> Stanika
Je ne peux pas trop, pour ma part, reprocher à qui que ce soit de "jeter des torches", comme vous dites, ça m'arrive aussi ...mais dans l'autre sens.
Il y a différents points dans ce que vous dites :
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"Ce que je hais, c'est la création d'un mythe par une poignée d'homme pour gouverner"
Alors, là, attention, il y a en fait 2 affirmations là-dedans :
-> vous affirmez que toute la croyance chrétienne n'est qu'un mythe créé ; bon, ben c'est toute la question de la Foi.
-> vous affirmez que ce mythe a été créé POUR gouverner, soit donc créé DANS LE BUT de manipuler et soumettre les gens.
Là, je trouve que vous prêtez à des personnes que vous ne connaissez pas des intentions que vous n'êtes pas du tout en mesure de vérifier. Jésus aurait manipulé les foules pour devenir roi ? Mais on le voit à plusieurs reprises refuser d'être roi.
Les apôtres auraient inventé ces histoires pour gouverner les autres ? Mais alors ils n'auraient pas inventé un "héros" qui refuse d'être roi et finit aussi lamentablement. Et Simon Pierre ne ce serait pas représenté aussi lâche et peureux, ça fait pas très forte impression...
Les Évangiles et le dieu chrétien sont pas vraiment ce qu'il y a de mieux foutu pour dominer les autres.
Ceci étant, oui, je pense qu'on peut dire que certains se sont servi, ou ont essayé de se servir, de l'expansion de cette croyance, pour se donner une place et gouverner les autres. Mais c'est différent : ça ne signifie pas que cette croyance a été créée POUR gouverner.
Par exemple, exactement de la même façon, de nos jours, dans notre société, puisque ce sont la doctrine des droits de l'Homme, de la tolérance, etc.. qui sont reconnus comme fondement de la société par la majorité, alors ceux qui veulent manipuler, se faire bien voir pour gouverner, et bien font de beaux discours au sujet des droits de l'Homme, de l'égalité, de la tolérance, pour se donner une belle apparence et une popularité, conforme aux codes en vigueurs, et gouverner.
C'est donc vrai, je pense, de tout système de pensée : à partir du moment où il s'étend et devient le fondement d'une société, ceux qui dans cette société veulent le pouvoir, vont utiliser ces croyances ou ces principes pour s'attirer les bonnes grâces de tous, ou pour les manipuler, et pour obtenir le pouvoir.
De la même façon, lors de la décadence et de la chute de la démocratie athénienne, par exemple, tous les arrivistes et ambitieux qui briguaient le pouvoir faisaient de bien beaux discours dans lesquels ils se posaient en ardents défenseurs de la démocratie et de la Cité.
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"ce que je veux savoir, c'est pourquoi adhérez vous malgrés cela à des principes qui sont dépassés, trop vieux pour une société moderne du 20e siècle"
Là, il faudrait savoir sur quoi vous fondez votre affirmation : qu'est-ce qui fait que ces principes seraient "dépassés" ou "trop vieux" ?
Le principe de démocratie date de l'antiquité, les idées de respect humain aussi, la philosophie naît dans l'antiquité, l'art, certains des principes des mathématiques et des diverses sciences sont nés encore bien avant.
Donc, qu'entend-on par "trop vieux" ou "dépassé" ?
Inversement, l'idée de vouloir rejeter toute transcendance, toute idée de Dieu, le principe de se dire "qu'importe ce qu'il y a après la mort, vivons et buvons, profitons de la vie", n'a rien de nouveau ni de moderne (on en trouve une critique dans l'Ecclésiaste, un livre de la Bible pas franchement récent...
Je vois plutôt là l'opposition entre différentes conceptions de la vie et de l'univers, qui toutes existent sous différentes formes depuis pas mal de millénaires.
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"A t on vraiment besoin d'une icone absolue qui nous punit au moindre dérapage pour savoir qui nous sommes?"
Dans la pensée chrétienne, en tout cas catholique, le fait de croire par peur d'être puni n'est pas encouragé. C'est considéré comme une forme de croyance imparfaite, et très éloignée de ce que prône le dieu chrétien.
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"A t on vraiment besoin d'une icone absolue qui nous punit au moindre dérapage pour savoir qui nous sommes? Ou nous allons? Comment trouver le bonheur? Comment savoir ce qui est mal ou bien?"
La question n'est pas tant de savoir si on a besoin d'une référence que du coup on créerait après coup, après s'être dit "tiens, j'ai besoin d'une référence absolue". La question est de savoir si cette "référence" existe, ce qu'elle est et ce qu'elle implique.
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"Faire le bien c'est trouver son bonheur, et aider les autres à trouver le bonheur, quel qu'il soit."
C'est un peu vague : puisque la question justement est des avoir ce qu'on entend par "bonheur". Et si quelqu'un te dit que son bonheur à lui c'est d'empêcher les autres de réaliser le leur, que lui diras-tu ?
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"Pour moi ce n'est pas une entité qui nous appris cela, mais l'homme au fur et à mesure de sa prise de conscience et de son évolution, nos morales viennent du christianisme, ce n'est pas un mal en soi, mais je n'ai pas besoin des morales ancrées dans mes gènes pour savoir qu'aider quelqu'un est bien."
Ah. Là déjà tu parles de deux choses liées mais différentes, du point de vue chrétien :
- ce que nous apprend une "entité" : cela c'est la révélation, la "loi révélée".
- ce que nous découvrons du monde qui nous entoure et des lois morales, grâce à ce qui est "ancré en nous", justement : cela c'est la "loi naturelle".
Ceci étant, ton affirmation pose justement la question : si l'Homme apprend quelque chose au fur et à mesure, prend conscience peu à peu, c'est donc qu'il découvre quelque chose qui lui est extérieur et existe indépendamment de lui et de ce qu'il en sait ou de ce qu'il en croit.
Et si tu affirmes que tu peux savoir ce qui est bien, alors cela revient bien à dire qu'il y a un "bien", extérieur et indépendant de nos croyances ou convictions et de ce que nous en croyons.
C'est bien là toute la question :
existe-t-il une telle source du "bien", qui nous soit indépendante, et qu'il nous appartienne de découvrir et de comprendre, et non d'inventer et de fabriquer,
et si elle existe, quelle est-elle ?