Re: Bizarreries de la théière de Russell
Publié : mer. 28 févr. 2018, 18:53
Je ne parlais pas du Christ, mais d'un intervenant de ce forum. Inutile de préciser que Jésus fait figure d'exception.
Pour l'intelligence de la foi
https://www.cite-catholique.org/
Le texte (Matthieu 13-36) est explicite ; les hérésies (tout le mal en fait) seront éradiquées à la fin du monde par les anges.Alors il renvoya la foule, et entra dans la maison. Ses disciples s'approchèrent de lui, et dirent: Explique-nous la parabole de l'ivraie du champ. 37Il répondit: Celui qui sème la bonne semence, c'est le Fils de l'homme; 38le champ, c'est le monde; la bonne semence, ce sont les fils du royaume; l'ivraie, ce sont les fils du malin;l'ennemi qui l'a semée, c'est le diable; la moisson, c'est la fin du monde; les moissonneurs, ce sont les anges. 40Or, comme on arrache l'ivraie et qu'on la jette au feu, il en sera de même à la fin du monde. 41Le Fils de l'homme enverra ses anges, qui arracheront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l'iniquité
Donc à mon opinion la question de Russel est (en tout cas c'est ma question) : pourquoi l'Eglise, qui propose une morale haute, et qui croit et diffuse que cette morale fait partie d'une révélation divine, s'est, à certaines époques, affranchie de la contrainte de cette morale ?Et les serviteurs lui dirent: Veux-tu que nous allions l'arracher? 29Non, dit-il, de peur qu'en arrachant l'ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé.…
Non ce n"est pas du tout la question de la théière, qui est purement épistémologique (fonctionnement du savoir, de la croyance, et nature de la certitude et de la morale en matière de croyance - doute blamable).Astya a écrit : ↑jeu. 01 mars 2018, 19:57 En ce qui concerne la vérité et/ou infaillibilité des textes sacrés : est-ce qu'il n'y a pas deux manières de l'aborder ?
- D'un côté, la révélation : existence de Dieu, créateur,
- d'un autre côté, l'établissement : loi morale, discernement du bien et du mal.
A partir du moment où ces textes sacrés établissent des prescriptions morales , le croyant, le fidèle, doit les considérer comme véritables et infaillibles ( à mon opinion ) ?
Or, l'Eglise a , pendant 2000 ans, diffusée ces vérités morales contenues dans les textes sacrés. La question est de savoir si l'Eglise a diffusée ces vérités par l'exemple ou par le texte seulement :
Donc à mon opinion la question de Russel est (en tout cas c'est ma question)
cette question historique est distincte. Elle concerne l'évolution du droit criminel et du bien commun. En 1850 on pendait encore pour vol de mouton en Angleterre. Les sorcières commetteaient des crimes civils en lancant des sorts. Les hérétiques publics nuisaient au bien commun, comme les coupables de lèse-majesté (offense au chef de l'Etat).: pourquoi l'Eglise, qui propose une morale haute, et qui croit et diffuse que cette morale fait partie d'une révélation divine, s'est, à certaines époques, affranchie de la contrainte de cette morale ?
Et aussi : pourquoi, de nos jours encore, certaines personnes (Archidiacre d'une façon sérieuse et érudite, d'autres moins sérieusement) essaient de prouver que les hérétiques étaient de l'ivraie, Giordano Bruno un illuminé et les sorcières pas si nombreuses ?
Même s'il n'y avait eu qu'un hérétique et une sorcière : Jésus leur avait dit de ne pas les brûler.
La question est : qu'est-ce qui fait glisser le dogmatisme vers le fanatisme ? Comment ça a pu arriver à une religion qui transmet un message d'amour et de pardon ?
A mon opinion, non : c'est une affaire de nature du délit. Comme vous le rappelez, le bon larron ne se plaint pas de son sort à lui, mais souligne que Jésus est "juste". Et donc injustement condamné pour ses opinions qui ont été qualifiées de blasphèmes.En fait, c'est une affaire de peine de mort essentiellement
A mon opinion, cette manière de poser le problème ne le résoud pas mais l'envenime; je préferrais :Les deux phrases sont vraies, en soi. Réduisons le débat à ces deux phrases.
Bonjour, Astya!
Je n'essaie pas de minimiser les fautes mais de rendre leur vraie valeur. Sinon, la question théologique de la condamnation de l'hérésie, elle découle de la conception que l'hérésie est aussi grave qu'un meurtre, car elle tue les âmes par ses idées. Si on n'y croit pas, cela parait être de la vulgaire censure d'idées contraires. Mais l'idée ici porte sur la foi et constitue une contradiction qui, d'un point de vue chrétien, va au delà du simple désaccord. Jésus n'a pas demandé de condamner à mort, et c'est surement la moins bonne manière de protéger les âmes du mensonge (l'inquisition n'utilisait d'ailleurs pas que ce moyen là, fort heureusement). Néanmoins, il disait sa justice incarnée par les pouvoirs politiques (Romains 13:4). Quand ces pouvoirs ont été eux même christianisé, c'est là que définir la gravité de l'hérésie en matière de loi a commencé à être débattu. Après, il faut être sûr de ce qu'on dit au niveau de la morale de l'Eglise, car des saints ont parfois soutenue ces circonstances. Je ne voudrais pas "dogmatiser" une morale qui risquerait d'être biaisée par notre conception actuelle du bien et du mal.Astya a écrit : ↑jeu. 01 mars 2018, 19:57 Et aussi : pourquoi, de nos jours encore, certaines personnes (Archidiacre d'une façon sérieuse et érudite, d'autres moins sérieusement) essaient de prouver que les hérétiques étaient de l'ivraie, Giordano Bruno un illuminé et les sorcières pas si nombreuses ?
Même s'il n'y avait eu qu'un hérétique et une sorcière : Jésus leur avait dit de ne pas les brûler.
La question est : qu'est-ce qui fait glisser le dogmatisme vers le fanatisme ? Comment ça a pu arriver à une religion qui transmet un message d'amour et de pardon ?
Dans ce contexte, les vidéos d'Archidiacre, même si elles sont très érudites et bien construites, sont quand même offensantes : chercher à minimiser la méchanceté des bûchers pour hérésie ou sorcellerie, cela blesse mes sentiments humains et chrétiens.
Ce que j'entends dans les messages d'Archidiacre et d'Anne, c'est une certaine condescendance et une certaine complaisance, quelque chose comme : "Ouh là là encore ces imbéciles influencés par le complot maçonnique des lumières qui veulent embêter les pauvres petits cathos !"
Je préfèrerai, venant de l'Eglise, un message qui présente d'abord les vues tolérantes de Jésus, et qui explique ensuite que les dérapages au fil du temps sont le fait d'erreur d'interprétation du message, et des différents contextes historiques. Un message qui soit clair sur le bien et le mal.
A mon opinion, c'est le boulot de l'Eglise de dire où est le bien et le mal aux catholiques et au monde.
L'intolérance religieuse, la police de la pensée, l'accaparement des biens terrestres, la ségrégation ethnique ou sociale, l'appel à la guerre et à la haine, c'est mal aujourd'hui, hier, demain.
J'espère que vous ne serez pas offensés par ce message : mes intentions sont pures mêmes si mes mots ne sont pas clairs !
Bien à vous.
Au contraire : c'est le droit fil de l'argumentaire de Russel :
Certes pas. Le délit d'opinion en temps de guerre existe encore pour nous, et le bien commun antique pouvait très bien l'exiger en temps de paix, tout ca est très relatif, attention à l'anachronisme. Idem la criminalisation de l'adultère, les chatiments corporels (si visibles en charia), etc.Astya a écrit : ↑mer. 07 mars 2018, 1:07 Bonsoir,
Bonsoir Christian K , vous dites
----------
fait, c'est une affaire de peine de mort essentiellement
---------''
A mon opinion, non : c'est une affaire de nature du délit.
La peine de mort pour délit d'opinion, c'est outrancier et injuste même il y a 2000 ans.
Non je dis que d'un point de vue théologique, des docteurs et de l'Eglise de l'époque, cela était jugé justifié pour les raisons que je vous ai énumérées. Le regret des persécutions est différent de savoir si, en toutes circonstances, la condamnation légale (par la censure par exemple) de l'hérésie est une mauvaise chose, étant donné que le prêche de l'hérésie tue les âmes (chose qu'une vision moderne relativiserait, mais c'est un esprit qui n'a pas eu sa place pendant très longtemps). Il y a définitivement débat à ce sujet et je ne me permettrai donc pas d'imposer un dogme moral moderne à la position de l'Eglise de l'époque, de peur de projeter une sensibilité grandissante aux sentences et un certain biais vis à vis des valeurs actuelles (il suffit de lire le syllabus, qui n'est pas si ancien que ça, pour comprendre de quoi je veux parler). Il faut faire attention à ne pas parler de ces saints passés avec condescendance, comme si nous avions ces dernières décennies découvert la véritable morale universelle et que l'Eglise avait été corrompue pendant de longs siècles. A mon avis, c'est incompatible avec la foi en l'Eglise guidée par Dieu. D'où mon droit de rester neutre à ce sujet, car même la position actuelle de l'Eglise pourrait se retrouver dans son propre contexte et changer à l'avenir.Astya a écrit : ↑jeu. 08 mars 2018, 0:11
Archidiacre, si je vous ai bien compris , vous pensez que l'Eglise était légitime à brûler les hérétiques ? Est-ce que c'est votre opinion personnelle ou la position officielle de l'Eglise ?
Je comprend bien que s'il y a des saints favorables à ces exécutions, et que l'Eglise n'envisage pas de les dé sanctifier, sa position officielle est difficile à deviner si elle ne l'a pas exprimée dans un écrit.
J'ai une piètre connaissance de l'ensemble des écrits papaux, mais je croyais que les papes du 20ème siècle s'étaient exprimés sur ce sujet : regret des persécutions. Dès lors il y aurait une réponse catholique à l'argumentaire de Russel :
1- les catholiques ne peuvent pas prouver l'existence de Dieu ; cela n'est pas relevant : ils croient ;
2- ils croient que leurs textes anciens sont sacrés et inspirés ;
3- ils regrettent que les autorités catholiques aient, dans un lointain passé, pourchassés ceux qui n'y croyaient pas ;
et ils s'engagent pour le futur à simplement définir ceux qui ne croient pas comme eux comme "non catholiques" égaux en droit et en dignité aux "catholiques" mais ne pouvant pas participer aux rites comme les catholiques.