Oui.
La dernière minute de l'entrevue de Gollnisch : je donne plutôt raison à ''la carnalité'' de Gollnisch contre ''la vue de l'esprit'' de Besson.
Philémon et marin :
Mon opinion est que les "hystériques" se soucient principalement de leur image.
Il y a de cela.
... que le capitalisme serait dénoncé comme un crime contre la dignité humaine. Hé oui, bourgeoisie catho-bien-pensante et épiscopat, c'est le même bord, de toute façon. Et ça l'a toujours été.
Très souvent.
[...]
En fait, je pense que la balance penche toujours plus ''socialement'' du bord des bons bourgeois et alors comme chez les évêques. En tout cas, si c'est pour être vrai mais faudra-t-il le dire pour l'ère post-1789. «Oui, monsieur !» L'Église n'est pas révolutionnaire. C'est ''attendu qu'elle ne trouve pas que la terre est une fin en soi, elle a tendance à respecter la loi et l'ordre, et ce qui veut dire respecter ceux qui la font et ce qui veut dire de respecter les propriétaires, le ''boss'', le maître-esclave aussi bien que l'empereur de Chine''. L'Église est comme un agent de cohésion (qui profite accesoirement à ceux qui sont déjà en poste, au pouvoir et aux bien nantis). En l'occurence, avec cette affaire des Roms, l'Église se trouve à soutenir le vrai pouvoir terrestre (qui n'est pas du tout Nicolas Sarkozy) mais plutôt nos ''big boss'' en train de reconstruire l'Europe actuellement («pour une Europe sans frontières !», etc). Et c'est sur
ce dernier point que Bruno Grollnisch par exemple n'est pas soutenu, lui, avec ses vues, par l'Église.
Parallèlement, l'Église catholique romaine aura toujours été de temps immémorial en faveur de l'aide aux démunis (la charité religieuse, privée; qu'appuyée par l'État voire).
En somme, il existe un choc des cultures entre la carnalité de la France et qui est une réalité (comme le dirait Grollnisch), la culture Luc Bessonienne ( mettez ici : intellectuel déconnecté, franc-maçon, agnostique-douteux-j'ai honte d'être un blanc-je suis coupable-mais l'oeuvre de 1789 est une oeuvre sacrée, etc) et la culture doctrinale de l'Église catholique proprement dite.
Le petit fait divers vient donc s'empêtrer au confluent. Il se révèle comme être au croisement de divers lignes de force idéologique. C'est ce qui fait ce jeu de chaise musicale. Tantôt c'est le gauchiste qui a l'air d'avoir le pape pour allié, mais c'est parce que le gauchiste veut d'abord combattre la carnalité de Grollnisch, tantôt c'est Grollnisch qui sera allié du pape contre les
big boss et les gauchistes, quand ces derniers (alliés de fortune) vont conspirer pour jeter à terre l'identité chrétienne de l'Europe. On remplacerait le fait divers ''Rom'' par ''muslim'' et puis ce serait pareil pour le principe.
L'Église se porte à la défense d'une certaine servilité qui ''doit être'' à l'égard des agents du vrai pouvoir terrestre en place, et puis même (même !) quand la chose aurait bien l'air d'évoluer pour l'être à l'encontre de ses propres intérêts (Cf. la déchristianisation du pays). Mais c'est pour peu, en principe, que le vrai pouvoir terrestre n'entre pas lui-même carrément en guerre ouverte contre le christianisme. C'est pour peu que le pouvoir veuille bien laisser un petit espace au christianisme (à l'Église; aux évêques) pour exister.
L'Église est vraiment comme une mendiante qui voudrait se mettre au service des meilleurs intérêts du prince, du colonel, du général, de l'impérator, de la clique de la compagnie Dole si c'est la clique qui gouverne la république de banane. D'après la doctrine, c'est ce qui serait le mieux pour ''la clique'' aussi bien que pour les pauvres.
Illustration
Et soit c'est ce que Mgr Charbonneau n'aurait pas eu l'heur de suffisamment saisir au Québec en 1950 :
Le 9 février 1950, Charbonneau est forcé à démissionner de l'archevêché montréalais, suite aux tractations liées à la grève de l'amiante. Son successeur à Montréal est Mgr Paul-Émile Léger. Nommé immédiatement à l'évêché du Bosphore, un titre alors comme aujourd'hui désuet et donc dérisoire, Joseph Charbonneau mène une existence paisible à Victoria, en Colombie-Britannique, comme aumônier chez les Sœurs de Sainte-Anne, lisant et priant jusqu'à sa mort d'une crise cardiaque le 19 novembre 1959. Ayant eu droit à des funérailles grandioses, il fut inhumé dans la crypte de la cathédrale de Montréal.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Charbonneau
L'analyse en raccourci peut donner une impression de machiavélisme et un autre irait se figurer que l'Église devrait être ainsi comme une prostituée. Si on a cette impression mais c'est juste que l'on n'aura pas suffisamment bien saisi soi-même de quoi il devrait être question. C'est vraiment que l'Église est comme une mendiante dans le monde en premier et qui propose vraiment pour dessein la fameuse vie future (reléguant du coup les luttes terrestres au 2e, 3e ou 4e rang des priorités). L'Église est vraiment plus ''sympa'' pour le colonel-bourgeois et même quand le colonel opérerait douze fabriques de cigars à Cuba en faisant travailler des enfants de onze ans. Elle est plus sympa pour ce colonel de la garde du moment qu'en faisant ce qu'il faisait mais alors lui-même reconnaîtrait l'Église; l'est plus sympa envers lui qu'envers n'importe quel gaucho révolutionnaire (agnostique, sans-Dieu) et se proposant de donner plus de pain aux pauvres. Voir Benoit XVI encore : « ... de telles aides ont écarté les structures religieuses, morales et sociales existantes et elles ont introduites leur mentalité techniciste dans le vide ainsi crée. Elles croyaient pouvoir transformer les pierres en pain, mais elles ont donné des pierres à la place du pain. Or, il s'agit du primat de Dieu [...]» (J.Ratzinger,
Jésus de Nazareth, p.52) L'Église ? «
Ma mère, ma croix ...», comme disait je ne me souviens plus qui.