Re: C'est quoi être féministe et catholique
Publié : mar. 18 mai 2021, 19:54
ademimo,
Je dirais que le féminisme n'est pas une production sortant en droite ligne du catholicisme. Il me serait impossible de dire ça.
Le christianisme favorise l'idée de dignité de la personne au sens large, l'idée d'un bien commun, l'idée qu'il puisse être bien de travailler à améliorer les conditions d'existence des malheureux, défavorisés. Donc, une société christianisée au départ peut représenter naturellement un terreau fertile pour donner prise à des systèmes socialisants dont le mot d'ordre sera de travailler officiellement à hausser le degré de justice dans le pays. Ce serait difficile pour des chrétiens à la longue de devoir passer pour des gens qui ne souhaiteraient pas que le sort des enfants soit amélioré, que les pauvres puissent bénéficier d'une instruction scolaire, qu'il y ait moins d'inégalité criante devant la loi entre les hommes et les femmes, etc.
Ce que je dis, moi, c'est que le moteur du féminisme et même ce qui aura pu en être la source se trouvent ailleurs que dans l'Église. Dans des courants de pensée indépendants du christianisme, en réaction contre voire. Les lumières, la Révolution, le romantisme révolutionnaire des barricades, le socialisme utopique, le libéralisme, la franc-maçonnerie : autant de courants d'opposition à l'Église. Ce qui va se cristalliser comme mouvance féministe institutionnelle reconnaissable dans la dernière partie du XIXe siècle, mais c'est un regroupement de personnes qui souhaitent bien libérer la société civile et les femmes en l'occurence de l'emprise de l'Église, du clergé, des valeurs patriarcales défendues par les évêques.
Au début du XXe siècle encore, l'épiscopat souhaite voir les femmes à la maison et à s'occuper des enfants qu'on espère assez nombreux. Le clergé n'a jamais voulu que les femmes aillent travailler à l'usine, ni qu'elles puissent exercer un contrôle sur les naissances. Les évêques n'ont jamais voulu de bon grée que les femmes puissent disposer du droit de vote, pas davantage qu'une femme puisse devenir médecin, juge en chef de la Cour, architecte, etc.
Tout simplement parce que le système de pensée de l'Église, son système de valeurs ou sa notion de bien commun n'ont jamais concordé avec la vision du monde des féministes en question.
La victoire des féministes reste tout simplement que la victoire des libéraux; des libéraux étant parvenus à enfoncer de force leur système dans la gorge des autorités catholiques, pour le leur faire avaler. Or pour libérer les citoyens, le libéralisme doit déboulonner la statue du pape, détruire le respect pour la religion, anéantir l'influence de curés sur les esprits. C'est pourquoi le féminisme fait si bon ménage depuis longtemps avec l'anticléricalisme, l'Incroyance, l'irréligion, le marxisme, l'indifférentisme, les spiritualités exotiques autres que chrétienne (théosophie, New Age, néo-druidisme, sorcières modernes, etc.)
Je dirais que le féminisme n'est pas une production sortant en droite ligne du catholicisme. Il me serait impossible de dire ça.
Le christianisme favorise l'idée de dignité de la personne au sens large, l'idée d'un bien commun, l'idée qu'il puisse être bien de travailler à améliorer les conditions d'existence des malheureux, défavorisés. Donc, une société christianisée au départ peut représenter naturellement un terreau fertile pour donner prise à des systèmes socialisants dont le mot d'ordre sera de travailler officiellement à hausser le degré de justice dans le pays. Ce serait difficile pour des chrétiens à la longue de devoir passer pour des gens qui ne souhaiteraient pas que le sort des enfants soit amélioré, que les pauvres puissent bénéficier d'une instruction scolaire, qu'il y ait moins d'inégalité criante devant la loi entre les hommes et les femmes, etc.
Ce que je dis, moi, c'est que le moteur du féminisme et même ce qui aura pu en être la source se trouvent ailleurs que dans l'Église. Dans des courants de pensée indépendants du christianisme, en réaction contre voire. Les lumières, la Révolution, le romantisme révolutionnaire des barricades, le socialisme utopique, le libéralisme, la franc-maçonnerie : autant de courants d'opposition à l'Église. Ce qui va se cristalliser comme mouvance féministe institutionnelle reconnaissable dans la dernière partie du XIXe siècle, mais c'est un regroupement de personnes qui souhaitent bien libérer la société civile et les femmes en l'occurence de l'emprise de l'Église, du clergé, des valeurs patriarcales défendues par les évêques.
Au début du XXe siècle encore, l'épiscopat souhaite voir les femmes à la maison et à s'occuper des enfants qu'on espère assez nombreux. Le clergé n'a jamais voulu que les femmes aillent travailler à l'usine, ni qu'elles puissent exercer un contrôle sur les naissances. Les évêques n'ont jamais voulu de bon grée que les femmes puissent disposer du droit de vote, pas davantage qu'une femme puisse devenir médecin, juge en chef de la Cour, architecte, etc.
Tout simplement parce que le système de pensée de l'Église, son système de valeurs ou sa notion de bien commun n'ont jamais concordé avec la vision du monde des féministes en question.
La victoire des féministes reste tout simplement que la victoire des libéraux; des libéraux étant parvenus à enfoncer de force leur système dans la gorge des autorités catholiques, pour le leur faire avaler. Or pour libérer les citoyens, le libéralisme doit déboulonner la statue du pape, détruire le respect pour la religion, anéantir l'influence de curés sur les esprits. C'est pourquoi le féminisme fait si bon ménage depuis longtemps avec l'anticléricalisme, l'Incroyance, l'irréligion, le marxisme, l'indifférentisme, les spiritualités exotiques autres que chrétienne (théosophie, New Age, néo-druidisme, sorcières modernes, etc.)