Raistlin a écrit :Sachez qu’un pape (je ne sais plus lequel, désolé) disait en substance qu’il vaut certes mieux conduire les hommes à Dieu par l’amour, mais que s’ils y sont insensibles, la peur de l’Enfer peut être une première étape utile.
Attention cependant que le pape en question (je ne sais plus lequel non plus, mais je me rappelle avoir lu la même chose) parle bien d'une première étape. Elle n'a de sens que si elle mène finalement à l'amour. Il ne faut pas rester dans la peur.
De ma propre expérience, je peux témoigner que la peur des conséquences de mon péché m’ont souvent conduit à la repentance et à la vigilance. Certes, je préfère quand je résiste au péché par amour, mais voilà, je ne suis pas (encore) un saint pour n’agir que par amour.
Par pitié, n'opposons pas amour et peur du péché, et ne confondons pas peur du péché et peur de la "condamnation à l'enfer". J'apprend à aimer Dieu grâce à l'expérience de l'amour conjugal : il y a bien des fois où j'ai peur d'avoir blessé notre relation d'amour. S'il en est ainsi dans ma relation avec ma compagne, il en est de même dans ma relation à Dieu. C'est bien parce que j'aime que j'ai peur du péché. Et pourtant, je ne suis pas un saint, sûrement l'êtes vous bien plus que moi...
La différence est que si je blesse trop ma relation d'amour avec ma compagne, elle pourrait un jour finir par me quitter. Dieu, lui, ne me quittera jamais. Mais le risque reste grand que moi-même je blesse tellement ma relation d'amour avec Lui qu'au final, ce soit moi qui Le quitte...
Par contre, bien entendu, il ne faut pas en rester là.
Voilà. Si la peur permet d'entrer en relation, tant mieux, c'est une peur salutaire. Mais il faut impérativement arriver à la dépasser. La foi, ce n'est pas avoir peur, c'est avoir confiance.
Hors si on adopte la stratégie de la peur comme démarche d'évangélisation, je ne vois pas comment être cohérent et passer à un moment de la peur à l'amour.
Il me semble que Dieu fait feu de tout bois quand il s'agit d'entrer en relation avec nous. Si quelqu'un a peur, il utilisera cette peur pour le guider vers lui. Mais je ne vois pas l'intérêt de commencer par créer une peur qui ne serait pas pré-existante alors que nous avons à annoncer l'amour.
Et si quelqu'un a peur, il faut lui apprendre à bien "orienter" sa peur : la peur du malin, oui ; la peur de Dieu : non.
Par ailleurs, M. Dumouch, je rejoins totalement les conclusions de Raistlin au sujet de l'évangélisation. Je ne vois pas comment, à partir de votre théorie, conclure autrement que surtout s'abstenir de convertir les musulmans, alors qu'ils y risqueraient leur vie, puisqu'ils peuvent vivre une vie heureuse sur cette terre, et que Jésus lui-même se chargera de leur conversion non pas à la 11e heure, mais lorsque sonnera le 1er coup de la 12e...
Est-ce à dire que tous les martyrs auraient mieux fait d'apostasier, de vivre dans le monde, et de revenir au Christ à l'heure de leur mort ? Sommes-nous invités à vivre une longue et heureuse vie, sachant nous aurons une ultime et dernière chance de nous souciez de notre fin ? Ou sommes-nous invités à préférer le Christ à notre propre vie, et donc à nous convertir le plus tôt possible ?
Bref, encore une fois, je trouve votre théorie séduisante, mais dangereuse. Il est tellement facile d'en tirer de mauvaises conclusions. D'ordinaire, quand je constate que quelque chose est dangereux mais séduisant, je me méfie, car il est fort possible, et même probable, que ce ne soit pas Dieu qui soit derrière...
Mais bon, il est vrai que je ne suis pas théologien...