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Re: Le Pape : Divorcés remariés, ne fermez pas les portes!

Publié : ven. 21 août 2015, 11:45
par Mac
Bonjour Cgs :)
Cgs a écrit :...Et surtout, surtout, s'abstenir de juger la situation des gens. Si ça se trouver, Gertrude, divorcée-remariée 4 fois, me précèdera dans le Royaume ! :)
Merci pour ces excellentes précisions . La charité et la vérité ben oui.

En plus Jésus dit ce genre de chose dans l'évangile :

28Que vous en semble? Un homme avait deux fils; et, s'adressant au premier, il dit: Mon enfant, va travailler aujourd'hui dans ma vigne. 29Il répondit: Je ne veux pas. Ensuite, il se repentit, et il alla. 30S'adressant à l'autre, il dit la même chose. Et ce fils répondit: Je veux bien, seigneur. Et il n'alla pas. 31Lequel des deux a fait la volonté du père? Ils répondirent: Le premier. Et Jésus leur dit: Je vous le dis en vérité, les publicains et les prostituées vous devanceront dans le royaume de Dieu. 32Car Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui. Mais les publicains et les prostituées ont cru en lui; et vous, qui avez vu cela, vous ne vous êtes pas ensuite repentis pour croire en lui.

Fraternellement. :coeur:

Re: Le Pape : Divorcés remariés, ne fermez pas les portes!

Publié : ven. 21 août 2015, 12:23
par prodigal
Cgs,
je vous remercie moi aussi de ces précisions. En ce qui concerne l'accès à la communion pour tout fidèle, vous dites :
Cgs a écrit :La règle de l'Eglise est très claire, c'est son ignorance par les fidèles qui pose problème aujourd'hui.
C'est ce que j'ai voulu dire. Il n'y a pour moi pas d'ambiguïté sur ce point.
En revanche, quand vous dites :
Cgs a écrit :Pour pouvoir communier à nouveau, une personne divorcée-remariée civilement doit :
:arrow: renoncer à l'union illégitime, et revenir avec son époux légitime
:arrow: si ce n'est pas possible du fait que l'union légitime n'est plus possible (conjoint fou, conjoint remarié, etc.), une séparation de corps peut être prononcée et un chemin de pardon et de guérison est à trouver.
:arrow: si ce n'est pas possible, du fait de la présence d'enfants (le retour privant de fait les enfants d'un des conjoints), il est demandé aux époux illégitimes de vivre en "frères et soeurs" en étant abstinents.

J'avoue que j'ignorais la deuxième possibilité. Pouvez-vous m'en dire plus? Je veux dire : considère-t-on l'union légitime impossible lorsque le conjoint s'y refuse absolument? Ou bien lorsqu'il est violent? D'autre part, en quoi consiste actuellement le chemin de pardon et de guérison dont vous parlez?
Je vous remercie encore.

Re: Le Pape : Divorcés remariés, ne fermez pas les portes!

Publié : ven. 21 août 2015, 15:33
par Cgs
L'Eglise reconnaît possible la séparation de corps. Je vous invite à lire le Code de Droit Canonique à ce sujet :

http://www.vatican.va/archive/FRA0037/_P42.HTM

(ainsi que les paragraphes précédents et suivants relatifs aux liens du mariage)

[J'expliquerai plus tard si besoin, là je dois y aller...]

Bien à vous,

Re: Le Pape : Divorcés remariés, ne fermez pas les portes!

Publié : dim. 23 août 2015, 9:36
par Cgs
prodigal a écrit : J'avoue que j'ignorais la deuxième possibilité. Pouvez-vous m'en dire plus? Je veux dire : considère-t-on l'union légitime impossible lorsque le conjoint s'y refuse absolument? Ou bien lorsqu'il est violent? D'autre part, en quoi consiste actuellement le chemin de pardon et de guérison dont vous parlez?
Je vous remercie encore.
Bonjour prodigal,

Le cas particulier de séparation de corps n'invalide en rien le mariage religieux, par essence indissoluble. Pour le Christ, et donc l'Eglise, le mariage est indissoluble, mais il peut arriver que la vie commune devienne par la suite impossible pour certaines raisons graves. Par exemple, l'un des conjoints devient fou ou violent.

Dans ce cas, il est évident que pour le bien des époux, ils ne peuvent plus vivre ensemble. Ils sont donc toujours mariés, mais en situation temporaire de séparation de corps. Comme cette situation n'est pas une situation normale, il convient que chaque époux entame un difficile chemin de conversion et de pardon avant de retrouver la vie commune. Par exemple, pour des cas de violences conjugales du fait du mari, le mari devra entamer un chemin de guérison de cette violence qui est en lui, et sa femme un chemin de pardon envers son mari. Ceci peut évidemment prendre des années, et le soutien des proches est capital en ce domaine.

Malheureusement, ceci n'a plus vraiment cours aujourd'hui (si tant est que ce chemin proposé par l'Eglise ait été un jour suivi...). Le divorce dans la loi civile "résout" le problème de façon bien plus drastique : on se sépare sans aucun espoir de retour, et on refait sa vie ailleurs. Ceci ne résout que peu les choses, si l'on prend vraiment la peine de se pencher sur la situation des époux...

J'espère que cela répond à vos questions.

Bon dimanche,

Re: Le Pape : Divorcés remariés, ne fermez pas les portes!

Publié : dim. 23 août 2015, 14:57
par axou
Cgs a écrit : Dans ce cas, il est évident que pour le bien des époux, ils ne peuvent plus vivre ensemble. Ils sont donc toujours mariés, mais en situation temporaire de séparation de corps. Comme cette situation n'est pas une situation normale, il convient que chaque époux entame un difficile chemin de conversion et de pardon avant de retrouver la vie commune. Par exemple, pour des cas de violences conjugales du fait du mari, le mari devra entamer un chemin de guérison de cette violence qui est en lui, et sa femme un chemin de pardon envers son mari. Ceci peut évidemment prendre des années, et le soutien des proches est capital en ce domaine.
Bonjour Cher CGS,
je ne sais pas si vous connaissez des cas d'hommes violents qui ont cessé de l'être tout en demeurant en couple. Concernant les cas que je connais et en écoutant les professionnels qui prennent soin des femmes battues, un homme violent avec sa femme ne cesse pas de l'être et la seule chose qui peut éventuellement l'inciter à se soigner et d'entreprendre un long chemin de guérison, c'est de le quitter.
En cas de violence conjugale, il est urgent de quitter son conjoint et de porter plaine contre lui afin de se protéger (il est coupable devant la loi) et de renoncer au rêve sans cesse déçu d'espérer qu'il change. Ce qui n'empêche pas d'entreprendre une chemin de pardon qui est la véritable libération. Pardonner en son coeur ne veut pas dire rester en lien. Il y a environ 300 femmes en France qui meurent tous les ans sous les coups de leur conjoint, des femmes qui ne sont pas parties à temps. Et j'ajouterais, qui n'ont pas su non plus protéger leurs enfants d'une ambiance familiale insoutenable et d'un drame prévisible.

Bien à vous,

Axou

J'ai bien noté que vous parliez aussi de séparation mais en cas de violence physique (voire psychique), envisager la séparation définitive plutôt que la séparation temporaire me parait plus réaliste et plus saine.

Re: Le Pape : Divorcés remariés, ne fermez pas les portes!

Publié : mar. 08 sept. 2015, 16:21
par Marie du 65
http://www.lefigaro.fr/actualite-france ... ariage.php

Source le figaro

Le Pape François allège la procédure des procès de nullité des mariages catholiques!!!

Re: Le Pape : Divorcés remariés, ne fermez pas les portes!

Publié : dim. 27 sept. 2015, 19:00
par Marie du 65
Source: Le Figaro

http://www.lefigaro.fr/international/20 ... amille.php

A écouter la deuxième vidéo : Le Pape va plancher sur le sujet des Divorcés/remariés!!!

Re: Le Pape : Divorcés remariés, ne fermez pas les portes!

Publié : dim. 25 oct. 2015, 20:16
par Xavi
Ne fermez pas les portes !

Le rapport final du synode vient de répondre à cette interpellation.

Attention de ne pas se laisser tromper par des appréciations superficielles que l’on trouve dans certains médias.

Le Pape a ouvert le synode avec le souci d’éviter des contestations de la doctrine et de l’enseignement de l’Eglise. Le voyage a été tempétueux, mais l’objectif a été atteint.

Le cardinal Müller, ce brillant théologien, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, choisi par le Pape Benoît XVI et confirmé par le Pape François, semble avoir été déterminant pour obtenir dans le groupe germanophone un consensus sur un texte qui évite la division et une remise en cause de la doctrine tout en ouvrant les portes aux soucis exprimés par beaucoup d’évêques.

Le paragraphe 85, le plus délicat a certes été rejeté par 80 pères synodaux (sur 265). Il est pourtant conforme à l’enseignement de l’Eglise et ne contient aucun élément nouveau pour celui qui veut bien regarder attentivement.

Il y a les mots et il y a les possibilités d’interprétation que ces mots paraissent pouvoir permettre. Il y a ce qui est dit et ce qui n’est pas dit. Il y a ce qui est dit et ce qu’on peut comprendre.

Tout cela a pu susciter des votes négatifs sans signifier nécessairement un désaccord avec ce qui a été dit au sens strict.

Les votes négatifs ne signifient pas nécessairement que les textes rejetés soient considérés par certains évêques comme contraires ou divergents par rapport à la doctrine de l’Eglise, mais ces votes négatifs peuvent être des avertissements mettant en doute leur opportunité ou leur clarté. Ils demeurent comme un feu orange.

Mais, le texte voté est conforme à la doctrine et à la pastorale de l’Eglise. Cela peut être affirmé sans hésitation, même s'il ne brille pas par sa clarté.

Le rapport final du synode demande un surplus d’intégration des personnes légalement divorcées et remariées sans considérer, de manière explicite leur non admission aux sacrements.

Il évoque de manière détaillée et avec charité les situations d’injustice vécues par beaucoup de ces personnes.

Rien de neuf. Rien de plus. C’est une réponse à une demande pastorale de beaucoup d’évêques.

Le résultat, c’est qu’on a évité une profonde division dans l’Eglise. C’est un moindre mal.

Contrairement à ce qu’écrivent certains médias, l’Eglise n’a pas « assoupli » ses dogmes, ni les perspectives d’accès aux sacrements.

Le rapport final évoque certes un surplus d’intégration et un chemin pénitentiel mais dans une perspective limitée dont les médias parlent peu.

L’intégration et le discernement concernant les personnes légalement divorcées et remariées font l’objet des paragraphes 84 à 86 du rapport final.

Il faut bien lire quel est l’objet de la participation qui est prise en compte : « Leur participation peut s'exprimer dans différents services ecclésiaux : il importe donc de discerner comment les différentes formes d'exclusions actuellement pratiquées dans le domaine liturgique, pastoral, éducatif, et institutionnel, peuvent être dépassées. » (n° 84)

Il faut observer que, dans ce texte, la participation à la vie de l’Eglise des personnes unies par un sacrement du mariage mais légalement divorcées et remariées, se caractérise par un non dit important. Le texte ne contient pas un mot de la participation aux sacrements. Pas un mot.

On ne parle que de discerner les « différentes formes d'exclusions actuellement pratiquées dans le domaine liturgique, pastoral, éducatif, et institutionnel » qui « peuvent être dépassées ». Le texte semble pouvoir viser les lectures au cours de la messe, les services d’acolytes, la collecte, la catéchèse, les cours de religion, la participation aux conseils paroissiaux, à une chorale liturgique, …etc.

En tout cela, l’Eglise doit sans cesse améliorer avec discernement, son accueil et sa charité, surtout à l’égard de toute personne en détresse et certainement à l’égard de tous ceux qui portent une histoire conjugale faite de souffrances et d’échecs.

Mais, le mot sacramentel n’est pas mentionné, ni l’admission à la communion des chrétiens légalement divorcés et remariés. Ils ne sont pas visés, dans le rapport final du synode, dans les formes d’exclusions « qui peuvent être dépassées ».

Ce ne sont donc pas « toutes » les « différentes formes d’exclusion actuellement pratiquées » qui sont considérées et qui doivent faire l’objet d’un surplus d’ouverture et de charité mais seulement les exclusions pratiquées « dans le domaine liturgique, pastoral, éducatif et institutionnel » , à l’exclusion implicite, semble-t-il, de celle qui est la plus discutée concernant les sacrements.

Les uns diront que la doctrine est ainsi inchangée et préservée puisque la non admission aux sacrements n’est pas remise en cause. D’autres regretteront que la doctrine ne soit pas proclamée et rappelée. En effet, ce qui est ainsi passé sous silence ne perd-t-il pas un peu de sa lumière ?

La réflexion peut se poursuivre dans l'attente d'autres éclairages.

Re: Le Pape : Divorcés remariés, ne fermez pas les portes!

Publié : dim. 25 oct. 2015, 20:32
par prodigal
Que votre parole soit oui quand c'est oui, non quand c'est non.
Je suppose qu'il faut de bonnes raisons pour ne pas suivre ce précepte qui vient du Christ lui-même. Sans doute est-ce le signal d'une intention de traiter les problèmes au cas par cas. A mon humble avis, ce serait sage.