patatedouce a écrit : ↑lun. 13 avr. 2026, 7:54
Toutefois, une autre thèse s’est révélée au fil de notre échange : vous soutenez que les religions disposent de systèmes de preuve équivalents, ce qui obligerait un croyant à les considérer soit toutes comme vraies, soit toutes comme fausses.
Je ne pense pas travestir votre pensée ?
Non, je sais que l'islam et le christianisme sont deux religions très différentes, y compris sur le plan des preuves. L'équivalence que je pointe porte uniquement sur l'équivalence suivante : Il existe des martyrs musulmans, qui n'ont pas reniés leurs témoignages concernant des miracles, malgré la torture/la mort tout comme les apôtres.
Et c'est pour cette raison précise que je vous force à rester sur ce terrain depuis le début, et que j'ai pu manifester de l'agacement au cours de notre conversation quand vous tentiez de m'emmener sur un autre sujet, ou que vous déformiez ma parole/pensée. Car ce que je soulève, ne porte que sur ce point très précis, et sur rien d'autre.
Pour que cela soit plus facile à saisir, en voici une reformulation plus détaillée :
Si, comme dans le premier message de trinité, le fait que les apôtres n'aient pas reniés leurs témoignages concernant les miracles auxquels ils ont assistés, est une preuve de la véracité du Christianisme et de la divinité de Jésus. Alors, le fait que des compagnons, dans la religion musulmane aient étés tués
pour les mêmes raisons, devrait être également une preuve de la véracité de l'islam et de la prophétie de Mohammed.
Avant que l'on m'accuse de vous crier dessus, je précise que j'ai souligné "pour les mêmes raisons" car, en effet, il existe aussi des témoignages de musulmans qui rapportent que certains d'entre eux (selon mes connaissances, au minimum 4 et un cinquième qui n'était plus musulman, mais qui été devenu adepte de la religion de Musaylima, et qui avoua avoir vu cela aussi, et qui fût tué par la suite), ont été tués par les armées de Musaylima Al Kadhab et de Sajah Bint al-Harith qui prétendaient tout deux être des prophètes également, pour ne pas avoir renié le fait qu'ils avaient vu de l'eau sortir des doigts du prophète.
Cependant, quand vous dites que le cœur de l'Islam ne repose pas sur les miracles, vous avez totalement raison. Mais c'est un élément qui ne saurait entrer en considération dans notre question. La question n'est pas de savoir si les témoignages étaient véridiques, si les miracles ont réellement eu lieu, si ils parlaient du cœur de la foi, ou d'une branche de celle-ci, etc. C'est de savoir si, isolément de toute autre considération et de toute autres preuves, ils sont, à eux seuls, des preuves de la véracité d'une religion. Si isolément de toute autre chose, le témoignage d'un homme qui dit "J'ai vu" est une preuve de la véracité d'une religion ?
Si c'est le cas, vous n'avez pas d'autre choix que de reconnaître que l'islam dispose, selon cette déduction, de la même preuve. Vous n'avez tout simplement pas d'autre choix.
patatedouce a écrit : ↑lun. 13 avr. 2026, 7:54
N’oublions pas que, contrairement aux hadiths qui apparaissent 200 ans plus tard, le récit des apôtres est contemporain des faits. Il est donc vérifiable : les apôtres prêchaient là même où les miracles avaient eu lieu. Les miracles rapportés par la tradition musulmane tardive n'offrent pas cette traçabilité.
Concernant l'apparition des hadiths, j'ai déjà démontré plus haut dans cette conversation que cette affirmation selon laquelle ils ne sont apparus que 200 ans plus tard est fausse. Ce qui est apparu 150 ans plus tard, c'est la compilation des hadiths dans des recueils, mais avant cela, du vivant du "Prophète" et malgré l'interdiction qu'il avait formulé de mettre ses paroles par écrit de crainte qu'elles ne soient mélangés aux versets coraniques, certains compagnons avaient déjà commencé à écrire ses paroles et à les conserver.
Ensuite, l'épisode de Musaylima commence du vivant du Prophète et se termine juste après sa mort sous le califat d'Abu Bakr As Siddiq (son compagnon le plus proche). Les faits que je relate, sont donc, tout autant contemporain et local que ceux que vous rapportez pour le christianisme.
Ainsi, à moins d'entrer dans des études d'histoire et de science du hadith, pour essayer de prouver que l'un des deux témoignages à plus de valeur qu'un simple récit pouvant être résumé ainsi : "Untel est mort après avoir refusé de renier ce qu'il avait vu". Nous sommes obligés de considérer que les deux ne sont rien d'autre que des témoignages d'hommes.
De facto, ce n'est pas suffisant pour dire qu'une religion est véridique.
patatedouce a écrit : ↑lun. 13 avr. 2026, 7:54
Enfin, concernant le jugement de Salomon, je l'ai cité car vous agissez comme la "fausse mère" : par refus de voir quiconque posséder la vérité de la foi, vous préférez ne rien croire du tout. Vous préférez "couper l’enfant en deux" par le relativisme plutôt que d'admettre la validité d'une croyance. Face à deux témoignages contradictoires, Salomon ne dit pas : "Je n’en retiens aucun". Il cherche la vérité de chaque déposition en les confrontant. Imagine-t-on un juge rejeter tous les témoignages d'un procès sous le seul prétexte qu’ils divergent ?
Vous me prêtez encore une pensée que je n'ai pas. Je ne refuse pas de voir quiconque posséder la vérité de la foi, je refuse simplement que des gens affirment détenir la vérité sans pouvoir le démontrer de manière objective, autrement que par du dogmatisme. Et, je ne crois pas en rien du tout. Je l'ai dit plus haut, je crois en Dieu, et voyez, c'est précisément pour cette raison que je n'adhère pas au christianisme, que je n'adhère plus à l'islam et que je n'adhère plus à aucune religion. Car, selon ce que je crois, Dieu ne peut être défini que par ce qu'il n'est pas. Affirmer que Dieu est une chose, c'est, pour moi, l'enfermer dans un langage et dans un concept qui serait, de toute façon, réducteur pour ce qu'il est vraiment. Affirmer que Dieu est très grand ? LE plus grand ? C'est déjà réduire Dieu dans ce que je crois. Alors affirmer qu'il se serait fait homme, sortant d'un vagin et déféquant tout comme je le fait, et qu'en plus il aurait été tué ? Voyez, très peu pour moi. J'ai trop d'estime pour lui pour croire en ce genre de choses.
patatedouce a écrit : ↑lun. 13 avr. 2026, 7:54
L’adhésion à la foi relève de l’intime conviction de chacun, selon les éléments dont il dispose. La neutralité y est impossible : soit on adhère, soit on rejette.
Là, nous pouvons nous entendre, mais donc, il n'est plus question de vérité. Uniquement de croyance. Et le fait de croire détenir la vérité, ne veut pas dire la détenir réellement.
PS : Je pense avoir oublier des choses, mais, je n'ai pas le temps de me relire et de me corriger ou d'ajouter quoi que ce soit, je m'excuse s'il y a des coquilles ou des oublis, auquel cas, je posterai un supplément à ce message dans la journée.