Réforme de la réforme

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Christophe
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Christophe »

Tu as des problèmes de vue, Popeye ? :cool:

lol
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Sursum Corda
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Sursum Corda »

Je vais éclairer popeye, car visiblement l'obscurité l'empêche de distinguer mes messages (je plaisante, bien sûr).

L'anaphore de Addai et Mari est singulière du fait que, depuis des temps immémoriaux, elle est utilisée sans récit de l'Institution. Sachant que l'Eglise catholique considère les paroles de l'Institution eucharistique comme partie intégrante et donc indispensable de l'anaphore ou prière eucharistique, elle a conduit une étude longue et approfondie à propos de l'anaphore de Addai et Mari d'un point de vue historique, liturgique et théologique, au terme de laquelle, le 17 janvier 2001, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi est parvenue à la conclusion que cette anaphore pouvait être considérée comme valide. Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II a approuvé cette décision.

La conclusion en question repose sur trois arguments principaux:

- En premier lieu, l'anaphore de Addai et Mari est l'une des plus anciennes anaphores, remontant aux prémisses de l'Eglise. Elle a été composée et utilisée avec l'intention claire de célébrer l'Eucharistie dans la pleine continuité de la Dernière Cène et selon l'intention de l'Eglise. Sa validité n'a jamais été mise en cause officiellement, ni en Orient, ni dans l'Occident chrétien.

- En second lieu, l'Eglise catholique reconnaît l'Eglise assyrienne d'Orient comme une authentique Eglise particulière fondée sur la foi orthodoxe et sur la succession apostolique. L'Eglise assyrienne d'Orient a également conservé la plénitude de la foi eucharistique en la présence de notre Seigneur sous les espèces du pain et du vin, ainsi que dans le caractère sacrificiel de l'Eucharistie. C'est pourquoi, dans l'Eglise assyrienne d'Orient, bien que celle-ci ne soit pas en pleine communion avec l'Eglise catholique, se trouvent "de vrais sacrements - principalement, en vertu de la succession apostolique: le sacerdoce et l'Eucharistie" (Unitatis redintegratio, n. 15).

- Enfin, les paroles de l'Institution de l'Eucharistie sont de fait présentes dans l'anaphore de Addai et Mari, non pas sous la forme d'une narration cohérente et ad litteram, mais de manière eucologique et disséminée, c'est-à-dire qu'elles sont intégrées aux prières d'action de grâce, de louange et d'intercession qui suivent.


http://www.vatican.va/roman_curia/ponti ... ra_fr.html

Bien sûr, on pourra aussi se référer à la didaché.


Que maintenant on considère que, d'un point de vue catholique, il soit indispensable de reprendre les paroles de l'institution, je l'approuve totalement. Tout comme le Credo ne fut pas fixé avant les conciles de Nicée et de Constantinople. Est-ce pour cela que les célébrations eucharistiques antérieures n'étaient pas valides? Je pense que non (je vais même aller jusqu'à dire que j'en suis sûr, sinon on risque de me reprendre).
Je n'ai en outre jamais dit que c'était l'épiclèse qui constituait la forme du sacrement, bien au contraire, je pense que l'Esprit agit mais que l'épiclèse n'est pas indispensable (Dieu soit loué, je n'ai pas besoin de demander au Seigneur qu'Il m'envoie son Esprit pour qu'Il le fasse, autrement je ne le recevrait pas souvent, pauvre pêcheur que je suis).

Croyez bien, mon cher Popeye, que j'ai été fort marri de cette accusation d'hérésie, et j'ose espérer que ma réponse vous satisfera, auquel cas nous aurons encore le plaisir de deviser encore.

tibi in Christo
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Popeye
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Popeye »

:) Bonsoir Sursum.

Ma réponse se fera en deux temps.


I - Analyse logique.

Sursum Corda a écrit : La promesse du Christ se réalise par la supplication de l’Eglise adressée au Père, qui envoie son Esprit. Il convient de noter dans cette querelle que l’évocation de la descente de l’Esprit-Saint est tardive dans l’histoire de la liturgie eucharistique, même en Orient, tout comme le fait que la présence dans la prière eucharistique des paroles de l’institution n’était pas systématique. Ce qui assure la présence et la réalité du sacrement, ce sont les paroles que le Christ a prononcées une fois pour toutes. Ce qui l’étend à chaque eucharistie, c’est la prière de l’Eglise proclamant au Père sa foi dans la promesse du Fils. Cette actualisation est l’œuvre de l’Esprit.
Ici, vous avez affirmé deux choses :

D'une, que « la présence dans la prière eucharistique des paroles de l’institution n’était pas systématique. »

De deux, que « Ce qui assure la présence et la réalité du sacrement, ce sont les paroles que le Christ a prononcées une fois pour toutes. Ce qui l’étend à chaque eucharistie, c’est la prière de l’Eglise proclamant au Père sa foi dans la promesse du Fils. Cette actualisation est l’œuvre de l’Esprit. »

Popeye a écrit : Où se trouvaient alors les paroles de l'institution ?
Le sens de cette question est clair : Les paroles de l'institution se trouvent-elles à un autre endroit de la Messe ? Soit oui, soit non.

Si non, de telle Messes ne seront jamais que des rites sans consistance, la transubstantiation faisant défaut par absence de forme sacramentelle.

Si oui, il faudra aller y voir de près, de manière à voir si de facto elles s'y trouvent d'une manière telle qu'elle vaille forme sacramentelle.

Sursum Corda a écrit : Justement, mon cher popeye, la présence des paroles de l'institution n'était pas systématique dans la liturgie des trois premiers siècles.
Vous avez répondu négativement à la question posé. Ce qui était nous affirmer que durant les trois premiers siècles de l'Église Catholique, il n'y avait pas systématiquement transubstantion lors des Messes ...

À partir de là, le deuxième point que vous aviez souligné, savoir que : « Ce qui assure la présence et la réalité du sacrement, ce sont les paroles que le Christ a prononcées une fois pour toutes. Ce qui l’étend à chaque eucharistie, c’est la prière de l’Eglise proclamant au Père sa foi dans la promesse du Fils. Cette actualisation est l’œuvre de l’Esprit. » ne pouvait pas avoir d'autre sens que celui voyant dans la prière d'épiclèse la forme du sacrement.

Était donc normal et légitime que j'intervienne comme je l'ai fait.

---

À quoi vous m'avez répondu :
Sursum Corda a écrit : L'anaphore de Addai et Mari est singulière du fait que, depuis des temps immémoriaux, elle est utilisée sans récit de l'Institution.
...
Enfin, les paroles de l'Institution de l'Eucharistie sont de fait présentes dans l'anaphore de Addai et Mari, non pas sous la forme d'une narration cohérente et ad litteram, mais de manière eucologique et disséminée, c'est-à-dire qu'elles sont intégrées aux prières d'action de grâce, de louange et d'intercession qui suivent.
Vous me permettrez de raisonner droitement : SI « les paroles de l'Institution de l'Eucharistie sont de fait présentes dans l'anaphore de Addai et Mari », ALORS vous ne pouvez en aucun cas vous référez à cette anaphore pour justifier votre précédent propos au terme duquel : « la présence des paroles de l'institution n'était pas systématique dans la liturgie des trois premiers siècles », vu précisément que les paroles de l'institution sont présentes dans l'anaphore chaldéenne. Et c'est bien parce que la CDF a jugé qu'elles y sont présentes, et d'une manière telle qu'elle vaut forme sacramentelle, que la CDF a pu prendre la décision que vous savez.


II - Analyse théologique :


J'en viens maintenant à ce passage de la Note de la CPUC du 20 juillet 2001 renvoyant à l'étude de la CDF du 17 janvier 2001 :

Commission Pontificale pour l'unité des chrétiens a écrit : Les paroles de l'Institution de l'Eucharistie sont de fait présentes dans l'anaphore de Addai et Mari, non pas sous la forme d'une narration cohérente et ad litteram, mais de manière eucologique et disséminée, c'est-à-dire qu'elles sont intégrées aux prières d'action de grâce, de louange et d'intercession qui suivent.
Tout le problème doctrinal est là : Comment les paroles de l'institution peuvent-elles réellement y être sans y être littéralement ?

Où, pour le dire autrement, comment en l'absence des paroles de la Consécration le sacrement peut-il exister ?

Deux réponses possibles.
1. Elles ne peuvent pas y être. Il s'agit donc d'une pitrerie de plus de Jean Paul II et de sa Curie, qui prouvent bien à quel point l'hérésie est à Rome.
2. Elles peuvent y être, et de facto elles y sont. Est donc scandaleux de se dresser contre la CDF.


Mon premier mouvement me portait vers 1. Mais à la réflexion j'opte pour 2. Explications dans un prochain post.
Dernière modification par Popeye le jeu. 17 janv. 2008, 9:49, modifié 2 fois.
Sursum Corda
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Sursum Corda »

Je reconnais qu'en disant que les paroles de l'institution n'étaient pas présentes, je sous-entendait ad litteram.
mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa.

De même, "L'anaphore de Addai et Mari est singulière du fait que, depuis des temps immémoriaux, elle est utilisée sans récit de l'Institution", précise le conseil pontifical pour l'unité des chrétiens avant de citer les conclusions de la congrégation pour la doctrine de la foi.
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Popeye
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Popeye »

Sursum Corda a écrit :Je vais éclairer popeye, car visiblement l'obscurité l'empêche de distinguer mes messages (je plaisante, bien sûr).


Croyez bien, mon cher Popeye, que j'ai été fort marri de cette accusation d'hérésie, et j'ose espérer que ma réponse vous satisfera, auquel cas nous aurons encore le plaisir de deviser encore.

tibi in Christo

Bonjour Sursum.

Je suis très satisfait de vos réponses et j'espère que vous continuerez à m'instruire. Ne vous formalisez pas de la rigueur logique que j'exige de moi autant que de mes correspondants : c'est le meilleur moyen d'éviter les sophismes et d'atteindre le vrai. Et ainsi, par un dialogue fécond, nous sommes parvenus à déceler ce qu'il y avait d'ambigu et d'obscur dans vos propos, levant l'ambiguïté et l'obscurité - toujours dangereuses - au profit de la sainte orthodoxie, dont vous êtes. Nous avons donc fait oeuvre pie. Vous m'en voyez ravi.
Sursum Corda
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Sursum Corda »

Il reste que cette question de la reconnaissance de l'anaphore d'Addaï pose beaucoup de problèmes. Le Saint Père a rappelé dans un discours du 21 juin 2007 qu'une Commission commune pour le Dialogue théologique entre l'Eglise catholique et l'Eglise assyrienne de l'Orient a entrepris une étude importante sur la vie sacramentelle dans nos traditions respectives et elle a donné vie à un accord sur l'Anaphore des Apôtres Addai et Mari.

Le Révérend Père J. Jungmann, dans la liturgie des premiers siècles, collection Lex orandi, cerf, Paris, 1962, aux pages 111 et 112, conteste la position de Gregory Dix dans son livre The Shape of the Liturgy qui déclare que les formes originelles de la célébration eucharistique peuvent ne pas avoir comporté les paroles de l’institution. En effet, Jungmann signale que le plus ancien manuscrit comportant l’anaphore de Addai et Mari est postérieur à la séparation de l’Eglise Syro-orientale avec le reste de la chrétienté à cause de l’hérésie nestorienne. Pierre-Marie Gy, dans son article sur l’Eucharistie, dans le Dictionnaire critique de théologie de Jean-Yves Lacoste, émet lui aussi certaines réserves . Le Père Bouyer affirme lui l'existence de prières eucharistiques sans récit de l'institution dans le consolateur.

Je n'ai pas encore pu prendre connaissance de la déclaration exacte de la congrégation pour la doctrine de la foi du 17 janvier 2001 mais je reste tout de même rempli d'interrogations (sans doute comme vous) sur l'absence des paroles de l'institution ad litteram.

Bien à vous dans le Christ
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Arzur
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Arzur »

Le débat est un peu trop complexe pour moi, vu la faible étendu de mes connaissances ...

Sur un forum généraliste, après un message de ma part sur la messe face à la Croix de notre bien aimé pape, une personne m'a répondu :

Pour moi, le prêtre est plus qu'un "célébrant", il est le représentant du Christ parmi les chrétiens. S'adresser à Dieu, on peut le faire seul dans une église, ou meme chez soi dans le silence.
Quand on va à la messe, n'est-ce pas pour écouter la Parole de Dieu ? Donc celle-ci s'adresse bien aux fidèles ?
Quel sens y a-t-il de dire "ceci est mon Corps, ceci est mon Sang", le dos tourné à l'assemblée ?

Je ne réussis à écrire de réponse satisfaisante, pouvez vous m'aider (cela reste plus ou moins du domaine de la réforme de la réforme )

Merci
In Christo Jesu
+ Arzur


En annexe, le lien du message dans le forum :
http://www.contre-verite.com/forum/inde ... opic=263.0
Ar brezoneg hag ar feiz a zo breur ha c'hoar e Breiz !
La langue Bretonne et la foi sont frère et soeur en Bretagne !
Sursum Corda
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Sursum Corda »

Ce que dit votre interlocuteur n'est pas faux, mais le Christ s'est offert pour nous avec la volonté de nous mener vers le Père. C'est ce mouvement qui est représenté lorsque l'on se tourne face à la croix, qui nous amène vers Dieu.
D'autre part, si le prêtre est tourné vers l'assemblée, c'est sans doute pour privilégier la dimension fraternelle. Vous savez qu'il y a les deux tables dans la messe, la table de la parole et la table eucharistique. C'est cette dernière qui est évoquée.
La messe tournée vers la croix souligne la dimension sacrificielle : Dieu supplée à nos ofrandes son fils, comme il a suppléé à l'offrande d'Abraham. Le Christ est l'agneau immolé pour nous sauver. C'est aussi pourquoi on se tourne vers le soleil levant, symbole de la résurrection.

J'espère avoir pu vous donner quelques pistes...

in Xto,
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Boris
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Boris »

Quel sens y a-t-il de dire "ceci est mon Corps, ceci est mon Sang", le dos tourné à l'assemblée ?
De faire comme le Christ : le dire à Dieu et non à l'assemblée.

De le dire à Dieu au nom de l'assemblée mais surtout parce que c'est le Christ qui le dit lui-même car le prêtre est alors "in persona christi".

Reprenons le début de la Prière Eucharistique, et pour éviter les faux débats, prenons le Canon Romain, commun aux 2 formes :
Te igitur clementissime Pater ...
CQFD : la prière s'adresse au Père et non à la Trinité ni même au Fils ni à l'Esprit.

Mais il y a derrière la question posée un profond problème ecclésiologique de compréhension ce qu'est l'Eglise, la constitution hiérarchique de l'Eglise militante, la nécessaire différence entre Eglise enseignante (clercs) et l'Eglise enseignée (laïcs).

Or cette question d'ecclésiologie vient d'une négation de la part des prêtres (limite soutenus par certains Evêques) et de théologien de la Doctrine de l'Eglise (et comme d'habitude ils mettent cela sur le dos de Vatican II.)
Or il suffit de lire "Lumen Gentium" d'une part, et la doctrine ecclésiologique de l'Eglise, en particulier les passages ad hoc du document de Popeye qui en donne les sources bibliques.
Dernière modification par Boris le ven. 18 janv. 2008, 11:12, modifié 1 fois.
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Popeye
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Popeye »

Arzur a écrit : Sur un forum généraliste, après un message de ma part sur la messe face à la Croix de notre bien aimé pape, une personne m'a répondu :

Pour moi, le prêtre est plus qu'un "célébrant", il est le représentant du Christ parmi les chrétiens. S'adresser à Dieu, on peut le faire seul dans une église, ou meme chez soi dans le silence.
Quand on va à la messe, n'est-ce pas pour écouter la Parole de Dieu ? Donc celle-ci s'adresse bien aux fidèles ?
Quel sens y a-t-il de dire "ceci est mon Corps, ceci est mon Sang", le dos tourné à l'assemblée ?

Je ne réussis à écrire de réponse satisfaisante, pouvez vous m'aider (cela reste plus ou moins du domaine de la réforme de la réforme)

Bonjour Arzur.

Tout le problème de votre interlocuteur est qu'il gomme ce qui est l'essence même de la Messe. La Messe est un sacrifice offert au Père - le sacrifice du Christ rendu présent par les formules sacramentelles - : au Père, et non à l'Assemblée des fidèles ! La Messe s'adresse à Dieu, non au peuple. La liturgie où le prêtre est dos au peuple = avec le peuple, vers Dieu.

Est manifeste que votre interlocuteur ne voit que la dimension du repas eucharistique. Or le repas est un repas sacrificiel : nous mangeons l'Agneau immolé, Christ notre Pâque.
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Boris
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Boris »

Cette question d'ecclésiologie est un des point noir de la célébration Liturgique dans les pays francophone.

Cette négation de l'ecclésiologie amène à la négation des normes Liturgiques.

Car la Liturgie de l'Eglise est intimement liée à la théologie et donc à l'ecclésiologie. C'est d'ailleurs pour cela que le Pape fait un enseignement de la Foi (donc une forme d'enseignement théologique) afin que le respect des normes Liturgique apparaisse comme la seule façon de faire à chacun d'entre nous.

Autre point : cette question de s'adresser à l'assemblée, même Mgr Rey ne pensait que le Canon Romain et les prières Eucharistiques s'adressaient à l'assemblée. Heureusement un prêtre de St Martin l'a corrigé sur ce point.

Voyez donc à quel point l'enseignement de la Liturgie est bâclé en France, même dans les communautés nouvelles.
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Popeye
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Popeye »

Sapin a écrit :
Soyons réaliste, les abus en matière de liturgie ont été soulevés avec la NOM. Lisez les Rubricae generales Missalis et prenotendae des rubriques liturgiques de 1969, vous constaterez qu’à bien des égards, le champ est ouvert pour faire du n’importe quoi en liturgie.
Nous avons donc d'une part un rite nouveau, qui ne cesse d'évoluer : 65, 69, 75, 79 ?, 02.

D'autre part l'ancien rite qui, par delà quelques ajustements - dont ceux de S.Pie V - est d'antiquité vénérable.

La réforme de la réforme ne devrait-elle pas être un retour au VOM ?
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Boris
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Boris »

popeye a écrit :Nous avons donc d'une part un rite nouveau, qui ne cesse d'évoluer : 65, 69, 75, 79 ?, 02.
D'autre part l'ancien rite qui, par delà quelques ajustements - dont ceux de S.Pie V - est d'antiquité vénérable.
La réforme de la réforme ne devrait-elle pas être un retour au VOM ?
Il ne s'agit pas d'un rite nouveau, mais d'une forme restaurée. Donc normalement, il n'y a aucune nouveauté, uniquement des éléments anciens du rite remis dans le rite.

65 fut un premier essais, afin d'appliquer au plus vite le Concile. Ce qui est intéressant, c'est qu'il donne bien le ton : aucune révolution, car les marxistes n'ont pas eu le temps de propager leurs idées.
Néanmoins, j'ai en ma possession un ordo de 1964, en français ! Donc le ver était dans le fruit et n'a pas été "écrasé".

75 et 02 sont la même chose, si ce n'est que certains points ont été précisé. Ces points semblaient être du bon sens de la part des Liturgistes romains, mais les marxistes ne l'ont pas entendu de la même manière.
79 est une traduction de 75 uniquement.

Il va de soit (sauf en France semble-t-il) que tout ce qui n'est pas précisé est à reprendre tel que de la forme précédente : il n'y a pas à faire de rupture.

Donc l'orientation, les "bancs de communion", ... sont à conserver tel quel dans la forme ordinaire.
Je ne serais pas surpris d'ailleurs que ces bancs de communion refassent leur apparition à Rome dans les messes Papales. Soyons patients.


La Messe du Dimanche du Baptême du Seigneur est un exemple "parfait" de l'application du Concile :
- lectures en vernaculaires
- Eucharistie en Latin
- "ad orientem"
- 2 diacres en dalmatiques pour servir l'Evêque (en l'occurrence le Pape) + des portes insignes
- un diacre en dalmatiques pour l'Evangile
- un diacre en dalmatiques pour l'Eucharistie
- 7 cierges
...

Et cela sans aucune innovation, juste en respectant les normes du Missel de 69/75/02.
Il n'y a pas eu non plus mélange : les commentaires des journalistes montrent ce que le Cardinal Ratzinger disait à l'occasion des 10 ans de "Ecclesia Dei Afflicta", à savoir le fidèle de "base" ne fait pas la différence entre les 2 formes du rite romain.
Et cela est prouvé à Solesmes où le jeunes gens viennent en pensant assister à la forme extraordinaire et sans se rendre compte qu'il s'agit de la forme ordinaire.

Donc lorsque la forme ordinaire est célébrée selon les normes, il y a continuité éclatante entre les 2 formes Liturgiques.

Le tout est de respecter les normes.

Lorsque l'on regarde de plus près cette application, on se rend compte que les séminaires ne forment pas à l'étude et la bonne compréhension des normes.
Ils ne forment pas non plus à la mystagogie, qui devient l'apanage de certains "vieux de la vieille", savoir qui se perd lentement mais surement en France.

Les diocèses poussent à placer des personnes incompétentes en Liturgie dans "postes clés" de la liturgie des diocèses, postes créés de toute pièce.
Même les formations proposée montrent l'ignorance des "professeurs".

Les professeurs compétents sont exclus des instituts de formation. Ils proposent une remise en cause que personne n'est prêt à faire. Ils proposent un chemin d'humilité de l'individu devant la communauté que la société individualiste refuse ne bloc.

Et là on touche à l'ecclésiologie : qu'est l'Eglise ? Une somme d'individu qui n'en font qu'à leur tête, chacun de leur coté ?
Effectivement, la célébration "ad orientem" remet bien l'ecclésiologie à sa place. Le célébrant, tourné dans le même sens que les fidèles, tel l'Eglise militante en marche sur la Terre, guide son troupeau vers Dieu.

La célébration "versus populum" annihile cette perception de l'Eglise. Le célébrant ne guide plus le troupeau, il amène au troupeau.
Vatican II a montré comment l'ensemble du peuple de Dieu "concélèbre" l'Eucharistie mais chacun selon son rôle propre en fonction de son état de vie.
Le fait que le célébrant soit face aux laïcs, qu'il y ait l'Autel marquant une séparation entre l'Eglise enseignante et l'Eglise enseignée, comment cette Eglise enseignée peut se rendre compte qu'elle fait partie de l'Eglise militante en communion avec l'Eglise enseignante ?
Impossible : l'Autel s'oppose à cette unité en reléguant chacun de son coté de l'église.

De plus, puisque l'Eglise enseignée a appris qu'elle concélèbre, comment peut-elle s'imaginer qu'elle a besoin du prêtre puisqu'il est est de l'autre coté de l'Autel ? Il faut donc quelqu'un du même coté qu'elle.

Voilà la perte ecclésiologique à vouloir célébrer "versus populum" sans tenir compte ni des normes, ni de la Tradition de l'Eglise.

Et je ne parle même pas de la notion de se joindre à la Liturgie céleste et continuelle de l'Eglise Triomphante !

Il faut recréer l'unité de l'Eglise militante tout en gardant chacun à sa place.

Mais pour en arriver là, il faut déjà énormément d'acceptation de l'enseignement de l'Eglise (enseignante bien sûr :D )
UdP,
Boris
Sursum Corda
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Sursum Corda »

Attention, il ne faut nier ni la réalité sacrificielle de l'Eucharistie, ni l'aspect du banquet avec l'époux. On dénature le sacrement en otant l'une ou l'autre de ces ces réalités.
Je ovus renvoie aux numéros suivants du catéchisme :

1282 La messe est à la fois et inséparablement le mémorial sacrificiel dans lequel se perpétue le sacrifice de la croix, et le banquet sacré de la communion au Corps et au Sang du Seigneur. Mais la célébration du sacrifice eucharistique est toute orientée vers l'union intime des fidèles au Christ par la communion. Communier, c'est recevoir le Christ lui-même qui s'est offert pour nous.
1383 L'autel, autour duquel l'Eglise est rassemblée dans la célébration de l'Eucharistie, représente les deux aspects d'un même mystère: l'autel du sacrifice et la table du Seigneur, et ceci d'autant plus que l'autel chrétien est le symbole du Christ lui-même, présent au milieu de l'assemblée de ses fidèles, à la fois comme la victime offerte pour notre réconciliation et comme aliment céleste qui se donne à nous.
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Re: Réforme de la réforme

Message non lu par Popeye »

Sursum Corda a écrit :Attention, il ne faut nier ni la réalité sacrificielle de l'Eucharistie, ni l'aspect du banquet avec l'époux. On dénature le sacrement en otant l'une ou l'autre de ces ces réalités. Je vous renvoie aux numéros suivants du catéchisme :

1282 La messe est à la fois et inséparablement le mémorial sacrificiel dans lequel se perpétue le sacrifice de la croix, et le banquet sacré de la communion au Corps et au Sang du Seigneur. Mais la célébration du sacrifice eucharistique est toute orientée vers l'union intime des fidèles au Christ par la communion. Communier, c'est recevoir le Christ lui-même qui s'est offert pour nous.
1383 L'autel, autour duquel l'Eglise est rassemblée dans la célébration de l'Eucharistie, représente les deux aspects d'un même mystère: l'autel du sacrifice et la table du Seigneur, et ceci d'autant plus que l'autel chrétien est le symbole du Christ lui-même, présent au milieu de l'assemblée de ses fidèles, à la fois comme la victime offerte pour notre réconciliation et comme aliment céleste qui se donne à nous.
Je ne vous dis pas le contraire ; je vous dis que le repas n'est qu'en dépendance du sacrifice : « le repas est un repas sacrificiel : nous mangeons l'Agneau immolé, Christ notre Pâque. »
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