Re: Proche-Orient : vers une offensive terrestre ?
Publié : mar. 29 juil. 2014, 19:23
Israël a demandé aux États-Unis de l'aider de nouveau à sceller une trêve avec le groupe palestinien Hamas à Gaza, a déclaré mardi le secrétaire d'État John Kerry, revenu bredouille le week-end dernier d'une mission de paix dans la région.
M. Kerry a indiqué avoir de nouveau parlé «la nuit dernière avec le premier ministre» israélien Benjamin Netanyahu, lequel «a soulevé l'idée et la possibilité d'un cessez-le-feu».
Le chef du gouvernement israélien «a toujours dit qu'il accepterait un cessez-le-feu qui permette à Israël de se protéger contre les tunnels» dans la bande de Gaza, a défendu le ministre américain.
«Nous travaillons très sérieusement et je crois de manière posée avec nos amis israéliens afin de trouver un moyen de réduire les pertes de civils, pour empêcher que la situation ne s'envenime davantage», a expliqué John Kerry.
À peine rentré aux États-Unis le week-end dernier d'un déplacement d'une semaine au Proche-Orient, John Kerry a été vivement critiqué lundi par une presse israélienne lui reprochant d'avoir utilisé Le Caire comme camp de base et raillant ses efforts diplomatiques intenses qui n'ont abouti qu'à une seule trêve de douze heures.
Les relations entre les États-Unis et Israël avaient déjà subi un net refroidissement depuis l'échec fin avril du processus de paix israélo-palestinien relancé par M. Kerry pendant neuf mois.
Le ministre américain a notamment été comparé en Israël à un «éléphant dans un magasin de porcelaine» quand il n'a pas été taxé d'«incompétent» ou de «messianique».
«J'ai déjà pris des coups en politique. Je ne m'inquiète pas de ça. Il ne s'agit pas de ma personne, il s'agit d'Israël et de son droit à se défendre», a répondu John Kerry devant la presse en recevant son homologue ukrainien Pavlo Klimkine.
Déluge de feu et proposition palestinienne de trêve
La bande de Gaza restait mardi sous les bombes israéliennes, le conflit dévastateur dont personne ne voit l'issue entrant dans sa quatrième semaine, même si la direction palestinienne a assuré que le Hamas était prêt à une trêve de 24 heures.
Des dizaines de Palestiniens, dont des femmes et des enfants, sont encore morts mardi dans l'enclave palestinienne, la communauté internationale ne parvenant pour l'heure à opposer que son horreur et des appels impuissants à un cessez-le-feu. Aucune issue diplomatique ne s'est pour l'heure dessinée.
Yasser Abed Rabbo, le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui chapeaute l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas, a affirmé que l'OLP, tout comme le Jihad islamique et le Hamas qui contrôle la bande de Gaza étaient «prêts à une trêve humanitaire de 24 heures».
Une délégation conjointe doit partir prochainement au Caire pour des discussions, selon le dirigeant de l'OLP. Le Hamas n'avait toutefois pas confirmé son accord en milieu d'après-midi.
Ces derniers jours, plusieurs annonces de trêve dans les combats, faites par le Hamas comme par Israël, n'avaient pas permis de mettre un terme au conflit.
Sourds aux suppliques, Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas semblent déterminés à poursuivre leur conflit.
L'offensive israélienne déclenchée le 8 juillet pour tenter d'anéantir la capacité militaire du Hamas a fait plus de 1100 morts palestiniens, pour trois quarts des civils selon l'ONU.
Côté israélien, trois civils et 53 soldats ont été tués, le plus lourd bilan militaire depuis la guerre contre le Hezbollah libanais en 2006.
Après une éphémère trêve de fait pour la fête du Fitr marquant la fin du ramadan lundi, un déluge de feu s'est abattu sur Gaza, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu prévenant ses concitoyens qu'ils devaient se tenir prêts à une «longue campagne».
«Soudain, des missiles sont tombés comme la pluie», a raconté Mohamed al-Dalo, un habitant de Gaza. «Nous avons quitté nos maisons, certains couraient dans une direction, les autres à l'opposé. Les gens ne savaient pas où aller. Les gens criaient: Évacuation!»
Selon une estimation fournie mardi par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 215 000 habitants ont dû fuir leur foyer dans cette enclave sous blocus, pauvre et surpeuplée, soit près d'un Gazaoui sur huit.
Les raids aériens et les frappes se sont succédé à Gaza, avec les bombardements les plus violents depuis des jours, selon un journaliste de l'AFP. Dans l'après-midi, les bombes semblaient s'éloigner de la ville de Gaza et se déplacer plus au nord, vers la frontière, selon des journalistes de l'AFP.
L'unique centrale électrique du territoire, qui assure en temps normal 30% de ses besoins en électricité, a été bombardée et a cessé de fonctionner. Mardi en milieu d'après-midi, elle était toujours en flammes et dégageait un épais panache de fumée noire.
Dans le camp de réfugiés de Chati, la maison vide du chef du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a été touchée selon sa famille, de même que la télévision et la radio du Hamas, qui a néanmoins continué d'émettre.
Lourdes pertes de l'armée
L'armée israélienne a affirmé avoir tué plus de 300 combattants du Hamas et frappé quelque 3900 «sites terroristes» depuis le début du conflit, qui s'est étendu le 17 juillet à une opération terrestre.
Mais l'objectif affiché d'obtenir une «démilitarisation de Gaza» et de détruire l'arsenal de roquettes et les tunnels d'attaque du Hamas est loin d'être atteint.
Dans cette guerre asymétrique, le Hamas et ses alliés du Jihad islamique, qui s'étaient visiblement préparés à une offensive israélienne, parviennent à faire mal à leur adversaire.
Les sirènes d'alarme continuent de retentir dans les villes israéliennes, au rythme des tirs de roquettes.
Et dix soldats sont tombés ces dernières 24 heures dans des attaques revendiquées par le Hamas, dont cinq dans des combats avec un commando qui avait émergé d'un des tunnels du Hamas près du kibboutz de Nahal Oz (sud).
L'offensive israélienne «Bordure protectrice» lancée le 8 juillet sur Gaza a déjà duré aussi longtemps que «Plomb Durci» en 2008/2009, qui était aussi destinée à faire cesser les tirs de roquettes du Hamas et fut pour les Palestiniens (1440 morts) la plus meurtrière des quatre confrontations majeures depuis le retrait israélien de Gaza en 2005.
«Au nom de l'humanité, la violence doit s'arrêter», a lancé dans une énième exhortation le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Le président américain Barack Obama avait exigé dimanche en vain un cessez-le-feu «immédiat et sans conditions».
http://www.lapresse.ca/international/do ... -treve.php
M. Kerry a indiqué avoir de nouveau parlé «la nuit dernière avec le premier ministre» israélien Benjamin Netanyahu, lequel «a soulevé l'idée et la possibilité d'un cessez-le-feu».
Le chef du gouvernement israélien «a toujours dit qu'il accepterait un cessez-le-feu qui permette à Israël de se protéger contre les tunnels» dans la bande de Gaza, a défendu le ministre américain.
«Nous travaillons très sérieusement et je crois de manière posée avec nos amis israéliens afin de trouver un moyen de réduire les pertes de civils, pour empêcher que la situation ne s'envenime davantage», a expliqué John Kerry.
À peine rentré aux États-Unis le week-end dernier d'un déplacement d'une semaine au Proche-Orient, John Kerry a été vivement critiqué lundi par une presse israélienne lui reprochant d'avoir utilisé Le Caire comme camp de base et raillant ses efforts diplomatiques intenses qui n'ont abouti qu'à une seule trêve de douze heures.
Les relations entre les États-Unis et Israël avaient déjà subi un net refroidissement depuis l'échec fin avril du processus de paix israélo-palestinien relancé par M. Kerry pendant neuf mois.
Le ministre américain a notamment été comparé en Israël à un «éléphant dans un magasin de porcelaine» quand il n'a pas été taxé d'«incompétent» ou de «messianique».
«J'ai déjà pris des coups en politique. Je ne m'inquiète pas de ça. Il ne s'agit pas de ma personne, il s'agit d'Israël et de son droit à se défendre», a répondu John Kerry devant la presse en recevant son homologue ukrainien Pavlo Klimkine.
Déluge de feu et proposition palestinienne de trêve
La bande de Gaza restait mardi sous les bombes israéliennes, le conflit dévastateur dont personne ne voit l'issue entrant dans sa quatrième semaine, même si la direction palestinienne a assuré que le Hamas était prêt à une trêve de 24 heures.
Des dizaines de Palestiniens, dont des femmes et des enfants, sont encore morts mardi dans l'enclave palestinienne, la communauté internationale ne parvenant pour l'heure à opposer que son horreur et des appels impuissants à un cessez-le-feu. Aucune issue diplomatique ne s'est pour l'heure dessinée.
Yasser Abed Rabbo, le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui chapeaute l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas, a affirmé que l'OLP, tout comme le Jihad islamique et le Hamas qui contrôle la bande de Gaza étaient «prêts à une trêve humanitaire de 24 heures».
Une délégation conjointe doit partir prochainement au Caire pour des discussions, selon le dirigeant de l'OLP. Le Hamas n'avait toutefois pas confirmé son accord en milieu d'après-midi.
Ces derniers jours, plusieurs annonces de trêve dans les combats, faites par le Hamas comme par Israël, n'avaient pas permis de mettre un terme au conflit.
Sourds aux suppliques, Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas semblent déterminés à poursuivre leur conflit.
L'offensive israélienne déclenchée le 8 juillet pour tenter d'anéantir la capacité militaire du Hamas a fait plus de 1100 morts palestiniens, pour trois quarts des civils selon l'ONU.
Côté israélien, trois civils et 53 soldats ont été tués, le plus lourd bilan militaire depuis la guerre contre le Hezbollah libanais en 2006.
Après une éphémère trêve de fait pour la fête du Fitr marquant la fin du ramadan lundi, un déluge de feu s'est abattu sur Gaza, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu prévenant ses concitoyens qu'ils devaient se tenir prêts à une «longue campagne».
«Soudain, des missiles sont tombés comme la pluie», a raconté Mohamed al-Dalo, un habitant de Gaza. «Nous avons quitté nos maisons, certains couraient dans une direction, les autres à l'opposé. Les gens ne savaient pas où aller. Les gens criaient: Évacuation!»
Selon une estimation fournie mardi par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 215 000 habitants ont dû fuir leur foyer dans cette enclave sous blocus, pauvre et surpeuplée, soit près d'un Gazaoui sur huit.
Les raids aériens et les frappes se sont succédé à Gaza, avec les bombardements les plus violents depuis des jours, selon un journaliste de l'AFP. Dans l'après-midi, les bombes semblaient s'éloigner de la ville de Gaza et se déplacer plus au nord, vers la frontière, selon des journalistes de l'AFP.
L'unique centrale électrique du territoire, qui assure en temps normal 30% de ses besoins en électricité, a été bombardée et a cessé de fonctionner. Mardi en milieu d'après-midi, elle était toujours en flammes et dégageait un épais panache de fumée noire.
Dans le camp de réfugiés de Chati, la maison vide du chef du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a été touchée selon sa famille, de même que la télévision et la radio du Hamas, qui a néanmoins continué d'émettre.
Lourdes pertes de l'armée
L'armée israélienne a affirmé avoir tué plus de 300 combattants du Hamas et frappé quelque 3900 «sites terroristes» depuis le début du conflit, qui s'est étendu le 17 juillet à une opération terrestre.
Mais l'objectif affiché d'obtenir une «démilitarisation de Gaza» et de détruire l'arsenal de roquettes et les tunnels d'attaque du Hamas est loin d'être atteint.
Dans cette guerre asymétrique, le Hamas et ses alliés du Jihad islamique, qui s'étaient visiblement préparés à une offensive israélienne, parviennent à faire mal à leur adversaire.
Les sirènes d'alarme continuent de retentir dans les villes israéliennes, au rythme des tirs de roquettes.
Et dix soldats sont tombés ces dernières 24 heures dans des attaques revendiquées par le Hamas, dont cinq dans des combats avec un commando qui avait émergé d'un des tunnels du Hamas près du kibboutz de Nahal Oz (sud).
L'offensive israélienne «Bordure protectrice» lancée le 8 juillet sur Gaza a déjà duré aussi longtemps que «Plomb Durci» en 2008/2009, qui était aussi destinée à faire cesser les tirs de roquettes du Hamas et fut pour les Palestiniens (1440 morts) la plus meurtrière des quatre confrontations majeures depuis le retrait israélien de Gaza en 2005.
«Au nom de l'humanité, la violence doit s'arrêter», a lancé dans une énième exhortation le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Le président américain Barack Obama avait exigé dimanche en vain un cessez-le-feu «immédiat et sans conditions».
http://www.lapresse.ca/international/do ... -treve.php