Re: L'éducation nationale, les jeunes et la religion
Publié : mar. 20 oct. 2009, 0:45
...et le "Moyen-Âge" dépeint lors des "cours" sous des traits qui feraient pleurer Régine Pernoud... 
Pour l'intelligence de la foi
https://www.cite-catholique.org/
Le problème est que la personne désignée par l'État risque de ne pas être quelqu'un connaissant bien les différents monothéismes. Une personne désignée par l'archevêque ou son équivalent peut "prêcher pour son église", mais chaque discours se verrait contredit par un autre, ce qui permettrait d'assurer une certaine équité. De l'autre côté, la foi musulmane par exemple n'est pas vraiment fixée et est sujette à l'interprétation d'un imam, ce qui peut bien évidemment poser problème.Cgs a écrit :Il est donc exclu que le moindre dignitaire religieux puisse assurer ces cours, sans mettre à mal le principe de laïcité. L'Education Nationale devrait, à mon sens, assurer ces enseignements, de la façon la plus neutre possible. Ainsi, on n'aurait pas des générations d'inculture crasse parmi les jeunes dans ce domaine.
Mais comment "imposer" la "vraie foi" alors même que des gens préfèrent se bricoler une foi sur-mesure ? Par quels exemples inviteriez-vous une personne pratiquant le syncrétisme à se tourner vers les valeurs de la Bible ?Cgs a écrit :Vous décrivez aussi la tentation actuelle du syncrétisme. Elle n'est pas récente, mais dans notre époque relativiste, elle garde de nombreux adeptes. Pourquoi ce syncrétisme ? Parce que l'on a perdu les repères les plus importants. En décrivant vraiment ce qu'implique le syncrétisme, on peut montrer que c'est un mensonge quotidien dans un monde des bisounours. Fustiger le relativisme et le syncrétisme, c'est rendre service à la jeune génération...
Là-dessus, nous sommes d'accord. Croyez-moi, je suis étudiant en histoire de l'art et rien n'est pire que d'étudier une œuvre comme un matériau, en le dissociant de son contexte.Ti'hamo a écrit :La culture religieuse, c'est, comme son nom l'indique de la culture. Il ne faudrait donc certainement pas, à mon sens, instaurer des cours spécifiques de "culture religieuse". la culture religieuse, cela devrait s'apprendre aussi bien en Histoire, en français,...
(on apprend bien les mythes grecs et la civilisation grecque quand on fait du grec, mais pas du tout le fondement chrétien de la civilisation européenne quand on voit l'Histoire de France ou quand on apprend le français, c'est un comble !)
Certes les chrétiens n'ont pas fait que des actes admirables, mais je trouve que présenter la religion comme une valeur puissamment négative (car c'est bien ce qu'enseigne l'école, rappelez-vous vos cours d'éducation civique pour les plus jeunes...), c'est une immense idiotie.Harfang a écrit :C'est exactement ça, quand on parle de l'Église Catholique c'est tout de suite les bûchers, l'Inquisition, les Croisades (en général ça va pas plus loin) et tout le reste, ça n'existe pas pour eux... Et pourquoi ? Parce que pendant toute la scolarité on nous apprend à détester notre héritage chrétien, on nous dit que les chrétiens c'est les affreux vilains ennemis de la liberté, qui ont persécuté des gens, c'est eux qui ont fait les Croisades, les bûchers, c'est encore eux qui ont tué Galilée, donc évidement ils sont tous fanatiques et obscurantistes ! Et heureusement qu'il y a eu les gentils philosophes des (fausses) Lumières pour arranger tout ça !
Là-dessus, je ne saurais vraiment vous répondre. Je suis de tendance laïque, plutôt décadent dans les mœurs, en perte de repère : "oui et non", et quant à l'ambiance libertaire et hédoniste, je la déteste sans pourtant en être très loin par moment.Harfang a écrit :Cette haine et cette ignorance est la conséquence directe du laïcisme, de la décadence des mœurs, de la perte de repère et de l'ambiance libertaire et hédoniste de cette néo-société bâtie sans Dieu. C'est dans ce contexte où Dieu est rejeté de la société que luttait déjà le Pape Pie XI en instituant la fête du Christ Roi en 1925 !
Comment donc ? Cette période où les paysans mangeaient leurs enfants en attendant dans la peur que le seigneur du coin applique son droit de cuissage ?Ti'hamo a écrit :...et le "Moyen-Âge" dépeint lors des "cours" sous des traits qui feraient pleurer Régine Pernoud..
Vous avez parfaitement le droit d'être d'accord avec des croyantsSemtex a écrit :Il est amusant de constater que même athée, je suis en accord avec ce que chacun dit.
Justement. le recours à un dignitaire religieux particulier serait vu par d'autres comme un parti pris et un manque d'objectivité. Auparavant, les prêtres s'occupaient de former les enfants à la morale et à la foi, mais parce que tout le monde était chrétien. Avec la montée de la sécularisation au XIXème siècle, puis de l'Islam au XXème siècle, on constate une concurrence entre religions.Le problème est que la personne désignée par l'État risque de ne pas être quelqu'un connaissant bien les différents monothéismes. Une personne désignée par l'archevêque ou son équivalent peut "prêcher pour son église", mais chaque discours se verrait contredit par un autre, ce qui permettrait d'assurer une certaine équité. De l'autre côté, la foi musulmane par exemple n'est pas vraiment fixée et est sujette à l'interprétation d'un imam, ce qui peut bien évidemment poser problème.Cgs a écrit :Il est donc exclu que le moindre dignitaire religieux puisse assurer ces cours, sans mettre à mal le principe de laïcité. L'Education Nationale devrait, à mon sens, assurer ces enseignements, de la façon la plus neutre possible. Ainsi, on n'aurait pas des générations d'inculture crasse parmi les jeunes dans ce domaine.
Montrer que la foi sur-mesure mène à une impasse est un bon début. Quelques exemples :Mais comment "imposer" la "vraie foi" alors même que des gens préfèrent se bricoler une foi sur-mesure ? Par quels exemples inviteriez-vous une personne pratiquant le syncrétisme à se tourner vers les valeurs de la Bible ?
Permettez-moi de vous corriger : certains chrétiens. Et pas plus que d'autres d'ailleurs. Cette image de chrétien dont parle Harfang est tenace, et reflète bien l'inculture de la plupart des gens aujourd'hui, ainsi que la tentation de lire l'Histoire avec les yeux du XXIème siècle, ce qui est un non-sens.Certes les chrétiens n'ont pas fait que des actes admirables, mais je trouve que présenter la religion comme une valeur puissamment négative (car c'est bien ce qu'enseigne l'école, rappelez-vous vos cours d'éducation civique pour les plus jeunes...), c'est une immense idiotie.Harfang a écrit :C'est exactement ça, quand on parle de l'Église Catholique c'est tout de suite les bûchers, l'Inquisition, les Croisades (en général ça va pas plus loin) et tout le reste, ça n'existe pas pour eux... Et pourquoi ? Parce que pendant toute la scolarité on nous apprend à détester notre héritage chrétien, on nous dit que les chrétiens c'est les affreux vilains ennemis de la liberté, qui ont persécuté des gens, c'est eux qui ont fait les Croisades, les bûchers, c'est encore eux qui ont tué Galilée, donc évidement ils sont tous fanatiques et obscurantistes ! Et heureusement qu'il y a eu les gentils philosophes des (fausses) Lumières pour arranger tout ça !
Votre réponse est intéressante. Elle montre que l'homme est parfois indécis, voire schizophrène : il hait les valeurs qui s'impose actuellement (course au profit, l'argent partout, la compétition, l'hédonisme et le consumérisme), mais il rejette aussi les sagesses, dont la sagesse chrétienne fait partie, qui lui donnerait de vraies valeurs à suivre.Là-dessus, je ne saurais vraiment vous répondre. Je suis de tendance laïque, plutôt décadent dans les mœurs, en perte de repère : "oui et non", et quant à l'ambiance libertaire et hédoniste, je la déteste sans pourtant en être très loin par moment.
Torpiller les mensonges, inviter les gens à s'informer réellement de ce qu'était l'Inquisition, le Moyen Age, les croisades, etc. Et ce inlassablement, preuves à l'appui. Nombre de gens sages, soucieux de la vérité, le font.En gros, quelle est selon vous la meilleure manière d'agir face à la désinformation dont fait preuve l'État concernant la religion ?
La même que la meilleure façon d'agir contre l'ignorance - s'informer, se former, lire, connaître...et ne pas se faire prier pour le partager, le faire connaître, par tous les moyens à notre disposition. Relever mine de rien un petit préjugé, corriger l'air de pas y toucher un lieu commun... en prenant bien l'air de celui qui y a cru lui-même longtemps et n'a été détrompé que tout récemment que par la lecture d'un merveilleux livre qu'il recommande d'ailleurs chaudement à tout le monde... Ne pas forcément dire qu'il y a une conspiration de l'éducation nationale mais seulement jouer sur le fait que les cours d'Histoire à l'école, c'est chiant, alors que la discussion entre amis et les bouquins que vous avez lu, c'est bien... rendre son sujet passionnant...En gros, quelle est selon vous la meilleure manière d'agir face à la désinformation dont fait preuve l'État concernant la religion ?
Séparer l'Éducation nationale de l'État en la privatisant, mais c'est un tout autre débat.Semtex a écrit :En gros, quelle est selon vous la meilleure manière d'agir face à la désinformation dont fait preuve l'État concernant la religion ?
En soi-même, l'idée est intéressante. Mais en pratique, elle n'a aucune chance d'être adoptée... du moins dans la forme que vous espérez.Semtex a écrit :J'aimerais donc savoir si vous seriez favorables à un cours d'histoire des religions à l'école, et par quelle personne ces cours devraient être dispensés (enseignants ordinaires ou "chefs" religieux).
Franck a écrit :Séparer l'Éducation nationale de l'État en la privatisant, mais c'est un tout autre débat.Semtex a écrit :En gros, quelle est selon vous la meilleure manière d'agir face à la désinformation dont fait preuve l'État concernant la religion ?
Je souscris évidemment 1000 fois. Je me permets de vous indiquer, si le débat sur le problème du rôle de l'état dans l'enseignement vous intéresse, un lien sur ce forum où nous avons récemment discuté cette question : http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 876#p97876Christophe a écrit :En attendant, la seule solution - pour les parents catholiques - est de soustraire leurs enfants à l'influence néfaste de l'école laïque et - pour toute la communauté des personnes de bonne volonté - de promouvoir une plus grande liberté scolaire.
Christophe a écrit :Oui, j'ai vu.![]()
Il y avait déjà eu sur ce forum, il me semble, au moins une discussion autour de la liberté scolaire et du chèque scolaire.
PaX
Christophe
Ah ça, toujours pareil, à n'enseigner la culture que d'une seule religion, toutes les autres vont crier à l'injustice, et quand bien même tous les grands courants seraient représentés, nous aurions les nouveaux mouvements religieux qui viendraient toquer à la porte.Franck a écrit :Bonjour Semtex,
Je vois plusieurs écueils possibles à cette idée de cours d'histoire des religions. Quelles religions retenir en plus du christianisme tout d'abord ? L'idée de sélectionner les monothéismes ne va pas de soi à mon sens. S'il est possible d’apprendre l'histoire du judaïsme à travers celle du christianisme, je ne suis pas convaincu de la nécessité impérieuse d'enseigner l’islam ou le zoroastrisme dans la mesure où ces religions sont étrangères à la culture européenne. A contrario, l'histoire des anciennes religions européennes (polythéistes) ne doit pas être délaissée. En tant qu'étudiant en histoire de l'art, je pense que vous saisirez cette nécessité, ne serait-ce que pour ne pas avoir l'air stupide lors de la visite d'un musée.
Idée à laquelle je souscris depuis un bon moment. En l'amplifiant.Je ne peux enfin m'empêcher de répondre à cette ultime question :
Séparer l'Éducation nationale de l'État en la privatisant, mais c'est un tout autre débat.Semtex a écrit :En gros, quelle est selon vous la meilleure manière d'agir face à la désinformation dont fait preuve l'État concernant la religion ?
Il est aisé de constater que l'État est venu remplacer la religion dans les esprits, d'où le nombre impressionnant de personnes qui soutiennent le welfare state en France. Même les "anarchistes" que je connais réclament plus d'État dans leurs luttes quotidiennes, c'est dire.Christophe a écrit :La perte de culture religieuse que vous déplorez chez vos condisciples n'est pas due au hasard : c'est le fruit d'une politique délibérée de promotion de l'athéisme pratique, politique qui est au cœur du projet de l'école laïque.
A LIREL'Education Nationale vient de diffuser à ses professeurs les nouveaux livres d'histoires qui incluent un passage sur l'histoire d'Israël et de la Palestine, ainsi que sur l'ONU et la question palestinienne.
C'est avec stupeur que l'on découvre que toutes ces pages ne sont orientées qu'à des fins de propagande pro-palestinienne ! Elles reprennent certains des grands mensonges diffusés par les activistes palestiniens pour en faire des "vérités historiques" ! Chaque mot est une manipulation de l'histoire afin de délégitimer Israël !
Pire encore le mot même d'Israël n'apparait nul part dans ces pages !
L'Education Nationale française va ainsi former des futures générations de pro-palestiniens et d'anti-israéliens.
Il semble évident que cette manipulation de l'histoire du conflit israélo-arabe est la réponse de l'Education Nationale au fait qu'il est de plus en plus difficile d'enseigner l'histoire de la Shoah et du Moyen Orient dans des classes ayant un grand nombre de jeunes musulmans qui refusent d'entendre l'histoire…
L'Education Nationale, dans une forme de dhimmitude, a déjà donné des directives dans un bulletin officiel afin que le mot "Shoah" ne soit pas utilisé mais remplacé par le mot anéantissement.
Lire la suite sur http://www.europe-israel.org/2011/06/ed ... tiniennes/
Lire également : Les manuels scolaires des éditions Hachette sont anti-israéliens ! Cette fois pour les classes de 4ème !
Ndlr CPDH. A l'instar de ce que l'on a vu dernièrement à propos de la théorie du "Gender" dans les manuels de SVT (Voir notre Action), les manuels scolaires sont des outils privilégiés pour infléchir la pensée d'une société donnée. Le phénomène n'est pas nouveau, hélas. Dans le cas présent, l'Education Nationale tente vraisemblablement d'apaiser les familles de parents d'élèves musulmans qui font de plus en plus pression contre les cours non compatibles avec le Coran et la Charia. Mais cette version palestino-compatible de l'histoire de la Palestine moderne s'inscrit également dans une démarche plus large telle que révélée par Bat Yé'or dans ouvrage "L'Europe et le spectre du califat" que nous avons déjà recommandé.
On anana rivera dongle a et crire un si !!!Le participe passé cristallise les débats autour de la question sociale de l’orthographe. Une erreur dans un accord, et voilà son auteur très sévèrement jugé. Contrairement aux propositions liées à ce que l’on appelle communément “la nouvelle orthographe” et qui étaient pour l’essentiel des rectifications ou des régularisations d’erreurs historiques, il s’agit ici d’un assouplissement (voir tableau ci-dessous). L’objectif avoué est de simplifier l’accord des participes passés, son enseignement/apprentissage phagocytant trop de temps scolaire (80 heures en moyenne de la scolarité obligatoire y étaient consacrées dans les années 80… pour quels résultats ?).
Chacun doit avoir à l’esprit que l’orthographe et ses accords ne sont au final que le résultat de successives constructions historiques humaines. L’orthographe n’est pas une donnée innée (elle est un artefact révélateur des mentalités d’une société), intangible (depuis le premier dictionnaire, on connait une réforme de l’orthographe en moyenne tous les vingt ans !), unique (beaucoup de mots ont plusieurs orthographes, les dictionnaires ne sont pas toujours en accord les uns avec les autres).
Un assouplissement des règles d’accord entrainera automatiquement la coexistence d’une double norme. Pourquoi pas finalement ? Les Modernes crieront leur enthousiasme, les Anciens leur désarroi face à ce siècle qui autorise toutes les errances orthographiques