Coco lapin a écrit : ↑lun. 06 févr. 2023, 12:10
Il y a une différence entre ce qui se passe dans la vie courante, et les histoires données en exemple dans la Bible. Mais bon, Dieu et la pédagogie, ça fait deux. Et puis, un Dieu qui aime tromper en jouant sur les équivoques, c'est un peu normal qu'il ne dénonce pas la tromperie.
Hum… Dans les évangiles aussi Jésus donne en exemple une forme de ruse dans la parabole du gérant indélicat… J’avoue que s’il est ainsi possible d’être sauvé par son usage dans une sorte de « repentir bis », je ne vais humblement pas refuser cette ouverture dont l’opportunité d’ailleurs me semble bien pouvoir correspondre à ceux qui, comme vous, sont en butte et s’opposent à certains « passages » tout en adhérant « au reste ».
Vu comment vous avez été « remonté » contre Arnaud Dumouch, je suis un peu étonné de cette position vôtre sur plusieurs aspects de l’Ecriture Sainte. Vous semblez habité d’une certaine violence, celle nécessaire pour arriver au Ciel mais aussi une autre plus dangereuse, d’un mélange…
Vous avez fâché Kerygme et la modération… mais je devine assez bien ce que vous avez pu écrire ! Dieu en a sûrement vu d‘autres, mais bon… Mettez-y plus de forme pour que je puisse à l'avenir vous répondre… Mais en aviez-vous vraiment besoin ?
Coco lapin a écrit : ↑lun. 06 févr. 2023, 12:10
Je crois que vous n'avez pas compris. Ce n'est pas le fait de ne pas les avoir préservés du péché qui est stupide ; c'est de ne pas le faire dans le premier épisode
et de le faire dans le deuxième.
On dirait que vous n'êtes pas capable d'expliquer de façon logique pourquoi Dieu n'aurait pas accordé cette grâce, puis l'aurait donnée ensuite après une même faute, dans les mêmes circonstances.
Vous le croyez vraiment : pas capable ? Je l’ai amorcé juste, pourtant, parce que j’estime que c’est à chacun de faire un peu effort pour trouver la réponse… En tout cas je vous ai très bien compris
Mais je vous ai déjà refusé une démonstration sur un autre fil et vous aviez réagi avec honnêteté, alors je vais ici entrer dans le rôle, mais qu’il soit clair que cela ne relève pas à mes yeux d’un argumentaire et que je ne vais pas l’exposer comme tel.
La première fois, en n’intervenant qu’après coup Dieu a permis à Abraham de subir la conséquence de son manque de foi.
Abraham ne l’a pas vraiment compris, mais il a quand même compris que Dieu était venu à son secours et qu’il était contre l’adultère. Or Abraham sait très bien quand même que sa « ruse » n’est pas top top, simplement qu’il ne voit rien de mieux (pas forcément par manque de foi, ce peut être par habitude, manque d’imagination ou d’audace « spirituelle », crainte de "tenter Dieu", etc. J’ai déjà parlé de cela…)
Ensuite, Abraham fait preuve d’un beau comportement à la fois guerrier (fine stratégie que de s’en prendre aux rois de nuit et sans attendre qu’ils se remettent de leur victoire et des dégâts qu’elle leur a causé) et désintéressé (après la bataille). Dieu le lui signifiera et lui exprimera une certaine fierté de l’avoir vu courageux (ce qu’il n’aura pas été face à Pharaon !)
Ensuite il y aura ce mélange d’audace, d’infini respect et de charité avec lequel il négociera pour Sodome.
Il aura fait preuve du respect qui lui aura manqué face à Pharaon.
Il aura globalement fait preuve, avant sa récidive avec Abimelech, de toutes les qualités qui lui auraient permis de ne pas récidiver. Il lui aura même et surtout confié son incompréhension des "voies de Dieu". Si lui n’a pas compris, Dieu a « reçu » la preuve de sa bonne foi, que son erreur n’est pas imputable à un manque de responsabilité ou de foi (il en a une compréhension défaillante, et ce n’est pas à Dieu de le lui démontrer, c’est là de la délicatesse divine mais aussi le signe de nous dirions la « conscience de sa valeur » , et il agira avec plus de miséricorde parce que Abraham aura montré des qualités qui le lui auront mérité, et sera en plus grande intimité avec Dieu.
Cette seconde fois Abraham devra s’expliquer devant Abimélech, et cela aura valeur d’aveu, non d’une faute, mais d’une insuffisance. La compétence que Dieu donne à Abraham n’est pas une récompense, mais le rappel de sa promesse.
Quand Dieu lui demandera le sacrifice de son fils, je suppute qu’il ne l’aurait pas fait si Abraham avait su agir avec foi auparavant et il ne lui laisse pas d’échappatoire : cette fois c’est Dieu lui-même qui se « met en balance ». Dieu sait qu’Abraham est maintenant capable sinon de comprendre, du moins de savoir comment agir, et il le « pousse » pour l’obliger à franchir l’épreuve qu’il lui aurait voulu voir franchir plus aisément et avec moins de « sens unique », plus de liberté.
Bref, Dieu a « accompagné » la prise de conscience d’Abraham et l’a même anticipée, le devançant avec amour en « diminuant » la charge du péché mais augmentant celle de la vertu, progressivement, sans jamais « dépasser » les forces d’Abraham ni l’acculer.
Après cela, Abraham sait qu’il peut compter sur Dieu.