DA95 a écrit : Votre question est difficile. Je dois en premier lieu vous dire que je ne me retrouve ni dans cette explication sexuelle ni dans l'explication de type chirurgical.
Bonjour DA95,
Il serait utile de préciser pourquoi vous ne vous retrouvez pas dans chacune de ces explications ce qui n’apparaît pas dans la suite du message.
DA95 a écrit : Nous en sommes donc à ce passage ou la femme est formée "avec la côte" que Dieu avait soustraite à l'homme pendant sa torpeur. L'homme s'endormit nous dit le texte…
Comme si le sommeil pouvait par analogie signifier la mort ou plus exactement dans le cas de la création un non-être et ou un non-temps. un "moment qui permettrait à dieu d'engendrer de l'homme seul une double unité d'homme et de femme. Ou la femme est un être semblable à l'homme "une aide qui lui soit assortie" Gn 2, 18.
Cette torpeur souligne que l'homme dans cet état de sommeil (de non-être) n'est pas, ne peut pas être actif à la création de la femme, c'est Dieu qui crée.
Merci pour cette excellente réflexion avec laquelle je suis tout à fait d’accord.
Elle conforte nos échanges précédents. A ce stade, la création n’est pas achevée. Il n’y a pas d’être humain. C’est bien un état de non être.
L’adam ne peut pas être actif « à la création de la femme ». Il ne peut pas le faire, ni même le concevoir.
Mais, pourquoi donc en déduisez-vous la conclusion suivante :
DA95 a écrit : C'est pourquoi je ne me retrouve pas dans votre explication sexuelle, qui aurait demandé l'intervention de l'homme.
Comme vous venez de l’écrire, il n’y pas encore d’homme. Il y a un adam inachevé.
Le fait d’une union sexuelle à ce stade ne peut encore être qu’un fait de la nature, selon les lois de la nature créée par Dieu et l’inspiration qu’il a pu susciter à un moment, et non un acte « volontaire » « humain ».
Dès lors qu’on accepte que le corps biologique d’Adam et Eve provient de l’évolution, ne faut-il pas admettre que, dans le temps, avant qu’Adam n’exprime son attachement à sa femme, l’un et l’autre étaient biologiquement présents et donc, aussi, sexuellement présents ?
Est-ce qu’une relation sexuelle à ce stade exclurait une intervention créatrice déterminante de Dieu seul ? Il me semble que non.
DA95 a écrit : « Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place » Gn 2, 21. Je pense que l'accent est mis sur le corps de l'homme.
En effet. Mais, si l’accent est mis sur le corps de l’homme (masculin), n’est-ce pas dès lors à ce qui caractérise le corps d’un homme (masculin) qu’il faut penser ?
DA95 a écrit : Cette côte accentue la nature commune de l'homme et de la femme. Ils sont semblables car fait du même matériel, de la même réalité somatique. Il y a une homogénéité de l'être de l'homme qui se retrouve dans l'être de la femme. Les premières paroles de l'homme le confirment « c'est l'os de mes os et la chair de ma chair » Gn 2,23. La femme appartient donc à la même espèce que l'homme. Alors elle est, elle aussi, différenciée de l'animal
D’accord.
Mais, pourquoi préciser aussitôt :
DA95 a écrit : elle est, elle aussi, différenciée de l'animal, seule ,et créée à l'image et ressemblance de Dieu.
Seule ? Pourquoi «
seule » ? N’est-ce pas oublier ici que c’est ensemble que l’homme et la femme sont créés à l’image et à la ressemblance de Dieu ?
DA95 a écrit : Ici nous dépassons de loin l'hypothèse chirurgicale. Homogénéité suppose il me semble que rien n'ait été enlevé à l'homme pour former la femme.
Ici, vous devez constater que vous arrivez à une affirmation contraire au texte du récit biblique. Je suppose que vous voulez dire que l’homme n’est « privé » de rien par ce qui lui est « enlevé ». C’est le cœur de la difficulté concrète : le récit biblique affirme que quelque chose est bien tiré de l’homme et que c’est avec ce quelque chose que la femme est formée.
C’est ici que tant le texte, que le contexte et les données de la science nous renvoient à la réalité sexuelle et je cherche vainement une alternative qui n’aboutit pas à une contradiction franche avec le récit.
Une hypothèse qui considère sans nuance que « rien n'ait été enlevé à l'homme pour former la femme » me semble exclue du fait même de cette affirmation.
L’explication que nous cherchons doit être compatible avec le récit, la foi de l’Église et les connaissances acquises de la science.
L’évolution du corps biologique des humains avant la création des premiers humains dotés d’une âme immortelle, nommés Adam et Eve, suppose que tant Adam que Eve ont été conçus biologiquement dans la réalité terrestre par une mère préhumaine.
Sont-ils pleinement humains dès cette conception biologique ? C’est une hypothèse, mais elle laisse entièrement sans réponse la création de la femme à partir de quelque chose tiré de l’adam. L’hypothèse du professeur Lejeune qui imagine un embryon initial qui s’est divisé me semble peu convaincante.
L’alternative, c’est la création de l’âme immortelle des premiers humains à un âge biologique qui peut être l’âge adulte. Dans ce cas, il y a eu, pendant quelques années, des «
adams » biologiques mâle et femelle (futurs Adam et Eve), mais encore dans un état de « non être » comme humains. Il n’y a encore ni homme, ni femme. Seulement des adams. L’adam est décrit à ce stade, par le texte biblique, comme constitué par la poussière du sol (les éléments biologiques de la réalité matérielle) et le souffle de Dieu qui en fait à ce stade une «
âme vivante » (Gn 2, 7), mais cette expression dans le texte hébreu est exactement celle qui définit les animaux (Gn 1, 24), sans aucune différence. La création de l’humain ne semble donc pas nécessairement achevée à ce stade.
Tant le récit biblique que la foi de l’Eglise affirment que toute l’humanité vient d’un couple originel de deux premiers humains, nommés Adam et Eve.
Comment sont-ils devenus humains, alors que leurs pères et mères ne l’étaient pas, au sein d’une espèce où personne d’autre ne l’est devenu, en dehors de leur descendance ? Comment la première femme a-t-elle pu être formée à partir du premier homme, comme l’affirme le récit biblique ?
Il faut aussi intégrer le fait que, dès sa conception, tout corps humain reçoit instantanément une âme humaine.
Ceci semble exclure que le corps humain d’Adam ou celui de Eve ait été achevé complètement avant de recevoir une âme humaine immortelle. Il me semble qu’il faut tenir fermement qu’il n’y a pas de corps humain sans âme humaine immortelle et réciproquement. Cela reste vrai aujourd’hui.
C’est ici, cher DA95, que notre pensée commune d’un achèvement de la création de l’humanité lors de la rencontre d’Adam et Eve, me semble devoir aussi situer à ce moment l’ultime mutation physique qui, au terme d’une longue évolution depuis les origines du monde, a amené des corps biologiques préexistants à un dernier changement qui a abouti au corps humain que nous connaissons. Au moment même de cet aboutissement, l’âme humaine immortelle a été créée par Dieu.
Nous savons aujourd’hui qu’une telle mutation est biologiquement possible. Mais, pour que cette mutation ne se soit produite que chez deux êtres formant un couple, il n’y a que deux possibilités : soit une coïncidence extraordinaire (la même mutation s’est produite tant chez Adam que chez Eve, mais chez personne d’autre de leur espèce d’origine), soit une transmission d’un fait extraordinaire chez l’un transmis uniquement à l’autre.
Le texte biblique présente clairement cette seconde alternative, qui est aussi la plus vraisemblable.
Dans un sujet voisin du sous-forum des savoirs intitulé « Questions aux scientifiques croyants » (
http://cite-catholique.org/viewtopic.ph ... 13#p120213), je relève quelques messages utiles pour les explications possibles.
Ti’hamo a écrit :Un virus n'est pas "nuisible par nature", et tous les virus ne sont pas nuisibles : il s'agit avant tout de séquences d'ADN baladeuses. Le mal qu'ils provoquent vient d'un déséquilibre, comme dans tout mal résultant d'une relation hôte/parasite.
Mais, de lui-même, le virus n'est qu'un bout d'ADN réplicable et parasite.
D'ailleurs, il joue un rôle dans l'évolution…, mais comme déjà le décrivaient ou le pensaient pas mal de scientifiques, qui affirmaient que les virus avaient sûrement joué un rôle dans l'évolution, notamment des unicellulaires primordiaux.
Rien donc de "néfaste en soi" dans un virus, pas moins que dans un ver, un requin, ou un tigre.
Christophe a écrit :Il semblerait que les virus peuvent jouer un rôle dans l'échange inter-spécique de matériel génétique… Voir par exemple la découverte récente d'ADN de bornavirus dans le génome humain
Touriste a écrit :"Si les nouvelles séquences génétiques insérées passent aux nouvelles générations, Il faut que l'infection intervienne dans les cellules qui fabriquent les ovules et le sperme.
Comme cette infection spécifique est le fait du hasard, on en déduit que les infections se sont répétées dans notre histoire."
Il peut être considéré raisonnablement aujourd’hui que l’ultime mutation qui a fait le corps humain ait eu une cause de type viral, qu’une telle atteinte virale a pu provoquer une mutation transmissible.
N’est-ce pas tout naturellement qu’il faut penser qu’une telle atteinte virale a pu provoquer d’abord un état de torpeur, comme beaucoup d’atteintes virales (de la grippe au sida), que ce virus a pu être transmis dans l’intimité d’un être masculin à un être féminin et uniquement entre eux, comme beaucoup de virus transmissibles uniquement par le sang ou le sperme, tel le sida), que le corps biologique de l’être féminin, transformé ainsi par quelque chose venant d’un être masculin, est devenu le corps féminin humain en son état achevé, une femme, et que le corps biologique masculin est devenu un homme, en son état achevé.
DA95 a écrit : La torpeur me fait penser qu'il s'agirait d'un acte créatif de Dieu, qui fait passer l'homme d'un état de solitude que Dieu reconnaît mauvais pour l'homme, a un état ou dans la différence sexuelle l'homme dans l'union de la chair peut être communion: image et ressemblance de son créateur.
Tout à fait d’accord.
DA95 a écrit : La chair de ma chair peut aussi ici signifier la consanguinité (juste une hypothèse)
Cette hypothèse circule (c’est, notamment, l’hypothèse du professeur Lejeune), mais rien dans le récit ne la confirme.
Je suis, bien sûr, tout à fait d’accord avec les pertinentes citations de la catéchèse de Jean-Paul II par DA95. Elles confortent l’idée que la vie humaine est pleinement la même pour l’homme et la femme et que la réflexion sur la vie prise de l’homme pour former la vie de la femme ne peut l’ignorer.
Dans le sujet voisin intitulé « Questions aux scientifiques croyants », il y a une réaction à l’idée d’un effet viral sur la création du corps humain qu’il est utile d’examiner ici.
Archi a écrit :Ah, si je comprends bien, le gros virus s'introduit dans l'ADN (ou ici l'ARN) d'un individu et pouf, celui-ci engendre un tout nouvel individu d'une espèce entièrement nouvelle et viable par elle-même, sans étape intermédiaire?
C'est fou la crédulité de l'évolutionniste moyen...
Il n’est évidemment pas question, en cas de mutation par un virus qui s’introduit, de voir apparaître « pouf … un tout nouvel individu d’une espèce entièrement nouvelle ».
La mutation peut être minime et l’individu biologique peut ne subir qu’une modification apparemment imperceptible. Mais, de même qu’actuellement en psychiatrie, une toute petite molécule médicamenteuse peut modifier fortement l’état de conscience cérébrale, il est tout à fait raisonnable d’imaginer qu’un virus ait pu avoir un tel effet modificatif et transmissible de ce type.
Cela ne crée pas un individu nouveau, mais un individu autre. Cela ne crée pas une espèce « entièrement » nouvelle, mais cela peut créer une espèce « autre ».
Archi a écrit : A part ça, quand je lis : « Lorsqu'un virus s'insère dans le génome, le résultat est en général plutôt négatif pour l'hôte ; pas toujours, toutefois !
Ainsi, au moins deux fois dans l'évolution des primates (rappel : dont nous faisons partie), des rétrovirus ont inséré des gènes qui ont aidé à la fabrication de protéines qui participent au développement du placenta »
Comment le savent-ils ? Ils y étaient ?
Sinon, je croyais que les virus passaient leur temps à muter... comment se fait-il qu'on retrouve avec le même virus aujourd'hui?
L’étude des ADN permet, en effet, d’avancer de manière étonnante. Et, ce n’est certainement qu’un début.
Il ne faut pas nécessairement avoir été présent à l’époque lointaine de l’évolution pour en avoir des connaissances fiables. L’auteur du récit de la Genèse n’y était pas non plus lorsqu’Adam et Eve ont été créés. Il n’a pas reçu directement du ciel un récit à transcrire. Il a, par contre, ouvert son cœur à l’inspiration de Dieu pour nous donner un exposé vrai sur l’apparition de l’humanité.
Il a pu tenir compte de l’état des connaissances de son époque et des mythes qui circulaient. Il a pu en retenir ce qui lui paraissait vrai. Il n’a pas écrit dans l’inconscience. Même si l’inspiration divine a donné à son texte bien plus de vérité que ce qu’il a eu conscience d’y écrire, l’auteur a cependant raconté ce qui lui paraissait vrai, en utilisant le langage et les expressions de son époque. L’Eglise y a reconnu, sur les indications du Christ lui-même, la Parole de Dieu qui nous révèle la vérité sur l’origine de l’humanité, même si l’auteur humain de la Genèse n’y était pas.
Nous ne pouvons donc mépriser ce que la science nous apprend des débuts de l’humanité du seul fait que les scientifiques n’y étaient pas.
Pour en revenir aux virus, ce qui est envisagé ici, ce n’est pas un virus qui continue à muter, mais l’effet qu’un virus a pu laisser dans le corps qu’il a envahi après avoir été vaincu.
Lorsqu’Adam et Eve sont sortis de la torpeur et qu’Adam a exprimé tout son bien être avec enthousiasme, tout état maladif, viral ou autre, a disparu. Mais, un changement essentiel s’est produit.