Re: Une contradiction chez certains athées ?
Publié : mar. 20 avr. 2010, 10:28
@ gentil athée

Un chrétien doit être bien conscient qu'il y a d'une part la réflexion morale sur ce qu'il convient de faire (= reconnaître le bien), qui fait qu'il ne doit jamais encourager ni justifier le mal (quand bien même il se dit in petto que lui-même n'aurait sans doute pas la force de faire le bien dans ce cas) afin de ne pas pousser son prochain au mal (un peu de la même façon que dans la prière de l'officier, vous savez : si tu ralentis, il s'arrêtent, si tu avances, ils te dépassent),
et d'autre part la force d'agir pour le bien, qui est une grâce et qui vient de Dieu (quoiqu'il nous revient d'accepter ou de refuser par un acte de notre volonté libre).
Quant à l'athée décrit au message précédent : soit ; oui, un athée peut agir selon la charité chrétienne, viser le Bien tel que décrit par la religion chrétienne et refuser le mal tel que décrit parla religion chrétienne.
Mais pourquoi ce bien et ce mal, pourquoi cette charité, plutôt qu'une autre ?
Cela m'a toujours semblé totalement absurde cette façon qu'ont pas mal d'athées de "jouer sur les deux tableaux" : d'une part nier dieu et le christianisme... mais d'autre part se récrier qu'il ne faut pas pour autant les croire immoraux ou amoraux - et de protester qu'ils sont tout autant capables que n'importe qui d'autre d'être des "gens biens" : oui mais si ce bien est celui défini et décrit par la religion chrétienne, alors cela n'a pas de sens : l'ayant niée, ils ne peuvent pas ensuite la prendre comme référence pour se déclarer des "gens biens" !
Si je suis athées, alors je peux tout autant agir en chrétien, en humaniste, en nazi, en hun, en égoïste, en modèle de charité... Pourquoi irais-je démontrer que mes actes sont "tout aussi bons que les autres" en utilisant les références morales d'une religion que je nie ? C'est absurde.
Donc, non, un athée ne sera pas forcément un néo-nazi ou un tortionnaire... mais il devrait pouvoir l'être ; s'il n'en a pas envie, soit, mais il ne peut pas récupérer la classification "bien/mal" de la religion chrétienne pour se justifier lui-même.
Ou alors,...c'est qu'il reconnaît la validité et la vérité de cette classification en bien et en mal, telle que décrite par la religion chrétienne. En ce cas :
> soit le bien et le mal ne sont pas connaissables directement, auquel cas adhérer même et surtout implicitement et spontanément aux conclusions de la théorie revient à renforcer cette théorie,
> soit le bien et le mal sont connaissables directement, sont donc de l'ordre de l'observation concrète, auquel cas adhérer au bien et au mal chrétiens n'entraîne pas forcément que l'on valide la théorie chrétienne... cependant on est alors bien obligé d'admettre que le modèle athée proposé ne rend pas du tout compte de l'existence de ce bien et de ce mal, donc décrit moins bien la réalité que la religion chrétienne.
En d'autres termes, si les athées sont malgré eux obligés de récupérer le système de pensée morale du christianisme, c'est donc que la pensée chrétienne est applicable en pratique alors que la leur leur fait cruellement défaut sur ce point.
Or, que dire d'une théorie plausible mais inapplicable face à une autre qui aboutit à des conclusions applicables en pratique ?
Dites, faites gaffe, vous allez bientôt vous convertir, là…Mais je crois de moins en moins qu'un quelconque "Grand Soir" puisse être atteint par l'homme. Le "Salut" doit se faire individuellement. Non que je prône l'égoïsme, bien au contraire. Ce que je veux dire c'est qu'on ne peut pas compter sur un sursaut collectif de conscience suffisant pour nous sortir de la mouise où nous sommes et donc que l'action doit se faire au niveau de l'individu ou plutôt de la personne, et pour les individus/personnes, en commençant par ceux qui sont proches de nous. Notez un intéressant paradoxe : c'est que beaucoup de gens se "préoccupent" du sort des haïtiens, des péruviens, etc. en donnant par exemple de l'argent. Mais que bien peu vont donner quelque chose qui ne coûte pourtant pas cher (bien qu'inestimable) : l'Amour, à leur voisin de pallier.
Oui. Comme dit ma môman, "ah ben moi, dans le cirque, devant les bêtes sauvages, j'aurais abjuré ma foi, hein"…Là vous faites erreur, àmha. On peut accorder énormément de valeur aux êtres humains et à sa propre vie mais être si accablé de souffrance et de désespoir qu'on s'en trouve quasiment réduit à "agir" (ce n'est peut-être pas le terme approprié, car alors on est plus proche de l'instinct bestial que de l'action au sens noble du terme) contre ses valeurs.
Un chrétien doit être bien conscient qu'il y a d'une part la réflexion morale sur ce qu'il convient de faire (= reconnaître le bien), qui fait qu'il ne doit jamais encourager ni justifier le mal (quand bien même il se dit in petto que lui-même n'aurait sans doute pas la force de faire le bien dans ce cas) afin de ne pas pousser son prochain au mal (un peu de la même façon que dans la prière de l'officier, vous savez : si tu ralentis, il s'arrêtent, si tu avances, ils te dépassent),
et d'autre part la force d'agir pour le bien, qui est une grâce et qui vient de Dieu (quoiqu'il nous revient d'accepter ou de refuser par un acte de notre volonté libre).
Quant à l'athée décrit au message précédent : soit ; oui, un athée peut agir selon la charité chrétienne, viser le Bien tel que décrit par la religion chrétienne et refuser le mal tel que décrit parla religion chrétienne.
Mais pourquoi ce bien et ce mal, pourquoi cette charité, plutôt qu'une autre ?
Cela m'a toujours semblé totalement absurde cette façon qu'ont pas mal d'athées de "jouer sur les deux tableaux" : d'une part nier dieu et le christianisme... mais d'autre part se récrier qu'il ne faut pas pour autant les croire immoraux ou amoraux - et de protester qu'ils sont tout autant capables que n'importe qui d'autre d'être des "gens biens" : oui mais si ce bien est celui défini et décrit par la religion chrétienne, alors cela n'a pas de sens : l'ayant niée, ils ne peuvent pas ensuite la prendre comme référence pour se déclarer des "gens biens" !
Si je suis athées, alors je peux tout autant agir en chrétien, en humaniste, en nazi, en hun, en égoïste, en modèle de charité... Pourquoi irais-je démontrer que mes actes sont "tout aussi bons que les autres" en utilisant les références morales d'une religion que je nie ? C'est absurde.
Donc, non, un athée ne sera pas forcément un néo-nazi ou un tortionnaire... mais il devrait pouvoir l'être ; s'il n'en a pas envie, soit, mais il ne peut pas récupérer la classification "bien/mal" de la religion chrétienne pour se justifier lui-même.
Ou alors,...c'est qu'il reconnaît la validité et la vérité de cette classification en bien et en mal, telle que décrite par la religion chrétienne. En ce cas :
> soit le bien et le mal ne sont pas connaissables directement, auquel cas adhérer même et surtout implicitement et spontanément aux conclusions de la théorie revient à renforcer cette théorie,
> soit le bien et le mal sont connaissables directement, sont donc de l'ordre de l'observation concrète, auquel cas adhérer au bien et au mal chrétiens n'entraîne pas forcément que l'on valide la théorie chrétienne... cependant on est alors bien obligé d'admettre que le modèle athée proposé ne rend pas du tout compte de l'existence de ce bien et de ce mal, donc décrit moins bien la réalité que la religion chrétienne.
En d'autres termes, si les athées sont malgré eux obligés de récupérer le système de pensée morale du christianisme, c'est donc que la pensée chrétienne est applicable en pratique alors que la leur leur fait cruellement défaut sur ce point.
Or, que dire d'une théorie plausible mais inapplicable face à une autre qui aboutit à des conclusions applicables en pratique ?