Re: Les cathos traditionalistes
Publié : mer. 29 janv. 2020, 11:22
Bonjour Cendrine,
Je vois que la nuit a été courte
En effet, même si cela peut donner l'impression de pinailler sur la sémantique je pense que nous sommes tous des "tradis" puisque c'est le fondement du catholicisme que de s'appuyer sur sa Tradition. Je préfère le sens qui dénote une différence : "conservatisme" versus "progressisme/modernisme". Et encore là tout dépend de la connotation qu'on leur donne, elle est souvent méprisante dans les deux sens. Car je ne me sens pas "progressiste" au sens que toute nouveauté est à prendre telle quelle par amour de la nouveauté, mais au sens d'accepter que la Tradition de l'Eglise évolue comme elle l'a toujours fait. A son rythme, avec discernement et avec le respect du message christique et évangélique. Tout comme une bonne homélie doit parler à chacun dans la réalité de son quotidien, l'Eglise doit savoir évangéliser dans son temps sans forcément accepter les dérives de ce temps.
Mon grand reproche concernant certains "tradis" n'est pas d'ordre liturgique et pour le doctrinale je laisse à l'Eglise ce pouvoir qu'elle a de lier ou délier. Car on a aussi tendance à ramener très souvent les "tradis" à la seule FSSPX, ce qui est réducteur. Je le répète avec insistance il y a des "tradis" en pleine communion avec l'Eglise catholique et personne n'a le droit remettre leur catholicité en question.
Par contre je reproche ce sentiment pour certains, de se sentir justifier par leur seul critère d'une certaine orthodoxie au mépris des autres. Je m'explique à partir d'une analogie sportive : le saut en hauteur.
Admettons que quelqu'un ait grandi dans un milieu catholique pratiquant, supposons que dès le début il a été capable de franchir 1,60m et que cette personne dépasse aujourd'hui les 2m. Je trouve cela bien et il n'y a rien à redire. Cependant, parce qu'il/elle a atteint cette hauteur, et ce n'est pas forcément malveillant, il/elle attend des autres la même performance. Et là cela cause un problème, car la rencontre avec le Christ est individuelle et personnelle. Chacun est unique avec ses capacités propres, tout le monde n'est pas Javier Sotomayor.
Tout d'abord il faut accepter que certaines personnes, du fait de leur histoire, ne puissent commencer qu'à partir de 80cm, accepter que la progression puisse être rapide mais aussi lente, compliquée. Certains pourront atteindre ces 2m rapidement, et même les dépasser, et d'autres mettrons longtemps. Il faut aussi accepter que certaines personnes n'atteindront jamais ces 2m, pas même les 1,80m.
Cependant l'effort fourni pour arriver à ces 1,80m peut être supérieur à celui qui a dépassé les 2m et qui avait au départ l'entraînement ou les dispositions physiques. C'est comme si une équipe de saut universitaire toisait une équipe de sportifs du dimanche, laquelle risque de leur retourner ce mépris.
Je pense qu'il y a de l'orgueil et de la vanité derrière tout cela, alors il faut changer de référentiel. Ne pas se considérer soi-même, ou son équipe universitaire, comme le mètre-étalon mais remettre au centre le Christ; qui Lui j'en suis persuadé ne regarde pas la graine de champion mais l'effort de chacun.
Ce n'est que mon avis mais ne pas accepter cela c'est tout simplement ne pas accepter l'autre : dans son histoire personnelle, dans sa différence, dans ses capacités propres.
Cordialement.
Je vois que la nuit a été courte
Sans comparer telle ou telle tradition je suis d'abord dans une certaine incompréhension concernant le terme "traditionnaliste". je l'utilise pour parler avec les mêmes mots que les autres, mais je souligne la spécificité de cette dénomination en la mettant généralement entre guillemets.Cendrine a écrit : ↑mer. 29 janv. 2020, 9:33 Dans ce sujet sur les traditionalistes, j'aurais aimé voir plus de réflexions concernant par exemple le rapport entre le catholique et sa tradition, comment elle l'aide à vivre sa foi, ou comment, au contraire, elle fait effet de repoussoir, des trucs comme ça.
En effet, même si cela peut donner l'impression de pinailler sur la sémantique je pense que nous sommes tous des "tradis" puisque c'est le fondement du catholicisme que de s'appuyer sur sa Tradition. Je préfère le sens qui dénote une différence : "conservatisme" versus "progressisme/modernisme". Et encore là tout dépend de la connotation qu'on leur donne, elle est souvent méprisante dans les deux sens. Car je ne me sens pas "progressiste" au sens que toute nouveauté est à prendre telle quelle par amour de la nouveauté, mais au sens d'accepter que la Tradition de l'Eglise évolue comme elle l'a toujours fait. A son rythme, avec discernement et avec le respect du message christique et évangélique. Tout comme une bonne homélie doit parler à chacun dans la réalité de son quotidien, l'Eglise doit savoir évangéliser dans son temps sans forcément accepter les dérives de ce temps.
Mon grand reproche concernant certains "tradis" n'est pas d'ordre liturgique et pour le doctrinale je laisse à l'Eglise ce pouvoir qu'elle a de lier ou délier. Car on a aussi tendance à ramener très souvent les "tradis" à la seule FSSPX, ce qui est réducteur. Je le répète avec insistance il y a des "tradis" en pleine communion avec l'Eglise catholique et personne n'a le droit remettre leur catholicité en question.
Par contre je reproche ce sentiment pour certains, de se sentir justifier par leur seul critère d'une certaine orthodoxie au mépris des autres. Je m'explique à partir d'une analogie sportive : le saut en hauteur.
Admettons que quelqu'un ait grandi dans un milieu catholique pratiquant, supposons que dès le début il a été capable de franchir 1,60m et que cette personne dépasse aujourd'hui les 2m. Je trouve cela bien et il n'y a rien à redire. Cependant, parce qu'il/elle a atteint cette hauteur, et ce n'est pas forcément malveillant, il/elle attend des autres la même performance. Et là cela cause un problème, car la rencontre avec le Christ est individuelle et personnelle. Chacun est unique avec ses capacités propres, tout le monde n'est pas Javier Sotomayor.
Tout d'abord il faut accepter que certaines personnes, du fait de leur histoire, ne puissent commencer qu'à partir de 80cm, accepter que la progression puisse être rapide mais aussi lente, compliquée. Certains pourront atteindre ces 2m rapidement, et même les dépasser, et d'autres mettrons longtemps. Il faut aussi accepter que certaines personnes n'atteindront jamais ces 2m, pas même les 1,80m.
Cependant l'effort fourni pour arriver à ces 1,80m peut être supérieur à celui qui a dépassé les 2m et qui avait au départ l'entraînement ou les dispositions physiques. C'est comme si une équipe de saut universitaire toisait une équipe de sportifs du dimanche, laquelle risque de leur retourner ce mépris.
Je pense qu'il y a de l'orgueil et de la vanité derrière tout cela, alors il faut changer de référentiel. Ne pas se considérer soi-même, ou son équipe universitaire, comme le mètre-étalon mais remettre au centre le Christ; qui Lui j'en suis persuadé ne regarde pas la graine de champion mais l'effort de chacun.
Ce n'est que mon avis mais ne pas accepter cela c'est tout simplement ne pas accepter l'autre : dans son histoire personnelle, dans sa différence, dans ses capacités propres.
Cordialement.