Re: Croyant « cathare »
Publié : sam. 03 août 2013, 21:50
Je voudrais simplement vous dire sans aucune agressivité ni ironie que votre principal problème est que, étant baignée dans un milieu conforté depuis près de quinze siècles dans l'idée qu'il détient la Vérité révélée et que les textes sur lesquels il se base sont parfaitement authentiques et indiscutables, vous pensez en toute bonne foi que vos croyances sont des évidences. Pourtant il n'en est absolument rien.Suliko a écrit :Comment pouvez-vous dissocier le Christ de son milieu? Je veux dire par là que le Christ est Juif, issu de la famille de David, qu'il a reçu une éducation religieuse juive, que sa venue est prophétisée par plusieurs passages de l'AT (notamment "Isaïe"), que Jésus lui-même cite l'AT, a été circoncis, etc...Si vraiment l'AT est diabolique, pourquoi donc le Christ est-il lié si intimement à cette histoire du peuple juif? Car il est indéniable que l'AT et le NT sont liés.
En bref, ce que je ne comprends pas, c'est comment vous pouvez faire fi de tout le contexte historique et religieux du NT.
Dissocier le Christ du milieu Juif est facile puisque ce n'est pas son milieu. Il est Fils de Dieu savez-vous ? Or, Dieu me semble-t-il n'est pas Juif.
Parmi les dizaines d'évangiles publiés, dont une partie non négligeable a refait surface en 1945 à Nag Hammadi, il n'en est aucun qui soit authentique au sens où nous entendons ce terme aujourd'hui. L'édification d'une histoire chrétienne s'est avérée nécessaire quand au milieu du IIe siècle (en 144 précisément) Marcion de Sinope est venu présenter le résultat de quatre ans de travaux aux responsables chrétiens de Rome. Horrifiés par ses conclusions ces derniers l'ont rejeté et il a alors constitué une église chrétienne qui a dominé la chrétienté jusqu'au début du Ve siècle. Pendant cette période et pour contrer les trois documents de Marcion : les Antithèses qui démontraient comment l'AT relatait un Dieu qui ne pouvait être que le diable, l'Apostolicon qui reconstituait ce qu'il considérait être l'authentique travail de missionnaire de Paul de Tarse, sa référence absolue et l'Evangelion qui, en se basant sur Paul une fois encore, constituait le premier évangile véritable.
C'est pourquoi d'ailleurs on s'aperçoit facilement que les évangiles, canoniques ou pas, sont des apologies de l'apôtre ou du disciple qu'ils veulent valoriser, mais contiennent des éléments très variés et divergents.
Ainsi la naissance de Jésus et son enfance divergent entre elles (enfin pour les évangiles qui en parlent), présentent de fortes incohérences, voire sont en opposition avec le reste du texte (notamment pour Luc). La durée de la mission de Jésus diverge même entre les canoniques entre un et trois ans.
L'AT et le NT ne sont pas liés et sont même antagonistes à plus d'un titre mais nous en avons déjà parlé.
La différence entre nous est que là où vous reposez sur des certitudes que vous n'avez jamais soumises à la critique historiographique et théologique, j'ai construit un argumentaire cohérent et logique en fouillant et en étudiant de nombreuses sources pendant de nombreuses années.
Ce que je rejette n'est pas rejeté au hasard et je vous rappelle que le texte que vous croyez authentique n'est que le résultat de 1500 ans d'interpolations et d'éliminations effectuées par les représentants de votre groupe qui ont appliqué avec ferveur le principe selon lequel la vérité historique est celle du vainqueur.Suliko a écrit :Et enfin, sur quels critères vous basez-vous pour déclarer que certains passages du NT sont inauthentiques? Par exemple, vous refuser d'appeler le Christ "Jésus" (pourquoi en fait?) Car pour l'instant, je vous l'ai déjà dit, j'ai l'impression que vous faites comme les musulmans, à savoir prendre ce qui va avec votre doctrine et rejeter le reste. Cela n'a rien de très scientifique...Mais je suis sûre que vous avez une autre explication.
La corrélation entre Jésus et le Christ reste à prouver. Parce que Jésus semble n'avoir laissé que très peu de traces alors que son histoire aurait dû lui valoir une grande renommée s'il était vraiment ce que nous en disent une partie des textes publiés à l'époque. N'oublions pas que le premier à avoir écrit sur le Christ est Paul dont l'œuvre date de 50 environ quand les premiers évangiles ne viendront que vers 70 ou même au deuxième siècle. Nombre des documents publiés ensuite furent destinés à proposer une autre voie que la sienne puisqu'il était considéré comme l'apôtre des hérétiques jusqu'à ce que l'on comprenne que son œuvre était trop diffusée pour être supprimée et qu'il valait mieux l'adapter afin de la rendre canonique.
Christ est l'envoyé de Dieu, le messager mais aussi le message en quelque sorte. Comment s'st-il manifesté aux homme ? Difficile d'être affirmatif. Peut-être y a-t-il eu secondairement assimilation de l'envoyé Christ avec un humain ayant montré des dons de guérisseurs (comme en disposaient les membres de la secte juive des Therapeutes). Peut-être Christ s'st-il manifesté à travers un être qu'il aurait ainsi subjugué (l'idée me déplaît personnellement). Peut-être Christ s'est-il manifesté par hallucination plus ou moins réaliste selon le public concerné. On voit qu'avec Paul il a suffit d'un seul instant pour que cet homme change son point de vue de façon radicale. Mais avec des hommes plus frustres, peut-être a-t-il été nécessaire d'être plus persuasif.
Je suis prêt à comparer avec vous la liste de mes sources (environ 400 à ce jour) avec les vôtres pour voir qui de nous deux travaille de façon scientifique.
Je ne vois aucun inconvénient à ce que vous pensiez ce que vous voulez. Personnellement je n'ai envie de convaincre personne de la valeur éventuelle de mes conclusions. Je serais assez content que certains d'entre-vous découvre l'intérêt de l'étude et de la recherche critique, même si au final cela ne change rien à votre conception des choses. Et je ne continuerai à répondre et à critiquer les arguments infondés qui me sont opposés que tant qu'il se trouvera quelqu'un pour le faire. Sauf si le responsable qui m'a déjà contacté décide d'annoncer officiellement qu'il m'interdit de continuer.
Le temps que je passe avec vous obère celui que je dois consacrer à mon travail littéraire et je ne le fais que dans l'esprit de montrer que l'on peut essayer de réfléchir par soi-même et de faire ses propres expériences. Autant vous dire qu'après avoir corrigé certaines erreurs graves trouvées ici concernant le catharisme je n'ai aucune intention de demeurer en un lieu qui ne m'apporte rien. Dès que vos questions auront été satisfaites, je retournerai chez moi.