Jean-Baptiste a écrit :
comment expliquez-vous que l'exemple du prostitué séropositif soit précisément celui de Notre Pape lui-même ?
Est-ce à dire que le pape, en matière morale, se trompe gravement
Griffon a écrit :
Ne confondez-vous pas tout simplement le comparatif et le superlatif ?
Vous dites vous-même que le mal est " quelque peu " allégé, ce qui signifie bien qu'il y a moindre mal (comparé au mal sans préservatif).
Ce n'est pas LE moindre mal (superlatif), puisqu'il y a moyen de faire mieux.
En tout cas, c'est bien l'exemple et l'explication de notre saint Père.
Bonjour Jean-Baptiste et Griffon,
Il est difficile de savoir quels sont exactement les propos qui ont été tenus dans l’avion par le Pape, les médias ayant déformé ses propos à des fins de propagande, à tel point que AIDS déclarait : « les propos du pape (...) marquent une évolution étonnante et bienvenue de la part du Vatican, qui peut permettre de sauver des dizaines de milliers de vies» (manipulation évidente) , et à tel point que le père Lombardi dut se fendre d’un communiqué pour éclaircir l’événement ou plutôt le non événement.
Non événement car finalement le Pape ne valide pas l’emploi du préservatif, mais parle de « premier pas vers la moralisation » parce que le prostitué a dans l’intention de préserver la vie de son prochain, en l’occurrence son client.
Ici tout est dans l’intention : de même que je peux dire qu’un homme qui déplace un accidenté de la route est un homme aux bonnes intentions, même s’il tue l’accidenté ou le rend tétraplégique à vie (puisqu’il est bien connu qu’il ne faut pas bouger les blessés graves). Je valide la bonne intention de la personne, je ne valide pas son acte désordonné et meurtrier.
Après le choix de l’exemple en lui-même n’est pas spécialement choquant si l’on considère que l’espoir de salut demeure même pour les cas apparemment irrécupérables, mais on sait aussi qu’à Dieu rien d’impossible.
Ce que vous dites est exact Griffon, mais si vous employez le comparatif il est préférable de dire « un moindre mal que » et de préciser le mal qui est ainsi minoré, car sinon cela donne l’impression que vous parlez non pas de minorant mais de minimum (sachant qu’il peut y avoir a priori plusieurs minima...), fâcheuse impression d’ailleurs que j’ai acquise lorsque Mr Dumouch a employé des expressions du type, je le cite :
« Parfois le moindre mal n'est pas un péché du tout. Telle est la réalité de la vie concrète »
Et d’ailleurs s’il n’y a pas de mal de faute dans le cas de la légitime défense c’est justement parce que l’état de nécessité exonère le défenseur de toute faute morale. Le moindre mal ici n’est pas un moindre mal de faute, puisqu’il n’y a pas faute, c’est un moindre mal de peine : peine de mort pour l’agresseur et vie sauve pour l’agressé vaut toujours mieux que peine de mort pour l’agressé et vie sauve pour l’agresseur.
Un Tel verra comme feu Celui qu'il n'a pas connu comme lumière (St Grégoire Le Théologien)