"Toutes les guerres font des dégâts" est un argument que je rejette, considérant qu'il touche au relativisme moral. En effet, l'avancer revient à refuser de s'interroger sur les motifs et les moyens de la guerre.
Or, le Catéchisme nous enseigne qu'il existe des guerres justes, lorsque des agressions particulièrement graves sont constatées, après que tout autre moyen d'y mettre un terme ait échoué, et à condition que l'usage de la violence soit maîtrisé (
http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P7W.HTM). En Syrie,
B. ASSAD a pris l'initiative de répondre avec une brutalité extrême à des protestations pacifiques et légitimes, plongeant ainsi le pays dans un chaos dont il ne se relèvera peut-être jamais, dans le seul but de pérenniser sa tyrannie.
C'est la guerre injuste par excellence !
Toutes les guerres, si elles sont effectivement toutes regrettables et synonymes d'échec pour le genre humain, ne ressemblent pas à ce qui se déroule en Syrie.
De fait, je ne comprends pas le parallèle que vous établissez avec la guerre du Golfe (1990-1991), au cours de laquelle un maximum de 6 000 civils auraient été tués. En six mois, c'est déjà énorme... Mais avant de comparer
BUSH Sr. à
HITLER ou
ASSAD, rappelons tout de même que les opérations
"Desert Shield" et
"Desert Storm" avaient un fondement légal (la résolution 678 du CSNU :
http://unscr.com/en/resolutions/doc/678), et qu'elles faisaient suite à l'invasion du Koweït par les forces irakiennes. Quel rapport avec la situation en Syrie et ses centaines de milliers de morts civils ?
Il y aurait plus de choses à dire sur la guerre en Irak (2003-2011), qui était quant à elle dépourvue d'argument juridique. Celle-ci aurait causé près de 200 000 morts civils, majoritairement imputables aux groupes d'opposition armés, ce qui la distingue de la guerre en Syrie. Par ailleurs, vous n'êtes pas sans savoir que
BUSH Jr. a fait justement l'objet d'accusations de crimes de guerre, en raison de sa responsabilité dans le déclenchement du conflit.
BREF : Vous dites que toutes les guerres font des dégâts, et que ces dégâts affectent notamment les chrétiens. Certes, mais ce qui choque dans le cas de la Syrie, c'est de constater que
le belligérant qui affecte publiquement de prendre le parti des chrétiens pourrait, en réalité, être celui qui leur aurait causé le plus de souffrance.