Bonjour Suliko,
On ne parle pas ici de conversion forcée des incroyants, qui est condamnée par l'Eglise. Par contre, l'idée selon laquelle, pour faire un meilleur choix en matière religieuse, il faudrait être éduqué dans le milieu le plus neutre possible, avec toutes les religions présentées à égalité et aucune n'ayant une influence particulière sur la vie sociale et politique, est une absurdité condamnée par l'Eglise. Ce type de société, qui est la nôtre actuellement, ne parvient guère qu'à produire des agnostiques et des indifférents. Et c'est somme toute son but.
Même si je comprends votre observation de départ, je ne crois pas que l’Islam par exemple aurait la même vision de la situation puisque cette société au contraire lui permet de se développer avec les avantages de la modernité. C’est parce que nous avons le sentiment d’y avoir perdu quelque chose que nous voyons les choses autrement, mais rien ne nous empêche de développer notre foi et nos pratiquants.
Cette neutralité « laïque » peut être politique et non sociale, distinction que fit judicieusement Mr Macron.
Ce que je veux dire, c’est que plus que par le sommet, c’est par la base qu’il faut agir et rien n’y met d’entrave, sinon notre tiédeur.
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Un Etat catholique aurait fait mieux dans ce domaine, c'est un fait que l'histoire nous montre.
En admettant que ce soit possible actuellement qu’il y en ait un, pour se maintenir il serait obligé de trouver de gros compromis et je ne suis pas certain que cela ne serait pas fort préjudiciable à la foi. Donc qu’elle ne peut pas davantage se développer dans l’opposition (politique).
Comme nous ne savons rien de ce qui fait la gravité de nos fautes, je ne suis pas convaincu.
Ce que nous montre l’histoire fait référence à d’autres époques et n’est pas comparable.
Nous ne faisons que présenter la doctrine traditionnelle de l'Eglise sur la question de la liberté religieuse. .
Certes, mais c’est bien dans une intention qui va plus loin qu’une simple présentation, et qui souhaite une sorte d’application. Cette doctrine fut différente du temps des persécutions. Il n’y a pas comme en morale pure qu’une seule doctrine pour laquelle il faut trouver comment la vivre, elle doit s’adapter au contexte politique et social.
On peut vivre dans la France actuelle et adhérer en l'enseignement traditionnel de l'Eglise en la matière sans que cela ne provoque de guerre civile...
Tant que ce n’est qu’intellectuel, oui, mais cela ne fait pas avancer sauf si encore une fois vous souhaitez promouvoir et développer la foi ainsi, ce que je pense être le cas et qui est louable.
Admettons (quoique j’en doute) que ce développement vous ne le souhaitiez qu’au niveau des idées, si elles ne sont pas réalisables, cela servira à quoi ? Je pense que aucun catholique et certainement pas moi, n’y adhérerait pas, mais l’intérêt de ces idées, en ce domaine, c’est l’application pratique. Et c’est bien pour cela que la position de l’Eglise a comme vous l’avez constaté, changé. Vous pensez que c’est par tiédeur, or cela peut certes en être la conséquence, mais non pour autant le motif.
Vous dites « ne pas être en train d'élaborer une stratégie politique pour recatholiciser nos Etat sécularisés d'Occident » : pourtant c’est bien le but à atteindre, par ce moyen ou un autre, n’est-ce pas ?!
Vous êtes extraordinaire : vous croyez plus simple de prendre le pouvoir dans un contexte démocratique faisant appel au suffrage universel, alors que nous sommes devenus une minorité et précisément pour imposer aux autres ce en quoi ils nous honnissent et ne nous comprennent pas !!
Il faut être réaliste…
Je crois que si nous sommes tièdes, alors que rien ne nous empêche d’être brûlants, c’est que nous avons peur qu’en « agissant »nous provoquions une réaction qui puisse ultérieurement aller jusqu’à la persécution. Pour juguler cette peur, il y a le rêve de reprendre le pouvoir…
Vous omettez totalement que c'est en grande partie en raison de ce libéralisme dans l'Eglise promu depuis le dernier concile que bien des contrées se sont déchristianisées. En adoptant le principe libéral de liberté religieuse, l'Eglise a contribué à l'affaiblissement de bien des Etats catholiques. Dès lors, nous dire que nos idées sont devenues stériles est assez cocasse... La vérité, c'est que ce sont les idées libérales dans l'Eglise qui ont stérilisé la foi des fidèles. Cinci a bien raison de le remarquer et d'élargir un peu la perspective de ce débat, qui est plus vaste que la simple question de la liberté religieuse. ...
C’est exact, je l’omets complètement. Parce que à vin nouveau outre neuve, et que je ne crois pas qu’en ressassant cela on puisse avancer. Soit les auteurs de ces courants étaient de bonne foi, et ils ont compris leur erreur, soit il faut les priver de cette référence qui est la leur et les éjecter de la reconstruction en les prenant au dépourvu ou les obligeant à se plier à de nouvelles règles. Dans le contexte actuel, cela ne peut se faire qu’au sein de l’Eglise, pas d’un état.
Ce qui nous a diminué nous grandira, car vraiment le Christ est ressuscité, et que ce que nous avons à proposer au monde est le must religieux dont il a besoin, à l’égard de quoi nous ne sommes que des serviteurs inutiles, mais encore faut-il en témoigner par nos vies… Nous sommes le levain, ce qui suppose une minorité agissante, pas d’être toute la pâte, et pour la faire lever. Commençons cela et le reste suivra.
en quoi le petit Québécois des années 30, qui naissait dans une famille catholique, fréquentait une école catholique, etc... aurait été fondamentalement moins libre que le petit Québécois des années 2010, qui est sans doute né dans une famille indifférente religieusement, a fréquenté des écoles non confessionnelles, etc... ...
En rien bien sûr. Mais rien ne nous empêche d’éduquer encore nos enfants comme nous le souhaitons, en leur donnant les bases pour affronter le monde sécularisé. Nous n’avons plus le pouvoir, mais il nous reste la liberté. Et parce que ce ne sera pas « l’avis dominant », il faudra que les arguments et la conviction, l’exemple soient plus forts. Nous n’avons pas besoin du pouvoir politique ni de décider des lois, c’est même un fardeau de moins à porter. Donnons notre avis et argumentons-le, changeons notre image.
C'est vraiment pour cela qu'il me semble absolument fondamental de déboulonner ce mythe de la neutralité de l'Etat et de la société actuels ! C'est en effet un des arguments principaux de nos adversaires : notre société aurait l'immense avantage de laisser les citoyens libres de choisir leur religion, de vivre comme ils l'entendent. Sauf que non seulement un tel choix n'est pas conforme à ce que veut l'Eglise, mais en plus, il est globalement inexistant. Dans les faits, tout contribue à ce que les gens ne soient pas ou plus chrétiens, et s'ils le sont quand même, ils ont intérêts à être des religieux libéraux. ...
Admettons que je puisse vouloir vous donner raison, il est trop tôt pour le dire. Il faut d’abord rechristianiser par la base, promouvoir nos valeurs sociales, etc. Il faut que le sel ne soit pas fade (ou trop concentré en peu) avant de le verser, et en avoir la quantité nécessaire pour exhausser le goût.
Je ne vois pas en quoi, laisser les citoyens libres de décider de leur religion serait contraire à ce que veut l’Eglise. Même si son souhait est de grandir numériquement, cela ne doit pas se faire au détriment de la qualité de la foi, qui suppose la liberté. Vous êtes là à la limite d’une contradiction.
Nos adversaires ne sont pas ceux qui pensent comme vous le dites, mais ceux qui en prennent prétexte mais n’en pensent pas un mot, pour nous titiller. Il est évident qu’arrêter le débat sur cette question de liberté, c’est éviter d’avoir à chercher la vérité. Mais cette recherche suppose bien la liberté, même si d’autres s’en servent pour s’en détourner.
Et cette recherche étant inscrite dans le cœur de l’homme, elle ne pourra jamais être étouffée. En tout cas, pour le moment, elle est bien réellement présente et « a la côte ». C’est une chance inouïe !
Ce qui ne l’a pas, non sans une part de mauvaise conscience collective, c’est que notre religion puisse y répondre. A nous de les détromper et de le prouver.
J'ai franchement du mal à croire que ce ne soit pour vous qu'une présentation doctrinale, et plus encore à ce que vous la croyez réalisable.