Bonjour adoramusTe,
Tout d'abord, juste un mot pour dire que je suis allé une fois dans ma vie à une messe célébrée par un prêtre de l'IBP, donc ce ne sont pas mes affaires. Simplement, ce sont mes frères en Jésus et tout le monde dit du mal d'eux, alors je veux les défendre quand cela me semble nécessaire.
AdoramusTe a écrit :
Personne n'en établit les contours [de l'obéissance], mais apparemment cela ne convient
pas à vos affaires, donc la vision devrait être forcément adoucie.
La vie des saints devrait vous donner une bonne idée de ce que veut
dire obeïssance.
Un petit rappel de doctrine. L'obéissance se rattache à la vertu de prudence qui est une vertu cardinale. En tant que vertu cardinale, cette vertu tend à être vécue dans l'équilibre. Cela signifie que l'on peut pécher par excès d'obéissance et par défaut d'obéissance. Par défaut, tout le monde voit, par excès, c'est plus subtile. On répond à la foi par l'adhésion. On répond à l'obéissance par la soumission. Par exemple, si j'étais religieux, je devrais obéir inconditionnellement à mon supérieur mais rien ne m'obligerait intérieurement à changer d'avis si vraiment je ne suis pas d'accord. Enfin, il y a des sujets sur lesquels les catholiques sont entièrement libres et ce serait un manquement grave à la charité de dire à quelqu'un qu'il n'est pas obéissant alors qu'il est simplement en désaccord avec nous sur un sujet qui est libre. Or, comme le montre le récent motu proprio, l'attitude face au choix de la forme du rite est complètement libre aujourd'hui, donc on ne doit pas juger de l'obéissance d'autrui sur son choix à ce sujet. Par contre, vous avez le droit d'avoir un avis tranché sur la question et d'essayer de faire changer les autres d'avis. Vous avez raison de citer la vie des saints car ils ont justement pratiqué les vertus de façon héroïque. Ils sont de bons exemples pour nous. Il me semble que sainte Catherine est un modèle tout à fait probant pour comprendre ce qu'est l'obéissance.
AdoramusTe a écrit :
Il n'y a pas de réconciliation frelatée, il y a juste de la charité comme je l'ai dit.
Il y a eu tractations que je sache, et qui dit tractations dit concessions de part
et d'autre.
Et c'est un grand acte de charité de la part du Pape que de faire des concessions.
Tout comme les propositions récentes de réintégration de la FSSPX.
S'il y a eu des tractations, elles ont été plutôt rapides puisque les statuts de l'IPB ont été acceptés en quelques jours. Cela a été assez reproché aux fondateurs de l'institut pour qu'on leur rende au moins justice sur ce point. Ce que j'essaie de vous expliquer, c'est qu'il ne faut pas demander aux gens plus que nécessaire. Si l'IBP a l'usage exclusif de la FORM, c'est parce qu'il s'agit d'un droit dans l'Eglise d'aujourd'hui. On a le droit de demander cela. Si cela était une concession, ce serait une charité diffuse selon moi. On voit toute la différence entre l'IBP et la fsspx qui, elle, discute et négocie.
AdoramusTe a écrit :
Pardonner de ne veut pas dire oublier. Attention, la crise n'est pas finie tant que la FSSPX
(dont viennent les gens de l'IBP) n'est pas de retour dans l'Eglise. Comment éviter de
nouvelles crises si l'on n'en garde pas des enseignements ?
D'accord sur le principe. En pratique, je ne vois pas comment cela se traduit dans vos propos. Quels sont selon vous ces enseignements?
AdoramusTe a écrit :
Au plus fort de la crise liturgique, il faut plutôt rendre hommage à ceux qui ont, contre
vents et marées, accepté d'adopter la FORM et l'on célébré dignement, plutôt que ceux
qui l'ont rejetée.
Si ce sont cela les enseignements, force est de constater que depuis le motu proprio, ils doivent être revus.
AdoramusTe a écrit :
Je ne vois pas pourquoi il faudrait en parler aux gens de l'IBP. C'est une affaire entre eux
et le Vatican.
J'ai été estomaqué de lire cette phrase. Pourquoi leur parler? Mais enfin parce qu'ils sont vos frères catholiques en Jésus Christ. S'ils acceptent de se soumettre, de quitter la situation canonique qui était la leur, de faire un énorme effort pour équilibrer leurs positions, cela mérite que nous allions vers eux. Vous rendez-vous compte que ces gens ont perdu beaucoup. Ils sont critiqués par tout le monde, je dis bien tout le monde. Leurs anciens amis les insultent à longueur de journée. On ne leur confie presque pas d'apostolat. Qui a eu un mot de gentillesse pour eux? Qui a salué leur courage? C'est très dur pour eux en ce moment, soutenons les.
Le réel enseignement à tirer de toutes ces années, c'est que l'ostracisme entraîne le raidissement des positions et la dureté du coeur. A l'inverse, l'accueil et le dialogue entraînent l'équilibre, l'échange pour le bien de tous et la charité.
A bientôt j'espère pour poursuivre cet échange
Wanderer
