être attendu, lui, le céleste Époux. Chose juste, les chrétiens dans leur ensemble se sont lassés de cette attente ! Le sommeil spirituel s'est emparé d'eux tous et a duré bien des siècles. Il a fallu qu'à un moment récent de l'histoire de l'Église, appelé très justement le Réveil, retentisse ce «cri de minuit»: «Voici l'époux!…». Le Seigneur revient! Comme conséquence une différence est apparue: Les jeunes filles prudentes ont de l'huile dans leur lampe; ainsi les croyants véritables sont prêts pour la venue du Maître et leur lumière, celle du Saint Esprit, peut briller dans la nuit du monde. D'autres personnes comme ces vierges folles, auront professé attendre le Seigneur sans posséder sa vie. C'est indûment qu'elles portaient le beau titre de chrétien. Terrible illusion et non moins terrible réveil!

Ce récit nous présente une grande vérité : c’est que, si la profession chrétienne appartient à tous, car les vierges folles ont les mêmes lampes que les prudentes, la profession ne suffit nullement pour mettre en lumière la personne de l’Époux. Sa venue démontrera que la profession seule ne vaut pas mieux que les ténèbres les plus profondes. Ce qui donne sa valeur à la profession, c’est la vie qui l’accompagne. L’huile est ordinairement dans la Parole l’emblème du Saint-Esprit, et l’Esprit et la vie sont inséparables l’un de l’autre. La profession et la vie forment ensemble le témoignage. Nous avons à rendre témoignage à l’Époux au-devant duquel nous sommes sortis. Les vierges qui ne le font pas sont «folles». Funeste pensée, folie insigne, en effet, que de s’imaginer pouvoir escorter l’Époux, au jour des noces, avec des apparences et sans la réalité du témoignage ! La seule chose qui donne à l’escorte le droit d’entrer aux noces, c’est la lampe avec son huile.

Ah! Que chacun s'interroge pendant qu'il est temps encore: Y a-t-il de l'huile dans ma lampe? Suis-je prêt pour Son retour (Rom. 8 fin du v. 9)?


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Dimanche : qui s'abaisse sera élevé

Publié : sam. 31 août 2013, 18:04
par etienne lorant
Vingt-deuxième dimanche du temps ordinaire

Livre de l'Ecclésiastique 3,17-18.20.28-29.

Mon fils, accomplis toute chose dans l'humilité, et tu seras aimé plus qu'un bienfaiteur.
Plus tu es grand, plus il faut t'abaisser : tu trouveras grâce devant le Seigneur.
Sa puissance est grande, et les humbles lui rendent gloire.
La condition de l'orgueilleux est sans remède, car la racine du mal est en lui.
L'homme sensé médite les maximes de la sagesse ; l'idéal du sage, c'est une oreille qui écoute
.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 14,1a.7-14.
Un jour de sabbat, Jésus était entré chez un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et on l'observait.
Remarquant que les invités choisissaient les premières places, il leur dit cette parabole :
« Quand tu es invité à des noces, ne va pas te mettre à la première place, car on peut avoir invité quelqu'un de plus important que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendrait te dire : 'Cède-lui ta place',
et tu irais, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t'a invité, il te dira : 'Mon ami, avance plus haut', et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui sont à table avec toi.
Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. »
Jésus disait aussi à celui qui l'avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi t'inviteraient en retour, et la politesse te serait rendue. Au contraire, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; et tu seras heureux, parce qu'ils n'ont rien à te rendre : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »


Cy Aelf, Paris

Merveilleuse idée que le Seigneur propose: organiser un banquet pour tous ceux qui ne sauront pas nous le rendre: nous en serons heureux car cela nous sera rendu à la résurrection des justes. Et cette fois, en remontant les principales lectures de ce dimanche, comme elle est judicieuse l'idée de cet homme qui a lui-même été invité par un autre qui l'apprécie, mais qui se place d'abord dans le fond de la salle. Lorsque le maître de cérémonie l'apperçoit, il lui dit aussitôt: "Viens, monte plus haut, que je puisse m'entretenir avec toi !"

Parfois, ce que Jésus demande paraît difficile à comprendre, mais les mots de ce dimanche sont d'une grande simplicité. Ils contiennent des évidences qui sont aussi la règle dans le Royaume des Cieux: tout ce qui s'élève sera abaissé, tout ce qui s'abaisse sera élevé !

Et ce dernier énoncé avait déjà inspiré l'auteur du livre de l'Ecclésiastique: "Plus tu es grand, plus il faudra t'abaisser."

Au cours de cette semaine qui s'achève, j'ai appris beaucoup de choses. Dont celle-ci: le Seigneur a vraiment dirigé mes pas en vue d'un travail (l'isolation du toit de la maison) qu'il me faut accomplir, car je suis persuadé que c'est ce que désire mon défunt père. Du reste, c'est assez évident, ou logique si l'on préfère: sentant sa fin venir, il avait commencé par installer une chaudière à condensation dans la cave, des radiateurs à vannes thermostatiques, un isolant sur la principale plateforme... mais il n'avait pu achever. Depuis, j'avais déjà dû intervenir pour une corniche et l'assureur m'avait dit que l'idéal est encore d'isoler le toit. Cependant, je garde désormais seul cette maison, seul depuis cinq ans, sans que quiconque me rende visite et cela m'avait retiré l'envie de poursuivre: à quoi bon ?

D'où un sentiment d'étrangeté dans mes démarches de cette semaine. Diverses choses se sont passées: je me suis raidi, puis je me suis soumis. Les travaux commenceront ce lundi qui vient. Ils vont coûter... plus cher que tous les travaux déjà effectués jusqu'ici. Mais ce n'est pas tout, car ils seront compensés par des économie. Cette affaire a, en effet, été précédée d'une autre.
En juillet, j'ai renoncé à ma voiture pour la marche. Une vilaine éraflure causée par un chauffeur de camion, qui n'a pas laissé sa carte... et j'avais porté l'auto à la casse et j'ai retrouvé ma marche d'autrefois, économique et bonne pour ma respiration.

En fin de compte, mon existence est en train de changer très rapidement sans que j'ai l'impression d'y avoir été "contraint"... mais aussi, de plus en plus, avec la pensée que je dois me laisser faire, me laisser guider. Ces mystères m'ont finalement entraîné à conclure à que le Seigneur prend peu à peu toutes mes affaires en main. Et c'est bon, parce qu'avec les difficultés de ce temps, je n'y voyais plus très clair.

Ce commentaire de l'Evangile est tout particulier et je ne crois pas que je reproduirai de telles confidences. Cependant, je le déclare: Oui, le Seigneur est tout proche ! Oui, il prend soin de nous. Oui, nous devons suivre sa parole.

Jésus à Nazareth

Publié : lun. 02 sept. 2013, 10:45
par etienne lorant
Le lundi de la 22e semaine du temps ordinaire

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 4,13-17.

Frères, nous ne voulons pas vous laisser dans l'ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ; il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n'ont pas d'espérance. Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons, ceux qui se sont endormis, Dieu, à cause de Jésus, les emmènera avec son Fils.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 4,16-30.
Jésus vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l'habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.
On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération,
annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »
Tous lui rendaient témoignage ; et ils s'étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : « N'est-ce pas là le fils de Joseph ? »
Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : 'Médecin, guéris-toi toi-même. Nous avons appris tout ce qui s'est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton pays ! ' »
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.
En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »
A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.



Cy Aelf, Paris

D'où l'expression "Nul n'est prophète en son pays"... Saint Paul a conquis à Jésus le coeur des Thessaloniciens en partant vivre, travailler et enseigner au milieu d'eux. Mais lorsque Jésus lui-même revient à Nazareth, où il a vécu les trente premières années de sa vie, il est attendu de pied ferme, comme un homme du pays qui est parti jouer au prophète. Il a bien intérêt à montrer ce qu'il vaut, sinon gare !...

Mais, en allant plus loin même que de prophétiser ou de faire un miracle, il déclare tout simplement que : "Celui désigné par la prophétie, c'est moi qui me tiens devant vous".   Et lorsqu'on se récrie, il en rajoute : il leur rappelle que les prophètes toujours été mal considérés dans leur propre patrie, en sont sorti pour porter secours à des étrangers !   Alors, la fureur s'empare de l'auditoire et lui donne un goût de meurtre. Cependant, durant un instant, avant de basculer, ils ont reconnu que des mots de grâce étaient sortis de sa bouche, ils ont reconnu que "l'indicible" avait un instant été à la portée de ceux et celles qui croiraient !

Le dernier verset m'a toujours posé question: comment Jésus a-t-il fait pour "passer au milieu d'eux", tandis qu'ils le conduisaient vers un escarpement pour le jeter en bas et le faire mourir.Tous les commentateurs que j'ai pu lire évitent d'en donner une explication; moi pas: je crois que Jésus les aura tous aveuglés un instant. S'ils étaient aveugles pour ce qui est de l'esprit, ils ne l'auront pas vu non plus "passant au milieu d'eux"...

Re: Jésus à Nazareth

Publié : lun. 02 sept. 2013, 11:09
par gerardh
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Bonjour,

Voici quelques commentaires :

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 4,9-18.


Il n'est pas nécessaire d'accomplir des œuvres extraordinaires «pour servir le Dieu vivant et vrai» (ch. 1 v. 9). Il est avant tout demandé au chrétien de vivre paisiblement, de s’appliquer fidèlement à sa tache quotidienne (v. 11). Bientôt ce sera la fin de son activité terrestre! À la voix du Seigneur, chacun posera son instrument de travail pour aller à sa rencontre et être toujours avec Lui. L'enlèvement des croyants est le premier acte de la venue du Seigneur Jésus (le second étant son retour en gloire avec eux: ch. 3 v. 13). Il vient les chercher Lui-même, ne laissant à nul autre ce soin et cette joie. Joie qui doit être le partage de chaque racheté et sa consolation présente lorsqu'un des siens vient à «s'endormir». La mort étant vaincue (pas encore détruite), les morts en Christ sont simplement «endormis» (v. 13, 14, 15; comp. Jean 11 v. 11 à 13). Ils s'éveilleront, comme Lazare, mais pour toujours, au cri de commandement du Prince de la vie. Puis dans un ordre parfait et comme Lui-même a quitté la terre, nous serons enlevés tous ensemble à sa rencontre en l'air (Phil. 3 v. 20). Notre génération vivra-t-elle ce merveilleux événement attendu par tant de générations? Tout permet de le penser. Et ce sera peut-être tout à l’heure. Chacun de nous est-il prêt?



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 4,16-30.

Nous voyons débuter le ministère du Seigneur à Nazareth où Il a été élevé. Notre témoignage commence à la maison, dans notre entourage. Nous aurions peut-être plus de courage pour aller évangéliser les païens que pour prendre ainsi position devant ceux qui nous connaissent.
Dans la synagogue, le divin Docteur lit le passage d'Ésaïe qui le recommande comme le Messager de la grâce. Il proclame aux captifs l'ouverture de la prison (voir És. 61 v. 1 et 42 v. 7). Si l'on venait annoncer à des prisonniers l'amnistie et la mise en liberté, imaginerions-nous que certains puissent préférer la captivité; que quelques-uns osent compter plutôt sur leur innocence pour être libérés par voie légale; que plusieurs disent au contraire: ce n'est pas pour moi, je suis trop coupable; que d'autres enfin refusent de croire au message de grâce? Attitudes insensées, bien improbables… et courantes pourtant parmi ceux qui rejettent le salut. Mais bien des captifs de Satan saisissent avec joie la délivrance offerte. Auxquels de ces prisonniers ressemblez-vous? Hélas! La triste fin de cet épisode nous montre comment les habitants de Nazareth, image de tout le peuple, ont accueilli ces «bonnes nouvelles».


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Le travail à la vigne du Seigneur

Publié : lun. 02 sept. 2013, 18:51
par etienne lorant
Le mardi de la 22e semaine du temps ordinaire

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 5,1-6.9-11.

Mais vous, frères, comme vous n'êtes pas dans les ténèbres, ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur. En effet, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour ; nous n'appartenons pas à la nuit et aux ténèbres.
Alors, ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants et restons sobres. Car Dieu ne nous a pas destinés à sa colère ; il nous a destinés à entrer en possession du salut par notre Seigneur Jésus Christ, mort pour nous afin de nous faire vivre avec lui, que nous soyons encore éveillés ou déjà endormis dans la mort. Ainsi, réconfortez-vous les uns les autres et travaillez à vous construire mutuellement comme vous le faites déjà.


Psaume 27(26),1.4.13-14.
Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

J'ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie,
pour admirer le Seigneur dans sa beauté
et m'attacher à son temple.

Je le crois, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 4,31-37.
Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat.
On était frappé par son enseignement parce que sa parole était pleine d'autorité.
Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par un esprit démoniaque,
qui se mit à crier d'une voix forte : « Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu ! »  Jésus l'interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme ! » Alors le démon le jeta par terre devant tout le monde et sortit de lui sans lui faire aucun mal. Tous furent effrayés, et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Car il commande avec autorité et puissance aux esprits mauvais, et ils sortent ! » Et la réputation de Jésus se propagea dans toute la région
.

Cy Aelf, Paris

J'écris ce partage une nouvelle fois par avance, car demain matin, je suis tenu de recevoir des ouvriers. Ils vont travailler à restaurer le toit de la maison familiale, qui a bien besoin d'être remis en état et protégé ! Or, ils arriveront à l'heure de la messe.
*
Les textes sont réjouissants et me remplissent de courage. Si le mot de courage peut être lié à celui de "coeur", alors je dis que l'amour est lié à "l'âme." Même si l’étymologie ou la linguistique me contredisent, cela m'importe peu, c'est ma liberté de deviner Dieu à travers des mots.

Les Thessaloniciens, par le labeur qu'ils exercent sur eux-mêmes et en faveur d'autrui se rendent libres de la nuit et des ténèbres. Ils ne sont plus destinés à la colère divine, mais au salut. S'ils tombent, c'est pour être relevés, chacun à leur tour. Le psalmiste élève un chant qui parle de la maison du Seigneur, où il est bon de vivre chaque jour, afin de l'adorer.

Quant à l’Évangile, il montre Jésus au début de sa mission. Il est à Capharnaüm, au carrefour des routes des caravanes et il est tout entier à l'oeuvre pour laquelle le Père l'a envoyé. C'est un jour de Sabbat, il est dans la synagogue et ils surprend toute l'assemblée en chassant du seul mot de "Silence !" le démon qui retenait prisonnier un homme.  Jésus, à l'oeuvre à Capharnaüm, est aujourd'hui encore à l'oeuvre dans toutes les maisons et dans toutes les âmes qui s'ouvrent à Lui. Que votre journée soit toute lumineuse et belle !

La rencontre avec Nicodème

Publié : lun. 02 sept. 2013, 19:07
par etienne lorant
Les méditations de Monique Hébrard se laissent lire, car on peut s'y reconnaître, tout en rencontrant Jésus, toujours lumière et toujours mystère.

Ici: la rencontre avec Nicodème.
Nicodème dans la nuit



Pourquoi Nicodème vient-il de nuit ?

Sans doute n'a-t-il pas envie d'être reconnu par ses confrères qui affichent de plus en plus leur hostilité envers Jésus. Mais est-ce la raison essentielle ? S'il vient de nuit, n'est-ce pas parce qu'il n'est pas prêt à s'exposer à la Lumière, à laisser la Lumière inonder et transformer son être ? La nuit le protège de lui-même et de l'Autre.

Contrairement à la Samaritaine, Nicodème « sait » beaucoup de choses sur Jésus. Il sait décrypter les signes et il connaît les Ecritures. Il sait que Jésus est un envoyé de Dieu. Comme tous ceux qui « savent », il se réfugie dans son savoir. Quand on « sait », on peut se donner le luxe de se protéger de la Lumière de Dieu dans la pénombre de son propre raisonnement.

Mais Jésus n'a que faire de ceux qui « savent »... il est en quête de gens qui aiment. Il ne suffit pas de décrypter les signes, il faut entrer dans le signe, vivre le signe et aimer l'auteur des signes.

Cependant, Nicodème n'est pas complètement fermé ; il « sait », mais il y a tout de même une faille, une soif qui l'interroge et l'attire vers Jésus.

Jésus ne l'aide pas beaucoup en lui assénant cette étrange affirmation : « A moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu ! » Autrement dit : mon cher Nicodème, tu as perçu des signes, c'est bien ; mais pour sortir de ta nuit, pour voir la Lumière, tu dois renaître de nouveau, te laisser réenfanter.

Alors, comme au début, avec la Samaritaine, s'engage un dialogue de sourds, entre deux logiques qui ne se rencontrent pas. Nicodème reste dans le registre intellectuel : comment un homme peut-il naître à nouveau quand il est vieux ? Entrer à nouveau dans le sein de sa mère, quelle sornette !
Jésus lui, parle d'une autre naissance, d'une compréhension que seul peut donner l'Esprit. Si tu ne nais pas de l'esprit, tu demeureras chair. Tu ne verras qu'à hauteur d'homme, tu ne comprendras pas ce que tu verras de tes yeux et ressentiras de tes sentiments. Tu continueras de dire des tas de choses justes, mais tu ne verras pas le Royaume de Dieu. Si tu veux rester dans TON savoir, sous la protection de TA compréhension, sous la loi de TON ego, tu ne produiras que de la chair. Et tu souffriras, car tu es appelé à être esprit.

Seigneur, comme il est fort l'emprisonnement de nos nuits. Nous l'expérimentons tous un jour ou l'autre. J'entends Jésus me dire : « Si tu acceptes de naître de l'Esprit, de naître d'En-Haut, tu participeras déjà à la vie éternelle, tu verras autrement, tu comprendras autrement. Mais pour entrevoir cette Réalité, tu dois t'abandonner dans la main du Père comme un petit enfant, tu dois lâcher les rênes de ta vie pour laisser le souffle venir et aller où tu ne sais pas ! Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. »

Mais Seigneur, qu'il est fort l'emprisonnement de nos nuits ! Nous l'expérimentons tous un jour ou l'autre. J'entends Jésus me dire : « Si tu acceptes de naître de l'Esprit, de naître d'En-Haut, tu participeras déjà à la vie éternelle, tu verras autrement, tu comprendras autrement. Mais pour entrevoir cette réalité, tu dois t'abandonner dans la main du Père comme un petit enfant et lâcher les rènes de ta vie pour laisser le souffle venir et aller là où tu ne sais pas. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'esprit.
C'est bien cela qui me fait peur ! Comment naître à la démaîtrise après toute une vie de maîtrise !

Nicodème continue de raisonner. Il n'a pas compris que « rentrer à nouveau dans le sein de sa mère », c'est accepter d'enfouir son ego dans le tombeau pour se laisser enfanter par l'esprit comme un petit enfant qui se laisse faire. Ou peut-être n'a-t-il pas envie de comprendre ?
Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix,
Mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va.

Jésus sent que le dialogue n'ira pas plus loin pour cette fois. Il doit être déçu car cela aurait pu être une belle rencontre, mais il n'y a pas ce climat de « circulation » de compréhension amoureuse qu'il y avait avec la Samaritaine. Cela n'a pas empêcher Jésus de s'exposer dans le mystère de son message : « Car Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné son fils unique afin que quiconque croit en Lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle.
C'est essentiel ce qu'il livre là : le Fils a été envoyé non pour juger mais pour sauver ! Le jugement tient de la place dans l'ancien et le nouveau Testament et surtout dans le subconscient des chrétiens. Dieu juge ... que va-t-il nous tomber dessus ! Que de représentations de terreur du jugement sur les tympans des cathédrales ! « Et l'oeil était dans la tombe et regardait Caïn » Projections de nos inconscients. N'est-ce pas nous-mêmes qui nous jugeons et qui nous condamnons ! D'où vient donc cette peur, sinon de nos culpabilités ?

Jésus donne la clé : « La lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière car leurs œuvres étaient mauvaises. » Si ma conscience est lourde, si je n'ai pas un coeur d'enfant prêt à se laisser transpercer, je préfère rester dans mon obscurité, car la lumière me mettrait terriblement en face de ce que je dois lâcher, et elle me montrerait d'abord à moi-même la part de mensonge, de duplicité qu'il y a dans ma vie. L'ombre est tellement plus confortable que la lumière, les contours restent vagues, la vérité de la personne reste voilée. Voilà pourquoi Nicodème est venu de nuit. Il avait l'intuition, peut-être inconsciente, que son coeur n'était pas pur, qu'il posait des questions sans être prêt à recevoir des réponses dans la pleine lumière. Il ne s'exposait pas totalement. Il se retranchait derrière son savoir et son raisonnement pour cacher le fond de son coeur. Jésus n'a pas été dupe. C'est une rencontre avortée. Le désir était là au départ, mais il n'a pas pu s'accomplir.

Cependant Jésus ne ferme jamais la porte définitivement. Nicodème non plus. On le retrouvera poursuivant sa quête, prenant courageusement la défense de Jésus auprès de ses pairs pharisiens et des Grands Prêtres, et aidant Joseph d'Arimathie à ensevelir Jésus. On peut imaginer que la lumière du ressuscité aura eu définitivement raison de ses ténèbres.
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Edition DDB 2013

Re: La rencontre avec Nicodème

Publié : lun. 02 sept. 2013, 21:06
par gerardh
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Bonjour : un commentaire :



Craintif, mais poussé par les besoins de son âme, Nicodème va rencontrer Celui qui est la vie et la lumière (ch. 1 v. 4, 5). Ce chef des Juifs, cet éminent docteur d'Israël, apprend auprès du Docteur venu de Dieu une vérité aussi étrange qu'humiliante pour lui: Ni ses qualités, ni ses connaissances, ni aucune de ses capacités humaines ne lui donnent droit au royaume de Dieu. Car de même qu'on entre dans le monde des hommes par la naissance naturelle, une autre naissance est nécessaire pour entrer dans ce domaine spirituel, celui de la famille de Dieu.

Nous trouvons deux «il faut» dans la réponse du Seigneur. L'un s'applique à l'homme: «Il vous faut être né de nouveau». L'autre, qui en est la contrepartie terrible, concerne notre Sauveur adorable lui-même: «Il faut que le Fils de l'homme soit élevé…». L'élévation de Jésus Christ présenté sur la croix aux regards de ma foi, me sauve de l'éternelle perdition (v. 14, 15; comp. Nomb. 21 v. 8, 9). En le contemplant, j'apprends à connaître l'amour de Dieu pour le monde (donc pour moi personnellement) et la preuve suprême qu'Il en a donnée. Le monde ne sera pas jugé sans avoir d'abord été aimé. Tout l'Évangile est contenu dans ce merveilleux v. 16, moyen de salut pour d'innombrables pécheurs, et qui ne devrait jamais cesser de confondre nos âmes.


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Jésus à Capharnaüm

Publié : mer. 04 sept. 2013, 10:26
par etienne lorant
Le mercredi de la 22e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 1,1-8.

Moi, Paul, Apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, avec Timothée notre frère, je m'adresse à vous, frères dans le Christ qui êtes à Colosses, membres fidèles du peuple saint : que Dieu notre Père vous donne la grâce et la paix.
Nous rendons grâce à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, en priant pour vous à tout instant.
Nous avons entendu parler de votre foi dans le Christ Jésus et de l'amour que vous avez pour tous les fidèles
dans l'espérance de ce qui vous attend au ciel ; vous en avez déjà reçu l'annonce par la parole de vérité,
la Bonne Nouvelle qui est parvenue jusqu'à vous. Elle qui porte du fruit et progresse dans le monde entier, elle le fait de même chez vous, depuis le jour où vous avez reçu l'annonce et la connaissance de la grâce de Dieu, dans toute sa vérité,
par l'enseignement d'Épaphras. Lui, notre compagnon bien-aimé, qui nous représente fidèlement comme ministre du Christ,
il nous a décrit l'amour que vous vivez dans l'Esprit Saint.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 4,38-44.
En quittant la synagogue, Jésus entra chez Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on implora Jésus en sa faveur. Il se pencha sur elle, interpella vivement la fièvre, et celle-ci quitta la malade. A l'instant même, elle se leva, et elle les servait. Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des infirmes atteints de diverses maladies les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d'eux, les guérissait. Des esprits mauvais sortaient de beaucoup d'entre eux en criant : « Tu es le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les interpellait vivement et leur interdisait de parler parce qu'ils savaient, eux, qu'il était le Messie.
Quand il fit jour, il sortit et se retira dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu'à lui, et elles le retenaient pour l'empêcher de les quitter. Mais il leur dit : « Il faut que j'aille aussi dans les autres villes pour leur annoncer la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé. »
Et il se rendait dans les synagogues de Judée pour y proclamer la Bonne Nouvelle.


Par ses lettres aux chrétiens de Colosses, nous a dit le prêtre, saint Paul va mettre en garde les Colossiens contre les enseignements de faux docteurs qui s'attaquaient à la Personne même de Christ.  D’un côté, ils étaient des judaïsants voulant assujettir les chrétiens à la circoncision, à l’observance des cérémonies et des préceptes légaux, ainsi qu’aux traditions humaines. Mais d’une autre part, ils avaient l’esprit rempli de spéculations sur le monde invisible, sur les anges auxquels ils attribuaient une grande puissance et même la création, en rabaissant la Personne de Christ qu’ils réduisaient au rang des créatures.

L’Évangile nous montre Jésus au début de sa mission, rempli de forces vives, à l'oeuvre tout le jour. D'abord dans la synagogue, ensuite parmi le peuple. Selon la conception de l'époque, même la fièvre de belle-mère de Pierre fait partie des esprits mauvais qui assaillent les humains. Ce qui va entraîner que le soir, Jésus va se retrouver devant les malades et les infirmes de Capharnaüm pour guérir et chasser les démons contraints de Le reconnaître. D'où le repli dans un endroit désert - où il se fait quand même retrouver. Il explique alors qu'il doit se rendre dans tous les lieux habités de la contrée pour y annoncer la Bonne Nouvelle. Ce qui me touche dans ce passage, c'est justement le fait que Jésus va volontiers au devant des gens, comme pour les rassurer, mais aussi les inviter à ouvrir leurs cœurs.

Re: Jésus à Capharnaüm

Publié : mer. 04 sept. 2013, 11:04
par gerardh
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Bonjour,

Quelques commentaires :

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 1,1-11.

Cette lettre s'adresse à une assemblée que Paul n'avait jamais visitée (ch. 2 v. 1). Colosses semble avoir reçu l'évangile par le moyen d'Épaphras, serviteur de Dieu auquel est rendu ici (v. 7, 8) et au ch. 4 v. 12, 13 un témoignage remarquable. Selon son habitude, l'apôtre relève d'abord tout le bien possible chez les croyants auxquels il écrit. Inspirons-nous de son exemple. La foi, l'espérance et l'amour étaient le fruit triple et complet porté par l'évangile à Colosses (v. 4 et 5). Mais ce qui nourrit la foi, soutient l'espérance, réchauffe l'amour, c'est la connaissance de Dieu (v. 10). Aussi l'apôtre demande-t-il dans sa prière que les Colossiens en soient remplis. Il fallait que leur marche — et la nôtre — obéisse à un double motif. Vis-à-vis de ceux qui nous entourent: nous montrer dignes de Celui à qui nous déclarons appartenir. Et surtout vis-à-vis du Seigneur, si nous l'aimons: chercher à Lui plaire à tous égards. La gloire exerce sur nous un attrait puissant (v. 11). Mais pourquoi toute la force du Seigneur est-elle requise? Non pour tel combat spectaculaire, ni même ici pour annoncer l'évangile. Simplement pour nous donner de la patience et de la constance — avec joie. Victoires que nous avons l'occasion de remporter tous les jours!



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 4,31-44.

Chassé de Nazareth, Jésus poursuit son ministère à Capernaüm. Il enseigne et guérit avec une autorité qui n'aurait pas tellement étonné les hommes (v. 32, 36) s'ils avaient voulu reconnaître en Lui le Fils de Dieu. Par contre les démons, eux, ne s'y trompent pas. Jac. 2 v. 19 nous déclare qu'ils croient et qu'ils frissonnent. Et pendant que le Seigneur était ici-bas leur activité redoublait pour faire obstacle à la Sienne. Il rencontrait ces esprits impurs jusque dans la synagogue, mais Il ne leur permettait pas de Lui rendre témoignage.
Les v. 38 et 39 nous racontent la guérison de la belle-mère de Simon. Jésus se penche affectueusement sur la malade, car ce n'est pas de loin qu'Il s'occupe de nos maux. Comment cette femme emploie-t-elle la santé qu'elle vient de recouvrer? D'une manière qui nous parle à tous: «à l'instant… elle les servit».
Étranger à ce monde, Jésus n'était pas étranger à ses peines et à ses misères. Le soir n'interrompt pas son activité inlassable, et dès le matin Il est prêt à la reprendre parce qu'Il a passé un moment à l'écart, seul avec Dieu. Mais cette dépendance ne se laisse pas arrêter par les foules qui cherchent à le retenir.


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La connaissance de Dieu

Publié : jeu. 05 sept. 2013, 10:04
par etienne lorant
Le jeudi de la 22e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 1,9-14.

Frères, depuis le jour où nous avons entendu parler de votre vie dans le Christ, nous ne cessons pas de prier pour vous. Nous demandons à Dieu de vous combler de la vraie connaissance de sa volonté en toute sagesse et intelligence spirituelle.
Ainsi votre conduite sera digne du Seigneur, et capable de toujours lui plaire ; par tout ce que vous ferez de bien, vous porterez du fruit et vous progresserez dans la vraie connaissance de Dieu.
Vous serez puissamment fortifiés par la puissance de sa gloire, qui vous donnera la persévérance et la patience.
Avec joie, vous rendrez grâce à Dieu le Père, qui vous a rendus capables d'avoir part, dans la lumière, à l'héritage du peuple saint.
Il nous a arrachés au pouvoir des ténèbres, il nous a fait entrer dans le royaume de son Fils bien-aimé,
par qui nous sommes rachetés et par qui nos péchés sont pardonnés.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5,1-11.
Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth : la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.
Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage. Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait la foule.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »
Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient.
Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. »
L'effroi, en effet, l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.



"Nous demandons à Dieu de vous combler de la vraie connaissance de sa volonté en toute sagesse et intelligence spirituelle.(...) vous progresserez dans la vraie connaissance de Dieu." Par ces mots, saint Paul entreprend de convaincre les Colossiens que la vérité de Dieu n'est pas une connaissance uniquement dans le sens de la compréhension par l'intelligence - ce qui supposerait une catégorie de personnes capable de la saisir et de s'en servir, ce qui diviserait les croyants entre les hommes cultivés et les autres. Mais la connaissance de Dieu est pour tous les hommes sans aucune distinction.

Le lien entre la première lecture et la seconde, c'est tout simplement la manière dont Jésus va "adopter" Pierre, car ce n'est pas d'un langage savant qu'il va se servir, mais de démonstrations toutes simples. Il est déjà venu chez lui guérir sa belle-mère, prendre un repas et guérir à sa porte une foule de malades. Ici, il lui emprunte une barque pour enseigner la foule depuis une meilleure "tribune" plus adéquate. Mais c'est en lui démontrant qu'il connaît bien mieux que lui le bon moment pour prendre du poisson, qu'il achève de le convaincre, de l'adopter. Pierre, simple artisan de la pêche sur le lac de Galilée, prendra désormais des hommes. C'est bien dire que pour rencontrer et connaître Dieu, des études savantes ne sont pas (forcément) nécessaires... Voyez sainte Bernadette Soubirous, la messagère de "l'Immaculée conception" !

Pour progresser dans la connaissance de Dieu, la sincérité du coeur à se laisser adopter par Lui, voilà qui suffit amplement !