Re: intention de prière à lire ce dimanche 3 octobre dans toutes les églises de France
Publié : mer. 06 oct. 2021, 11:54
je suis en cours de lecture.
je vais essayer surement bien maladroitement de faire un petit résumé non exhaustif:
Trois périodes caractérisent l’évolution du phénomène des violences sexuelles dans l’Église catholique : une phase 1950-1970 décrite comme culminante, une phase 1970 1990 dominée par un reflux du phénomène et une phase débutant en 1990 marquée par une apparente recrudescence du phénomène, au vu de l’ensemble des sources disponibles, sans que l’on puisse conclure à une hausse. Il est plus probable que la décrue observée de 1970 à 1990 a cessé.
L’analyse sociologique, essentiellement issue des travaux de l’Inserm, se focalise sur les personnes agressées alors qu’elles étaient mineures. Les principales caractéristiques qui en ressortent montrent que ces personnes sont très majoritairement des garçons préadolescents
L’enquête de l’Inserm aboutit à une estimation du nombre de victimes mineures d’agressions sexuelles commises Il en résulte que plus d’un tiers des agressions sexuelles dans l’Église catholique ont été commises, non par des clercs ou des religieux, mais par des laïcs.
la grande majorité des violences sexuelles sur mineurs ont été perpétrées dans le cadre familial ou amical en France. il en a été commis dans le cadre de l’Église catholique (1,16 % par des personnes en lien avec l’Église, dont 0,82 % par des clercs, religieux et religieuses) significativement plus que dans les autres sphères de socialisation (0,36 % dans les colonies et camps de vacances, 0,34 % dans le cadre de l’école publique, 0,28 % dans les clubs de sport et 0,17 % dans le cadre d’activités culturelles et artistiques).
L’évolution de l’attitude de l’Église catholique face aux agressions commises en son sein. De 1950 à 1970, dominent par la volonté de se protéger du scandale tout en essayant de « sauver » les agresseurs, ainsi que l’occultation du sort des personnes victimes, invitées à faire silence. De 1970 à 1990, la question des violences sexuelles passe au second plan, derrière la crise sacerdotale, qui accapare davantage les structures internes de prise en charge des clercs « à problèmes ». Cela vaut y compris dans le domaine clinique, qui est une voie de traitement des cas signalés abandonnée à la fin de cette période.
À partir des années 1990, l’attitude de l’Église catholique change progressivement, avec la prise en compte de l’existence des personnes victimes, qui toutefois ne vaut pas encore reconnaissance. Celle-ci émerge à compter des années 2010, avec le développement des dénonciations à la justice, des sanctions canoniques et du renoncement au traitement purement interne des agresseurs. L’institution ecclésiale n’a pas su prévenir ces violences, ni simplement les voir, et moins encore les traiter avec la détermination et la justesse requises. La commission conclut à l’inadéquation du droit canonique aux standards du procès équitable et aux droits de la personne humaine dans la matière si sensible des agressions sexuelles sur mineurs.
sont étudiés les dévoiements, les dénaturations et les perversions auxquels ont donné prise la doctrine et les enseignements de l’Église catholique, susceptibles d’avoir favorisé la survenue des violences sexuelles : le « cléricalisme » qui comprend l’excessive sacralisation de la personne du prêtre ; la survalorisation du célibat et des charismes chez le prêtre ; le dévoiement de l’obéissance lorsqu’elle confine à l’oblitération de la conscience ; le détournement des Écritures
la CiASE émet 45 recommandations (impossible de tout résumer) avec des mesures qui paraissent pertinentes pour la plupart .
certaines sont plus difficiles à comprendre:
La CIASE préconise l’édiction par l’Église de directives précises aux confesseurs sur le secret de la confession qui ne peut pas permettre de déroger à l’obligation, prévue par le code pénal et conforme, selon la commission, à l’obligation de droit divin naturel de la protection de la vie et de la de la dignité de la personne, de signaler aux autorités compétentes les cas de violences sexuelles infligées à un mineur ou à une personne vulnérable.
Il ne s’agit pas de remettre en cause le secret de la confession en tant que tel mais, seulement dans le champ des violences sexuelles sur mineurs, de rappeler la lettre et l’esprit de la loi de la République (articles 2236, 22614, 4341 et 4343 du code pénal) qui s’impose à tous sur le territoire de la République.
C’est en substance il me semble une ingérence vis a vis du secret de la confession : quel coupable aux yeux de la loi va parler à quelqu’un dont il sait pertinemment qu’il le dénoncera ? actuellement ils peuvent rencontrer un prêtre qui pourra les conseiller, les pousser à se faire soigner et aussi surtout à se dénoncer.
la commission préconise d'évaluer, pour l’Église en France, les perspectives ouvertes par l’ensemble des réflexions du Synode d’Amazonie, en particulier la demande que « ad experimentum, […] soient ordonnés prêtres des hommes mariés qui remplissent les conditions que Saint Paul demande aux pasteurs dans la Première Lettre à Timothée ».
cette préconisation me semble "hors sol" le synode amazonien ayant eu pour but de palier au manque de prêtre dans une situation particulière.
on ne pourra que s'accorder sur le fait que les abus dans la société civile sont autant l'affaire de célibataires que d'hommes (ou de femmes d'ailleurs même si plus rares) mariés. cette préconisation ne résoudra pas le problème car le célibat n'est pas la source du problème. le problème est celui de la maladie (mentale?), la perversion de certains ou le mal caractérisé pour d'autres (voire les 3 plus ou moins associés chez certains)?.
espérons tant pour les victimes en premier et l'église que ce douloureux passage actuel nécessaire sera l'épilogue de ce mal qui a tant détruit.
je vais essayer surement bien maladroitement de faire un petit résumé non exhaustif:
Trois périodes caractérisent l’évolution du phénomène des violences sexuelles dans l’Église catholique : une phase 1950-1970 décrite comme culminante, une phase 1970 1990 dominée par un reflux du phénomène et une phase débutant en 1990 marquée par une apparente recrudescence du phénomène, au vu de l’ensemble des sources disponibles, sans que l’on puisse conclure à une hausse. Il est plus probable que la décrue observée de 1970 à 1990 a cessé.
L’analyse sociologique, essentiellement issue des travaux de l’Inserm, se focalise sur les personnes agressées alors qu’elles étaient mineures. Les principales caractéristiques qui en ressortent montrent que ces personnes sont très majoritairement des garçons préadolescents
L’enquête de l’Inserm aboutit à une estimation du nombre de victimes mineures d’agressions sexuelles commises Il en résulte que plus d’un tiers des agressions sexuelles dans l’Église catholique ont été commises, non par des clercs ou des religieux, mais par des laïcs.
la grande majorité des violences sexuelles sur mineurs ont été perpétrées dans le cadre familial ou amical en France. il en a été commis dans le cadre de l’Église catholique (1,16 % par des personnes en lien avec l’Église, dont 0,82 % par des clercs, religieux et religieuses) significativement plus que dans les autres sphères de socialisation (0,36 % dans les colonies et camps de vacances, 0,34 % dans le cadre de l’école publique, 0,28 % dans les clubs de sport et 0,17 % dans le cadre d’activités culturelles et artistiques).
L’évolution de l’attitude de l’Église catholique face aux agressions commises en son sein. De 1950 à 1970, dominent par la volonté de se protéger du scandale tout en essayant de « sauver » les agresseurs, ainsi que l’occultation du sort des personnes victimes, invitées à faire silence. De 1970 à 1990, la question des violences sexuelles passe au second plan, derrière la crise sacerdotale, qui accapare davantage les structures internes de prise en charge des clercs « à problèmes ». Cela vaut y compris dans le domaine clinique, qui est une voie de traitement des cas signalés abandonnée à la fin de cette période.
À partir des années 1990, l’attitude de l’Église catholique change progressivement, avec la prise en compte de l’existence des personnes victimes, qui toutefois ne vaut pas encore reconnaissance. Celle-ci émerge à compter des années 2010, avec le développement des dénonciations à la justice, des sanctions canoniques et du renoncement au traitement purement interne des agresseurs. L’institution ecclésiale n’a pas su prévenir ces violences, ni simplement les voir, et moins encore les traiter avec la détermination et la justesse requises. La commission conclut à l’inadéquation du droit canonique aux standards du procès équitable et aux droits de la personne humaine dans la matière si sensible des agressions sexuelles sur mineurs.
sont étudiés les dévoiements, les dénaturations et les perversions auxquels ont donné prise la doctrine et les enseignements de l’Église catholique, susceptibles d’avoir favorisé la survenue des violences sexuelles : le « cléricalisme » qui comprend l’excessive sacralisation de la personne du prêtre ; la survalorisation du célibat et des charismes chez le prêtre ; le dévoiement de l’obéissance lorsqu’elle confine à l’oblitération de la conscience ; le détournement des Écritures
la CiASE émet 45 recommandations (impossible de tout résumer) avec des mesures qui paraissent pertinentes pour la plupart .
certaines sont plus difficiles à comprendre:
La CIASE préconise l’édiction par l’Église de directives précises aux confesseurs sur le secret de la confession qui ne peut pas permettre de déroger à l’obligation, prévue par le code pénal et conforme, selon la commission, à l’obligation de droit divin naturel de la protection de la vie et de la de la dignité de la personne, de signaler aux autorités compétentes les cas de violences sexuelles infligées à un mineur ou à une personne vulnérable.
Il ne s’agit pas de remettre en cause le secret de la confession en tant que tel mais, seulement dans le champ des violences sexuelles sur mineurs, de rappeler la lettre et l’esprit de la loi de la République (articles 2236, 22614, 4341 et 4343 du code pénal) qui s’impose à tous sur le territoire de la République.
C’est en substance il me semble une ingérence vis a vis du secret de la confession : quel coupable aux yeux de la loi va parler à quelqu’un dont il sait pertinemment qu’il le dénoncera ? actuellement ils peuvent rencontrer un prêtre qui pourra les conseiller, les pousser à se faire soigner et aussi surtout à se dénoncer.
la commission préconise d'évaluer, pour l’Église en France, les perspectives ouvertes par l’ensemble des réflexions du Synode d’Amazonie, en particulier la demande que « ad experimentum, […] soient ordonnés prêtres des hommes mariés qui remplissent les conditions que Saint Paul demande aux pasteurs dans la Première Lettre à Timothée ».
cette préconisation me semble "hors sol" le synode amazonien ayant eu pour but de palier au manque de prêtre dans une situation particulière.
on ne pourra que s'accorder sur le fait que les abus dans la société civile sont autant l'affaire de célibataires que d'hommes (ou de femmes d'ailleurs même si plus rares) mariés. cette préconisation ne résoudra pas le problème car le célibat n'est pas la source du problème. le problème est celui de la maladie (mentale?), la perversion de certains ou le mal caractérisé pour d'autres (voire les 3 plus ou moins associés chez certains)?.
espérons tant pour les victimes en premier et l'église que ce douloureux passage actuel nécessaire sera l'épilogue de ce mal qui a tant détruit.