Allons, messieurs, ne soyons pas moqueurs.
Bon, pour en revenir au sujet, je vais récapituler les éléments rationnels qui me font croire en la primauté de Pierre et en la succession apostolique (et donc la transmission ipso facto de la primauté pétrinienne).
Parfois, je prends certains raccourcis, pour ne pas être trop long. Au besoin, je complèterai.
Les Ecritures
Qu'on le veuille où non, les Ecritures donnent à Pierre la primauté sur les autres apôtres. Ce point ayant été largement développé, je ne m'y attarde donc pas plus longtemps.
Ajoutons à cela que le Seigneur semble avoir laissé un charisme spécial à Pierre - celui d'une foi infaillible (le Seigneur n'a-t-Il pas prié pour que la foi de Pierre ne défaille pas ?) et l'honneur d'être la pierre sur laquelle l'Eglise sera bâtie - ainsi que la responsabilité de guider ses frères dans la foi ("pais mes brebis" lui dit le Seigneur - cf Jean 21, 15-19).
Si l'on prend l'exemple d'une maison, il est idiot de bâtir la maison sur des fondations puis de les retirer en espérant qu'elle tienne toute seule : en supprimant la fondation, c'est tout l'édifice qui s'écroule. Ainsi, il semble logique - et puisque le Seigneur a Lui-même choisi de prendre l'image d'une pierre de fondation - que Saint Pierre soit effectivement le socle, la pierre qui subsistera dans l'Eglise et qui lui permettra de se maintenir dans le temps (à ce sujet, je trouve lumineux la déclaration de Notre Seigneur qui mêle dans une même phrase le rôle central de Saint Pierre dans l'établissement de la nouvelle Eglise et sa perpétuité - cf Matthieu 16, 18).
Notons également que le Seigneur ne dit pas à Saint Pierre "pais mes brebis le temps que durera ta vie" mais tout simplement "pais mes brebis".
Enfin, nous pouvons souligner que Saint Pierre se voit remettre les clés du Royaume des Cieux :
"Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux: ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux." (Matthieu 16, 19)
Ce qu'on ne comprend pas bien alors, c'est pourquoi ce pouvoir s'arrêterait avec Saint Pierre lui-même. En effet, si ce pouvoir s'est perdu à la mort de Pierre, cela signifie que les clés du Royaume des Cieux sont perdues, ni plus ni moins. Donc plus rien n'est délié sur la Terre. Donc les paroles de Notre Seigneur sont vaines.
Par cet ensemble d'éléments concordants, il me semble donc éminemment logique d'admettre que la charge de Saint Pierre ne peut disparaître avec lui, qu'elle doit continuer d'une façon ou d'une autre. Comme, à première vue, Saint Pierre ne fut pas immortel, il convient raisonnablement d'admettre que sa charge s'est transmise.
La vie de l'Eglise
N'en déplaise aux protestants, la primauté de l'évêque de Rome (le successeur de Pierre) remonte à l'Eglise primitive.
Ainsi, environ 2000 ans de Tradition nous dit que le pape est bel et bien le successeur de Saint Pierre. Certes, il s'agit là d'un argument irrecevable en tant que tel puisque cela peut être 2000 ans d'erreur.
Cependant, plaçons-nous un instant du point de vue de la foi. Nous chrétiens croyons que Dieu guide Son Eglise par l'Esprit Saint. A ce sujet, catholiques et protestants sont d'accord. Si donc nous admettons cet axiome de base, nous ne voyons pas très bien pourquoi Dieu aurait laissé errer Son Eglise
dès le début de son histoire. On ne comprend pas très bien pourquoi Il aurait attendu 1500 ans que la Réforme apparaisse pour enfin dévoiler que la papauté était un mensonge.
La seule question à se poser est la suivante : Dieu guide-t-Il Son Eglise oui ou non ? Si c'est oui, alors entre la papauté et la Réforme, c'est la Réforme qui est douteuse. Si c'est non, alors nous ne voyons de toute façon pas très bien pourquoi nous continuons à croire à tout ça : nous sommes de toute façon perdus, abandonnés de Dieu.
Le simple bon sens
C'est un argument que j'ai souvent exprimé mais je vais l'exposer à nouveau.
Il est un fait incontestable qui est que la Bible peut donner lieu à de multiples interprétations divergentes. La foule des hérésies ayant émergé au cours des 2000 ans de l'Eglise suffit à le prouver. Et nous admettrons sans problème que tous les hérétiques n'étaient pas des Hommes de mauvaise foi.
Une question se pose alors : comment savoir où est la vérité ? Est-il raisonnable de penser que Dieu ait pu se donner tout ce mal pour parler aux Hommes et les sauver, et ne leur laisser aucun moyen d'être sûr de bien comprendre Sa Parole ? Pire que ça, Dieu dans la Bible semble condamner fermement ceux qui ne L'écoutent pas et ne se conforment pas à Sa Parole.
Il y a donc là un problème : compte tenu des multiples interprétations possibles, soit Dieu exige que nous nous conformions à Sa Parole et dans ce cas Il nous a laissé un moyen sûr et certain de bien la recevoir, soit Il ne peut raisonnablement exiger de nous d'être irréprochable vis-à-vis d'elle. C'est du bon sens pur et simple.
Or l'Eglise catholique est la seule à revendiquer le charisme d'infaillibilité... Et si ce n'est pas l'Eglise catholique qui est infaillible alors qu'on me dise laquelle est-ce.
Voilà, en gros, comment je vois les choses. Je ne prétends pas qu'ils s'agissent là d'arguments irréfutables, mais ils m'apparaissent quand même assez sérieux.
Cordialement,