Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
Publié : lun. 28 mars 2011, 15:05
cracboum a écrit :
Bonsoir Amfortas, vous admirez beaucoup la pensée grecque, et la pensée grecque considérait la Croix et la Résurecttion comme une folie. La Révélation aurait dû être un éblouissement pour leur raison puisqu'il ne peux pas y avoir de désaccord entre foi et raison.
Attention : objectivement il n’y a aucune contradiction entre les vérités de foi et les vérités de raison, mais certains individus à la foi ou à la raison pervertie en trouveront, voire même en forgeront de toutes pièces, pour conforter leur perversion.
Perversion : « Action de détourner quelque chose de sa vraie nature ».
« Le diable est un agent ennemi et obscur, un être vivant et spirituel, perverti et pervertisseur » (Pape Paul VI, 1972)
Si vous me demandez des exemples de perversion de la raison, je peux vous en citer des tonnes et notamment chez les Grecs : le sophisme, le cynisme, l’héraclitéisme etc…
Des exemples de perversion de la foi : la fanatisme, le fidéisme, le fatalisme etc..
Alors il faut se poser la question : quelle est la vraie nature de la raison, et quelle est la vraie nature de la foi ?
La nature de la raison est de déduire les effets des causes et d’induire les causes des effets.
La perversion de la raison consiste donc à faire de fausses déductions ou de fausses inductions.
Raisonner vraiment et résonner en vérité, ou raisonner faussement et résonner comme une cloche, telle est la question.
Donnons quelques exemples de raisonnements pervers :
« Il y a des catastrophes naturelles, donc Dieu n’existe pas »
« On observe des comportements homosexuels chez les animaux donc l’homosexualité est aussi quelque chose de naturel pour l’homme »
«Cet homme souffre trop, donc il faut le tuer »
« Le communisme a combattu le nazisme, donc le communisme est quelque chose de bon »
« Je vois le soleil se lever et se coucher alors que la terre reste immobile, donc le soleil tourne autour de la terre »
« Les hommes politiques ne peuvent pas mentir tout le temps, donc la prochaine fois ils tiendront leurs promesses »
« Il y avait trop d’avortements clandestins, donc il était nécessaire de légaliser l’avortement » (dit de façon équivalent : « il y avait trop de meurtres d’innocents, donc il était nécessaire de légaliser le meurtre de l’innocent »)
Etc…
On voit donc que la raison peut être pervertie par plusieurs facteurs : négligence, manque de rigueur, idéologies, influences diverses et variées, orgueil etc...
Venons en à la vraie nature de la foi. La nature ou essence de la foi est d’être fidèle d’abord et avant tout à Dieu.
Par conséquent une foi pervertie consistera à être fidèle en priorité à un autre que Dieu.
Exemples : « Je ne crois pas en Dieu mais au progrès », « Je me prosterne devant Satan», « J’idolâtre un chateur de rock », « Je suis fidèle à mes idées », « J’ai foi en moi », etc…
Même la papolâtrie est une perversion de la foi, car elle consiste à être fidèle à Dieu par fidélité au Pape, et non être fidèle au Pape par fidélité à Dieu.
On retrouve cette hiérarchie des fidélités dans le vieux dilemme féodal : si le vassal trahit son suzerain, le vavassal, par fidélité au vassal, doit-il lui aussi le suivre dans la trahison ?
Ce à quoi Saint Pierre répond : « Il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes » (Ac 5, 29)
Nous devons donc d’abord notre foi au seigneur qui a la dignité la plus haute, à savoir Dieu.
cracboum a écrit :
Pour le Magistère la foi et la raison ne peuvent jamais être en désaccord parce que la raison s’est toujours soumises à la foi depuis 2000 ans. Ça aussi c’est une pétition de principe : la droite raison démontre les fondements de la foi parce que la foi a formaté la raison à son contenu révélé.
Nullement :
« Dans son enseignement qui n'a pas varié l'Église catholique a tenu et tient aussi qu'il existe deux ordres de connaissances, distincts non seulement par leur principe, mais encore par leur objet : par leur principe, attendu que dans l'un nous connaissons par la raison naturelle, dans l'autre par la foi divine ; par leur objet, parce qu'en dehors des choses auxquelles la raison naturelle peut atteindre, il y a des mystères cachés en Dieu, proposés à notre croyance, que nous ne pouvons connaître que par la révélation divine. »
(Constitution Dogmatique Filius Dei)
L’affirmation de la distinction objective et principielle entre la raison et la foi contredit formellement votre allégation d’un « formatage » de la raison par la foi, et donc d’une prétendue pétition de principe comme quoi « il faudrait déjà croire pour raisonner et pour croire ».
Sachez qu’un cercle vertueux n’est pas une pétition de principe, car dans un cercle vertueux les deux principes ne se phagocytent pas, mais l’exercice de l’un favorise l’exercice de l’autre, sans qu’il y ait empiètement de l’un sur l’autre.
Exemple : « De hauts salaires pour tout le monde auraient pour conséquence l'accroissement de la production » (Henry Ford)
Hausse des salaires => accroissement de la demande => accroissement de la production => hausse des ventes = > hausse du chiffre d’affaire => hausse des salaires
Maintenant voilà le cercle vertueux exposé par la Constitution Dogmatique Filius Dei :
« la droite raison démontre les fondements de la foi, et, éclairée par sa lumière, elle cultive la science des choses divines ; la foi délivre et prémunit la raison des erreurs, et l'enrichit d'amples connaissances. »
Et à l’opposé vous avez le cercle vicieux ou cercle diabolique entre raison pervertie pervertissant la foi et foi pervertie pervertissant la raison. Par exemple de la conclusion scientiste que l’homme est le fruit du hasard et de la nécessité, la foi se détournera de Dieu pour se tourner vers le progrès indéfini des arts et des sciences, de la foi en le progrès indéfini des arts et des sciences, la raison en déduira qu’un jour la médecine rendra l’homme immortel, et de la considération que l’homme peut accéder de lui-même à l’immortalité la foi se détournera encore plus de Dieu pour se fier encore davantage au progrès des arts et sciences et ainsi de suite à l’infini jusqu’à la perdition…
cracboum a écrit :
Mais il restera toujours un sens caché, un mystère, que peut atteindre la foi, bien qu’obscurément, tandis que la raison n’en saisit que l’expression. La foi n’est pas en désaccord avec la raison, elle la transcende.
Elle la transcende, parce que la surnature transcende la nature, mais elle ne la remplace pas, car la surnature ne remplace pas la nature, mais la complète. La preuve c’est que la foi n’est pas infusée chez les bêtes dépourvues de raison.
cracboum a écrit :
Sinon, qu'est-ce qui distingue la foi de la raison ?
Son principe et son objet. (voir « Filius Dei »)
cracboum a écrit :
Ceux qui n’adhèrent pas au dogme catholique ont-ils une droite raison ?
Clairement non: le Christ n’étant pas l’alpha et l’Omega de leur existence, avec tout ce que cela implique, leur raison est pervertie et ils déduisent et concluent faussement sur tout ce qui touche à l’essentiel, comme par exemple que l’existence est nauséeuse (Sartre), « qu’il faut s’éclater parce qu’on ne vit qu’une fois », « que rien ne se crée et tout se transforme et que par conséquence nous nous réincarnerons bien en quelque chose d’autre », « que l’homme est la mesure de toutes choses » ou au contraire « que l’homme n’est rien, perdu qu’il est dans l’immensité du cosmos », « que l’espèce humaine est une espèce animale comme une autre », « que l’enfant à naître n’est pas un être humain », etc…
Même la raison d’Aristote était pervertie, puisqu’il n’a pas déduit que l’âme rationnelle était une forme subsistante, et qu’il concluait que les vertus étaient propres à la condition sociale, ainsi :
« un homme très laid, de basse naissance, solitaire et sans enfants ne saurait atteindre le bonheur parfait(…) un pauvre ne peut être magnifique ; car il n’a pas de quoi dépenser convenablement ; s’il l’essaye, c’est un sot ». (« Éthique à Nicomaque »).
Cette articulation entre la foi et la raison, et la perversion de la raison par une foi elle-même pervertie est superbement résumée par ces paroles de l’ Évangile :
« Si, pour parler à la manière des hommes, j'ai combattu à Éphèse contre les bêtes, à quoi cela me sert-il, si les morts ne ressuscitent point? Mangeons et buvons, car demain nous mourrons » (Cor 15,32)
Auquel fait écho le « Rien n’est vrai, tout est permis » de Nietzsche.
Ainsi d’une foi pervertie, la raison en conclut au bien fondé de la débauche et elle se trouve du même coup elle-même pervertie, surtout que les beuveries ne sont pas de nature à éclaircir le jugement.
Cela s’appelle une conversion, et la conversion suppose en effet l’advertance de la raison, de la droite raison.cracboum a écrit :
Si c'est non ils sont incapables d’embrasser la foi puisque raison et foi ne peuvent être en désaccord sauf guérison miraculeuse de leur raison dévoyée.
Alors là si vous croyez que la « masse » peut être un contre-argument dans une discussion sur la foi et la raison, je vous arrête tout de suite, car il est dit explicitement dans les Saintes Écritures :cracboum a écrit :
Donc sept milliards d'êtres humains ont une raison dévoyée.
«Allez donc dans les carrefours, et appelez aux noces tous ceux que vous trouverez.
Ses serviteurs, s'en allant par les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils trouvèrent, mauvais et bons, et la salle des noces fut remplie de convives.
Le roi entra pour voir ceux qui étaient à table, et il aperçut là un homme qui n'était pas revêtu de la robe nuptiale.
Il lui dit: Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir la robe nuptiale? Et cet homme demeura muet.
Alors le roi dit aux serviteurs: Liez-lui les mains et les pieds, et jetez-le dans les ténèbres extérieures; là il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Car il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus. (Matt 22, 10-14)
Il n’y a pas de place pour les pervers, pervers de la foi ou de la raison, au banquet de l’Agneau, et que ces pervers soient en masse ne change rien à l’affaire.
Ah! du courrier... l'administration signale que ce fil est un lieu de débat et non de connivence déguisée en controverse, j'y suis pour rien moi ! Oh pardon, c'est pour vous Ti'hamo.