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Re: Synode sur l'Evangélisation

Publié : jeu. 25 oct. 2012, 20:12
par jean_droit
Zenit vient de recommencer à avoir une ( petite ) entrée concernant le synode ... qui se poursuit et se finit.

Remarque : Vous vous êtes trompé de salle, monseigneur, ici c'est la salle du Synode sur l'Evangélisation, le Synode de l'amitié c'est dans la salle d'à côté.
NOUVELLE ÉVANGÉLISATION

L'amitié, une clé pour le dialogue en Algérie
Par Mgr Desfarges, évêque de Constantine et Hippone

Le card. Burke fait l'éloge de la "discipline"
Pour la cohérence du témoignage chrétien

Re: Synode sur l'Evangélisation

Publié : ven. 26 oct. 2012, 21:16
par jean_droit
De ZENIT du jour :

Voici la fin .....
NOUVELLE ÉVANGÉLISATION

La contemplation du visage du Christ, clef de l'évangélisation
Message final du synode

Le synode, pour redonner le « feu » aux prêtres
Rencontre avec Mgr Schmitthaeusler

Ce qu'on retient du synode : l'optimisme
Les premières réactions des médias

Re: Synode sur l'Evangélisation

Publié : sam. 27 oct. 2012, 10:58
par Romanus
Le message final se décline en 14 thèmes:

1. Comme la Samaritaine au puits de Jacob

2. Une nouvelle évangélisation

3. La rencontre personnelle avec Jésus-Christ dans l’Église

4. Les occasions de rencontre avec Jésus et l’écoute de la Parole

5. Nous laisser évangéliser nous-mêmes et nous disposer à la conversion

6. Recueillir les nouvelles chances d’évangélisation dans le monde d’aujourd’hui

7. Évangélisation, famille et vie consacrée

8. La communauté ecclésiale et les nombreux ouvriers de l’évangélisation

9. Pour que les jeunes puissent rencontrer le Christ

10. L’Évangile en dialogue avec la culture, avec l’expérience humaine et avec les religions

11. La mémoire du Concile Vatican II durant l’année de la foi et la référence au Catéchisme de l’Église Catholique

12. Contemplation du mystère et proximité avec les pauvres

13. Un message aux Églises des diverses régions du monde

14. L’étoile de Marie illumine le désert

Texte intégral : http://www.vatican.va/news_services/pre ... 30_03.html

Re: Synode sur l'Evangélisation

Publié : sam. 27 oct. 2012, 11:04
par jean_droit
Merci pour nous donner cette liste alléchante.

Ce qui m'intéresse vraiment c'est de voir les décisions pratiques qui seront prises par le Saint Père.

Et les actions que nous, en France, nous mettrons en oeuvre dans nos évêchés et dans nos paroisses.

Le temps presse !

Re: Synode sur l'Evangélisation

Publié : sam. 27 oct. 2012, 23:45
par Romanus
Conformément aux normes de l’Ordre du Synode des Évêques (cf. art. 15 et 39), la Liste finale des Propositions des Assemblées générales ordinaires du Synode des Évêques (dont le texte officiel est en latin et fait l’objet d’un vote personnel de la part des Pères synodaux) est destinée au Souverain Pontife auquel elle a été dûment remise. Ce texte, de par sa nature, est réservé et ne sera pas publié afin de respecter le caractère consultatif de l’assise synodale.
À cette occasion, par une décision bienveillante, le Saint-Père Benoît XVI concède qu’une version en langue anglaise, provisoire et à caractère officieux, au soin de la Secrétairerie générale du Synode des Évêques, soit publiée dans le Bulletin du Bureau de Presse du Saint-Siège.

http://www.vatican.va/news_services/pre ... 33_03.html
proposition 1: la documentation soumise au saint-père
proposition 2: le synode exprime sa gratitude
proposition 3: les églises orientales catholiques
proposition 4: la sainte trinité source de la nouvelle évangélisation
proposition 5: nouvelle évangélisation et inculturation
proposition 6: la proclamation de l'evangile
proposition 7: la nouvelle évangélisation comme une dimension permanente missionnaire de l'église
proposition 8: témoigner dans un monde sécularisé
proposition 9: la nouvelle évangélisation et la première annonce
proposition 10: droit à proclamer et à entendre l'évangile
proposition 11: la nouvelle évangélisation et la lecture priante de l'ecriture sainte
proposition 12: documents de vatican II
proposition 13: les défis de notre temps
proposition 14: la nouvelle évangélisation et réconciliation
proposition 16: liberté religieuse
proposition 17: préambules de la foi et la théologie de crédibilité
proposition 19: nouvelle évangélisation et développement humain
proposition 20: la nouvelle évangélisation et le chemin de la beauté
proposition 21: les migrants
proposition 22: conversion
proposition 24: la doctrine sociale de l'eglise
proposition 26: les paroisses et autres réalités ecclésiales
proposition 27: éducation
proposition 28: catéchèse des adultes
proposition 29: catéchèse, les catéchistes et le catéchisme
proposition 30: théologie
proposition 31: nouvelle évangélisation et l'option pour les pauvres
proposition 32: le malade
proposition 33: le sacrement de pénitence et la nouvelle évangélisation
proposition 34: dimanches et jours fériés
proposition 35: liturgie
proposition 36: dimension spirituelle de la nouvelle évangélisation
proposition 37: le sacrement de la confirmation de la nouvelle évangélisation
proposition 38: initiation chrétienne et la nouvelle évangélisation
proposition 39: piété populaire et la nouvelle évangélisation
proposition 40: le conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation
proposition 41: la nouvelle évangélisation et l'église particulière
proposition 42: activite pastorale intégrée
proposition 43: dons hiérarchiques et charismatiques
proposition 44: nouvelle évangélisation dans la paroisse
proposition 45: le rôle des fidèles laïcs dans la nouvelle évangélisation
proposition 46: collaboration des hommes et des femmes dans l'église
proposition 47: formation pour évangélisateurs
proposition 48: la famille chrétienne
proposition 49: dimension pastorale du ministère ordonné
proposition 50: la vie consacrée
proposition 51: les jeunes et la nouvelle évangélisation
proposition 52: le dialogue œcuménique
proposition 53: dialogue inter-religieux
proposition 54: le dialogue entre la science et la foi
proposition 55: parvis des gentils
proposition 56: gestion de la création
proposition 57: la transmission de la foi chrétienne
proposition 58: Marie, l'étoile de la nouvelle évangélisation

Texte intégral en anglais : http://www.vatican.va/news_services/pre ... 33_02.html

Traduction automatique en français par Google : http://translate.google.com/translate?h ... 33_02.html

Re: Synode sur l'Evangélisation

Publié : dim. 28 oct. 2012, 9:31
par jean_droit
Voilà les quelques entrées de ZENIT consacrées au Synode.

J'espère que des décisions seront effectivement prises et, surtout, surtout, mises en oeuvre.
NOUVELLE ÉVANGÉLISATION

Le synode, né de la vie de l'Eglise, pour donner la vie
Remerciements de Benoît XVI

La croissance de l'Eglise catholique en Norvège
Un témoignage qui a frappé Benoît XVI

Les fruits immédiats du synode et les autres
Une expérience qui transforme

Re: Synode sur l'Evangélisation

Publié : dim. 28 oct. 2012, 10:33
par Romanus
En 2010, un évêque anglais, Mgr Conry, évêque de Brighton critiquait la décision de faire un synode sur la "nouvelle évangélisation". Il disait que c'est superflus dans la mesure où l'objectif de l'Église est toujours l'évangélisation, synode ou pas synode. Par ailleurs il craignait qu'en rejetant la faute sur la société qui se sécularise, l'Église trouve un prétexte pour ne pas se remettre en question. Source : http://www.catholicherald.co.uk/news/20 ... n-council/

Je suis assez sceptique sur la proposition de créer des chaires de "nouvelle évangélisation" dans les facultés de théologie (proposition 30). Échange entre deux étudiants dans un couloir: tu as cours de quoi ce matin ? nouvelle évangélisation ? Tu as de la chance, moi j'ai "vieille évangélisation". En ce qui me concerne j'ai toujours du mal avec le mot "nouvelle". Cela ressemble étrangement à un buzzword creux de marketing. "évangile" veut dire "bonne nouvelle", cela fait "nouvelle bonne nouvelle" qui est un pléonasme. Si cela continue on va se mettre à baptiser au nom du nouveau père, du nouveau fils et du nouveau saint esprit.

Bon, je vous quitte, il faut que j'aille à la nouvelle messe.

Re: Synode sur l'Evangélisation

Publié : dim. 28 oct. 2012, 10:42
par françois67
Romanus a écrit :En 2010, un évêque anglais, Mgr Conry, évêque de Brighton critiquait la décision de faire un synode sur la "nouvelle évangélisation". Il disait que c'est superflus dans la mesure où l'objectif de l'Église est toujours l'évangélisation, synode ou pas synode. Par ailleurs il craignait qu'en rejetant la faute sur la société qui se sécularise, l'Église trouve un prétexte pour ne pas se remettre en question. Source : http://www.catholicherald.co.uk/news/20 ... n-council/

Je suis assez sceptique sur la proposition de créer des chaires de "nouvelle évangélisation" dans les facultés de théologie (proposition 30). Échange entre deux étudiants dans un couloir: tu as cours de quoi ce matin ? nouvelle évangélisation ? Tu as de la chance, moi j'ai "vieille évangélisation". En ce qui me concerne j'ai toujours du mal avec le mot "nouvelle". Cela ressemble étrangement à un buzzword creux de marketing. "évangile" veut dire "bonne nouvelle", cela fait "nouvelle bonne nouvelle" qui est un pléonasme. Si cela continue on va se mettre à baptiser au nom du nouveau père, du nouveau fils et du nouveau saint esprit.

Bon, je vous quitte, il faut que j'aille à la nouvelle messe.
Bonjour,
des cours de Nouvelle évangélisation, quelle excellente idée! Ca fait toujours une occasion de réflexion en plus de part le monde. J'aime beaucoup les think tanks, les machines, les structures à idées.
Bien à vous.
P.S.: Jean-Droit: sinon, sur la croissance de l'Eglise en Norvège, vous n'auriez pas des informations supplémentaires? Car a Norvège, cela m'étonne: la Norvège est l'undes pays les plus athées de la planète: plus de 80% des personnes ne croient pas en Dieu.
Y-a-t'il des précisions sur Zénith?
Merci encore.
Bien à vous aussi.

Re: Synode sur l'Evangélisation

Publié : dim. 28 oct. 2012, 22:58
par jean_droit
NOUVELLE ÉVANGÉLISATION

Le synode remet au pape 58 propositions
Exhortation à la sainteté et initiatives pastorales

L'appel du synode à la conversion au Christ, par Mgr Michalik
Impressions du synode

La rencontre du Christ, les jeunes, le Proche-Orient et la beauté
Les « propositions » du synode, par Mgr Carré

Une Eglise humble à la suite du Christ humble
Le message du synode au Peuple de Dieu

Re: Synode sur l'Evangélisation

Publié : lun. 29 oct. 2012, 10:53
par jean_droit
Commentaires de La Croix sur le Synode.

Cet article est très "esprit du concile".

Moi ce qui m'intéresse ce sont les décisions qui vont être prises et appliquées jusqu'au niveau des paroisses.

Je suis un peu dubitatif surtout avec la réflexion d'un évêque français :
Comment les diocèses vont-ils recevoir et prendre en charge les orientations données ? « Il n’y a pas de ligne du parti à exécuter », a souri, en conclusion, le rapporteur spécial, Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier.
L'idée de créer un ministère pour les catéchistes me semble très bonne.

J'ai toujours été très favorable à l'idée du Concile Vatican II d'ouvrir, en quelque sorte, les ordres mineurs aux laïcs en créant des ministères de lecteurs, de catéchistes etc ....

Espérons que ce Synode ne reste pas un catalogue de bonnes inentions et que, à travers lui, l'Eglise de France évangélise à tout va et que, ainsi, nos églises se remplissent de nouveau .....

http://www.la-croix.com/Religion/S-info ... -28-869803

article partiel :
Un message d’optimisme pour clôturer le Synode

L’Église s’est livrée à un « véritable examen de conscience » sur sa manière d’annoncer l’Évangile dans la société, se sont félicités les évêques et experts réunis à Rome pendant trois semaines.

Le Synode sur la nouvelle évangélisation s’est refermé, dimanche 28 octobre, sur la figure évangélique de la Samaritaine choisie par Benoît XVI comme symbole du « devoir de s’asseoir aux côtés des hommes et des femmes de notre temps » .

Si le message final a fait l’unanimité pour l’élan qu’il propose, dans l’héritage de Vatican II, les propositions adressées au pape ont laissé de nombreux pères synodaux sur leur faim.
.....
Du Nord au Sud, les pères synodaux, comme les experts invités à Rome ces trois dernières semaines, se sont félicités de la qualité des interventions entendues – la plupart en présence du pape, toujours très attentif. On est donc loin d’un « synode romano-curial », aux résultats connus d’avance : aux quatre points cardinaux de l’Église, la nouvelle évangélisation a ouvert les vannes d’un examen de conscience pastoral, « véritable événement spirituel ».

MÉTHODE QUALIFIÉE DE « BROYEUSE »

Inquiétudes, désarroi, questions sans réponses se sont succédé à raison de cinq minutes par orateur. Mais aussi suggestions, propositions, incitations… Tous palpables dans le « message au peuple de Dieu » publié à l’issue des travaux. La Samaritaine y a été choisie comme figure de la nouvelle évangélisation et symbole du « devoir de s’asseoir aux côtés des hommes et des femmes de notre temps » . Dans la droite ligne de Vatican II. Dès avant l’ouverture du Synode, Benoît XVI avait rappelé que l’Église tenait là sa « boussole » . Cette ligne a été constamment rappelée, sans équivoque, durant les débats.

Mais le bât a blessé autour de la méthode employée pour l’organisation des débats, qualifiée de « broyeuse » par un évêque français participant. Alors que jamais autant d’évêques n’avaient été réunis aussi longtemps à Rome sur un thème aussi large, les pères synodaux n’ont pas eu de droit de regard sur l’élaboration finale des propositions qu’ils se sont contentés de voter à la quasi-unanimité.

DEUX « ANGLES MORTS »

D’où la déception à la lecture de ces 58 propositions.

Au total, deux lignes de pensée ont coexisté durant ce Synode.

L’une, présente dans les propositions, appelle à une refondation de la foi en forme de reconquête sur une triple base : la paroisse territoriale, le prêtre et l’évêque, la modernisation des outils de transmission.

L’autre, qui apparaît dans le message, appelle à prendre en compte la métamorphose des questions posées à l’Église par le glissement des plaques tectoniques de la société (famille, travail, argent, écologie, institutions, transmission, autorité, etc.) et à « entrer en conversation » avec elle, en vue d’une « conversion » avec ces nouveaux schémas.

Entre ces deux lignes, le pape, qui tirera les conclusions du Synode dans son exhortation apostolique, peut-être publiée d’ici à dix-huit mois, tient une ligne de crête. Dans son homélie de clôture, il met l’accent sur « trois lignes pastorales » :

une insistance sur les sacrements de l’initiation chrétienne ;

le lien avec la mission ad gentes de première évangélisation ;

et enfin, une attention aux « personnes baptisées qui cependant ne vivent pas les exigences du baptême » , pour qui de « nouvelles méthodes » , de « nouveaux langages », une « créativité pastorale » doivent être mis en œuvre.

Plusieurs participants ont relevé deux « angles morts » :

la place des femmes dans l’Église, évoquée marginalement, et l’absence de véritables débats théologiques fondant la nouvelle évangélisation. Parmi les points positifs en revanche, la présence des délégués protestants et orthodoxes a été unanimement saluée ; le Dr Rowan Williams, primat de la Communion anglicane, et le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomeos Ier se sont amplement exprimés, sans limitation de temps de parole, quasiment à parité avec le pape.

« ALLUMER LE FEU » DE LA FOI

La maladresse du cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, présentant une vidéo de propagande anti-islamiste, a été contrebalancée par de nombreuses interventions appelant à la poursuite du dialogue avec l’islam.

Pour autant, de nombreux évêques africains et arabes ont fait part de leurs craintes pour la liberté religieuse dans leurs pays. Et l’annonce de l’envoi d’une mission du synode à Damas est restée pour l’instant à l’état de projet, compte tenu de l’aggravation du contexte syrien.

Au fond, pour comprendre la dynamique de ce Synode, il faut remonter à son tout début, lorsque Benoît XVI a improvisé autour de la « confession » de la foi, qui doit être associée à la charité, afin « d’allumer le feu ». Sur ce point, tous les pères synodaux se sont retrouvés.

Tout comme dans la conclusion improvisée par le pape, samedi : « Il a été pour moi vraiment édifiant, consolant et encourageant de voir ici le miroir de l’Église universelle, avec ses souffrances, ses menaces, ses dangers et ses joies, ses expériences de la présence de Dieu, même dans des situations difficiles. »

Reste à cueillir les fruits de ces trois semaines.

Quel sera le rôle dévolu au Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation ? Benoît XVI a choisi d’élargir ses compétences à la catéchèse. Le Synode a proposé l’institution d’une commission chargée de dénoncer et de documenter les attaques contre la liberté religieuse, et évoqué la possibilité pour les épiscopats de demander à Rome l’institution d’un « ministère spécial du catéchiste ».

Comment les diocèses vont-ils recevoir et prendre en charge les orientations données ? « Il n’y a pas de ligne du parti à exécuter », a souri, en conclusion, le rapporteur spécial, Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier.

FRÉDÉRIC MOUNIER, à Rome

Re: Synode sur l'Evangélisation

Publié : lun. 29 oct. 2012, 11:29
par jean_droit
Voici les remarques de monseigneur Rey, notre évêque évangélisateur :

De Belgicatho :
Clôture du Synode sur la nouvelle évangélisation:

Un autre message beaucoup plus opérationnel et moins convenu que celui de la présidence du Synode, c’est celui que délivre Mgr Rey, évêque de Toulon-Fréjus à Jean Mercier qui l’interviewe ici pour “La Vie” (extraits):

Quel est votre sentiment à la fin de ce Synode ? (…) On touche ici un grand mystère, alors que l’Eglise traverse une crise d’identité dans les pays occidentaux. Nous sommes aussi dans un monde globalisé, et même si les pays africains ne sont pas confrontés à la même sécularisation que nous, nous faisons tous partie du même univers.

Dans votre intervention devant le Synode, vous avez insisté sur l’importance de la gouvernance pastorale. Pourquoi ?

(…) On ne peut pas développer de nouvelles stratégies sans que la relation de chacun au Christ soit revitalisée. On doit commencer par soi-même. Cette conversion spirituelle implique donc, selon moi, une conversion pastorale. Les évêques et les prêtres doivent renouveler leur gouvernance pastorale sous peine de répéter le passé. Il faut établir un “nouveau” paradigme pastoral pour que la “nouvelle” évangélisation soit possible.

Quel paradigme vous semble dépassé ?

C’est la culture pastorale de la “desserte” des lieux de culte, qui conduit à des réaménagements structurels sans que l’on remette vraiment en cause nos fonctionnements (…). Il y a beaucoup d’initiatives qui viennent de l’extérieur mais qui sont étouffées par les pasteurs. Le clergé a beaucoup de mal à vivre une spiritualité de communion, il reste dans une logique de pouvoir cléricale où les laïcs sont leurs “petites mains”.

Comment voulez-vous faire avancer les choses ?

Je crois à la co-responsabilité des laïcs, ce que j’appelle une gouvernance affiliative. Cela passe par un conseil pastoral qui ne soit pas seulement le lieu où l’on distribue des tâches, mais un lieu d’impulsion et de créativité. Il faut aussi se doter d’une méthode, d’un véritable projet pastoral. Sans vision claire de ce qu’on veut faire, on est dans la répétition de ce qu’on a fait jadis et qui a marché, certes, mais qui n’est plus suffisant.


Par où faut-il commencer ?

Par la conversion de l’évêque, évidemment. C’est lui qui doit être responsable de la croissance des prêtres et des laïcs de son diocèse. C’est d’autant plus important dans la phase de mutation que nous connaissons. Et encore plus quand on parle de charité et de communion (…). Si on veut revitaliser le tissu ecclésial, il faut commencer par le haut, et cela commence par une formation nouvelle de l’évêque.

Pourquoi estimez-vous que cette conversion (d’ordre spirituel) doit passer par une formation (d’ordre technique) ?

Parce que je l'ai expérimenté personnellement pour mes prêtres et moi. Nous avons accepté de nous former, de nous remettre en question sur la gouvernance pastorale, au fil de huit séances de deux heures.

Cette formation, qui a été faite par deux laïcs, a offert à chacun des moyens pour apprendre à se connaître soi-même, et acquérir des outils de communication avec les autres.

Un tel parcours prend évidemment en compte la question de la sainteté personnelle et celle de la cohérence de vie, mais elle implique aussi une étape qui est la découverte de ses charismes propres.

Mais il ne suffit pas d'avoir identifié ses charismes. Il faut ensuite, étape supplémentaire, acquérir des compétences pour les mettre en oeuvre. Et d'autant plus si l'on veut accompagner, coacher. C'est indispensable si l'on souhaite augmenter la confiance entre prêtres et laïcs.

Parler de compétence et de gouvernance, c’est inhabituel. Est-ce qu’on ne peut pas vous reprocher de promouvoir une manière de vivre la charge épiscopale qui se limite à du management ?

Je dois assumer ma fonction d’accompagnement. En tant qu'évêque, si je nomme un curé dans une paroisse où il n'existe pas grand chose, je dois l'accompagner face à une tâche immense. Je ne peux pas le lâcher comme ça. La question est de savoir par où il va commencer... Je vais donc l'aider à mettre en place les choses les unes après les autres, sinon il épuisera ses forces à partir dans tous les sens.

Comment voyez-vous l'avenir de l’Eglise en France ?

J'ai déjà dit qu'on ne peut plus s’appuyer sur la pastorale de la desserte.

Il faut avoir un redéploiement sur trois niveaux.

Le premier niveau est celui de la stabilité : une Eglise polaire, c'est à dire structurée selon des pôles qui attirent et où l'on vit la foi et les sacrements, et une vie fraternelle. En effet, il faut une certaine « masse critique » pour faire en sorte qu'un lieu soit vivant et rayonnant.

Le deuxième niveau est celui de l'itinérance, qui consiste à se rendre dans les zones où il n'y a pas de « couverture », pour montrer qu'on n'oublie pas ceux qui ne peuvent pas se déplacer.

Le troisième niveau est celui des réseaux, qui recouvre une autre manière de s'affilier à l'Eglise, par des affinités affectives.


Tout cela doit s'accompagner d'une vision et d'un projet pour la paroisse ou le diocèse. Il faut ici une dose de réalisme : pas question de partir dans des projets démesurés. Un diocèse comme le mien perdrait son temps à créer un lieu comme le Centre des Bernardins de Paris. Cela n'aurait pas de sens.

Mais nous pouvons développer d'autres éléments qui nous sont propres. Cela n'implique pas de balayer ce qu'on a fait avant, par exemple... ou d’avoir des rêves mégalos. Il faut acquérir une capacité de remettre en question les gens sans les culpabiliser. Et il faut d'autant plus « soigner » la méthode que les gens, sur le terrain, sont fatigués.

Re: Synode sur l'Evangélisation

Publié : lun. 29 oct. 2012, 11:36
par jean_droit
Toujours dans Belgicatho :

Moins consensuel cet article. C'est tant mieux.
[Nouvelle évangélisation : pour conclure, le Synode a chaussé les lunettes roses de Vatican II
(Divine ?) surprise pour le blog du journal « Le Monde » (extraits) :

A l’issue de trois semaines d’un synode consacré à la nouvelle évangélisation au cours desquelles 260 évêques ont livré, à Rome, un diagnostic souvent sombre de la situation de l’Eglise catholique à travers le monde, les prélats ont délivré, vendredi 26 octobre, un message appelant les catholiques à ne pas céder « au pessimisme ».(…)

Dans un texte faisant une grande part à « la force de l’esprit saint et à la conversion» pour mettre en œuvre la nouvelle évangélisation, ils estiment qu’il « n’y pas de pessimisme dans les esprits et dans les cœurs » des croyants. (…)

Les évêques estiment parallèlement que le nouvel environnement mondial –les migrations, la sécularisation, les nouvelles formes de pauvreté- peuvent être des « occasions de diffusion de la foi », et l’opportunité pour l’Eglise de « repenser sa présence dans la société ».

« Même dans les formes les plus âpres de l’athéisme et de l’agnosticime », les évêques veulent voir « non pas un vide mais une nostalgie, une attente qui espère une réponse adéquate ».

Sans surprise, ils voient aussi dans la famille un lieu privilégié de la transmission de la foi. Y compris dans celles non conformes au modèle chrétien, s'adressant notamment aux divorcés-remariés (…).

Alors que les relations avec l’islam ont alimenté de vifs débats durant le synode, le message des évêques reste sur cette question particulièrement lénifiant. « Le dialogue entre les religions veut être une contribution à la paix, il refuse tout fondamentalisme et dénonce toute violence visant les croyants », écrivent-ils.

Dans quelques mois, le pape publiera sur ces sujets une exhortation apostolique, sur la base de propositions plus concrètes émises par les évêques.

Nouvelle évangélisation : un message final plus consensuel que les débats

Aujourd’hui, une méthode, certes bien connue : celle du docteur Coué. Mais des propositions concrètes, demain, vraiment ?

Re: Synode sur l'Evangélisation

Publié : lun. 29 oct. 2012, 11:53
par jean_droit
Réaction du Figaro :

Pas très enthousiaste c'est le moins que l'on puisse dire.

Pas beaucoup d'optimisme.

Est-ce un "coup pour rien" ?

J'ai bien peur que ce synode ait été vraiment très "tiède".

Article partiel :

http://www.lefigaro.fr/actualite-france ... ouffle.php
L'Église catholique en quête d'un nouvel élan

«Le chrétien ne doit pas être tiède», affirmé Benoît XVI, jeudi au Vatican, lors des états généraux convoqués pour savoir ce qui ne va plus dans l'Église catholiqu Crédits photo : Gregorio Borgia/AP

Il fallait le culot d'un laïc pour comparer la nouvelle évangélisation à un «match de foot». Jose Prado Flores, mexicain et fondateur d'une école d'évangélisation en pleine expansion au Canada, a osé.
....
«La pédagogie de la foi est un match de foot avec deux mi-temps. La première mi-temps doit être jouée par les évangélisateurs, les témoins qui ont fait l'expérience d'une rencontre avec Jésus. La seconde mi-temps doit mettre en jeu les catéchistes, les théologiens pour approfondir plus sérieusement la doctrine. Vous, les évêques, vous êtes les entraîneurs: vous devez savoir que c'est à la seconde mi-temps que l'on gagne le match mais encore faut-il jouer la première mi-temps!»

Ce match de la nouvelle évangélisation, l'Église catholique peine à le gagner. Et Benoît XVI le sait, qui a convoqué ces états généraux pour mettre à plat ce qui ne va plus dans l'Église catholique et discerner ce qui porte du fruit.

En 1974 déjà, Paul VI, avait convoqué un synode similaire sur «l'évangélisation dans le monde moderne» dont un certain Karol Wojtyla, futur Jean-Paul II, était le rapporteur général.

C'est dire si le malaise - que certains attribuent aux réformes du concile Vatican II, d'autres à l'oubli de Dieu véhiculé par la société de consommation - remonte à loin. En attendant, l'Église catholique en Occident souffre et se vide.

Le document initial du synode qui se clôt ce dimanche - et dont une cinquantaine de «propositions» concrètes et conclusives, seront transmises au Pape aujourd'hui - évoquait même «l'apostasie silencieuse». C'est-à-dire, un rejet de la foi chez les fidèles catholiques. La pire chose du point de vue de l'Église.

Le kérygme

En attendant, Jose Prado Flores, dont on retrouve facilement les propos percutants sur le site de KTO, a voulu marquer les esprits.

Tirant droit au but, il a insisté sur l'importance de la «première annonce». Sans elle, estime-t-il, la nouvelle évangélisation est vouée à l'échec. «On n'évangélise pas d'abord, assure-t-il, avec des théories, des doctrines et des dogmes. Tout cela est bien mais vient après.» Cette «première annonce», les théologiens l'appellent «le kérygme». C'est le fait d'interroger directement les gens, «connais-tu le Christ?» et de leur en témoigner, tout de go! Une méthode pratiquée sans complexe par les protestants évangéliques.

Elle fonde en partie leur succès mais déclenche la critique de prosélytisme.

Benoît XVI, lui-même, avant d'écouter toutes les interventions - cinq minutes pour chacun - l'avait évoqué à sa façon dans le grand amphi de la salle du synode au Vatican.

Lui qui s'autorise très rarement des improvisations avait parlé d'abondance tant ce sujet lui tient à cœur: «Le chrétien ne doit pas être tiède. L'Apocalypse nous dit que là est le plus grand danger du chrétien: qu'il ne dise pas non, mais un oui très tiède. Cette tiédeur discrédite justement le christianisme. La foi doit devenir en nous une flamme de l'amour, une flamme qui allume réellement mon être, devient une grande passion de mon être, et allume ainsi mon prochain. Ceci est le mode de l'évangélisation: Accendat ardor proximos, (l'enthousiasme embrase ceux qui sont autour de moi, NDLR).

Que la vérité devienne en moi charité. Et la charité allume l'autre aussi, comme le fait le feu. C'est seulement dans cette action d'allumer l'autre à travers la flamme de notre charité que croît réellement l'évangélisation, la présence de l'Évangile, qui n'est plus seulement parole mais réalité vécue.»
.....
Pour le coup, le feu qu'ont voulu ne pas éteindre les «pères synodaux» ne manque pas d'intelligence. Leur «message fina l» publié vendredi en est truffé (voir ci-dessous). Mais cette interminable et quasi parfaite copie d'élève appliqué - douze pages -, qui veut traiter de tout et n'oublier personne, semble avoir perdu, en chemin, ce feu sacré que Benoît XVI voulait ranimer.

De plus, l'économie du texte ne va pas dans le sens de l'audace du chrétien évangélisateur à laquelle le pudique Benoît XVI avait appelé dans sa première intervention en choisissant le joli terme latin de sobria ebrietas, l'ivresse sobre!

Le message final refroidit cette ardeur: «Partout est ressenti le besoin de raviver la foi qui risque de s'obscurcir», reconnaît-il mais «il ne s'agit pas de tout recommencer à zéro.» Et de marteler: «Il ne s'agit pas d'inventer on ne sait quelles stratégies, comme si l'Évangile était un produit à placer sur le marché des religions».

Tout s'est donc passé, pendant ce synode, comme si l'Église «structure» avait pris le pas sur les innovations lancées par les nouvelles communautés, elles qui semblaient pourtant incarner «la nouvelle évangélisation».

Un évêque ponctue: «Si certains voyaient en ce synode, un trait d'union entre la nouvelle évangélisation et les communautés nouvelles, ils se sont lourdement trompés».

Re: Synode sur l'Evangélisation

Publié : lun. 29 oct. 2012, 13:08
par Romanus
Mgr Rey : Un diocèse comme le mien perdrait son temps à créer un lieu comme le Centre des Bernardins de Paris.
Voyons voir ce qui se dit au Centre des Bernardins :
Dans son livre [Une société sans école paru en 1971 (Déscolariser la société étant plus proche du titre original Deschooling Society)], Ivan Illich dénonce le caractère aliénant de l’institution scolaire : elle est ‘gavage’ et aliénation pour l’individu et donc plus largement de la société. Imposer ce qui doit être appris, délimiter un âge pour apprendre, séparer maîtres et élèves, cloisonner le temps scolaire de la vie sont autant de figures de l’aliénation.

http://recherche.collegedesbernardins.f ... an-illich/
Que penser alors de l'Église catholique, avec ses barrières sans cesse consolidées entre prêtres et laics, entre « église enseignante » et « église enseignée », avec son "catéchisme de l'église catholique" qui est une sorte d'entonnoir de gavage ?

Re: Synode sur l'Evangélisation

Publié : lun. 29 oct. 2012, 14:18
par Raistlin
Romanus a écrit :Que penser alors de l'Église catholique, avec ses barrières sans cesse consolidées entre prêtres et laics, entre « église enseignante » et « église enseignée », avec son "catéchisme de l'église catholique" qui est une sorte d'entonnoir de gavage ?
N'importe quoi.

Vatican II a rappelé la vocation commune des baptisés à la sainteté, prêtres ou laïcs. En outre, vous ne pouvez nier que les laïcs ont un rôle bien plus important. Mais ce que je lis dans vos propos, c'est le mépris de toute autorité, notamment en ce qui concerne la foi. M'est avis que c'est une position absurde qui ne conduit qu'à l'anarchie et à l'erreur. Car au risque de vous choquer, Jésus lui-même a donné à ses apôtres la mission de guider et d'enseigner les fidèles. Êtes-vous supérieur à Jésus pour juger que ça n'était pas nécessaire ?