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Re: Eglise catholique/Eglise orthodoxe.

Publié : lun. 07 janv. 2013, 23:28
par Toto
Hummmm....
Complètement pêle-mêle :
-parce qu'il n'y a pas une Eglise orthodoxe, mais des Eglises orthodoxes (et je devrais même écrire : des "Eglises" orthodoxes, mais passons)
-le refus, par les orthodoxes, de la primauté du Pape
-Le Filioque, semble-t-il, n'est plus vraiment un obstacle, des avancées ayant été faites sur la question
-Quelques subtiles divergences sur le rôle de la Sainte Vierge Marie, ou concernant quelques événéments qui lui sont relatifs ; là où les Catholiques parlent d'Assomption, les orthodoxes préfèrent parler de Dormition.
-Et pas mal d'usages liturgiques étranges : vénération jusqu'à l'extrême des icônes, mais complète négligence des hosties (pas d'adoration...), signe de croix "à l'envers", etc. De mémoire, certains orthodoxes placent la transsubstantiation à l'Epiclèse et non à la reprise des paroles du Christ.
-Des questions de calendrier, la plupart des orthodoxes (à quelques exceptions près, comme l'église orthodoxe de Finlande) adhérant au calendrier julien (au moins pour la fixation de la date de Pâques)

Re: Eglise catholique/Eglise orthodoxe.

Publié : mar. 08 janv. 2013, 0:04
par françois67
Bonjour,
le seul véritable obstacle et la primauté du pape.
Cependant, il y a une contradiction chez les orthodoxes que j'aimerais bien comprendre comment ils résolvent: pendant un millénaire, l'Eglise de Constantinople ne cessait de rappeler à l'obéissance et fidélité à la chaire du successeur de saint Pierre. Soudain, ils disent tout le contraire. Comment s'accomodent-ils de cette volte-face? En somme, ils doivent reconnaître alors que pendant mille ans ils ont prétendu beaucoup d'âneries...
Bien à vous.

Re: Eglise catholique/Eglise orthodoxe.

Publié : mar. 08 janv. 2013, 0:55
par Altior
françois67 a écrit : pendant un millénaire, l'Eglise de Constantinople ne cessait de rappeler à l'obéissance et fidélité à la chaire du successeur de saint Pierre. Soudain, ils disent tout le contraire. Comment s'accomodent-ils de cette volte-face?
Mais là il s'agit du premier milenaire, quand l'Eglise de Constatinople etait bien catholique (avec certaines courtes exceptions, comme par example au temps de Photius).

Re: Eglise catholique/Eglise orthodoxe.

Publié : mar. 08 janv. 2013, 8:15
par archi
françois67 a écrit :Bonjour,
le seul véritable obstacle et la primauté du pape.
Cependant, il y a une contradiction chez les orthodoxes que j'aimerais bien comprendre comment ils résolvent: pendant un millénaire, l'Eglise de Constantinople ne cessait de rappeler à l'obéissance et fidélité à la chaire du successeur de saint Pierre. Soudain, ils disent tout le contraire. Comment s'accomodent-ils de cette volte-face? En somme, ils doivent reconnaître alors que pendant mille ans ils ont prétendu beaucoup d'âneries...
Bien à vous.
Les orthodoxes reconnaissent au Pape une primauté d'honneur. Les catholiques lui attribuent une primauté juridique qui est en fait une suprématie.

Personnellement, j'aurais tendance à croire que la vérité est entre les 2: ni un simple rôle lui faisant prendre la parole en 1er dans les Conciles, comme le veulent les orthodoxes. Les données du 1er millénaire vont assurément bien plus loin que ça, et en fin de compte le schisme actuel est bel et bien né quand Photius, dont le Pape avait refusé la nomination comme patriarche de Constantinople, jugeant que le précédent avait été illégitimement chassé, s'est lancé dans la dénonciation des "hérésies" latines (filioque en tête) qui n'en étaient pas auparavant. Plus généralement, la tendance permanente de Constantinople à vouloir être capitale de la chrétienté à la place de Rome dès lors qu'elle était devenue capitale impériale est évidente.

D'un autre côté, je ne crois pas que l'hyper-centralisation romaine, et la primauté conçue en termes de soumission absolue (je pense au geste terrifiant de Pie IX à l'égard du patriarche melkite lorsque celui-ci a accepté de reconnaître le Concile Vatican I en précisant que les droits traditionnels des patriarches restaient saufs) soient en quoi que ce soit traditionnels, et ils sont indéniablement un obstacle à l'unité.

Ceci dit, le problème de base reste celui déclenché par Photius: pour caricaturer, je dirais qu'être orthodoxe, c'est d'une part croire et mettre en pratique "ce qui a toujours été cru partout et par tous" (c'est très bien et nous ferions bien de nous en inspirer beaucoup plus), d'autre part de détester tout ce qui est "latin" ou "papiste". C'est ce qui me frappe à force de lire les écrits et articles orthodoxes. Quoi qu'on fasse, il y aura toujours des hérésies latines à trouver, la preuve en est que les accords d'il y a quelques années sur le filioque (qui auraient dû résoudre définitivement toute la question) ne semblent pas avoir eu le moindre impact.

Il ne faut pas mettre tous les orthodoxes dans le même sac, souvent les populations de certains pays de tradition orthodoxe n'ont rien contre les catholiques, mais leur clergé semble-t-il beaucoup plus, d'autant que la théologie orthodoxe est souvent liée de près aux polémiques anti-latines. Et comme ça a été dit, la fragmentation du monde orthodoxe en églises plus ou moins indépendantes ne fait que compliquer les choses.

Bref, d'un côté, nous devons retrouver le sens de la Tradition qui s'est largement perdu. D'un autre, l'esprit schismatique devra laisser la place à un véritable désir d'unité. Ca fait 2 très gros obstacles à surmonter.

In Xto,
archi.