Sincèrement, il me semble que la peine de mort (abolie heureusement , on ne va pas revenir sur une si grande avancée), l'avortement (la dépénalisation n'empêche en rien de lutter contre l'avortement en général), et le mariage homosexuel, dans un combat politique à notre époque, ne sont que des "épi phénomènes".
En effet, à l'heure où un nombre croissant de personnes se retrouvent sans espérance à cause du chômage, que la pauvreté augmente, qu'avoir un logement décent n'est pas un véritable droit, que de plus en plus de familles sont obligées d'avoir recours aux restau du coeur, à la société St Vincent de Paul et autres, où on nous fait croire que la compétition économique acharnée oblige les gens à tout accepter, il nous faut penser à assurer une vie décente aux plus grand nombre et non se focaliser sur ce qui ne concerne que peu de monde.
Il paraît que le pays d'Europe où les gens se sentent le plus heureux est le Danemark alors que les indicateurs socio économiques (prenant en compte la natalité, l'offre de soins, les services publics, l'emploi, etc) indiquent qu'il devrait s'agir de la France. Quand les sociologues se sont penchés sur ce paradoxe, ils en ont déduit en interrogeant ed plus près les Danois :
- les Danois ont beaucoup de temps pour la famille : une majorité sort du bureau vers 16h30-17h, les magasins ne sont pas ouverts 24h sur 24h et ferment plutôt tôt. Ils bénéficient eux aussi de 5 semaines de congés payés + 5 jours en moyenne négociés au sein des entreprises. Ils travailent 37 heures par semaine mais ont une productivité moindre qu'en France.
- les écarts de revenus sont moins grands que dans les autres pays européens.
- l'accueil et l'éducation des enfants sont favorisés (le congé parental danois compte 52 semaines, dont 4 semaines accordées à la mère avant l’accouchement, 14 après, et 32 semaines restantes peuvent être prises par les deux parents -en même temps si ils le désirent, ou avec la répartition qu’ils choisissent. Le congé de 32 semaines peut être pris jusqu’à ce que l’enfant ait 9 ans. Le congé peut être allongé jusqu’à 66 semaines, mais les indemnités seront alors versées proportionnellement. Le père a un congé spécifique de 2 semaines à prendre dans les 14 semaines suivant la naissance. Cependant, les indemnités journalières ne sont versées que pour une durée de 32 semaines. Les congés de parentalité sont comptabilisés dans le calcul de l’ancienneté et des congés payés. Pendant leur congé de parentalité, les danois continuent de percevoir leur salaire dans la limite d’un plafond.
- Les Danois ont un style vestimentaire qui n'indique pas facilement l'appartenance sociale.
J'aimerais entendre en France le discours suivant : on n'a pas besoin d'ouvrir les commerces 24h sur 24h pour être compétitifs, nous n'avons pas besoin non plus de travailler 45 heures par semaine au détriment du temps passé en famille, les hauts salaires n'ont pas besoin d'être aussi hauts, les salaires les plus bas devraient être indexés sur le coût de la vie, favoriser les PME, être intraitables sur les conditions de travail (notamment dans les grandes entreprises). Il faudrait trouver aussi une solution pour le logement car, dans certaines régions, il est impossible pour une famille moyenne de se loger convenablement (je ne suis pas parisienne mais autant vous dire qu'en région PACA, lorsque vous avez 3 enfants ou plus, vous ne pouvez pas vous loger décemment : nous on vit à 5 dans 70 m², les trois enfants dans la même petite chambre alors que mon mari a un salaire plus que convenable).
La variable d'ajustement de l'économie ne doit en aucun cas être l'être humain.
Personnellement, je n'ai trouvé un discours équilibré qui tend vers une certaine sobriété et une vision humaniste que chez François Bayrou. Bon, et c'est le seul qui est capable de citer Du Bellay lors d'un discours en sachant réellement de qui il s'agit

. Agrégé de Lettres, ayant vaincu son bégaiement, ayant aidé sa mère veuve à la ferme tout en étant prof de lettres, marié à la même épouse depuis le départ, 6 enfants, aimant la solitude et la frugalité. Même s'il n'a aucune chance, je sais pour qui je vais voter.
Fraternellement.
Cécile