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Re: La grande mutation de l'Alliance

Publié : ven. 23 janv. 2015, 17:01
par PaxetBonum
etienne lorant a écrit :
Si Judas a livré Jésus, c'est parce qu'il s'est montré hésitant, c'est du fait qu'il a laissé le doute s'insinuer en lui.
Je pense que Judas fait bien plus qu'hésiter : Judas n'a pas voulu se convertir.
Il n'a pas voulu se laisser transformer par le Christ.
Il attendait un Messie casqué-botté qui allait bouter les romains hors d'Israël manu militari.
Il se trouve face à un thaumaturge plein de Paix et de douceur.
Je m'interroge même à savoir si il n'a pas voulu tenter Jésus en le livrant : obliger Jésus à user des "pouvoirs surnaturels" qu'il l'a vu utiliser pour se battre contre les romains qui viendraient l'arrêter. Ou alors provoquer une révolte généralisée des juifs pour soutenir ce guérisseur apprécié ?

Bref Judas attendait un casqué-botté, Jésus devait devenir ce casqué-botté ou disparaître à jamais.
Il voulait convertir le Christ à sa vision personnelle du Messie.

Vivre une perpétuelle conversion

Publié : sam. 24 janv. 2015, 11:35
par etienne lorant
Troisième dimanche du temps ordinaire

Livre de Jonas 3,1-5.10.

La parole du Seigneur fut adressée à Jonas :
« Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, proclame le message que je te donne sur elle. »
Jonas se leva et partit pour Ninive, selon la parole du Seigneur. Or, Ninive était une ville extraordinairement grande : il fallait trois jours pour la traverser.
Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! »
Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, se vêtirent de toile à sac. En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.



Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 7,29-31.
Frères, je dois vous le dire : le temps est limité. Dès lors, que ceux qui ont une femme soient comme s’ils n’avaient pas de femme, ceux qui pleurent, comme s’ils ne pleuraient pas, ceux qui ont de la joie, comme s’ils n’en avaient pas, ceux qui font des achats, comme s’ils ne possédaient rien, ceux qui profitent de ce monde, comme s’ils n’en profitaient pas vraiment. Car il passe, ce monde tel que nous le voyons.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,14-20.
Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »
Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs. Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets.
Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.



Textes de l'Evangile au quotidien




Tous les textes de ce prochain dimanche nous parlent de la nécessité et de l'urgence de notre conversion. Et cela concerne même ceux qui sont déjà convertis. Car la conversion est un mouvement continu. Si elle ne l'est déjà, les événements de la vie surgiront toujours pour en vérifier la qualité. J'ai trouvé que l’Épitre de saint Paul en parle le mieux lorsqu'elle dit :

"Que ceux qui pleurent (soient), comme s'ils ne pleuraient pas; ceux qui ont de la joie, comme s'ils n'en avaient pas". N'est-ce pas curieux, pour moi qui ai si souvent écrit que je puise "force et joie" à chaque Eucharistie ? Et c'est toujours le cas, je reçois toujours ma part de grâce quotidienne, mais l'effort de se lever à 6h00 pour être à la chapelle à 8h00 (d'autant que je n'ai plus de voiture) devient plus lourd. Je dois donc avoir de nouveau recours à la volonté - et en hiver de plus en plus. L'avantage que j'en retire, c'est d'abord une prière plus assidue.

Jusqu'où peut-on se convertir ? Jusque dans les douleurs, lorsque l'on perd un être cher, ou lorsqu'on sait qu'on va le perdre; dans la maladie, dans la solitude qui s'accroît, dans le reniement que des amis ont fait de nous - car si le chagrin peut devenir un instrument de conversion, c'est du simple fait que la joie parfaite n'est pas de ce monde.

Ainsi, en conclusion, qui sème dans les larmes récolte dans la joie. De temps à autre, dans une maison, c'est le jour du "grand nettoyage": eh bien, le mieux est de considérer ce jour comme un renouvellement complet et l'effort à fournir n'en sera que plus simple.

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Re: La grande mutation de l'Alliance

Publié : sam. 24 janv. 2015, 12:01
par etienne lorant
PaxetBonum a écrit :Je m'interroge même à savoir si il n'a pas voulu tenter Jésus en le livrant : obliger Jésus à user des "pouvoirs surnaturels" qu'il l'a vu utiliser pour se battre contre les romains qui viendraient l'arrêter. Ou alors provoquer une révolte généralisée des juifs pour soutenir ce guérisseur apprécié ? .
Cette tentation de Judas, je la sens possible de cette manière, en effet. Il était bien l'un des douze, il avait reçu les mêmes pouvoirs que les onze autres, et il tenait la bourse commune. Oui, une tentation d'obliger Jésus à instaurer d'un jour à l'autre, d'office et définitivement, le Royaume sur la terre. Il s'est dit: "Si Jésus est bien le fils de Dieu, Dieu ne le laissera pas mourir". Hélas pour lui, Jésus, dès le commencement, leur avait parlé de sa mise à mort.

Je mentionne cette "version", car notre prêtre en a une autre - beaucoup moins évidente : n'y aurait-il pas, en chacun de nous, un Judas, un "légaliste" ? J'ai difficile de comprendre...

Mémoire des saints Timothée et Tite

Publié : lun. 26 janv. 2015, 11:09
par etienne lorant
Mémoire des saints Timothée et Tite, évêques, compagnons de saint Paul

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 1,1-8.

Paul, Apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, selon la promesse de la vie que nous avons dans le Christ Jésus, à Timothée, mon enfant bien-aimé. À toi, la grâce, la miséricorde et la paix de la part de Dieu le Père et du Christ Jésus notre Seigneur.
Je suis plein de gratitude envers Dieu, à qui je rends un culte avec une conscience pure, à la suite de mes ancêtres, je lui rends grâce en me souvenant continuellement de toi dans mes prières, nuit et jour.
Me rappelant tes larmes, j’ai un très vif désir de te revoir pour être rempli de joie.
J’ai souvenir de la foi sincère qui est en toi : c’était celle qui habitait d’abord Loïs, ta grand-mère, et celle d’Eunice, ta mère, et j’ai la conviction que c’est aussi la tienne.
Voilà pourquoi, je te le rappelle, ravive le don gratuit de Dieu, ce don qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains.
Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération.
N’aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, et n’aie pas honte de moi, qui suis son prisonnier ; mais, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10,1-9.
Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin.
Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.”
S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté.
Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous
.”


Textes de l’Évangile au quotidien

La première lecture, dans laquelle saint Paul rappelle à Timothée sa conversion, se souvient de ses larmes, indique en même temps que ce furent des larmes de joie. Car, si l'on se convertit en reconnaissant ses fautes, avec sincérité, la morsure intérieure du regret et du chagrin vient de l'Esprit-Saint et s'achève par un relèvement dans la joie. Ce mouvement, je peux en témoigner, puisque je l'ai vécu. Je sais bien que je n'aurais pu cesser de pleurer mes fautes en restant à genoux, si le même Esprit, qui m'avait fait contempler mon état de pécheur, ne m'avait pas aussi fait reconnaître la joie du Seigneur - laquelle est tout aussi forte et fait couler les larmes de la Joie.

Heureux les convertis ! Mais malheureux les convertis qui se laisseraient retomber dans leur état premier ! Pour moi, je ne pense pas que ce soit possible, à cause de l'Eucharistie quotidienne - laquelle fut, elle aussi, un don de Dieu, à la suite d'une dépression.

Dans l’Évangile, Jésus envoie ses disciples sans grand équipement, car si le même Esprit est avec eux, ils ne rencontreront aucune difficulté qui ne soit résolue, ils n'essuieront des échecs que pour mieux repartir vers l'avant. Pour ma part, je n'ai jamais pu me rendre compte si une seule de mes petites méditations a pu servir quelqu'un, mais par contre je reconnais chaque jour que ce mouvement du témoignage, c'est bien cela qui me permet de supporter tout le reste !

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L'homélie du Pape :

2015-01-26 L’Osservatore Romano

Ni timidité, ni honte d’être chrétiens. Parce que la foi « est un esprit de force, de charité et de prudence ». Tel est l’enseignement que le Pape François a tiré de la mémoire liturgique des saints Tite et Timothée, disciples de l’apôtre des gentils.

En célébrant lundi matin 26 janvier, la Messe dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, le Pape s’est arrêté en particulier sur la première lecture – tirée de la deuxième lettre de saint Paul à Timothée (1, 1-8) – pour souligner que la foi chrétienne nous donne « la force de vivre lorsque nous ravivons ce don de Dieu ».

Le Pape a rappelé que Paul révèle également l’origine de cette foi de Timothée. En effet, il l’a reçue de sa grand-mère Loïs et de sa mère Eunice. Parce que, a-t-il commenté, « ce sont les mères, les grands-mères qui assurent la transmission de la foi ».

A ce propos, François a expliqué que « transmettre la foi est une chose, enseigner la vérité de la foi en est une autre ». En effet, « la foi est un don. La foi ne peut être étudiée. On étudie les vérités de la foi, pour mieux la comprendre, mais à travers l’étude, on n’arrive jamais à la foi. La foi est un don de l’Esprit Saint, c’est un cadeau, qui va au-delà de toute préparation ». Et sur cet aspect, le Pape a observé que Timothée était un jeune évêque, au point que dans la première lettre Paul lui dit: « Que personne ne méprise ton jeune âge ». Il est probable, en effet, « que certaines personnes, en voyant qu’il était si jeune », le méprisaient, en avançant des arguments du genre: « Ce jeune homme qui vient commander ici... ». Mais, a-t-il poursuivi, « l’Esprit Saint l’avait choisi ».

Le Pape François a ensuite rappelé le « beau travail des mères et des grands-mères, le beau service que ces femmes accomplissent en tant que mères et que femmes dans une famille – ce peut être aussi une domestique, une tante – de transmettre la foi ». Même si, a-t-il ajouté, nous devrions nous demander « si aujourd’hui, les femmes ont cette conscience du devoir de transmettre la foi, de donner la foi ».

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« Garder la foi. La foi est gardée », a-t-il souligné en reproposant les paroles de l’apôtre: « O Timothée, garde le dépôt. Evite les discours creux et impies, évite les discours creux et mondains » (cf. 1 Tm 6, 20). L’Evêque de Rome a souligné immédiatement l’expression « garde le dépot » et a rappelé que « c’est notre devoir ». Mais, a demandé le Pape, « nous, comment vivons-nous notre foi? Telle est l’importance de raviver chaque jour notre don: de le rendre vivant ».

D’où l’avertissement contre « l’esprit de timidité et la honte ». Parce que « Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité. L’esprit de timidité va contre le don de la foi, il ne la laisse pas grandir, aller de l’avant, devenir grande ».

A partir de ces prémices, le Pape a souhaité qu’« aujourd’hui, ce serait un beau devoir pour nous tous de prendre cette seconde lettre de Paul à Timothée et de la lire. Elle est très brève, elle se lit facilement, mais elle est très belle. Le conseil d’un évêque ancien à l’évêque tout jeune; il lui donne des conseils pour conduire son Eglise: comment garder le dépôt; comment rappeler que la foi est un don, qui m’a été donné par l’Esprit Saint à travers ma mère, ma grand-mère et tant de femmes qui ont aidé ».

Mais pourquoi, s’est demandé François, « est-ce que ce sont principalement les femmes qui transmettent la foi »? La réponse doit être cherchée une fois de plus dans le témoignage de la Vierge: « Simplement – a répondu le Pape – parce que celle qui nous a apporté Jésus est une femme. C’est la voie choisie par Jésus. Il a voulu avoir une mère: le don de la foi passe également par les femmes, comme Jésus pour Marie ».


http://www.news.va/fr/news/messe-a-sain ... ient-aux-f

Marie et la famille de Jésus

Publié : mar. 27 janv. 2015, 10:43
par etienne lorant
Mardi de la 3e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 10,1-10.


Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps.
Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché; alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre.
Le Christ commence donc par dire : Tu n’as pas voulu ni agréé les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les sacrifices pour le péché, ceux que la Loi prescrit d’offrir. Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second.
Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 3,31-35.
En ce temps-là, comme Jésus était dans une maison, arrivent sa mère et ses frères. Restant au- dehors, ils le font appeler. Une foule était assise autour de lui ; et on lui dit : « Voici que ta mère et tes frères sont là dehors : ils te cherchent. »
Mais il leur répond : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? »
Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères.
Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »



Textes de l’Évangile au quotidien

Dans mon entourage, je connais certains fidèles qui ne peuvent s'empêcher de réagir, presque douloureusement, à la façon dont Jésus parle ici de sa mère. Sur ce sujet, deux points importants sont à relever. Le premier, c'est que Jésus ne parle pas seulement de Marie, mais de Marie et des membres de sa famille. Et Il dit cela en contemplant la foule qui l'entoure, dans laquelle beaucoup, hommes et femmes, vont se convertir et s'efforcer désormais d'aimer le prochain, quel qu'il soit, "comme soi-même": ce qui constitue le second commandement. Car quiconque aime Dieu ne peut le manifester autrement qu'en aimant le prochain.

Le deuxième point, c'est qu'en parlant comme il le fait, le Christ manifeste que la première Alliance, que les juifs avaient fait reposer entièrement sur la génération (il y a dans l’Évangile deux générations de Jésus), n'a plus lieu d'exister. Ce n'est plus d'être de la génération d'Abraham qui fait d'un homme ou d'une femme les objets de l'élection divine, mais c'est d'accomplir la volonté de Dieu, dont l'amour de miséricorde s'étend sur tous les hommes, toutes les femmes et tous les enfants - et ceci de tous les peuples et de toutes les générations, jusqu'à la fin du monde.

Le troisième point, c'est que Marie est intimement associée (plus qu'aucun de nous ne peut le comprendre) à ce renouvellement de la création.

Comme je termine, il m'apparaît encore ceci : ce sont les membres de la famille de Jésus qui ont prié Marie de les accompagner à la rencontre de Jésus. Or, en agissant ainsi, ils sont les premiers - les premiers d'une multitude - à chercher auprès de la Vierge Marie "l'excellence de l'intercession". Nous ne sommes en effet pas assez humbles pour bien prier Jésus, et c'est pourquoi l'Ave Maria est une prière puissante et de tous les temps.

(J'avais trouvé trois points de vue et le quatrième est venu s'y rajouter de lui-même !)

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Les paraboles, héritage vivant de l'Eglise

Publié : mer. 28 janv. 2015, 11:27
par etienne lorant
Mercredi de la 3e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 10,11-18.

Dans l’ancienne Alliance, tout prêtre, chaque jour, se tenait debout dans le Lieu saint pour le service liturgique, et il offrait à maintes reprises les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais enlever les péchés.
Jésus Christ, au contraire, après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu.
Il attend désormais que ses ennemis soient mis sous ses pieds.
Par son unique offrande, il a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie.
L’Esprit Saint, lui aussi, nous l’atteste dans l’Écriture, car, après avoir dit :
Voici quelle sera l’Alliance que j’établirai avec eux quand ces jours-là seront passés, le Seigneur dit : Quand je leur donnerai mes lois, je les inscrirai sur leurs cœurs et dans leur pensée et je ne me rappellerai plus leurs péchés ni leurs fautes.
Or, quand le pardon est accordé, on n’offre plus le sacrifice pour le péché
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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4,1-20.
En ce temps-là, Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer de Galilée. Une foule très nombreuse se rassembla auprès de lui, si bien qu’il monta dans une barque où il s’assit. Il était sur la mer, et toute la foule était près de la mer, sur le rivage.
Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles, et dans son enseignement il leur disait :
« Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer.
Comme il semait, du grain est tombé au bord du chemin ; les oiseaux sont venus et ils ont tout mangé.
Du grain est tombé aussi sur du sol pierreux, où il n’avait pas beaucoup de terre ; il a levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde ; et lorsque le soleil s’est levé, ce grain a brûlé et, faute de racines, il a séché.
Du grain est tombé aussi dans les ronces, les ronces ont poussé, l’ont étouffé, et il n’a pas donné de fruit.
Mais d’autres grains sont tombés dans la bonne terre ; ils ont donné du fruit en poussant et en se développant, et ils ont produit trente, soixante, cent, pour un. »
Et Jésus disait : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »
Quand il resta seul, ceux qui étaient autour de lui avec les Douze l’interrogeaient sur les paraboles.
Il leur disait : « C’est à vous qu’est donné le mystère du royaume de Dieu ; mais à ceux qui sont dehors, tout se présente sous forme de paraboles.
Et ainsi, comme dit le prophète : Ils auront beau regarder de tous leurs yeux, ils ne verront pas ; ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles, ils ne comprendront pas ; sinon ils se convertiraient et recevraient le pardon. »
Il leur dit encore : « Vous ne saisissez pas cette parabole ? Alors, comment comprendrez-vous toutes les paraboles ?
Le semeur sème la Parole.
Il y a ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée : quand ils l’entendent, Satan vient aussitôt et enlève la Parole semée en eux. Et de même, il y a ceux qui ont reçu la semence dans les endroits pierreux : ceux-là, quand ils entendent la Parole, ils la reçoivent aussitôt avec joie ; mais ils n’ont pas en eux de racine, ce sont les gens d’un moment ; que vienne la détresse ou la persécution à cause de la Parole, ils trébuchent aussitôt.
Et il y en a d’autres qui ont reçu la semence dans les ronces : ceux-ci entendent la Parole,
mais les soucis du monde, la séduction de la richesse et toutes les autres convoitises les envahissent et étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit.
Et il y a ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre : ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent, et ils portent du fruit : trente, soixante, cent, pour un. »


Textes de l'Evangile au quotidien


"Quand je leur donnerai mes lois, je les inscrirai sur leurs cœurs et dans leur pensée". A cette parole citée par saint Paul correspond bien l'image de Jésus dans la barque (c'est-à-dire ici : depuis un lieu inaccessible à son public). Et ni les disciples, qui sont dans la barque avec Jésus, ni la foule n'ont compris la parabole du semeur. L'explication, c'est Jésus qui la donne en tout premier lieu à ses disciples, car ce sont eux qui seront chargés, non seulement d'enseigner le peuple, mais aussi d'y puiser toutes sortes de conclusions nouvelles qui seront valables pour toutes les époques de la vie du monde, jusqu'à la Parousie. Ainsi que le dit encore Jésus en saint Matthieu, juste après que Jésus ait expliqué aux douze la parabole du bon grain et de l'ivraie, bien comparable - et cependant différente de la parabole d'aujourd'hui :

"13.51. Avez-vous compris tout cela? -Oui, répondirent-ils.

52 Et il leur dit: C’est pourquoi, tout scribe instruit de ce qui regarde le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes.

C'est-à-dire que la Parole de Jésus n'est pas comme les discours conservés dans les livres d'histoire. C'est une parole qui vit, et qui est sortie de la bouche du Seigneur pour tous les siècles jusqu'à la fin du monde. C'est aux apôtres et aux théologiens qui leur succèderont qu'il appartiendra de la réactualiser selon leur époque. Notre prêtre nous a parlé d'un de ces hommes "instruits du royaume des cieux", saint Thomas d'Aquin, dont les études furent d'abord très critiquées avant de devenir une référence partout reconnue.

Pour ma part, je ne résiste pas à l'occasion de déposer ici la conférence donnée sur le même thème par l'exégète Jean-François Frogger sur ce thème :




Nous aurons toujours besoin d'hommes inspirés par Dieu afin de donner la juste analyse de la Parole, celle qui est adaptée à notre époque.

En ressortant de la chapelle, j'ai appris par une radio que je suis certainement passé devant un "colis suspect" déposé devant l'entrée de service du commissariat de police en ville. Je passe par cette rue chaque matin ! Et j'ai songé, le cœur plein de joie, qu'à l'image des fidèles qui courent un risque en se rendant à la messe dans différents pays du monde, j'ai couru ce risque, moi aussi. J'avais déjà songé mais aujourd'hui encore, j'ai vécu de ma foi et j'en éprouve une grande joie, une joie spirituelle plus forte encore qu'en d'autres occasions !

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info : http://www.sudinfo.be/1199913/article/2 ... s-confines

Dieu sorti du temple envahit les coeurs

Publié : jeu. 29 janv. 2015, 11:46
par etienne lorant
Jeudi de la 3e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 10,19-25.

Frères, c’est avec assurance que nous pouvons entrer dans le véritable sanctuaire grâce au sang de Jésus :
nous avons là un chemin nouveau et vivant qu’il a inauguré en franchissant le rideau du Sanctuaire ; or, ce rideau est sa chair.
Et nous avons le prêtre par excellence, celui qui est établi sur la maison de Dieu.
Avançons-nous donc vers Dieu avec un cœur sincère et dans la plénitude de la foi, le cœur purifié de ce qui souille notre conscience, le corps lavé par une eau pure.
Continuons sans fléchir d’affirmer notre espérance, car il est fidèle, celui qui a promis.
Soyons attentifs les uns aux autres pour nous stimuler à vivre dans l’amour et à bien agir.
Ne délaissons pas nos assemblées, comme certains en ont pris l’habitude, mais encourageons-nous, d’autant plus que vous voyez s’approcher le Jour du Seigneur.



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4,21-25.
En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « Est-ce que la lampe est apportée pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ? N’est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ?
Car rien n’est caché, sinon pour être manifesté ; rien n’a été gardé secret, sinon pour venir à la clarté.
Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »
Il leur disait encore : « Faites attention à ce que vous entendez ! La mesure que vous utilisez sera utilisée aussi pour vous, et il vous sera donné encore plus. Car celui qui a, on lui donnera ; celui qui n’a pas, on lui enlèvera même ce qu’il a. »


Textes de l’Évangile au quotidien

La lettre aux Hébreux leur est destinée afin qu'ils ouvrent leur compréhension de la religion au Dieu unique, au projet universel et intemporel de Dieu. C'est avec raison que l'apôtre fait allusion au rideau du Sanctuaire que le Christ a franchi par sa croix. Ce rideau du Temple délimitait le lieu de la présence de Dieu parmi le peuple, un lieu infiniment sacré, selon les prêtres du Temple, un lieu où seul le grand prêtre pouvait entrer une fois par an et chuchoter le nom de Dieu.

En Jésus-Christ, le lieu saint, c’est notre corps et notre esprit, et toutes nos facultés, c’est notre vie tout entière faite pour être vivifiée par la présence de Dieu et l'action de l'Esprit-Saint.

De nouveau, les paroles de Jésus dans l’Évangile resteraient étranges, s'il n'y avait le secours de l'Esprit Saint. En entendant l'une d'elle, ce matin, je me suis souvenu qu'avant ma conversion, je butais sur cette parole : "Celui qui a, on lui donnera ; celui qui n’a pas, on lui enlèvera même ce qu’il a.". En effet, pour l'homme de 20 ans que je fus et qui se croyait (très) intelligent, ces mots contredisaient l'appel à renoncer à tout pour suivre Jésus - la condition donnée au jeune homme riche.

Mais ces paroles de Jésus sont mystérieuses parce qu'elles sont vivantes : elles progressent en nous quoi que nous fassions, elles renouvellent l'être de chair et le transforment peu à peu en une créature nouvelle, celle qui espère le "Jour du Seigneur". Les incroyants ont du mal de comprendre et pourtant, le premier travail d'un bon jardinier consiste à enterrer des graines...

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Tous appelés à la sainteté

Publié : ven. 30 janv. 2015, 19:29
par etienne lorant
Vendredi de la 3e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 10,32-39.

Frères, souvenez-vous de ces premiers jours où vous veniez de recevoir la lumière du Christ : vous avez soutenu alors le dur combat des souffrances, tantôt donnés en spectacle sous les insultes et les brimades, tantôt solidaires de ceux qu’on traitait ainsi.
En effet, vous avez montré de la compassion à ceux qui étaient en prison ; vous avez accepté avec joie qu’on vous arrache vos biens, car vous étiez sûrs de posséder un bien encore meilleur, et permanent.
Ne perdez pas votre assurance ; grâce à elle, vous serez largement récompensés.
Car l’endurance vous est nécessaire pour accomplir la volonté de Dieu et obtenir ainsi la réalisation des promesses.
En effet, encore un peu, très peu de temps, et celui qui doit venir arrivera, il ne tardera pas.
Celui qui est juste à mes yeux par la foi vivra ; mais s’il abandonne, je ne trouve plus mon bonheur en lui.
Or nous ne sommes pas, nous, de ceux qui abandonnent et vont à leur perte, mais de ceux qui ont la foi et sauvegardent leur âme
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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4,26-34.
En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment.
D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.
Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »
Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ?
Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences.
Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »
Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre.
Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.



Textes de l’Évangile au quotidien

Les encouragements de saint Paul sont les bienvenus, puisque, d'une part, les manifestations anti-chrétiennes se bousculent un peu partout dans le monde. Je peux dire, sans fausse gêne, que moi aussi, en considérant les évènements du monde, je suis saisi depuis quelques jours d'une très forte angoisse - que je supporte en d'autres jours, mais qui m'ont obligé à fermer boutique. D'ici quelques jours à peine, des milliers de jeunes chômeurs ne bénéficieront plus d'indemnités, ni de l'assistance publique. Or, une enquête statistique récente a montré que la plus grande majorité d'entre eux ne se sont pas renseignés concernant leur situation personnelle. Bref, ce sont des hommes et des femmes en pleine force de l'âge qui vont se retrouver sur les trottoirs. Quant on sait, en outre, que les enfants de ces nouveaux chômeurs, se retrouveront aussi mal lotis que leurs parents.... on n'imagine pas qu'ils accepteront leur sort sans broncher : il y aura des vols (il y en a déjà eu trois dans mon quartier), et aussi des violences.

Oui, ces encouragements de saint Paul doivent nous toucher, mais non pour vivre dans la crainte, mais pour vivre dans la foi.

Dans l’Évangile, Jésus parle toujours en paraboles. Celles lues aujourd'hui ne sont guère difficiles à décrypter, en fonction de la première lecture, il suffit de dire que les semences, avant de germer pour aboutir en un grand arbre qui a de longues branches, et qui attirent les âmes comme les oiseaux du ciel... doivent fournir un effort de tout l'être vers la sainteté. Mais n'imaginons pas que nous en soyons incapables : si les fidèles proclamés Saints par l’Église ne sont pas légion, c'est que l'Eglise a voulu donner à chacun une image de vies rayonnantes d'Amour. Ils sont nos modèles.

Et pour terminer, cette simple question : quel est votre saint préféré, vers qui vous vous tournez souvent ? J'invoque sainte Faustine car le Seigneur m'a fait connaître sa Miséricorde et c'est bien d'elle que je vis en cette époque si troublée...


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L'homélie du Pape François

Pour le Pape, un chrétien doit toujours conserver en soi « la mémoire » de sa première rencontre avec le Christ et « l’espérance » en lui, qui le pousse à aller de l’avant dans la vie avec le « courage » de la foi. Lors de son homélie prononcée lors la messe célébrée ce vendredi matin en la chapelle de la maison Sainte-Marthe, François a affirmé qu' « un chrétien sans la mémoire de sa première rencontre avec Jésus est une personne vide, spirituellement inerte, comme seuls le sont les chrétiens tièdes, "nonchalants" ».

C’est la phrase initiale de la lettre aux Hébreux sur laquelle s'est appuyé le Saint-Père, où chacun est invité à se souvenir de « la mémoire des premiers jours », celle où chacun a reçu « la lumière du Christ », comme, en particulier, « le jour de la rencontre avec Jésus ». Ce jour ne doit jamais être oublié, conseille le Pape, car c’est un jour « de grande joie » et qui donne « l’envie de faire de grandes choses ». Avec ce souvenir, il ne faut jamais perdre de vue le « courage initial », « l’enthousiasme » et la « franchise » qui naissent du souvenir du premier amour.

Attention au mal qui frappe à la porte

Lorsqu’on pense aux chrétiens tièdes, deux images touchent le Pape François. Celle évoquée par Pierre, « comme le chien retourne à ce qu'il a vomi » et l’autre de Jésus, quand il y a des personnes qui, dans le fait de décider de suivre l’Évangile, ont bien chassé le démon mais lorsque celui-ci revient en force, ils lui ouvrent la porte sans prêter attention. Ainsi, le démon « prend possession de cette maison », initialement propre et belle. « Le chrétien a deux paramètres : la mémoire et l’espérance, liste le Pape. Rappeler la mémoire pour ne pas perdre cette expérience tellement belle du premier amour qui alimente l’espérance. Souvent, l’espérance est sombre mais il va de l’avant. Il croit, il avance car il sait que l’espérance ne déçoit pas pour trouver Jésus. Ces deux paramètres sont le cadre dans lequel nous pouvons conserver ce salut des justes, qui provient du Seigneur ». Un salut, affirme le Pape, qui doit être protégé « pour que le petit grain de moutarde grandisse et porte son fruit. Demandons la grâce de protéger ce cadeau, ce don du salut » a conclu le Saint-Père.

http://fr.radiovaticana.va/news/2015/01 ... BB/1120725
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L'exemple de la foi d'Abraham

Publié : sam. 31 janv. 2015, 10:38
par etienne lorant
Samedi de la 3e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 11,1-2.8-19
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Frères, la foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas.
Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens, c’est à cause de leur foi.
Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu : il partit vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait.
Grâce à la foi, il vint séjourner en immigré dans la Terre promise, comme en terre étrangère ; il vivait sous la tente, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse,
car il attendait la ville qui aurait de vraies fondations, la ville dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l’architecte.
Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d’être à l’origine d’une descendance parce qu’elle pensait que Dieu est fidèle à ses promesses.
C’est pourquoi, d’un seul homme, déjà marqué par la mort, a pu naître une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, une multitude innombrable.
C’est dans la foi, sans avoir connu la réalisation des promesses, qu’ils sont tous morts ; mais ils l’avaient vue et saluée de loin, affirmant que, sur la terre, ils étaient des étrangers et des voyageurs.
Or, parler ainsi, c’est montrer clairement qu’on est à la recherche d’une patrie.
S’ils avaient songé à celle qu’ils avaient quittée, ils auraient eu la possibilité d’y revenir.
En fait, ils aspiraient à une patrie meilleure, celle des cieux. Aussi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, puisqu’il leur a préparé une ville.
Grâce à la foi, quand il fut soumis à l’épreuve, Abraham offrit Isaac en sacrifice. Et il offrait le fils unique, alors qu’il avait reçu les promesses
et entendu cette parole : C’est par Isaac qu’une descendance portera ton nom.
Il pensait en effet que Dieu est capable même de ressusciter les morts ; c’est pourquoi son fils lui fut rendu : il y a là une préfiguration
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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4,35-41.
Ce jour-là, le soir venu, Jésus dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque, et d’autres barques l’accompagnaient.
Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait.
Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »
Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »



Textes de l’Évangile au quotidien

Mais qu'est-ce avoir la foi ? C'est une attitude de confiance absolue, mais qui se développe et n'arrive à pleine maturité qu'au prix d'épreuves successives. Car c'est l'épreuve qui vérifie la foi, dira encore saint Paul dans la même épître.

Une fois n'est pas coutume, je désire partager avec tous, à propos d'Abraham, notre père dans la foi, un éloge extraordinaire de la foi d'Abraham, tel que nous l'a laissé S.Kierkegaard dans un ouvrage très connu, intitulé "Craintes et tremblements", dans une traduction de PH Tisseau, aux Editions Aubier. Voici ce texte. Ne vous laissez pas rebuter, avancez jusqu'au bout, car ce langage est extraordinaire :

« Si l'homme n'avait pas de conscience éternelle, si au fond de toutes choses, il n'y avait qu'une puissance sauvage et bouillonnante, produisant toutes choses, le grand et le futile, dans le tourbillon d'obscures passions; si le vide sans fond, que rien ne peut combler, se cachait sous les choses, que serait la vie, sinon le désespoir ?

S'il en était ainsi, si l'humanité n'avait pas de lien sacré, si les générations se renouvelaient comme le feuillage des forêts, s'éteignaient l'une après l'autre comme le chant des oiseaux dans les bois, traversaient le monde comme le navire l'océan, ou le vent le désert, acte aveugle et stérile; si l'éternel oubli, toujours affamé ne trouvait pas de puissance assez forte pour lui arracher la proie qu'il épie, quelle vanité et quelle désolation serait la vie !

Mais tel n'est pas le cas; comme il a créé l'homme et la femme, Dieu a aussi formé le héros et le poète ou l'orateur. Celui-ci ne peut rien accomplir de ce que fait celui-là; il ne peut que l'admirer, l'aimer et se réjouir en lui. Non moins que lui, pourtant, il est favorisé; car le héros est pour ainsi dire le meilleur de son être, ce dont il est épris, heureux de ne pas l'être lui-même, afin que son amour soit fait d'admiration.
Le poète est le génie du ressouvenir. Il ne peut rien, sinon rappeler, sinon admirer ce qui fut accompli ; il ne tire rien de son propre fonds, mais il est jaloux du dépôt dont il a la garde. Il suit le choix de son cœur : à peine a-t-il trouvé l'objet de sa recherche, il va de porte en porte dire ses chants et ses discours, pour que tous partagent son admiration pour le héros et en soient fiers comme lui.

Telle est son action, son humble tâche, son loyal service dans la maison du héros. S'il est ainsi fidèle à son amour, il entre dans la compagnie du héros qui l'aime d'un amour également fidèle, car le poète est pour ainsi dire le meilleur être du héros, débile assurément comme un ressouvenir, mais aussi transfiguré comme lui.

C'est pourquoi nul ne sera oublié de ceux qui furent grands ; et s'il faut du temps, si même le nuage de l'incompréhension dissipe la figure du héros, son amant vient pourtant ; et plus tarde sa venue, plus aussi il s'attache fidèlement à lui.

Non ! Nul ne passera de ceux qui furent grands, chacun selon sa manière et selon la grandeur qu'il aima. Car qui s'aima lui-même fut grand par sa personne, et qui aima autrui fut grand en se donnant ; pourtant, qui aima Dieu fut le plus grand de tous.

Les grands hommes seront célébrés dans l'histoire ; mais chacun deux fut grand selon qu'il espéra. L'un fut grand dans l'espoir qui attend le possible, un autre dans l'espoir des choses éternelle ; mais celui qui voulut attendre l'impossible fut le plus grand de tous.

Les grands hommes seront gardés dans la mémoire, mais chacun d'entre eux fut grand suivant l'importance de ce qu'il combattit. Car qui lutta contre le monde fut grand en triomphant du monde, et qui lutta contre lui-même fut grand par sa victoire sur lui-même ; mais celui qui lutta contre Dieu fut le plus grand de tous.

Tels furent les combats livrés sur cette terre: homme contre homme, un contre mille ; mais celui qui lutta contre Dieu fut le plus grand de tous. Tels furent les combats engagés ici-bas : l'un vint à bout de l'autre en usant de sa force, l'autre désarma Dieu par sa propre faiblesse . L'on en vit s'appuyer sur eux-mêmes et triompher de tout, et d'autres, forts de leur force, tout sacrifier. Mais celui qui crut en Dieu fut le plus grand de tous.

Et il y eut des hommes grands par leur énergie, leur sagesse, leur espérance ou leur amour ; mais Abraham fut le plus grand de tous, grand par l'énergie dont la force est faiblesse, grand par la sagesse dont le secret est folie, grand par l'espoir dont la force est démence, grand par l'amour qui est la haine de soi-même.

C'est par la foi qu'Abraham quitta le pays de ses pères et fut étranger en terre promise (Hébreux 11,9). Il laissa une chose, sa raison terrestre et en prit une autre, la foi ; sinon, songeant à l'absurdité du voyage, il ne serait pas parti. C'est par la foi qu'il fut un étranger en terre promise, où rien ne lui rappelait ce qu'il aimait, tandis que la nouveauté de toutes choses mettait en son âme la tentation d'un douloureux regret.

Cependant, il était l'élu de Dieu, en qui l’Éternel avait sa complaisance ! Certes, s'il avait été un déshérité, banni de la grâce divine, il eût mieux compris cette situation qui semblait une raillerie sur lui et sur sa foi. Il y eut aussi dans le monde celui qui vécut exilé de sa patrie bien-aimée. Il n'est pas oublié, ni ses complaintes où, dans la mélancolie, il chercha et trouva ce qu'il avait perdu.Abraham n'a pas laissé de lamentations. Il est humain de se plaindre, humain de pleurer avec celui qui pleure, mais il est plus grand de croire, et plus bienfaisant de contempler le croyant.

C'est par la foi (Gal. III, Cool qu'Abraham reçut la promesse que toutes les nations de la terre seraient bénies en sa postérité. Le temps passait, la possibilité restait, Abraham croyait. Le temps passa, le soir fut à son déclin, et cet homme n'eût point la lâcheté de renoncer à son espoir ; aussi ne sera-t-il jamais oublié non plus. Puis il connut la tristesse, et le chagrin, loin de le décevoir comme la vie, fit pour lui tout ce qu'il put et, dans ses douceurs, lui donna la possession de son espérance trompée. Il est humain de connaître la tristesse, humain de partager la peine de l'affligé, mais il est plus grand de croire et plus réconfortant de contempler le croyant.

Abraham ne nous a pas laissé de lamentations. Il n'a pas tristement compté les jours à mesure que le temps passait ; il n'a pas regardé Sara d'un œil inquiet pour voir si les années creusaient des rides sur son visage ; il n'a pas arrêté la course du soleil (Josué X, 12) pour empêcher Sara de vieillir, et son attente avec elle ; pour apaiser sa peine, il n'a pas chanté à Sara un triste cantique. Il devint vieux et Sara fut raillée dans le pays ; cependant, il était l'élu de Dieu et l'héritier de la promesse, que toutes les nations de la terre seraient bénies en sa postérité.

N'eût-il pas mieux valu qu'il ne fût pas l'élu de Dieu ? Qu'est-ce donc qu'être l'élu de Dieu ? C'est se voir refuser au printemps de la vie le désir de la jeunesse, pour en obtenir l'exaucement dans la vieillesse après de grandes difficultés. Mais Abraham crut et garda fermement la promesse à laquelle il aurait renoncé s'il avait chancelé. Il aurait alors dit à Dieu : « ce n'est pas peut-être pas ta volonté que mon désir se réalise ; je renonce donc à mon vœu, mon unique, où je mettais ma félicité. Mon âme est droite et ne recèle pas de secrète rancune devant ton refus ».
Il n'aurait pas été oublié ; il en aurait sauvé beaucoup par son exemple, mais il ne serait pas devenu le père de la foi ; car il est grand de renoncer à son vœu le plus cher, mais plus grand de le garder après l'avoir abandonné ; il est grand de saisir l'éternel, mais plus grand de garder le temporel après y avoir renoncé.

Puis les temps furent accomplis. Si Abraham n'avait pas cru, Sara serait sans doute morte de chagrin, et lui, rongé de tristesse, n'aurait pas compris l'exaucement, mais en aurait souri comme d'un rêve de jeunesse. Mais Abraham crut ; aussi resta-t-il jeune : car celui qui espère toujours le meilleur vieillit dans les déceptions, et celui qui s'attend toujours au pire est de bonne heure usé, mais celui croit conserve une jeunesse éternelle.

Bénie soit donc cette histoire ! Car Sara, bien qu'avancée en âge, fut assez jeune pour désirer les joies de la maternité, et Abraham, malgré ses cheveux gris, fut assez jeune pour désirer d'être père. A première vue, le miracle, c'est l'événement qui arriva selon leur espérance ; mais au sens profond, le prodige de la foi, c'est qu'Abraham et Sara furent assez jeunes pour désirer, et que la foi garda leur désir, et par là leur jeunesse. Il vit l'exaucement de la promesse et l'obtint par la foi, et cela arriva selon la promesse et selon la foi ; car Moïse frappa le rocher de son bâton, mais il ne crut pas (Nb, XX, 11).

Alors, il y eut de la joie dans la maison d'Abraham, et Sara fut l'épouse des noces d'or.

Pourtant, ce bonheur ne devait pas durer ; une fois encore, Abraham devait connaître l'épreuve. Il avait lutté contre la sournoise puissance à laquelle rien n'échappe, contre l'ennemi dont la vigilance n'est jamais en défaut le long des années, contre le vieillard qui survit à tout, il avait lutté contre le temps et gardé la foi.

Alors, toute la terreur du combat se concentra en un instant : « Et Dieu mit Abraham à l'épreuve et lui dit : prend ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; va-t'en au pays de Morija, et là, offre-le en holocauste sur l'une des montagnes que je te dirai. »

Ainsi, tout était perdu, ô malheur plus terrible que si le désir n'eût jamais été exaucé ! Ainsi, le Seigneur ne faisait que se jouer d'Abraham ! Voici qu'après avoir réalisé l'absurde par un miracle, il voulait maintenant voir son œuvre à néant. Quelle folie ! Mais Abraham n'en rit pas comme Sarah (Gen XVIII, 12) quand la promesse leur fut annoncée. Soixante-dix ans de l'attente la plus fidèle, et la courte joie de la voir exaucée. Qui donc est-il, celui qui arrache le bâton de la main du vieillard, qui est-il pour exiger que le vieux père le brise lui-même ? Qui est-il, pour rendre inconsolable un homme aux cheveux gris en exigeant qu'il soit l'instrument de son propre malheur ? N'y a-t-il point de compassion pour le vénérable vieillard et l'enfant innocent !

Et pourtant, Abraham était l'élu de Dieu, et c'était le Seigneur qui infligeait l'épreuve. Tout allait donc être perdu ! Le magnifique renom de la race à venir, la promesse de la postérité d'Abraham, ce n'était là que l'éclair d'une fugitive pensée du Seigneur qu'il incombait maintenant à Abraham d'effacer. Ce fruit magnifique (Gen XII, 2) aussi vieux que la foi dans le cœur d'Abraham, et de longues années plus âgé qu'Isaac, ce fruit de la vie d'Abraham, sanctifié par la prière, mûri dans la lutte, cette bénédiction sur les lèvres du père, voici que ce fruit allait lui être ravi et perdre tout sens ; quel sens en effet revêtait le fruit de la promesse quand il fallait sacrifier Isaac !

Cette heure de tristesse et pourtant bienheureuse, où Abraham devrait dire adieu à tout ce qu'il aimait quand, soulevant une dernière fois sa tête vénérable, la face resplendissante comme celle du Seigneur, il recueillerait son âme pour donner la bénédiction, dont la vertu s'étendrait sur tout les jours d'Isaac, cette heure-là ne viendrait pas ! Car Abraham devait dire adieu à son fils, en demeurant lui-même ici-bas ; la mort devait les séparer mais en faisant d'Isaac sa proie. Le vieillard ne devait pas à son lit de mort étendre avec joie sa mains sur son enfant pour le bénir, mais, las de la vie, lever le bras sur lui en un geste meurtrier. Et Dieu l'éprouvait. Malheur ! Malheur au messager venu porter cette nouvelle. Qui donc avait osé se faire l'émissaire d'une telle désolation ? Mais c'était Dieu qui éprouvait Abraham.

Pourtant, Abraham crut et crut pour cette vie. Certes, si sa foi avait simplement concerné une vie à venir, il aurait sans doute aisément tout dépouillé, pour sortir d'un monde auquel il n'appartenait plus. Mais la foi d'Abraham n'était pas de cette sorte, s'il y en a de telle ; car, à vrai dire, ce n'est pas la foi, mais sa plus lointaine possibilité, qui devine son objet à l'horizon le plus reculé, quoique séparée de lui par un abîme où se démène le désespoir.

Mais Abraham avait la foi pour cette vie ; il croyait qu'il vieillirait dans le pays, honoré du peuple, béni dans sa postérité, inoubliable en Isaac, son amour le plus cher en cette vie, et qu'il embrassait avec une affection bien mal exprimée quand on dit qu'il accomplissait fidèlement son devoir paternel, d'ailleurs, suivant le texte : « ton fils, celui que tu aimes » (Gen XXII, 2). Jacob eut douze fils et en aima un ; Abraham n'en eut qu'un, celui qu'il aimait.

Mais Abraham crut et ne douta point ; il crut l'absurde. S'il avait douté, il aurait agi autrement ; il aurait accompli un acte grand et magnifique ; car aurait-il pu faire autre choses ? Il serait allé à la montagne de Morija, il aurait fendu le bois, allumé le bûcher, tiré le couteau – il aurait crié à Dieu : « ne méprise pas ce sacrifice ; ce n'est pas ce que je possède de meilleur, je le sais bien ; qu'est-ce en effet qu'un vieillard auprès de l'enfant de la promesse ? Mais c'est le meilleur que je puisse te donner. Fais qu'Isaac n'en sache jamais rien, afin que sa jeunesse le console. » Il se serait enfoncé le couteau dans le sein. Le monde l'aurait admiré, et son nom n'aurait pas été oublié ; mais une chose est d'être admiré, et une autre d'être l'étoile qui guide et sauve l'angoissé.

Mais Abraham crut. Il ne pria pas pour lui, pour toucher le Seigneur ; il ne s'avança en suppliant que lorsqu'un juste châtiment descendit sur Sodome et Gomorrhe.

Nous lisons (Gen XXII, 1) dans l'Ecriture : « et Dieu mit Abraham à l'épreuve et lui dit : Abraham, Abraham, où es-tu ? Et Abraham répondit : me voici ! » Toi, à qui mon discours s'adresse, en as-tu fait autant ? Quand tu as vu venir de loin les coups du sort, n'as-tu pas dit aux montagnes : « cachez-moi » (Luc XXIII, 30) et aux coteaux : « tombez sur moi ! » Ou, si tu fus plus fort, ton pied ne s'est-il pas avancé bien lentement sur la bonne voie, n'as-tu pas soupiré après les vieux sentiers ? Et, quand l'appel a retenti, as-tu gardé le silence, as-tu répondu, tout bas, peut-être, en un murmure ? Abraham, lui, ne répondit pas ainsi ; avec joie et courage, plein de confiance et à pleine voix, il dit : « me voici ! »

Nous lisons encore (Gen XXII, 3) : « et Abraham se leva de bon matin. » Il se pressa comme pour une fête, et de bon matin il fut à l'endroit désigné, sur la montage de Morija. Il ne dit rien à Sara, rien à Eliézer : qui d'ailleurs pouvait le comprendre ? Et la tentation, de par sa nature, ne lui avait-elle pas imposé le vœu du silence ?

« Il fendit le bois, il lia Isaac, il alluma le bûcher, il tira le couteau. »

Mon cher auditeur ! Bien des pères ont cru perdre en leur enfant leur plus précieux trésor au monde, et être dépouillés de toute espérance à venir ; mais aucun fils n'a été l'enfant de la promesse au sens où Isaac le fut pour Abraham. Bien des pères ont perdu leur enfant, mais il leur fut pris par la main de Dieu, par l'insondable et immuable volonté du Tout-puissant. Tout autre est le cas d'Abraham. Une plus lourde épreuve lui était réservée, et le sort d'Isaac se trouva dans la main d'Abraham tenant le couteau. Telle était la situation du vieillard devant son unique espérance !
Mais il ne douta point, il ne regarda point d'un œil angoissé à droite ou à gauche, il ne fatigua point le ciel de ses prières. Donc le Tout-puissant l'éprouvait, il le savait, et il savait que ce sacrifice était le plus lourd qu'on pût lui demander ; mais il savait aussi que nul sacrifice n'est trop lourd quand Dieu le demande – et il tira le couteau.

Qui donna la force au bras d'Abraham, qui tint sa droite levée et l'empêcha de retomber, impuissante ? Le spectateur de cette scène en est paralysé. Qui donna la force à l'âme d'Abraham et empêcha ses yeux de s'enténébrer au point de ne voir ni Isaac ni le bélier ? Le spectateur de cette scène en devient aveugle. - Et pourtant, sans doute, rare est l'homme qui en devient aveugle et paralysé, et plus rare encore, l'homme qui raconte dignement ce qui s'est passé. Nous le savons tous: ce n'était qu'une épreuve.

Si Abraham avait douté sur la montagne de Morija, s'il avait regardé autour de lui dans l'irrésolution, si, en tirant le couteau, il avait par hasard aperçu le bélier, si Dieu avait permis de le sacrifier à la place d'Isaac - alors il serait revenu chez lui, tout resté comme avant; il aurait eu Sara près de lui, il aurait conservé Isaac, et pourtant, quel changement ! Car sa retraite aurait été une fuite, son salut un hasard, sa récompense une confusion et son avenir peut-être la perdition. Alors, il n'aurait témoigné ni de sa foi, ni de la grâce de Dieu, mais il aurait montré combien il est terrible de gravir la montagne de Morija. Alors, Abraham n'aurait pas été oublié, ni la montagne de Morija. Elle aurait été citée non comme l'Ararat où l'arche s'arrêta, mais comme un lieu d'effroi: "c'est là", eût-on dit, "qu'Abraham a douté".

Abraham, père vénérable ! Quand tu revins chez toi de Morija, tu n'eus aucunement besoin d'un panégyrique pour te consoler d'une perte; car, n'est-ce pas, tu avais tout gagné, et gardé Isaac ? Désormais, le Seigneur ne te le prit plus et l'on te vit joyeux à table avec ton fils dans ta demeure, comme là-haut pour l'éternité.

Abraham, père vénérable ! Des milliers d'années se sont écoulées depuis ces jours, mais tu n'as pas besoin d'un admirateur attardé pour arracher par son amour ta mémoire aux puissances de l'oubli; car toute langue te rappelle - et pourtant tu récompenses qui t'aime plus magnifiquement que personne; tu le rends là-haut bienheureux en ton sein, et tu captives ici bas son regard et son cœur par le prodige de ton action.

Abraham, père vénérable ! Second père du genre humain ! Toi qui le premier as éprouvé et manifesté cette prodigieuse passion qui dédaigne la lutte terrible contre la fureur des éléments et les forces de la création pour combattre avec Dieu, toi qui le premier as ressenti cette passion sublime, expression sacrée, humble et pure, de la divine frénésie, toi qui as fait l'admiration de païens, pardonne à celui qui a voulu parler à ta louange, s'il s'est mal acquitté de sa tâche. Il a parlé humblement, selon le désir de son cœur; il a parlé brièvement, comme il convenait; mais il n'oubliera jamais qu'il t'a fallu cent ans pour recevoir contre toute attente le fils de la vieillesse et que tu as dû tirer le couteau pour garder Isaac; il n'oubliera jamais qu'à cent trente ans, tu n'étais pas allé plus loin que la foi.

S. Kiergegaard


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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant

Publié : sam. 31 janv. 2015, 12:16
par mandonnaud
Oui!! J'ai tout lu... un peu long... il dit tout...
Pour moi, la foi c'est nos puissances d'esprit qui vont dans la nuit vers Dieu en vivant la parole du Fils et l'Esprit Saint vient après alors confirmer à notre esprit, par sa consolation, que nous avions raison de faire ce pari et acte de confiance et nous donne les prémisses de notre vie avec Dieu en éternité dès maintenant. Cela confirme que la foi ne va pas vers un néant mais la présence d'une plénitude.
Paul de Limoges
Merci

Présentation de Jésus au temple

Publié : lun. 02 févr. 2015, 11:28
par etienne lorant
Présentation du Seigneur au Temple, fête

Livre de Malachie 3,1-4.

Ainsi parle le Seigneur Dieu : voici que j’envoie mon messager pour qu’il prépare le chemin devant moi ; et soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez. Le messager de l’Alliance que vous désirez, le voici qui vient, – dit le Seigneur de l’univers.
Qui pourra soutenir le jour de sa venue ? Qui pourra rester debout lorsqu’il se montrera ? Car il est pareil au feu du fondeur, pareil à la lessive des blanchisseurs.
Il s’installera pour fondre et purifier : il purifiera les fils de Lévi, il les affinera comme l’or et l’argent ; ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur, présenter l’offrande en toute justice.
Alors, l’offrande de Juda et de Jérusalem sera bien accueillie du Seigneur, comme il en fut aux jours anciens, dans les années d’autrefois
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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,22-40.
Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.
Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.
Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »
Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui.
Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »
Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui
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Textes de l’Évangile au quotidien

Avec la présentation de Jésus au temple, dont c'est aujourd'hui la fête, une grande partie de l'histoire d'Israël est déjà achevée. Mais sur le moment, qui peut s'en rendre compte. Les juifs instruits, scribes et pharisiens, s'attendaient certainement à une à une apothéose de gloire, à une extraordinaire manifestation de la toute-puissance divine, dans l'accomplissement de la promesse:
" Le Seigneur que vous cherchez viendra soudain dans son temple, le messager de l'Alliance que vous désirez. Aussitôt après, le texte ajoute : Qui pourra soutenir le jour de sa venue ? Qui pourra rester debout quand il apparaîtra ?"(Isaïe, 6).

Durant toute le temps de sa mission, les scribes, les pharisiens et les chefs des prêtres réclameront, de la part de Jésus, un signe venu du ciel, un signe éclatant qui d'un coup, ôterait toute suspicion, et sans le moindre doute possible. Même Jean le Baptiste, le précurseur, s'attendait à une grandiose et soudaine révélation - c'est ce qui ressort de certaines de ses mises en garde contre ceux qui réclamaient d'Abraham. J'ajoute encore que le diable, lui aussi, suggère à Jésus de "clore" d'un seul coup toute l'Histoire de la Révélation "Il le mena à Jérusalem, le plaça sur le pinacle du Temple et lui dit : «Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d'ici en bas ; [10] car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, afin qu'ils te gardent. Et encore : Sur leurs mains, ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre.» Mais Jésus lui répondit : «Il est dit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu.

Mais à Anne et à Syméon, oui, la révélation est faite, du fait de leur dévotion sans calcul. Ce que j'ai tiré , pour moi-même, de l'Eucharistie de ce jour, c'est la nécessaire patience et l'attention aux signes de l'Esprit, qui me permettront d'avancer droit en un temps où toutes les affaires en ce monde tournent à la glorification du démon des richesses, quelle que soit la souffrance des peuples.

"N'ayez pas peur !"

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Le témoignage du sang

Publié : mar. 03 févr. 2015, 11:48
par etienne lorant
Mardi de la 4e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 12,1-4.

Frères, nous aussi, entourés de cette immense nuée de témoins, et débarrassés de tout ce qui nous alourdit – en particulier du péché qui nous entrave si bien –, courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée,
les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de la foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré la croix en méprisant la honte de ce supplice, et il siège à la droite du trône de Dieu.
Méditez l’exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablés par le découragement. Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché,


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 5,21-43.
En ce temps-là, Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer.
Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds
et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. »
Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait.
Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… –
elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré –…
cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement.
Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. »
À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal.
Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? »
Ses disciples lui répondirent : « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” »
Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela.
Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.
Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »
Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? »
Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. »
Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques.
Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris.
Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. »
Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant.
Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! »
Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur.
Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger.



Textes de l’Évangile au quotidien

Dans les textes de ce jour, il est question de sang, le sang qui est un signe ambivalent. Signe de vie, puisque son mouvement est brassé par le cœur, mais il devient signe de mort lorsqu'il se met à couler. Ainsi, lorsque l'apôtre déclare aux Hébreux : vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang dans votre lutte contre le péché, il emploie une image très forte, car c'est bien au cours des combats que le sang finit par couler. Les apôtres, dans un passage des Actes, se réjouissent d'avoir supporté la flagellation pour la cause de l'annonce de l’Évangile. Au Jardin des Oliviers, Jésus a connu cette sudation de sang. Et dans leur histoire personnelle, nombreux sont les saints qui n'ont pas hésité, sans aller jusqu'au cilice, à chercher des moyens efficaces de mortification corporelle. Or, le but n'est pas de se causer des blessures, mais de se détacher de tentations obsédantes et durables, en endurant une souffrance physique. A l'inverse, dans les Actes des Apôtres, ceux-ci reçoivent un jour la flagellation, mais se réjouirent finalement d'avoir pu souffrir quelque chose pour la cause du témoignage.

Le cas de la perte de sang, dans l’Évangile expose le cas de deux femmes : celle qui a des pertes de sang continuelles, dont l'état est grave, mais qui doit en outre supporter une forme très pénible d'exclusion sociale; et la fille de Jaïre qui a atteint l'âge du mariage (chez les juifs de l'époque), mais dont l'état de santé peut tout aussi bien être dû à une forme de compréhension malheureuse entre parents. "Elle est encore si jeune !", dit Jaïre à Jésus. Cependant, quand Jésus la relève de son mystérieux sommeil, il est clair qu'elle n'est plus la "petite enfant" de ses parents. Certains exégètes supposent que celle-ci a eu ces premières règles dans des conditions pénibles.

Chez les humains de tous les temps, il y a eu ceux qui ont "le sang chaud" et ceux qui agissent toujours "avec sang froid". Du point de vue de spirituel, le sang est surtout et avant tout : ce qui anime notre cœur et nous pousse à aimer.

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L'homélie du Pape François

2015-02-03 L’Osservatore Romano

Lire chaque jour une page de l’Evangile pendant «dix, quinze minutes et pas plus», en gardant «le regard fixé sur Jésus» pour «m’imaginer dans la scène et parler avec lui, comme mon cœur me le suggère»: telles sont les caractéristiques de la «prière de contemplation», véritable source d’espérance pour notre vie. C’est la suggestion lancée par le Pape au cours de la Messe célébrée mardi matin, 3 février, dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe.

Dans la première lecture, a fait remarquer François, «l’auteur de la Lettre aux Hébreux (12, 1-4) rappelle la mémoire des premiers jours après la conversion, après la rencontre avec Jésus, et il rappelle aussi la mémoire de nos pères: “Combien ils ont souffert, quand ils sont partis sur le chemin”».

Mais aujourd'hui, a souligné le Pape, «l’auteur de la Lettre parle de l’autre référence, c’est-à-dire de l’espérance». Ensuite «il explique quel est précisément le noyau de l’espérance: “garder le regard fixé sur Jésus”». Voilà le point: «si nous n’avons pas notre regard fixé sur Jésus, difficilement nous pouvons avoir l’espérance». Peut-être «pouvons-nous avoir de l’optimisme, être positifs, mais l’espérance?».

Du reste, a expliqué François, «l’espérance ne s’apprend qu’en regardant Jésus, en contemplant Jésus; elle s’apprend avec la prière de contemplation».

Le Pape a également posé une question: «Mais toi, fais-tu la prière de contemplation?». Une interrogation peut-être un peu surprenante, au point que quelqu’un pourrait dire: «Qu’est-ce que c’est, père? Comment est cette prière? Comment la fait-on?». La réponse de François est claire: «On ne peut la faire qu’avec l’Evangile à la main». Concrètement, a-t-il suggéré, «tu prends l’Evangile, tu choisis un passage, tu le lis une fois, tu le lis deux fois; imagine-le, comme si tu voyais ce qui arrive et contemple Jésus».

Pour donner une indication pratique, le Pape a pris comme exemple précisément le passage de l’Evangile de Marc (5, 21-43) proposé par la liturgie, qui «nous enseigne tant de belles choses». En partant de cette page, il a demandé: «Comment dois-je procéder dans la contemplation avec l’Evangile d’aujourd’hui?». Et, partageant son expérience personnelle, il a proposé une première réflexion: «Je vois que Jésus était parmi la foule, autour de lui il y avait beaucoup de foule. A cinq reprises ce passage cite la parole “foule”. Mais Jésus ne se reposait pas? Je pourrais penser: toujours avec la foule! La plus grande partie de la vie de Jésus s’est déroulée dans la rue, avec la foule. Mais il ne se reposait pas? Oui, une fois: l’Evangile dit qu’il dormait sur la barque, mais la tempête est arrivée et les disciples l’ont réveillé. Jésus était sans cesse parmi la foule». C’est pourquoi, a suggéré le Pape, «on regarde Jésus ainsi, on contemple Jésus ainsi, je m’imagine Jésus ainsi. Et je dis à Jésus ce qu’il me vient à l’esprit de lui dire».

Le récit évangélique atteint son sommet avec « la résurrection de la petite fille». Et Jésus, «au lieu de dire: “En avant Dieu!”, leur dit: “S’il vous plaît, donnez-lui à manger”». Car Jésus, c’est la conclusion du Pape, «a toujours les petits détails à l’esprit»

«Ce que j’ai fait avec cet Evangile — a ensuite expliqué François — est précisément la prière de la contemplation: prendre l’Evangile, lire et s’imaginer soi-même dans la scène, m'imaginer ce qui arrive et parler avec Jésus, comme le cœur me le suggère». Et «avec cela nous faisons croître l’espérance, car nous gardons le regard fixé sur Jésus». D’où la proposition: «Faites cette prière de contemplation». Et même si l’on est très affairés, a-t-il suggéré, on peut toujours trouver le temps, ne serait-ce que quinze minutes à la maison: «Prends l’Evangile, un petit passage, imagine ce qui est arrivé et parle avec Jésus de cela». Ainsi, «ton regard sera fixé sur Jésus, et non plus sur le feuilleton télévisé, par exemple; ton ouïe sera fixée sur les paroles de Jésus et non sur les bavardages du voisin, de la voisine».

«La prière de contemplation nous aide dans l’espérance» et nous enseigne à «vivre de la substance de l’Evangile», a réaffirmé l’Evêque de Rome. C’est pourquoi il faut «toujours prier: réciter les prières, réciter le chapelet, parler avec le Seigneur, mais aussi faire cette prière de contemplation pour garder notre regard fixé sur Jésus». C’est de là que «vient l’espérance». Et ainsi «notre vie chrétienne évolue dans ce cadre, entre mémoire et espérance: la mémoire de tous le chemin passé, la mémoire des nombreuses grâces reçues du Seigneur; et l’espérance, en regardant le Seigneur, qui est le seul qui peut me donner l’espérance». Et «pour regarder le Seigneur, pour connaître le Seigneur, prenons l’Evangile et faisons cette prière de contemplation»

http://www.news.va/fr/news/messe-a-sain ... ee-de-main

Au service de Dieu par la Joie

Publié : jeu. 05 févr. 2015, 11:02
par etienne lorant
Jeudi de la 4e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 12,18-19.21-24.

Frères, quand vous êtes venus vers Dieu, vous n’êtes pas venus vers une réalité palpable, embrasée par le feu, comme la montagne du Sinaï : pas d’obscurité, de ténèbres ni d’ouragan,
pas de son de trompettes ni de paroles prononcées par cette voix que les fils d’Israël demandèrent à ne plus entendre.
Le spectacle était si effrayant que Moïse dit : Je suis effrayé et tremblant.
Mais vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, vers des myriades d’anges en fête et vers l’assemblée des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux. Vous êtes venus vers Dieu, le juge de tous, et vers les esprits des justes amenés à la perfection. Vous êtes venus vers Jésus, le médiateur d’une alliance nouvelle, et vers le sang de l’aspersion, son sang qui parle plus fort que celui d’Abel.



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6,7-13.
En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs,
et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture.
« Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. »
Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ.
Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir.
Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.


Textes de l’Évangile au quotidien

Si l'offrande d'Abel plut à Dieu, ce n'est pas par sa nature, ni par sa quantité. Lorsque l'on relit le passage de la Genèse, on trouve chez Abel la gratuité de l'offrande et chez Caïn une forme de calcul. Lorsque les petits enfants montrent à leur mère leurs petites œuvres coloriées, celle-ci fait-elle attention à la qualité où bien à à la manifestation de l'amour dans leurs cœurs ? De la même manière, saint Paul écrivait plus haut dans son épître : "C'est par la foi qu'Abel offrit à Dieu un sacrifice plus excellent que celui de Caïn; c'est par elle qu'il fut déclaré juste, Dieu approuvant ses offrandes." Mais l'offrande que fit Jésus de lui-même en faveur des hommes, fut bien supérieure encore.

C'est ainsi que les disciples envoyés par Jésus "comme des brebis au milieu des loups" reçoivent, en vue de convertir le peuple et lui apporter la foi, des pouvoirs équivalents à ceux du Christ. Ils n'ont guère besoin d'emporter beaucoup de bagages !Quiconque se donne un tant soit peu à autrui en vue de l'amour de Dieu, devient lui-même comme une image du Seigneur. Et ce que le texte de saint Marc ne nous montre pas, ce sont la grâce, la joie et l'amour de Dieu que les Douze portaient en eux. Ne dit-on pas de certains couples qu'ils "rayonnent" de bonheur ? S'il en est ainsi pour quelques couples, combien plus rayonnants tous ceux et toutes celles que l'Esprit saint vient habiter ?

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Homélie du Pape

2015-02-05 Radio Vatican

(RV) L’Église doit annoncer l’Évangile « dans la pauvreté » et celui qui l’annonce doit avoir comme unique objectif celui d’alléger les maux des plus pauvres, sans jamais oublier que ce service est l’œuvre de l’Esprit Saint et non pas de forces humaines. C’est le fond de la pensée du Pape François pour l’homélie de la messe célébrée ce jeudi matin en la chapelle de la maison Sainte-Marthe.

Guérir. Réconforter. Libérer. Chasser les démons. Et ensuite, reconnaitre avec sobriété : je suis un simple « ouvrier du Royaume ». C’est ce que doit faire et exprimer un ministre du Christ lorsqu’il soigne les nombreux « blessés » qui attendent dans les rangs de l’Église, un « hôpital de campagne ». Ce concept cher au Pape François revient dans sa réflexion du matin, dicté par le passage de l’Évangile où Jésus invite les disciples, deux à deux, dans les villages pour prêcher, guérir les malades et chasser les « esprits impurs ».

Le regard du Pape est attiré par la description que Jésus fait à propos du style que doit assumer ses invités par rapport au peuple : des personnes dépourvues de faste- Ne portez « ni pain, ni besace, ni argent à votre ceinture » leur dit-il- parce que l’Évangile, soutient le Pape François, « doit être annoncé dans la pauvreté », car « le salut n’est pas une théologie de la prospérité ». C’est seulement et rien d’autre que « la bonne nouvelle » de la libération portée à chaque opprimé.

« C’est la mission de l’Église : une Église qui guérit, qui soigne. Parfois, j’ai parlé de l’Église comme d’un hôpital de campagne. C’est vrai : nombreux sont les blessés ! Combien de personnes n’ont-elles pas besoin que leurs blessures soient guéries ? C’est la mission de l’Église : soigner les blessures du cœur, ouvrir les portes, libérer, dire que Dieu est bon, que Dieu pardonne tout, que Dieu est père, que Dieu est tendre, que Dieu nous attend toujours… »

Dévier de l’essence de cette annonce augmente le risque- de nombreuses fois averti par le Pape François- d’altérer la mission de l’Église qui se vide ainsi de la seule chose qui compte dans son engagement afin d’alléger les différentes formes de misère : conduire le Christ aux pauvres, aux aveugles et aux prisonniers :

« C’est vrai, nous devons aider et former des organisations en vue de cet objectif : oui, car le Seigneur nous donne des dons pour cela. Mais lorsque nous oublions cette mission, que nous oublions la pauvreté, que nous oublions le zèle apostolique et que nous mettons l’espérance dans ces moyens, l’Église glisse lentement vers une ONG et devient une belle organisation : puissante mais non évangélique parce qu’il manque cet esprit, cette pauvreté, cette force de guérir ».

Les disciples reviennent « heureux » de leur mission et le Pape rappelle que Jésus les accompagne et les amène « se reposer un peu ». Cependant, le Pape François souligne qu’il « ne leur dit pas : mais, vous êtes grands. Lors de la prochaine sortie, il va falloir mieux organiser les choses… ». Il leur dit seulement : lorsque vous avez fait tout ce que vous deviez faire, dites-vous à vous-mêmes : “Nous sommes des serviteurs inutiles”. Voilà l’apôtre. Et quelle pourrait être plus belle louange pour un apôtre ? C’est un ouvrier du Royaume, un travailleur du Royaume. C’est la plus grande louange car elle mène sur cette voie de l’annonce de Jésus : guérir, protéger, proclamer cette bonne nouvelle et cette année de grâce pour faire en sorte que le peuple retrouve le Père, pour porter la paix dans le cœur des gens ».


http://www.news.va/fr/news/leglise-est- ... ne-theorie

Que notre oui soit oui !

Publié : ven. 06 févr. 2015, 11:29
par etienne lorant
Vendredi de la 4e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 13,1-8.

Frères, que demeure l’amour fraternel !
N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges.
Souvenez-vous de ceux qui sont en prison, comme si vous étiez prisonniers avec eux. Souvenez-vous de ceux qui sont maltraités, car vous aussi, vous avez un corps.
Que votre conduite ne soit pas inspirée par l’amour de l’argent : contentez-vous de ce que vous avez, car Dieu lui-même a dit : Jamais je ne te lâcherai, jamais je ne t’abandonnerai.
C’est pourquoi nous pouvons dire en toute assurance : Le Seigneur est mon secours, je n’ai rien à craindre ! Que pourrait me faire un homme ?
Souvenez-vous de ceux qui vous ont dirigés : ils vous ont annoncé la parole de Dieu. Méditez sur l’aboutissement de la vie qu’ils ont menée, et imitez leur foi. Jésus Christ, hier et aujourd’hui, est le même, il l’est pour l’éternité.



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6,14-29.
En ce temps-là, comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler. On disait : « C’est Jean, celui qui baptisait : il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. »
Certains disaient : « C’est le prophète Élie. » D’autres disaient encore : « C’est un prophète comme ceux de jadis. »
Hérode entendait ces propos et disait : « Celui que j’ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! »
Car c’était lui, Hérode, qui avait donné l’ordre d’arrêter Jean et de l’enchaîner dans la prison, à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe, que lui-même avait prise pour épouse.
En effet, Jean lui disait : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. »
Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir.
Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son anniversaire, Hérode fit un dîner pour ses dignitaires, pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée.
La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai. » Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume. » Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu’est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean, celui qui baptise. »
Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. »
Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus.
Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison.
Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère.
Ayant appris cela, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau
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Textes de l’Évangile au quotidien

Le choix des textes de la liturgie de ce jour est limpide. Ce n'est pas toujours le cas, mais aujourd'hui, c'est si simple : ce que l'épître propose aux lecteurs, c'est tout ce qui leur permettra de vivre dans l'amour de Dieu plutôt que dans l'amour du monde. Pratiquer l'hospitalité, c'est accepter de rencontrer vraiment autrui dans sa différence et se recevoir de lui. Ainsi qu'il est écrit en saint Matthieu : Jésus déclare : Celui qui vous reçoit me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé. Celui qui reçoit un prophète en qualité de prophète recevra une récompense de prophète, et celui qui reçoit un juste en qualité de juste recevra une récompense de juste.

A l'inverse, le roi Hérode s'est emparé de Jean et l'a mis dans un cachot. En effet, tout à la fois, il a peur de lui, mais il prétend aussi le protéger. Il ne veut pas déplaire à Hérodiade, mais il écoute les reproches que lui fait Jean. Ne pouvons-nous pas nous demander dans quelle mesure, nous aussi, nous sommes divisés en nous-mêmes ? Et l'apôtre ajoute, comme pour nous persuader de nous méfier de nos propres estimations et jugements : Souvenez-vous de ceux qui sont en prison, comme si vous étiez prisonniers avec eux .

En poursuivant la lecture de l'épître, on lit que ceux qui profanent le mariage sont déjà en germe des débauchés et des adultères jugés par Dieu. C'est bien encore le cas du roi Hérode. Lors de la fête organisée pour son anniversaire, Hérode perd complètement le contrôle de lui-même. En effet, il faut vraiment avoir perdu tout bon sens pour promettre, devant des témoins irréfutables, d'offrir la moitié de son royaume pour une danse, une simple danse ! Nul doute qu'en perdant le contrôle de lui-même ce jour-là, Hérode aura perdu la confiance de la plupart de ses alliés au sein de son propre palais...

Finalement, ce qu'il importe de retenir, c'est de poursuivre en tout temps notre conversion. Car elle n'est pas achevée et le risque subsiste. Demeurons donc vigilants de bout en bout. En effet, conclut l'épître : "Jésus Christ, hier et aujourd’hui, est le même, il l’est pour l’éternité."

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Très prenante 'homélie du Pape François -


2015-02-06 Radio Vatican

(RV) Le martyre des chrétiens n’appartient pas au passé, et beaucoup d’entre eux sont encore aujourd’hui victimes « de gens qui haïssent Jésus Christ ». C’est la déchirante constatation du Pape François lors de l’homélie de la messe célébrée ce vendredi matin en la chapelle de la maison Sainte-Marthe, au terme d’une intense méditation sur la vie et la mort de St Jean-Baptiste.

C’est une des homélies de Sainte-Marthe les plus touchantes que le Pape propose, tout en suivant la page de l’Évangile selon Saint Marc qui raconte la fin tragique de St Jean-Baptiste. Le Pape François souligne qu’il « n’a jamais trahi sa vocation », « conscient que son devoir devait consister uniquement en l’annonce de la venue du Messie », conscient d’être « seulement la voix » car « la Parole était d’un autre », « il finit sa vie comme le Seigneur, en martyr ».

C’est surtout lorsqu’il finit en prison sur ordre d’Hérode Antipas que « le plus grand homme parmi ceux qui sont nés d’une femme » devient, observe le Pape François, « petit, petit, petit », d’abord touché par l’épreuve de « l’obscurité de l’âme »- lorsqu’il doute que Jésus est celui dont il a annoncé la venue- ensuite lorsqu’arrive le moment de la fin, ordonnée par un roi fasciné, et en même temps perplexe à propos de Jean. Une fin que le Pape considère avec réalisme :

« À la fin, après cette purification, après cette déchéance continue vers l’anéantissement qui montre le chemin de l’anéantissement de Jésus, il finit sa vie. Ce roi perplexe devient capable d’une décision, non parce que son cœur s’est converti mais parce que le vin lui en a donné le courage. Et ainsi, Jean finit sa vie sous l’autorité d’un roi médiocre, ivre et corrompu, à cause d’une danseuse et de la haine vindicative d’une adultère. Ainsi finit le Grand, le plus grand homme parmi ceux qui sont nés d’une femme ».

« Lorsque je lis ce passage- affirme le Pape- je vous confesse que je m’émeus et que je pense toujours à deux choses : premièrement, je pense à nos martyrs d’aujourd’hui, ces hommes, ces femmes et ces enfants qui sont persécutés, hais, chassés de leurs maisons, torturés et massacrés, Et ce n’est pas quelque chose qui appartient au passé : cela se passe aujourd’hui. Nos martyrs qui finissent leur vie sous l’autorité corrompue de gens qui haïssent Jésus Christ. Cela nous ferait du bien de penser à nos martyrs. Nous pensons aujourd’hui à St Paul Miki mais cela remonte à 1600. Pensons à ceux d’aujourd’hui ! De 2015 ».

En outre, poursuit le Pape, cet affaissement « continu de Jean le Grand jusqu’au néant » me fait penser, dit-il, « que nous sommes sur ce chemin et que nous allons vers la terre où tous, nous finirons ». Cela me fait penser « à moi-même ».

« Moi aussi je prendrai fin. Nous tous, nous prendrons fin. Personne n’a acheté sa vie. Nous aussi, que nous le voulions ou non, nous allons sur le chemin de l’anéantissement existentiel de la vie et ceci, au moins en ce qui me concerne, me fait prier pour que cet anéantissement ressemble le plus possible à Jésus Christ, à son propre anéantissement ».

http://www.news.va/fr/news/homelie-les- ... ui-haissen

Que le partage soit notre nourriture

Publié : sam. 07 févr. 2015, 11:01
par etienne lorant
Samedi de la 4e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 13,15-17.20-21.

Frères, en toute circonstance, offrons à Dieu, par Jésus, un sacrifice de louange, c’est-à-dire les paroles de nos lèvres qui proclament son nom.
N’oubliez pas d’être généreux et de partager. C’est par de tels sacrifices que l’on plaît à Dieu.
Faites confiance à ceux qui vous dirigent et soyez-leur soumis ; en effet, ils sont là pour veiller sur vos âmes, ce dont ils auront à rendre compte. Ainsi, ils accompliront leur tâche avec joie, sans avoir à se plaindre, ce qui ne vous serait d’aucun profit.
Que le Dieu de la paix, lui qui a fait remonter d’entre les morts, grâce au sang de l’Alliance éternelle, le berger des brebis, le Pasteur par excellence, notre Seigneur Jésus, que ce Dieu vous forme en tout ce qui est bon pour accomplir sa volonté, qu’il réalise en nous ce qui est agréable à ses yeux, par Jésus Christ, à qui appartient la gloire pour les siècles des siècles. Amen.



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6,30-34.
En ce temps- là, les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.
Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger.
Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart.
Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux. En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.


Textes de l’Évangile au quotidien

Des textes de ce samedi émane une espèce de contagion de la Joie. Cette joie toute particulière que confère l'Esprit Saint à ceux que le Seigneur appelle. Mais il ne faudrait pas trop séparer, comme en des catégories différentes, ceux qui enseignent et guérissent, ceux qui partent et ceux qui reviennent... de ceux qui bénéficient de l'enseignement et des guérisons.

En effet, tous et toutes, les comme les autres, les hommes comme les femmes, qui viennent écouter Jésus et ses disciples, sont appelés eux aussi. (comme vous et moi) à faire de même. Pour vivre dans l'amour de Dieu, pour semer autour de soi l'amour de Dieu, il n'est pas besoin de hautes études théologiques. Car les signes sont simples et ils émanent de cœurs ensemencé du divin: un mot d'encouragement, une salutation dans une rue, une prière pour un malade, l'oubli volontaire d'une offense, la fidélité à ses engagements, un sourire, un rire, un signe de compassion, un regard clair, un pardon accordé... tout cela procède de l'amour de Dieu.

J'ai cité les théologiens. Étudier la théologie peut être très enrichissant. La première leçon que j'ai reçue personnellement, m'a rempli d'allégresse, car j'ai appris qu'en hébreu, le mot de "miséricorde" pouvait désigner également "les entrailles maternelles de Dieu" - quelle découverte ! Mais le théologien, s'il ne vit pas au quotidien ce qu'il découvre dans ses recherches, il ferait tout aussi bien d'y renoncer. Tout nous vient de Dieu afin d'être donné - et cela explique bien que l'on puisse nourrir cinq mille personnes à partir de seulement cinq pains et deux poissons !

Ainsi, aujourd'hui même, ne manquons pas de manifester l'Amour autour de nous.