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Comparaison vaut jugement
Publié : jeu. 12 sept. 2013, 10:19
par etienne lorant
Le jeudi de la 23e semaine du temps ordinaire
Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 3,12-17.
Frères, puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes ses fidèles et ses bien-aimés, revêtez votre cœur de tendresse et de bonté, d’humilité, de douceur, et de patience.
Supportez-vous mutuellement, et pardonnez si vous avez des reproches à vous faire. Agissez comme le Seigneur : il vous a pardonné, faites de même.
Par-dessus tout cela, qu'il y ait l'amour : c'est lui qui fait l'unité dans la perfection.
Et que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ à laquelle vous avez été appelés pour former en lui un seul corps. Vivez dans l'action de grâce.
Que la parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse ; instruisez-vous et reprenez-vous les uns les autres avec une vraie sagesse ; par des psaumes, des hymnes et de libres louanges, chantez à Dieu, dans vos cœurs, votre reconnaissance.
Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus Christ, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6,27-38.
Jésus déclarait à la foule : « Je vous le dis, à vous qui m'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent.
Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient.
A celui qui te frappe sur une joue, présente l'autre. A celui qui te prend ton manteau, laisse prendre aussi ta tunique.
Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas à celui qui te vole.
Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs en font autant.
Si vous prêtez quand vous êtes sûrs qu'on vous rendra, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu'on leur rende l'équivalent.
Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Dieu très-haut, car il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants.
Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »
Cy Aelf, Paris
L'idéal vers lequel il faut tendre, c'est d'aimer le prochain - non de notre capacité d'aimer personnelle - mais de laisser entièrement l'amour du Christ agir à travers nous. C'est pourquoi j'ai souligné dans l’Épître le mot de saint Paul qui dit de laisser la parole du Christ habiter en nous dans toute sa richesse.
La raison pour laquelle cela nous est rendu difficile tient tout entière à nos jugements, que Jésus nomme globalement : notre mesure. Qui que nous rencontrons, aussitôt nous nous mettons à l'examiner, à l'évaluer, à le mesurer, ce qui est déjà juger. Et cela joue dans les deux sens: l'autre aussi procède à des comparaisons, des évaluations; le prochain aussi voudra d'abord nous jauger, estimer notre pouvoir: tout cela, c'est de la mesure et du jugement, et c'est ce qui nous retient d'aimer à la façon dont Dieu aime.
Mais comment franchir cet obstacle à la charité ? Je crois que c'est tout le secret d'une vraie conversion. Pour autant que je puisse me souvenir des premiers jours de ma conversion, j'y étais presque, si ce n'est pas trop prétentieux de le dire. J'y étais presque du fait de la proximité intérieure du Seigneur. C'est vrai qu'à cette époque, il n'y avait qu'à Le laisser dire et faire en moi. Je dois bien reconnaître que, depuis, la pensée m'en est restée, que le coeur est prompt encore, mais que la crainte a fait se relever certaines "défenses", des distances, ou plus exactement des mesures qui naissent d'un sentiment de crainte ou de faiblesse à l'égard d'autrui. Dès lors, c'est consciemment, avec beaucoup moins de naturel, que je laisse autrui m'aborder. Le dernier exemple en date remonte à hier après-midi : j'ai reçu un professeur d'histoire et de langues anciennes qui, sans même s'en rendre compte, ne cesse d'étaler ses connaissances. Pour l'aimer, lui, le mieux que j'ai pu faire fut de prendre mon mal en patience, le laisser disserter et raconter à son aise, tout en approuvant de la tête pour montrer que: "Oui, oui, j'écoute". Alors, cet homme est parfaitement satisfait. Mais lui dire quelque chose, même pour son bien, c'est difficile: il faut se contenter de le servir et de l'écouter.
(Un jour, nous n'avons pas été d'accord: car je m'étais permis d'affirmer que l'écrivain Julien Green était devenu membre de l'Académie française sans avoir adopté la nationalité française en plus de la sienne. Comme je ne prétendais pas accepter, j'ai encore ajouté qu'en plus, il fut le premier à démissionner de sa qualité de membre de l'Académie... Si j'avais pu prévoir la colère qui est tombée sur mes pauvres oreilles, je me serais bien gardé de le contredire !)
Bref, ce que demande Jésus est difficile, à cause de la haute considération que nous avons de nous-mêmes. Cette considération, c'est encore une mesure - une mesure dont nous nous servons envers autrui...
Fête de la Croix Glorieuse
Publié : sam. 14 sept. 2013, 9:07
par etienne lorant
b]Livre des Nombres 21,4b-9. [/b]
Au cours de sa marche à travers le désert, le peuple d'Israël, à bout de courage,
récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d'Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n'y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! »
Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d'Israël.
Le peuple vint vers Moïse et lui dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu'il éloigne de nous les serpents. »
Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent, et dresse-le au sommet d'un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu'ils le regardent, et ils vivront ! »
Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet d'un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu'il regardait vers le serpent de bronze, il conservait la vie !
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,13-17.
Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme.
De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé,
afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.
Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Cy Aelf, Paris
L'histoire du serpent d'airain a pu passer aux yeux des juifs pour un prodige, mais il y a comme une parabole dans cette histoire - une parabole extraordinaire que Jésus dévoilera en donnant sa vie. En effet, en se plaignant à Moïse, les juifs ont d'une certaine façon rendu visibles et vivants leurs péchés d'avidité, de jalousie, d'envie et d'orgueil : ce sont ces serpents "à la morsure brûlante", devenus visibles par la volonté de Dieu. Mais Jésus en s'offrant lui-même comme victime innocente pour ses frères, serpent d'airain (un serpent d'airain est inerte, il ne peut mordre), a permis - et permet toujours, à ceux et celles que le péché du monde a blessés gravement, de se tourner vers Jésus en croix afin d'être sauvés.
C'est donc aujourd'hui la fête de la croix glorieuse. Elle est glorieuse, non pas par un prodige, mais par le don que fit Jésus de lui-même par amour des hommes, lui qui est totalement pur et sans péché. Et aujourd'hui encore tous ceux et toutes celles qui ont péché et regardent vers la croix du Christ avec espérance et foi, seront guéris même jusqu'aux conséquences de leurs fautes. J'écris ainsi ces choses, puisque ma propre conversion, en 1985, est venue d'une contemplation de la croix à laquelle je m'étais adressé en avouant que je n'en pouvais plus de rechercher richesses, fortune et gloire humaines.
Re: Fête de la Croix Glorieuse
Publié : sam. 14 sept. 2013, 12:55
par gerardh
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Bonjour, quelques pensées :
Livre des Nombres 21,1-15.
La victoire de Horma est remportée quarante ans après la défaite du même nom (chapitre 14:45). Il est triste de constater que, si tôt après, le découragement survient: «il n'y a pas de pain... il n'y a pas d'eau» (verset 5). La manne ne manque pas, mais elle est méprisée. Le rocher a été frappé, mais on oublie de lui parler. Image de ce qui se produit quand nous négligeons la Parole et la prière! Perdre conscience de ces ressources, c'est sombrer dans le découragement et les plaintes, c'est s'exposer aux attaques de Satan. La morsure des serpents amène Israël à sentir et à confesser ses péchés. Alors Moïse intercède — une fois de plus — et l'Éternel ordonne un remède: ce serpent d'airain placé sur une perche. Un seul regard vers lui apportait la guérison. Le Seigneur Jésus, dans son entretien avec Nicodème, explique la portée spirituelle de cet épisode du désert. Le serpent d'airain élevé par Moïse, c'est Lui, le Fils de l'homme élevé sur la croix, c'est Christ «fait péché pour nous» (2 Corinthiens 5:21), assimilé à la puissance même du mal pour en subir la condamnation. Telle est la mesure de l'amour de Dieu pour le monde! (Jean 3:14 à 16). Cher ami qui lisez ces lignes, avez-vous dirigé le regard de la foi vers le Sauveur élevé sur la croix? Avez-vous la vie éternelle?
(source : Bibliquest [site protestant] citant « Chaque jour les Ecritures », par JK)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,13-17.
Ce passage ne se prête pas à un commentaire court du format d’un forum de discussion. Mais on peut également souligner qu’il se passe de commentaire !
Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme.
De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé,
afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.
Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
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Re: Fête de la Croix Glorieuse
Publié : lun. 16 sept. 2013, 0:35
par Cinci
Vous m'en rappelez qu'il y avait ce texte ici :
Pourquoi nous avez-vous fait monter d'Égypte pour mourir en ce désert ? Car il n'y a ni pain ni eau ; nous sommes exédés de cette nourriture de famine (Nb 21,5)
Puisqu'ils méprisaient le don de Dieu, le désert se convertit en un nid de vipères qui sortaient de toutes les pierres, en mordant et tuant un grand nombre. Face à une telle situation, le peuple reconnaît son erreur.
Nous avons péché en parlant contre Dieu et contre toi. Intercède auprès de Dieu pour qu'il éloigne de nous ces serpents (Nb 21, 7)
Moïse se dirige encore une fois vers la Tente, mais Dieu ne lui donne pas la solution de facilité qui serait d'éloigner les serpents, il en donne une tout autre : façonner un serpent d'airain et le placer en étendard. De cette manière, quiconque aur été mordu sera guéri de son mal. Moïse sculpta soigneusement le serpent de bronze poli et l'éleva au-dessus du camp.
Cependant, il faut remarquer un détail riche de sens, à l'affirmation : Quiconque aura été mordu et le regardera restera en vie. Le serpent de bronze n'évitait pas les morsures, mais il était là pour ceux qui auraient été attaqués par les vipères. Ce n'était pas une amulette qui garantit une immunité diplomatique, mais un signe d'espérance pour ceux qui seraient condamnés à mort. Les dons divins ne sont jamais des assurances contre les accidents ou des vaccins contre les éventualités de la vie. Dieu ne nous promet pas l'absence de problèmes, mais il nous garantit une solution pour tous, même ceux qui conduisent à la mort.
La puissance du Seigneur se manifeste si grande à travers cet étendard et son serpent de bronze, que bien vite on commença à lui offrir de l'encens (2 R 18,4). Ce qui était un simple instrument de salut est substitué à Dieu lui-même.
[...]
Les Israélites pieux n'entraient plus dans le Temple, ils restaient devant l'autel dressé au serpent à qui ils allumaient des veilleuses et caressaient la tête avec grande vénération.
Aux alentours du Temple, les trafiquants de commerce religieux profitaient de cette dévotion pour fabriquer des répliques d'or, de bronze, de bois, de différentes tailles, du fameux serpent. Ainsi on pouvait se procurer un serpent et l'emporter chez soi pour ne même plus avoir l'effort à faire de venir à l'autel.
[...]
Des siècles après, le roi Ezékias, dans son ardent désir de revenir à un idéal religieux plus pur, osa détruire cet étendard et son symbole trompeur. Il rencontra évidemment beaucoup d'opposition et fut durement critiqué. Mais c'est que le serpent, qui était seulement un signe de salut avait été confondu avec le Sauveur.
***
La plénitude des temps étant arrivée, Dieu éleva son Fils sur la Croix pour que tout homme qui le regarde avec foi, ait la lumière de la vie au lieu de périr. Élevé sur la Croix, il attire tous les hommes à lui parce qu'il nous montre l'amour infini de Dieu pour l'humanité blessée par le venin du péché.
Si le péché est entré dans le monde par le mensonge de l'ennemi symbolisé par le serpent sur l'arbre du paradis, le salut se réalise par l'Amour de Celui qui, sur l'arbre de la Croix, ressemble à un ver et non à un homme.
Source : José Prado Florès, Au delà du désert, p.122
L'auteur fait remarquer que le serpent, tant par son venin que pour ses qualités thérapeutiques, capable de produire la mort ou la vie, était l'un des symboles préférés de l'autorité pharaonique.
On pourrait se rappeler aussi la scène fameuse où Moïse jette son bâton devant le pharaon d'Égypte, pour le voir aussitôt se changer en serpent.
Le repli sur soit déplaît à Dieu
Publié : lun. 16 sept. 2013, 9:44
par etienne lorant
Le lundi de la 24e semaine du temps ordinaire
Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2,1-8.
J'insiste avant tout pour qu'on fasse des prières de demande, d'intercession et d'action de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d'État et tous ceux qui ont des responsabilités, afin que nous puissions mener notre vie dans le calme et la sécurité, en hommes religieux et sérieux. Voilà une vraie prière, que Dieu, notre Sauveur, peut accepter,
car il veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à connaître pleinement la vérité.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 7,1-10.
Après avoir achevé tout son discours devant le peuple, Jésus entra dans la ville de Capharnaüm.
Un centurion de l'armée romaine avait un esclave auquel il tenait beaucoup ; celui-ci était malade, sur le point de mourir. Le centurion avait entendu parler de Jésus ; alors il lui envoya quelques notables juifs pour le prier de venir sauver son esclave.
Arrivés près de Jésus, ceux-ci le suppliaient : « Il mérite que tu lui accordes cette guérison.
Il aime notre nation : c'est lui qui nous a construit la synagogue. »
Jésus était en route avec eux, et déjà il n'était plus loin de la maison, quand le centurion lui fit dire par des amis : « Seigneur, ne prends pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. Moi-même, je ne me suis pas senti le droit de venir te trouver. Mais dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri.
Moi qui suis un subalterne, j'ai des soldats sous mes ordres ; à l'un, je dis : 'Va', et il va ; à l'autre : 'Viens', et il vient ; et à mon esclave : 'Fais ceci', et il le fait. »
Entendant cela, Jésus fut dans l'admiration. Il se tourna vers la foule qui le suivait : « Je vous le dis, même en Israël, je n'ai pas trouvé une telle foi ! »
De retour à la maison, les envoyés trouvèrent l'esclave en bonne santé.
Cy Aelf, Paris
L’Évangile du jour nous montre un centurion romain qui ne se contente pas d'accomplir son devoir envers l'empereur de Rome, mais qui s'est intéressé à la vie des juifs, ainsi qu'à leur foi, puisqu'il leur a construit un lieu de culte. Il est ouvert à tout ce que vivent les gens autour de lui au point d'avoir pratiquement adopté son esclave: celui-ci est tombé malade au point d'être mourant et son maître veut tout tenter pour le sauver, comme chacun de nous le ferait pour une personne proche de sa famille.
Ce soldat gradé de l'armée d'occupation, c'est lui que le Seigneur va honorer - au point que les mots qu'il prononce ont été adoptés pour toujours dans la prière précède la communion.
Le Seigneur attend de nous que nous devenions semblable à cet homme, car il ne se contente pas de vivre pour lui-même. Il pourrait très bien profiter de son rang pour en tirer de multiples avantages, mais au contraire il s'intéresse à la vie des gens qu'il est sensé surveiller, contrôler, réglementer. C'est ce type de personne qui attire l'attention du Seigneur, bien sûr du fait de l'amour du prochain.
Saint Paul nous parle de même: il demande que l'on prie et que l'on intercède en faveur de tous les hommes et en particulier ceux qui ont des rôles de responsabilité. "C'est une vraie prière que Dieu peut accepter". Aimer Dieu et avoir notre coeur et nos vies ouvertes sur notre prochain, voilà ce qui devrait guider chacun de nous au jour le jour. Je prie donc aujourd'hui de ne pas devenir "frileux" à l'égard des autres en ce temps où la crise (financière et autre) pousse instinctivement au repli sur soi.
De l'engendrement à la génération spirituelle
Publié : mar. 17 sept. 2013, 9:45
par etienne lorant
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée
Voici une parole sûre : vouloir devenir responsable d'une communauté d'Église, c'est désirer une très belle tâche. Un responsable de communauté doit être irréprochable, époux d'une seule femme, homme mesuré, raisonnable et réfléchi, ouvrant sa maison à tous, capable d'enseigner, ni buveur ni violent, mais plein de sérénité, pacifique et désintéressé. Il faut qu'il mène bien sa propre famille, qu'il se fasse écouter et respecter par ses enfants. Car un homme qui ne sait pas mener sa propre famille, comment pourrait-il prendre en charge une Église de Dieu ? Il ne doit pas être un nouveau converti ; sinon il pourrait se gonfler d'orgueil, et tomber sous la même condamnation que le démon. Il faut aussi que les gens du dehors portent sur lui un bon témoignage, pour qu'il échappe au mépris des hommes et aux pièges du démon.
Les diacres doivent eux aussi mériter le respect, n'avoir qu'une parole, ne pas s'adonner à la boisson, refuser les profits malhonnêtes, garder le mystère de la foi dans une conscience pure. On les mettra d'abord à l'épreuve ; ensuite, s'il n'y a rien à leur reprocher, on les prendra comme diacres. Pour les femmes, c'est la même chose : elles doivent mériter le respect, n'être pas médisantes, mais mesurées et fidèles en tout. On choisira comme diacre l'époux d'une seule femme, un homme qui mène bien ses enfants et sa propre famille. Les diacres qui remplissent bien leur ministère sont très estimables et peuvent avoir beaucoup d'assurance grâce à leur foi au Christ Jésus.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc ( 7, 11-17 )
Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu'une grande foule.
Il arriva près de la porte de la ville au moment où l'on transportait un mort pour l'enterrer ; c'était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule considérable accompagnait cette femme.
En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas. »
Il s'avança et toucha la civière ; les porteurs s'arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l'ordonne, lève-toi. »
Alors le mort se redressa, s'assit et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère.
La crainte s'empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu : « Un grand prophète s'est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. »
Et cette parole se répandit dans toute la Judée et dans les pays voisins.
Cy Aelf, Paris
Ce qui est arrivé à Naïm, lorsque cette veuve emportant son fils mort vers la tombe et accompagnée d'une foule "considérable", est resté intact dans toutes les mémoires et c'est ainsi que Luc en fait mention, non seulement à cause de du souvenir en lui-même, mais aussi à cause de tout ce que scène représente dans l'histoire du salut.
Il n'y a pas seulement la miséricorde faite à cette veuve, car une femme de l'époque, qui se retrouve veuve et sans enfant, se retrouve dans une piètre situation, hors de la tradition de la génération - car celle-ci ne relève que des hommes. (c'est pourquoi, bien souvent, les veuves se retrouvaient soit complètement isolées, soit obligées de marier l'un des parents du défunt, s'il en avait). Mais en considérant l'ensemble de la scène, la foule des juifs suivant la veuve qui va enterrer son fils, on peut voir aussi: toute l'ancienne Alliance, avec ses rites, ses coutumes et ses traditions, qui va vers sa fin - mais qui se verra renouvelée par la mort et la résurrection du Christ, fils de Dieu. Ce qui y fait penser fortement, c'est le fait qu'au moment où Jésus accomplit ce signe, il est lui-même en route pour Jérusalem afin d'y accomplir l'oeuvre de son Père.
L'Alliance sera donc renouvelée et, dans son Épître, saint Paul montre comment la génération qui transmettra la nouvelle Alliance ne sera plus liée à la génération naturelle, par le mariage et l'engendrement, mais cette Alliance sera spirituelle entretenue et perpétuée par des hommes et des femmes irréprochables, des fidèles dont les qualités sont nommées: la réflexion, le sens de la mesure, l'accueil, la sérénité, le désintérêt. Ils doivent être sobres, désintéressés, méritants, fidèles, pacifiques, et par-dessus tout, ils doivent être de ce ceux qui vivent dans la foi au Christ.
Ces qualités, tous les chrétiens, hommes et femmes, sont invités à les développer afin que, de génération en génération, se transmette fidèlement la foi chrétienne.
Tant de jugements infondés, qui nuisent à la foi !
Publié : mer. 18 sept. 2013, 10:03
par etienne lorant
Le mercredi de la 24e semaine du temps ordinaire
Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 3,14-16.
Fils bien-aimé, je t'écris cette lettre avec l'espoir d'aller te voir bientôt. Mais au cas où je tarderais, je veux que tu saches comment il faut se comporter dans la maison de Dieu, c'est-à-dire dans la communauté, l'Église du Dieu vivant, elle qui est le pilier et le soutien de la vérité.
Assurément, il est grand le mystère de notre religion : c'est le Christ manifesté dans la chair, justifié par l'Esprit, apparu aux anges, proclamé chez les païens, accueilli dans le monde par la foi, enlevé au ciel dans la gloire.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 7,31-35.
Jésus disait à la foule : " A qui donc vais-je comparer les hommes de cette génération? A qui ressemblent-ils?
Ils ressemblent à des gamins assis sur la place, qui s'interpellent entre eux : 'Nous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous n'avez pas pleuré. '
Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas de pain, il ne boit pas de vin, et vous dites : 'C'est un possédé ! '
Le Fils de l'homme est venu ; il mange et il boit, et vous dites : 'C'est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs. '
Mais la sagesse de Dieu se révèle juste auprès de tous ses enfants. »
Cy Aelf, Paris
Saint-Paul, dans sa lettre à Thimothée, après avoir commencé par enseigner comment il estime le croyant doit se comporter, est finalement emporté dans l'adoration du mystère de la religion chrétienne, c'est-à-dire d'abord du mystère grandiose de la relation personnelle au Christ, auquel est liée une toute autre manière de vivre en communauté, d'estimer sans juger et d'agir dans le sens de l'Amour véritable dont chacun et chacune ont reçu la révélation.
Sans cette découverte et cette conversion, sans la relation au Christ, sans cet effort à vivre envers autrui - non selon ce qu'il paraît être, mais selon la charité enseignée, la communauté de l'Eglise elle-même n'aurait pu naître et tenir dans la durée.
En effet, l'homme, s'il en reste à lui-même et à ses propres considérations, fera comme il est écrit dans l’Évangile à propos des juifs: voient-ils apparaître un homme inspiré comme Jean, qui s'applique à vivre une existence austère à l'appui de ses paroles, alors ils le traitent de 'possédé' - car sa façon de vivre et son appel à la rigueur est jugée inhumaine et ayant le mal pour origine.
Et lorsque Jésus vient, lui qui mange et boit comme tout un chacun, il se fait traiter de glouton, d'ivrogne, d'amis des gens de mauvaise vie.
Maintenant, qu'en est-il de nous ? De nous, chrétiens d'aujourd'hui ? Bien souvent, les hommes comme les femmes, vous et moi, continuent - par facilité -
à appliquer des jugements faciles : nous voyons un homme boire et rire et nous nous disons : "Encore un qui glisse sur une mauvaise pente"... Mais raison de plus pour essayer de l'aider ! Et si une femme salue d'un beau sourire les personnes qu'elle croise en rue, nous dirons peut-être c'est une "m'as-tu vue", une aguicheuse. Mais elle est peut-être une convertie qui manifeste sa joie !
La conclusion est qu'en raison de notre foi, il nous faut nous appliquer à changer de regard sur autrui, c'est vraiment le minimum. Pour être proche de Jésus, son disciple, il ne suffit pas de suivre son catéchisme et de respecter les règles, il faut aussi demander au Seigneur une fraternité audacieuse et qu'Il nous guide chaque jour selon son Esprit.
Conversion et persévérance
Publié : jeu. 19 sept. 2013, 10:13
par etienne lorant
Le jeudi de la 24e semaine du temps ordinaire
Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 4,12-16.
Fils bien-aimé, que personne n'ait lieu de te mépriser parce que tu es jeune ; au contraire, sois pour les croyants un modèle par ta façon de parler et de vivre, par ton amour et ta foi, par la pureté de ta vie.
En attendant que je vienne, applique-toi à lire l'Écriture aux fidèles, à les encourager et à les instruire. Ne néglige pas le don de Dieu qui est en toi, ce don que tu as reçu grâce à l'intervention des prophètes, quand l'assemblée des Anciens a imposé les mains sur toi.
Tu dois prendre à cœur tout cela et t'y donner, afin que tous voient tes progrès.
Sois attentif à ta conduite et à ton enseignement ; mets-y de la persévérance. En agissant ainsi, tu obtiendras le salut, pour toi-même et pour ceux qui t'écoutent.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 7,36-50.
Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table.
Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum.
Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum.
En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est : une pécheresse. »
Jésus prit la parole : « Simon, j'ai quelque chose à te dire. - Parle, Maître. »
Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d'argent, l'autre cinquante. Comme ni l'un ni l'autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l'aimera davantage ? » Simon répondit : « C'est celui à qui il a remis davantage, il me semble. - Tu as raison », lui dit Jésus.
Il se tourna vers la femme, en disant à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi, et tu ne m'as pas versé d'eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as pas embrassé ; elle, depuis son entrée, elle n'a pas cessé d'embrasser mes pieds. Tu ne m'as pas versé de parfum sur la tête ; elle, elle m'a versé un parfum précieux sur les pieds. Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c'est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour. » Puis il s'adressa à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. »
Les invités se dirent : « Qui est cet homme, qui va jusqu'à pardonner les péchés ? » Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t'a sauvée. Va en paix ! »
Cy Aelf, Paris
Le pharisien qui a invité Jésus, dans quel esprit l'a-t-il fait ? Désirait-il vraiment mieux le connaître, recevoir quelque chose de lui ? Si cela avait été le cas, il l'eût reçu en particulier: il eût, pour parler librement, évité d'inviter d'autres pharisiens. Mais, devant ces autres invités, il néglige les rites traditionnels : le lavement des pieds, l'accolade, le parfum versé sur la tête. C'est que cette invitation est à double sens: d'une part, le pharisien veut manifester à ses collègues son ouverture d'esprit, mais tout en gardant ses distances. De nos jours aussi, les hommes de pouvoir se font photographier en compagnie de célébrités. D'ailleurs, son préjugé ne va pas tarder de se manifester: lorsque Jésus laisse venir à lui la femme, le pharisien se dit aussitôt : "« Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est : une pécheresse. »
Mais Jésus sait bien tout cela et il est venu quand même. Lui n'a aucun préjugé envers quiconque. Il accueille la pécheresse en sachant que son désir d'être pardonnée est si fort qu'elle n'hésite pas à forcer l'entrée de la salle pour manifester à Jésus son repentir. Il lui confirme que ses péchés lui sont remis et donne en même temps une leçon de vie de foi à ces "experts" de la religion.
En effet, par son repentir sincère, celui qui a beaucoup péché non seulement obtient le pardon, mais manifestera d'autant plus d'amour. Mais comment les pharisiens pourraient-ils éprouver cela, puisque non seulement ils s'estiment justes eux-mêmes, mais ils se croient aussi capables de juger autrui. Or, pour les pharisiens, pour la pécheresse comme pour chacun d'entre nous, ce qui compte c'est de pouvoir "aller en paix".
Le jeune Thimotée éprouve certainement cette "ardeur de reconnaissance" qu'a manifesté la pécheresse pardonnée par Jésus. Paul lui conseille cependant d'être attentif à sa conduite et persévérant dans son enseignement. L'amour de Dieu est d'abord "tout feu tout flamme" pour quiconque le découvre, mais cette passion est rapidement mise à l'épreuve de la durée et des contradictions rencontrées en chemin. Il en va de même pour tous les convertis: à mon tour, après la conversion, j'avais envie de mourir sur le champ à cause de ma joie, mais je sus très vite que ma foi renouvelée rencontrerait beaucoup d'obstacles et de contradictions.
Re: Conversion et persévérance
Publié : jeu. 19 sept. 2013, 14:47
par Teano
Bonjour Etienne,
Tu sais à quel point ce passage est cher à mon coeur...
Pourquoi les larmes et le silence de la pecheresse ? Elle pleure certainement sur ses péchés et les mots sont superflus. Mais pas seulement. J'ai eu l'occasion à Lourdes de pleurer en silence et à nouveau, de me sentir si proche de cette femme pardonnée. Je crois que ces larmes sont aussi la reconnaissance de la présence miséricordieuse de Dieu, des larmes de joie aussi.
Teano
Re: Conversion et persévérance
Publié : jeu. 19 sept. 2013, 15:11
par etienne lorant
Oh, je les connais aussi, ces larmes-là. Elles sont capables de rompre beaucoup de barrages - à l'intérieur comme à l'extérieur !
A moi de te dire merci - et merci à Jésus pour cette "communion d'esprit".
Pour suivre le Christ
Publié : ven. 20 sept. 2013, 9:56
par etienne lorant
Le vendredi de la 24e semaine du temps ordinaire
Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 6,2c-12.
Fils bien-aimé, je t'ai dit ce que tu dois enseigner et recommander. Si quelqu'un enseigne autre chose, et ne s'attache pas aux paroles solides, celles de notre Seigneur Jésus Christ, et à l'enseignement vraiment religieux, un tel homme est plein de lui-même, il ne sait rien, c'est un malade de la discussion et des querelles de mots. Il ne sort de tout cela que rivalités, discordes, insultes, soupçons malveillants, disputes interminables de gens à l'esprit corrompu, qui, coupés de la vérité, ne voient dans la religion qu'une source de profit.
Certes, il y a un grand profit dans la religion si l'on se contente de ce que l'on a.
De même que nous n'avons rien apporté dans ce monde, nous ne pourrons rien emporter. Si nous avons de quoi manger et nous habiller, sachons nous en contenter. Ceux qui veulent s'enrichir tombent dans le piège de la tentation ; ils se laissent prendre par une foule de désirs absurdes et dangereux, qui précipitent les gens dans la ruine et la perdition. Car la racine de tous les maux, c'est l'amour de l'argent. Pour s'y être livrés, certains se sont égarés loin de la foi et se sont infligé à eux-mêmes des tourments sans nombre.
Mais toi, l'homme de Dieu, évite tout cela ; cherche à être juste et religieux, vis dans la foi et l'amour, la persévérance et la douceur. Continue à bien te battre pour la foi, et tu obtiendras la vie éternelle ; c'est à elle que tu as été appelé, c'est pour elle que tu as été capable d'une si belle affirmation de ta foi devant de nombreux témoins.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 8,1-3.
Jésus passait à travers villes et villages, proclamant la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l'accompagnaient, ainsi que des femmes qu'il avait délivrées d'esprits mauvais et guéries de leurs maladies : Marie, appelée Madeleine (qui avait été libérée de sept démons), Jeanne, femme de Kouza, l'intendant d'Hérode, Suzanne, et beaucoup d'autres, qui les aidaient de leurs ressources.
Cy Aelf, Paris
L'apôtre Paul met en garde Thimothée (dont le nom signifie : "qui-craint-Dieu") des égarements et des tentations qui ont pour racines l'amour de l'argent. Les convertis subissent cette tentation aussi, car ils demeurent dans le monde tout en étant sortis de lui: ils se sentent donc comme assis entre deux chaises. Étrange situation s'il en est !
Dès les premiers jours de ma propre conversion, puisqu'il fallait "tout de même" continuer à vivre, j'ai ressenti le besoin de partir pour m'établir ailleurs et d'apprendre à revivre au milieu d'autres personnes ayant vécu, elles aussi, l'expérience de la Rencontre.
L'idée était logique, mais n'a abouti à rien : le Seigneur me voulait, comme Thimothée, au milieu des gens. C'est au coeur du monde - ce monde où l'on se perd si facilement - que je devais être. Mais je n'ai pas été abandonné ni manqué de rien - dans le sens que le minimum m'a toujours suffi.
Dans l’évangile, on trouve d'autres convertis qui suivent le Seigneur. Il y a là l'épouse de l'intendant d'Hérode, dont il serait intéressant de connaître l'histoire, mais aussi Marie-Madeleine, la pécheresse convertie, qui désormais ne saurait plus vivre loin de son libérateur. Je lui envie de suivre ainsi le Christ avec la même ardeur de bout en bout.
Et si je crois qu'il en est ainsi, c'est du fait qu'après la Résurrection, Jésus est comme "forcé" de lui apparaître et de lui donner une mission car elle ne "cesse de le tenir". Au bout du compte, c'est vrai que l'expérience de la conversion fait des être nouveaux: ils essaient de se comporter de manière raisonnable et de ne pas se faire remarquer, mais il y a toujours une situation ou l'autre qui les suscitent jusqu'au delà d'eux-mêmes et les pressent à manifester leur amour de reconnaissance. Ce qu'ils furent, ils ne le sont vraiment plus !
Re: Pour suivre le Christ
Publié : ven. 20 sept. 2013, 14:59
par etienne lorant
Parmi les croyants qui suivent Jésus, je retrouve Marie-Madeleine. Ce matin, je me suis posé la question : à partir de quand s'est-elle mise à le suivre ? Et aussitôt, la réponse m'est venue: dès la rencontre chez le pharisien, bien sûr ! Il y a une bonne raison à cela: Jésus ne reste pas en place, qui sait où il allait se rendre le soir ? Alors, elle a attendu qu'il sorte de son entrevue avec les pharisiens et de loin, timidement, sans même songer où elle logerait le soir, elle s'est mise en marche derrière lui.
L’événement de la conversion est trop important pour qu'aussitôt ensuite, celui ou celle qui a été touché par la grâce n'entreprenne pas - immédiatement - de vivre autre chose, d'aller ailleurs, de sortir de chez soi. Elle, c'est un feu d'amour de miséricorde, de miséricorde mais dévorant, qui a anéanti d'un seul coup jusqu'à la trace de ses fautes - et puis, comme pour que même ce pardon de feu devienne liberté retrouvée, son coeur s'est trouvé inondé par la Joie.
La voici donc libre, libre comme l'air, libre comme l'oiseau qui vient de sortir de l’œuf ! Comment vivre désormais, où aller, en parler à qui - et où trouver les mots justes ? D'ailleurs, après "çà", vivre c'est tellement différent: ne dirait-on pas que l'air que l'on respire à lui-même changé de propriété: il est plus frais, il envahit les narines et c'est bon. Car après une telle expérience, tout est neuf, on est un nouveau-né à sa première respiration !
D'autres personnes suivaient Jésus. Mais Marie-Madeleine a tant aimé Jésus que tout à la fin, le "jardinier" qui était près de la sépulture de Jésus, lui a ouvert les yeux : en l'appelant simplement par son nom: "Marie !" Et comme cette paole du Christ révèle son amour pour les âmes : "Cesse de me tenir !" Retenu par le chagrin de sa brebis retrouvée, Il ne peut pas monter vers le Père aussi longtemps qu'il la voit dans les larmes - il lui confie donc la mission d'aller prévenir ses frères, Pierre et les autres. Et la voilà en route de nouveau.
La Lumière est pour tous
Publié : lun. 23 sept. 2013, 9:37
par etienne lorant
Le lundi de la 25e semaine du temps ordinaire
Livre d'Esdras 1,1-6.
La première année de Cyrus, roi de Perse, pour que soit accomplie la parole proclamée par Jérémie, le Seigneur inspira Cyrus, roi de Perse. Et celui-ci fit publier dans tout son royaume - et même consigner par écrit -« Ainsi parle Cyrus, roi de Perse : Le Seigneur, le Dieu du ciel, m'a donné tous les royaumes de la terre ; et il m'a chargé de lui bâtir un temple à Jérusalem, en Judée. Tous ceux d'entre vous qui font partie de son peuple, que leur Dieu soit avec eux, et qu'ils montent à Jérusalem, en Judée, qu'ils bâtissent le temple du Seigneur, le Dieu d'Israël, le Dieu qui est à Jérusalem.
En tout lieu où résident ceux qui restent d'Israël, que la population leur vienne en aide : qu'on leur fournisse argent, or, dons en nature, bétail, qu'on y joigne des offrandes volontaires pour le temple de Dieu qui est à Jérusalem. »
Alors les chefs de famille de Juda et de Benjamin, les prêtres et les lévites, bref, tous ceux à qui Dieu avait inspiré cette décision, se mirent en route pour aller bâtir le temple du Seigneur à Jérusalem ;
tous leurs voisins leur apportèrent de l'aide : argent, or, dons en nature, bétail, objets précieux en quantité, sans compter toutes sortes d'offrandes volontaires.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 8,16-18.
Comme la foule se rassemblait autour de Jésus, il disait en parabole : " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la cache sous un couvercle ou ne la met en dessous du lit; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. Car rien n'est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n'est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour. Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car celui qui a recevra encore, et celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il paraît avoir. »
Cy Aelf, Paris
Dieu qui inspire Cyrus, roi de Perse de lui bâtir un temple à Jérusalem, voici qui est tout neuf pour les juifs. Ce qui est neuf aussi, c'est que ce roi déclare que "c'est le Seigneur, le Dieu du ciel" - le Dieu des juifs, qui lui a donné tous les royaumes. La révélation du Dieu vivant, roi du ciel et de la terre, n'est donc pas réservée au seul peuple d'Israël mais à toute l'humanité.
Et voici, nous a dit le prêtre dans son homélie, la lampe dont il est question dans l’Évangile, qui doit éclairer tous les hommes. Rien n'est secret, tout viendra au grand jour. Heureux donc ceux et celles qui veulent bien entendre et garder l'enseignement du Seigneur. Ils sont ceux qui possèdent et qui recevront encore. Tandis que les hommes et les peuples qui s'imagineront posséder le monde par leurs idéologies, ceux-là se verront dépouillés de tout ce qu'ils avaient tenus pour certain.
Dieu ne fait pas de différence entre les hommes. Nous voyons bien comment passent les régimes de gouvernement sur la terre. Au cours du XXème siècle encore les empires fondés sur des notions humaines se sont tous écroulés avec un grand fracas. Le libéralisme s'écroulera comme les autres. Mais il est nécessaire, dans chacune de nos vies, que soit reconnu l'amour de Dieu et que l'amour de Dieu se manifeste dans l'amour du prochain. "Il faut parfois toute une vie avant qu'un homme veuille reconnaître qu'il en est ainsi", a conclu le prêtre. Ouvrons notre coeur !
Universalité du message
Publié : mar. 24 sept. 2013, 9:46
par etienne lorant
Le mardi de la 25e semaine du temps ordinaire
Livre d'Esdras 6,7-8.12b.14-20.
Le roi de Perse, Darius, écrivit aux autorités de la province située à l'ouest de l'Euphrate, et dont dépendait Jérusalem : " Laissez le gouverneur de Juda et les anciens des Juifs travailler au temple de Dieu : ils doivent le rebâtir sur son site primitif. Voici mes ordres concernant votre ligne de conduite envers les anciens des Juifs pour la reconstruction du temple de Dieu : les dépenses de ces gens leur seront remboursées, exactement et sans délai, sur les fonds royaux, c'est-à-dire sur l'impôt de la province.
Moi, Darius, j'ai édicté cette ordonnance. Qu'elle soit ponctuellement exécutée ! » Les anciens des Juifs continuèrent avec succès les travaux de construction, encouragés par la parole des prophètes Aggée et Zacharie.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 8,19-21.
La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver, mais ils ne pouvaient pas arriver jusqu'à lui à cause de la foule,
On le fit savoir à Jésus : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui veulent te voir. » Il leur répondit : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. »
Cy Aelf, Paris
Au roi Cyrus a succédé Darius, mais celui-ci demeure dans les mêmes dispositions que son prédécesseur. En effet, il continue de parler du "temple de Dieu" car il reconnaît Dieu comme tel. Si ce n'avait pas été le cas, il eût écrit "leur Dieu". Et puis surtout, quelle étrange attitude - pour un conquérant étranger, de faire rembourser "exactement et sans délai" les frais de la reconstruction du temple, ainsi que son entretien. Ce soutien important accordé accordé au peuple d'Abraham révèle déjà, de la part de Dieu, le projet de mettre dans le coeur tous les hommes, de toutes les générations, le besoin et le désir de rendre un culte au Dieu unique.
A côté de cette reconnaissance par les peuples, Jésus vient ajouter la primauté de l'adhésion individuelle à la foi dans le Seigneur. C'est ainsi que se comprend la parole - qui paraît parfois assez "sévère" - de Jésus envers Marie, sa mère. Mais c'est en fait à la foule qu'il s'adresse. Quiconque veut obtenir du coeur de Jésus les mêmes faveurs que les membres de sa famille terrestre, l'obtiendront en adhérant de tout coeur à la Parole de Dieu. Le plus difficile n'étant pas d'adhérer à la Parole, mais de la mettre en pratique dans sa vie, jour après jour.
Aucun rempart n'arrête l'amour de Dieu
Publié : mer. 25 sept. 2013, 9:35
par etienne lorant
Le mercredi de la 25e semaine du temps ordinaire
Livre d'Esdras 9,5-9.
Moi, Esdras, à l'heure de l'offrande du soir, je sortis de ma prostration; après avoir déchiré mes vêtements et mon manteau, je tombai à genoux; les mains tendues vers le Seigneur mon Dieu, je dis :
« Mon Dieu, j'ai trop de honte et de confusion pour lever mon visage vers toi, mon Dieu. Nos fautes sans nombre nous submergent, nos péchés se sont amoncelés jusqu'au ciel.
Depuis les jours de nos pères et aujourd'hui encore, nous sommes gravement coupables : c'est à cause de nos fautes que nous avons été livrés, nous, nos rois et nos prêtres, aux mains des rois étrangers, au massacre, à la déportation, au pillage et à l'humiliation, qui nous accablent encore aujourd'hui.
Or, voici que tout à coup la pitié du Seigneur notre Dieu nous a permis d'en réchapper et de fixer notre demeure dans sa terre sainte ; ainsi, notre Dieu a fait briller nos yeux, il nous a donné un peu de répit dans notre esclavage.
Car nous sommes des esclaves ; mais, dans cet esclavage, notre Dieu ne nous a pas abandonnés : il nous a concilié la faveur des rois de Perse, il nous a rendu la vie, pour que nous puissions restaurer le temple de notre Dieu et relever ses ruines, afin d'avoir un abri solide en Juda et à Jérusalem. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9,1-6.
Jésus convoqua les Douze, et il leur donna pouvoir et autorité pour dominer tous les esprits mauvais et guérir les maladies ;
il les envoya proclamer le règne de Dieu et faire des guérisons.
Il leur dit : « N'emportez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n'ayez pas chacun une tunique de rechange.
Si vous trouvez l'hospitalité dans une maison, restez-y ; c'est de là que vous repartirez. Et si les gens refusent de vous accueillir, sortez de la ville en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.
Cy Aelf, Paris
L'abri solide en Juda et à Jérusalem, par la reconstruction du temple de Jérusalem, nous savons qu'il ne durera plus longtemps après la venue du Christ. Par ailleurs, si le prophète est tombé en prostration, c'est pour avoir réalisé - ce que j'ai découvert lors d'une lecture plus approfondie, que de nombreux juifs ont bien retrouvé la cité sainte ... mais en continuant un culte aux dieux étrangers de leur pérégrination. Néanmoins, ils sont rentrés sur la terre de leurs pères, ils se sentent à l'abri, la ville a ses murs, ses fossés, ses remparts. Dieu a eu pitié - c'est tout ce qui doit compter pour le lecteur.
Jésus, quant à lui, lorsqu'il envoie ses disciples annoncer la bonne nouvelle du Royaume, ne leur donne aucune consigne en vue de se protéger d'autrui. Ce serait plutôt le contraire: ils ont reçu de lui le pouvoir contre les esprits mauvais et les maladies, qu'ils aillent donc comme ils sont au moment de se mettre en route et qu'ils annoncent la bonne nouvelle - la protection dont ils jouissent c'est l'amour de leur maître.
Comme je suivais cette homélie, moi qui désormais non seulement vis isolé, mais aussi sans voiture (du fait de problèmes oculaires), dans un climat de rentrée où tout le monde se serre la ceinture, je me suis senti rempli de confiance, car l'aboutissement de ces textes est pour moi que la confiance en Dieu viendra finalement à bout de toutes les épreuves, pourvu que je l'entretienne en moi par des gestes d'ouverture. Et donc, ce matin, de nouveau, la Joie a submergé ma détresse. Alléluia !