Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?
Publié : ven. 30 sept. 2011, 20:00
Je crois comprendre la loi de gradualité mais comme la loi est maintenant complète, cette loi de gradualité est très limitée et je me demande même si le mot gradualité convient.Arnaud Dumouch a écrit :Cher GuilhemMaurice,GuilhemMaurice a écrit :
Justement, ayant du mal à comprendre les éléments du débat, j'ai posté cette vidéo afin d'obtenir vos critiques éclairées!!!! Il me semblait bien qu'il se trompait de terme et vous me le confirmez. N'y voyez aucunement une critique à votre égard, j'essaie simplement de voir quelles sont les objections que l'on pourrait éventuellement apporter à telle ou telle argumentation.
Voici la vidéo qu'il critique.
http://fr.gloria.tv/?media=200245
Je m'explique en prenant des exemples ou en reprenant quelques uns des votres.
Pour l'exemple de la guerre: face à un pays qui nous déclare la guerre, on doit faire des choix parmi des choix mauvais parce qu'on y est obligé, ses choix nous sont imposés par la situation (nous n'avons pas choisi de faire la guerre, ou nous la faisons parce que ne pas la faire serait un plus grand mal face à la situation). Nous devons choisir le moindre mal parmi les choix que la situation ou le contexte nous impose et que dans ces choix possibles il n'y a pas de choix vertueux possibles. C'est la même chose que de devoir tuer quelqu'un pour sauver plusieurs autres vies: ne pas le faire serait un plus grand mal que de le faire et nous n'avons pas l'alternative d'un choix vertueux à savoir tuer personne.
Pour l'exemple de la prostitution: c'est un mal mais si la personne n'a vraiment que çà (et je dis bien aucune autre solution) pour survivre, je conçois que c'est un choix mauvais que de se prostituer mais acceptable (et encore je n'en suis pas tout à fait convaincu)
Mais par rapport, par exemple, à la masturbation ou à l'avortement, nous sommes face à des choix (de les commettre ou pas) que nous nous imposons nous mêmes. Personne n'est forcée de se masturber ou d'avorter. Donc pour ces cas là il n'y a aucune gradualité qui tienne car il y a toujours le choix vertueux possible.
Donc, face à des choix mauvais et la vertue, nous devons choisir la vertue, mais face à des choix uniquement mauvais (pas imposés par nous même mais par une situation externe), nous devons choisir le moindre mal. Du coup, je ne vois pas de gradualité possible et par conséquent j'appelerais çà plutôt loi de circonstance que de gradualité.
Du coup je comprends les réticences de certains vis à vis d'elle car, soit-disant au nom de la pastorale ou de la réalité ou de gradualité, on laisse des personnes commettre des péchés alors qu'elles ont la possibilité de ne pas les commettre. Si on les commet par faiblesse alors on les assume et on demande pardon au Seigneur en prenant l'engagement de ne plus les commettre. Point!
Ensuite, il est évident que si nous avons l'intention de commettre un péché, comme coucher avec une autre personne par exemple, le choix préférable est de mettre un préservatif pour ne pas ajouter du mal au mal. Mais le premier mal (coucher) est un péché même si nous avons utilisé un préservatif car nous avons la possibilité vertueuse de ne pas commettre ce péché. Et il est normal que le prêtre soit intransigeant dessus.
Maintenant que la loi est complète avec le Christ, je pense que la gradualité (ou pédagogie) est une hypocrisie et une complaisance ou une auto-excuse de nos péchés. Par exemple: j'ai envie de me masturber, je sais que c'est un péché, mais bon comme j'ai bien çà et que soit-disant je ne peux pas m'en empêcher, je vais espacer mes masturbations dans le temps et j'aurais ma conscience tranquille ou plus tranquille. Non: nous ne devons pas pécher car nous avons la possibilité de ne pas le faire. J'ai pris cet exemple mais c'est la même chose pour bien d'autres.
Voilà, à ce stade du débat, ma position: la loi de gradualité ne tient pas dans le sens où je la comprends, mais je comprendrais une certaine loi de circonstances particulière.
J'espère que je me suis bien fait comprendre.