Perlum Pimpum a écrit : ↑dim. 11 févr. 2024, 9:23
Certes, la lettre tue et l’Esprit vivifie. Mais est-ce se soucier de l’esprit que de nier le sens littéral inspiré par l’Esprit ?
Il n'est pas question de nier le sens littéral mais de le dépasser par l'Esprit.
Je ne suis pas en train de dire que c'est ce que moi je parviens à faire malgré que je m'y essaie. Mais ce que je sais c'est que le sens littéral seul, sans l'Esprit, mène à des impasses, des raisonnements creux, des contradictions.
Tout le monde peut en faire l'expérience tant il y a de sens différents donnés à la lettre et que tout un fonctionnement systémique parvient à faire tenir ensemble.
Si, si, parce que quand bien même vous auriez mis en lumière une contradiction, une insuffisance, c'est là où il pourra y avoir recours au précieux joker "c'est un mystère qui nous dépasse". Non qu'il n'y ai pas de mystère mais en tout cas il est souvent confortable.
Nous sommes bien obligé de suivre ce qui nous semble le plus juste, ce qui nous convainc le plus profondément.
Pour ma part, c'est la conviction que Dieu est amour ("bouh le cucul !") et j'ai la conviction que tout doit être lu dans cet esprit. Si quelque chose ne colle pas avec cette vérité c'est que quelque chose cloche.
Mes débuts dans la foi étaient selon une approche assez classique du fameux Dieu et amour
mais Dieu est justice, marqué essentiellement par la crainte de l'enfer. Mais au cours de ces premiers pas est venu se semer des aperçues de l'amour divin. Mais comme le fondement systémique n'était pas bon, j'ai fini par me retrouver face à de telles impasses que ma foi ne tenait plus qu'à un fil. La seule chose dont j'étais convaincu d'être vraie c'était "Dieu est amour". Je suis reparti dans la foi de cette nouvelle base et contre toute attente, que ça a été enrichissant pour ma part, que ça a renouvelé et éclairé ce que j'avais toujours lu jusqu'au là comme acquis.
Les mêmes mots, mais des sens différents.
Tout ça pour dire que le sens littéral en lui-même est fort limité.
D'ailleurs, à travers nos derniers échanges avec vous et d'autres, j'ai pu enfin vraiment comprendre comment toute une frange de l'Église avait de telles conceptions.
En effet, lorsqu'on part de la base que Dieu est "pur esprit infiniment parfait" mais sans voir que ce pur esprit infiniment parfait est essentiellement amour, et donc lorsqu'on voit l'amour comme une modalité de l'intelligence, alors bien entendu l'amour ne revêt plus la même dimension et la base de "lecture" des choses de la foi en est profondément changé. La base n'est plus l'amour mais l'intelligence.
Pas étonnant alors que l'on mise autant sur la raison, la lettre, que l'amour devient intellectualisé.
Et comme c'est systémique alors pas étonnant de découvrir toutes vos conceptions, raisonnements, et pourquoi dans la même religion on a l'impression de ne pas parler la même langue.
Ce qui fait que je m'interroge sur le sens de ces échanges puisque la base est si différente et que l'on sait bien (comme c'est un fonctionnement systémique) qu'il devient difficile de s'entendre puisque toucher/revoir un point apparemment anodin renvoie à tout le système et risque de bouleversé l'ensemble. Et comme on est convaincu que le reste est correct alors cette apparente incohérence ne peut pas en étre une et on se doit de s'atteler à toute une gymnastique pour le faire tenir coûte que coûte dans l'ensemble.
Perlum Pimpum a écrit :Par exemple, si la Loi est une Loi de mort tant que la Grâce ne donne pas de s’y conformer (Rm. VIII, 2-3), raison pourquoi la Loi est une condamnation là où la Grâce est une justification (II Cor. III, 7-11), n’en demeure pas moins que la grâce nous est donnée pour que nous soyons fidèles à la Loi (Rm. III, 31, Mt. V, 17), « et cela afin que la justice de la loi fût accomplie en nous » (Rm. VIII, 4).
Certainement, mais comprenant bien que cette loi, la justice de la loi est en fait la justice de l'amour, comme nous le fait comprendre le Christ en résumant la loi à l'amour de Dieu et l'amour du prochain.
Or, le légaliste ne verra qu'une suite de règles à suivre, vidées de l'essentiel : l'amour.
Il ne s'en servira que comme condamnation sans nécessairement avoir d'amour authentique pour l'autre, sans comprendre le dépassement de la condamnation par l'amour.
Il semblerait aussi que ce soit avant tout sur l'amour que nous sommes jugés.
Perlum Pimpum a écrit :Si donc « Il n'y a maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Rm. VIII, 1), encore faut-il y être, et surtout y rester ! « C'est pour la liberté que le Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude. » (Ga. V, 1). « Car, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais une attente terrible du jugement et l'ardeur d'un feu qui dévorera les rebelles. Celui qui a violé la loi de Moïse meurt sans miséricorde, sur la déposition de deux ou de trois témoins ; de quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l'alliance, par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l'Esprit de la grâce ? Car nous connaissons celui qui a dit : À moi la vengeance, à moi la rétribution! ; et encore : Le Seigneur jugera son peuple.C'est une chose terrifiante que de tomber entre les mains du Dieu vivant. » (Hb. X, 26-31).
Ainsi donc la condamnation n’est pas seulement en amont, pour ceux qui ne connaissent pas le Christ Jésus, mais aussi en aval, pour ceux qui l’ayant connu s’en sont détournés. D’où donc la nécessité du combat spirituel. « Soyez sobres, veillez, car votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer. » (I P. V, 8).
Certainement.
Puisqu'il n'y a pas de nécessité d'être sauvé pour qui n'est pas coupable.
Il est donc nécessaire le rôle de la condamnation pour la vérité et pour ouvrir la porte du salut.
Ce que je voulais dire c'est que certains ne verraient la loi que comme un outil de condamnation sans percevoir encore que c'est surtout un outil de salut.